Benché piova, esco et Anche se piove, esco disent la même chose et ne demandent pourtant pas le même mode. Ici, ce n’est pas la règle qui manque à un francophone : c’est la répartition.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
« Bien qu’il soit tard », « pour que tu comprennes », « avant qu’il arrive » : le français aussi met un subjonctif après certains mots de liaison. Cette famille de déclencheurs ne demande donc aucun effort de compréhension. Elle en demande un de mémoire, car les deux langues ne rangent pas les mêmes conjonctions du même côté.
Trois décalages font l’essentiel des fautes, et ils sont tous les trois évitables une fois qu’on les a vus. Le premier est un mot qui fait double emploi : perché signifie à la fois « parce que » et « pour que », et c’est le mode qui tranche. Le deuxième est une conjonction qui ressemble à un déclencheur sans en être un : anche se, « même si », prend l’indicatif alors que son synonyme benché prend le subjonctif. Le troisième est un couple qui se sépare : prima che demande le subjonctif, dopo che demande l’indicatif.
Cette page traite les déclencheurs qui sont des mots de liaison. Ceux qui sont des verbes — opinion, volonté, sentiment, doute — appartiennent à la page Penso che sia, et vous ne trouverez ici aucun verbe de ce genre. Les paradigmes, eux, sont fabriqués à la page fabriquer le subjonctif et repris ici comme acquis.
Elles ne sont pas nombreuses, et elles se retiennent par groupes de sens. Aucune n’admet l’indicatif : le subjonctif y est obligatoire, quel que soit le registre.
| Valeur | Conjonctions | Exemple |
|---|---|---|
| Concession | benché, sebbene, nonostante, malgrado | Benché sia tardi, esco. — « Bien qu’il soit tard, je sors. » |
| But | affinché, perché | Te lo dico perché tu lo sappia. — « Je te le dis pour que tu le saches. » |
| Condition | purché, a patto che, a condizione che | Vengo purché non piova. — « Je viens à condition qu’il ne pleuve pas. » |
| Antériorité | prima che | Parto prima che faccia buio. — « Je partirai avant qu’il fasse nuit. » |
| Privation | senza che | È uscito senza che nessuno lo vedesse. — « Il est sorti sans que personne le voie. » |
| Éventualité | nel caso che, qualora, a meno che | Qualora ci siano problemi, chiamami. — « En cas de problème, appelle-moi. » |
Quelques remarques d’usage, qui valent mieux qu’une liste plus longue.
Benché et sebbene sont interchangeables ; nonostante et malgrado le sont aussi, avec cette particularité qu’ils peuvent se placer directement devant un nom, sans che et sans verbe : Nonostante la pioggia, siamo usciti, « malgré la pluie, nous sommes sortis ».
Affinché appartient à l’écrit et au discours soigné. Dans la conversation, le but s’exprime par perché, ce qui nous ramène au point délicat de la page.
A meno che s’emploie presque toujours avec un non qui ne nie rien : A meno che non piova, partiamo alle otto signifie « à moins qu’il pleuve, nous partons à huit heures ». Le français connaît le même ornement dans « à moins qu’il ne pleuve », ce qui rend le tour familier — encore faut-il ne pas lire ce non comme une négation, sous peine de comprendre l’inverse.
A meno che et nel caso che sont les voisines immédiates de la phrase hypothétique, qui a sa page à elle : la construction en se, avec ses trois schémas, est traitée dans les phrases avec se et n’est pas reprise ici.
Et le temps du subjonctif ? Il se règle exactement comme après un verbe : subjonctif présent quand le verbe principal est au présent, subjonctif imparfait quand il est au passé. Benché sia tardi, esco devient donc Benché fosse tardi, sono uscito, et Nonostante fosse tardi, siamo usciti suit la même logique. Le détail de ce réglage est donné une fois pour toutes sur la page Penso che sia.
C’est le seul endroit du dossier où choisir un mode ne consiste pas à respecter une règle, mais à dire autre chose. Perché introduit deux relations différentes, que le français distingue par deux mots différents, et l’italien par le mode du verbe.
Prenez les deux dernières phrases l’une après l’autre. Un seul caractère les sépare, la voyelle finale du verbe, et elles ne disent pas du tout la même chose : dans un cas l’enfant dort déjà et c’est la raison du silence ; dans l’autre il ne dort pas encore et le silence doit l’y conduire. Indicatif, la cause ; subjonctif, le but.
Un francophone ne rencontre jamais ce problème dans sa langue, puisqu’il dispose de « parce que » et de « pour que ». Il produit donc presque toujours un indicatif, et son perché de but se comprend de travers — ou, plus souvent, passe pour une cause absurde. La correction est mécanique : avant de dire perché, demandez-vous si vous répondez à « pourquoi ? » ou si vous annoncez un objectif.
Il existe une échappatoire, et elle est très employée par les Italiens eux-mêmes. Pour la cause, siccome, dato che et visto che lèvent toute ambiguïté et prennent l’indicatif ; siccome se place en tête de phrase.
Notez enfin que perché sert aussi à poser la question « pourquoi ? » : Perché non vieni ?. Le même mot pose la question et donne la réponse, ce qui ne prête pas à confusion, la question se reconnaissant d’elle-même.
Deux conjonctions de temps se suivent dans la phrase et ne se ressemblent pas du tout dans la grammaire. Prima che commande le subjonctif, parce qu’il pointe un fait qui n’a pas encore eu lieu. Dopo che commande l’indicatif, parce qu’il pointe un fait accompli.
C’est un point où le francophone se fait piéger par une habitude de sa propre langue : beaucoup de locuteurs français mettent spontanément un subjonctif après « après que ». Transporté en italien, ce réflexe donne une forme que personne n’emploie. Dopo che est à l’indicatif, sans exception et sans nuance de registre.
Reste le cas, très fréquent, où les deux propositions ont le même sujet. L’italien refuse alors la conjonction en che et passe à l’infinitif, comme le français.
| Sujets différents | Même sujet |
|---|---|
| Parto prima che tu arrivi. « Je partirai avant que tu arrives. » | Prima di uscire, spegni la luce. « Avant de sortir, éteins la lumière. » |
| Dopo che è uscito, ho chiuso. « Après qu’il est sorti, j’ai fermé. » | Dopo aver mangiato, siamo usciti. « Après avoir mangé, nous sommes sortis. » |
| È uscito senza che io lo vedessi. « Il est sorti sans que je le voie. » | È uscito senza dire niente. « Il est sorti sans rien dire. » |
La colonne de droite n’est pas une élégance : c’est la seule tournure possible. On ne dit pas plus prima che io esca, spengo la luce qu’on ne dirait « avant que je sorte, j’éteins la lumière » en parlant de soi. Et l’on retiendra la forme de prima di et de senza : la préposition, puis l’infinitif, sans che.
La liste symétrique est aussi utile que la première, parce qu’un apprenant qui vient d’apprendre benché se met à mettre du subjonctif partout. Voici les conjonctions courantes qui n’en veulent pas.
| Conjonction | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| anche se | même si, bien que | Anche se piove, esco. — « Même s’il pleut, je sors. » |
| siccome | comme, puisque | Siccome è tardi, vado a casa. — « Comme il est tard, je rentre. » |
| poiché, dato che, visto che | puisque, étant donné que | Visto che sei qui, parliamone. — « Puisque tu es là, parlons-en. » |
| dopo che | après que | Dopo che ha finito, è andato via. — « Après qu’il a fini, il est parti. » |
| appena | dès que | Appena arriva, ti chiamo. — « Dès qu’il arrive, je t’appelle. » |
| mentre | pendant que, alors que | Mentre parlava, nessuno ascoltava. — « Pendant qu’il parlait, personne n’écoutait. » |
| finché non | jusqu’à ce que | Aspetto qui finché non arriva il treno. — « J’attends ici jusqu’à ce que le train arrive. » |
La première ligne est de loin la plus importante, parce que anche se et benché traduisent la même idée de concession et se construisent à l’opposé. Mettez les deux phrases côte à côte et apprenez-les ensemble, c’est le plus économique.
Le choix entre les deux n’est pas indifférent de registre : anche se est le tour ordinaire de la conversation, benché et sebbene sonnent plus soutenus. Un débutant qui ne veut pas se tromper de mode a donc une stratégie parfaitement honorable : employer anche se à l’indicatif, et se contenter de reconnaître benché quand il l’entend. Une réserve tout de même : anche se sert aussi à poser une hypothèse irréelle, et cet emploi-là relève des phrases avec se.
Un dernier groupe, petit et très utile à l’oral : les mots qui signifient « qui que ce soit qui », « quoi que », « où que », « de quelque manière que ». Tous demandent le subjonctif, et ils tombent souvent en tête de phrase, ce qui vous laisse le temps de préparer la forme.
Qualunque et qualsiasi sont équivalents et se placent devant un nom, très souvent devant cosa. Dovunque a une variante ovunque, de même sens. Quant à comunque vada, c’est une formule toute faite qu’il vaut la peine de mémoriser telle quelle : elle rend service dans toutes les conversations où l’on commente ce qui va arriver.
Pour situer cette famille parmi les autres mécanismes de la langue, la page la grammaire complète en donne la carte, et l’ensemble des dossiers de langues est accessible depuis la page de grammaire.
Ces mots se placent en tête, et c’est une chance. Benché, prima che, qualunque cosa annoncent le subjonctif avant que vous ayez à le produire : contrairement à un verbe d’opinion, la conjonction vous prévient. Encore faut-il que la forme suive. C’est ce qu’installe le cours d’italien, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes dites par un locuteur natif : la première est offerte, la suite se fait par abonnement.
Chaque phrase se joue sur le mot de liaison : il commande le subjonctif, ou il commande l’indicatif. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Les principales sont benché, sebbene, nonostante et malgrado pour la concession ; affinché et perché pour le but ; purché, a patto che et a condizione che pour la condition ; prima che, senza che, nel caso che, qualora et a meno che. Le subjonctif y est obligatoire dans tous les registres.
En regardant ce que la phrase exprime. Cause, donc indicatif : Non esco perché piove, « je ne sors pas parce qu’il pleut ». But, donc subjonctif : Chiudo la finestra perché non entri il freddo, « je ferme la fenêtre pour que le froid n’entre pas ». Le mode est ici le seul indice, et il change le sens de la phrase.
C’est une répartition de la langue, pas une logique qu’on puisse déduire. Anche se piove, esco et Benché piova, esco disent la même chose avec deux modes différents. Retenez les deux phrases ensemble : c’est la seule façon de ne pas les mélanger.
Non, jamais : Dopo che è uscito, ho chiuso la porta. Beaucoup de francophones mettent un subjonctif après « après que » dans leur propre langue et transportent l’habitude en italien, où elle produit une forme que personne n’emploie. Prima che prend le subjonctif, dopo che prend l’indicatif.
La conjonction disparaît et l’on passe à l’infinitif : Prima di uscire, spegni la luce, È uscito senza dire niente, Dopo aver mangiato, siamo usciti. Ce n’est pas une variante mais la seule construction possible, exactement comme en français.
Non. A meno che non piova, partiamo alle otto signifie « à moins qu’il pleuve, nous partons à huit heures » : le départ est annulé par la pluie, pas par son absence. Le français connaît le même ornement dans « à moins qu’il ne pleuve ».
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