Entre deux langues aussi proches, le danger n’est pas de ne pas comprendre : c’est de comprendre de travers sans le moindre doute. Un faux ami ne se corrige pas tout seul, parce que rien, dans la conversation, ne vous signale que vous vous trompez.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
Un francophone qui ouvre un journal italien reconnaît une grande partie de ce qu’il lit. C’est le plus bel avantage de cette langue, et c’est aussi la raison pour laquelle les quelques mots qui trahissent font tant de dégâts : on ne les vérifie jamais.
Devant une langue lointaine, on avance prudemment, on demande, on confirme. Devant l’italien, on avance vite, porté par la ressemblance, et l’on traverse un mot piégé sans ralentir. Le malentendu qui s’ensuit est particulièrement désagréable à réparer : votre interlocuteur ne vous reprend pas, puisque vous avez dit une phrase italienne correcte — simplement, ce n’était pas la vôtre. Vous avez parlé de la cave quand vous pensiez à la cantine, de dragées quand vous pensiez à des confettis, d’un entrepôt quand vous pensiez à une boutique.
Tous les pièges ne sont pas de même nature, et c’est en les triant qu’on les retient. Les uns n’ont rigoureusement aucun rapport avec le mot français dont ils portent le costume. D’autres partagent avec lui une partie de leur sens seulement, et ce sont les plus sournois, parce qu’ils vous donnent raison la moitié du temps. Les derniers veulent bien dire ce que vous croyez, mais pas dans le même registre de langue : le sens passe, le ton détonne.
Le mot ressemble à un mot français et désigne tout autre chose. Aucun recouvrement de sens, aucune chance de s’en sortir par le contexte.
Le mot couvre bien le sens français attendu, plus un autre que vous n’attendiez pas, ou l’inverse : il en couvre une partie seulement.
Le sens est le bon, le niveau de langue ne l’est pas. On se fait comprendre, mais on parle comme un formulaire administratif.
Une précision avant d’entrer dans la liste : cette page ne traite que des mots et de leur sens. Les mots qui signifient bien ce que vous croyez mais dont le genre n’est pas celui du français relèvent de la page le genre des noms, et les verbes dont le sens est transparent mais la construction surprenante — ceux qui réclament une préposition que le français ne met pas, ou l’inverse — sont sur la page le verbe et sa préposition.
Voici le noyau à connaître avant un premier séjour. Chaque ligne donne le mot italien, ce qu’un francophone croit lire, ce que le mot signifie réellement, et le mot italien qu’il fallait employer pour dire ce que vous pensiez.
| Le mot italien | Ce qu’on croit lire | Ce qu’il veut dire | Pour dire le mot français |
|---|---|---|---|
| la camera | la caméra | la chambre | la telecamera, la macchina fotografica |
| il magazzino | le magasin | l’entrepôt, la réserve | il negozio |
| la cantina | la cantine | la cave | la mensa |
| i confetti | les confettis | les dragées | i coriandoli |
| la fattoria | la fabrique, l’usine | la ferme | la fabbrica |
| morbido | morbide | doux, moelleux, souple | morboso |
| salire | salir | monter | sporcare |
| il sale | sale | le sel | sporco |
| la gita | le gîte | l’excursion, la sortie | la casa vacanze |
| subito | subit, soudain | tout de suite | improvviso |
| brutto | brut | laid, vilain, mauvais | grezzo |
| fermare | fermer | arrêter | chiudere |
| la firma | la firme | la signature | la ditta, l’azienda |
la camera est le mot de l’hôtel, du logement, de la vie domestique. On réserve une chambre, on monte dans sa chambre, et l’objet qui filme porte un autre nom. Le mot français que vous cherchiez, lui, ne s’emploie jamais dans ce sens en italien.
la cantina est la cave, celle où l’on garde le vin, et par extension le domaine viticole : l’enseigne d’un producteur porte souvent ce mot. Ce que nous appelons la cantine, réfectoire d’entreprise ou d’école, se dit tout autrement.
il magazzino désigne le lieu où la marchandise est stockée, la réserve d’une boutique, l’entrepôt d’une entreprise. Le commerce où vous entrez pour acheter, c’est il negozio. Au pluriel, en revanche, i grandi magazzini rejoint bel et bien le sens de nos grands magasins.
fermare arrête, il ne ferme pas. C’est le verbe de l’autobus, du train, de la police, et le nom qui en dérive, la fermata, est l’arrêt dont vous aurez besoin dès votre premier trajet. Fermer une porte, c’est chiudere.
Trois mots italiens font croire à un francophone qu’il est question de propreté, et aucun ne l’est. salire veut dire monter, et son contraire est scendere, descendre. il sale est le sel de la table. Ce qui est sale, en italien, se dit sporco, et le verbe correspondant est sporcare.
morbido est un compliment : il qualifie un coussin, un tissu, une pâte, une voix. Rien de maladif là-dedans, et l’adjectif français correspondant existe par ailleurs en italien sous une autre forme. brutto, à l’inverse, est un jugement négatif tout à fait ordinaire, qu’on emploie du temps qu’il fait au film qu’on a vu, et qui n’a aucun rapport avec la matière brute.
Un piège qui ne vient pas du français. Si vous avez appris l’espagnol avant l’italien, méfiez-vous de il burro : en italien, c’est le beurre, celui qu’on met sur le pain, alors que le mot espagnol de même forme désigne l’âne. L’âne italien, lui, s’appelle l’asino. Le voisinage des langues romanes produit ainsi des faux amis en cascade, et l’espagnol est, pour un francophone italianisant, une source de confusion au moins aussi active que le français.
Ceux-là vous laissent avoir raison souvent, ce qui est exactement le problème : rien ne vous alerte, et le jour où le mot prend son autre sens, vous ne le voyez pas venir. Un faux ami complet s’apprend une fois ; un faux ami partiel se surveille toute la vie.
| Le mot italien | Le sens que vous attendez | Ce qu’il faut savoir en plus |
|---|---|---|
| il parente | un parent, un membre de la famille | jamais le père ni la mère : ceux-là sont i genitori |
| la ricetta | la recette de cuisine | c’est aussi l’ordonnance du médecin |
| la macchina | la machine | c’est surtout la voiture, dans la langue de tous les jours |
| il piano | le plan, l’instrument | c’est aussi l’étage ; et piano signifie doucement |
| la libreria | la librairie | c’est aussi le meuble à livres ; la bibliothèque est la biblioteca |
| la carta | la carte | c’est d’abord le papier |
| il posto | le poste, l’emploi | c’est surtout la place et l’endroit |
| il quadro | le cadre | c’est le tableau, la peinture ; le cadre est la cornice |
| il conto | le compte | c’est aussi l’addition du restaurant |
| la colazione | la collation | c’est le petit-déjeuner |
| spendere | dépenser de l’argent | jamais pour le temps : on dit passare ou trascorrere |
Trois de ces lignes méritent un mot de plus, parce qu’elles produisent des malentendus complets et non de simples flottements. il parente d’abord : le français emploie le même mot pour la famille en général et pour le père et la mère, l’italien non. Annoncer que i miei parenti vous attendent, c’est parler de votre famille au sens large ; pour parler de vos deux parents, un autre mot est obligatoire.
Ensuite la ricetta, qui couvre à la fois la recette de cuisine et l’ordonnance délivrée par un médecin. Le contexte tranche presque toujours, mais en pharmacie, justement, il ne tranche pas : on vous demandera si vous avez la vôtre.
Enfin spendere, qui a l’air d’être notre verbe dépenser et qui l’est, mais pour l’argent seulement. Le temps ne se dépense pas en italien : il se passe. C’est une des erreurs les plus fréquentes chez les francophones qui ont aussi de l’anglais, et elle s’entend aussitôt.
Les autres lignes du tableau se retiennent dans des phrases entières, et ce sont des phrases qu’on emploie dès le premier voyage.
Reste une famille dont on parle peu et qui marque pourtant beaucoup un francophone qui s’exprime. Le fonds latin commun aux deux langues comprend une couche savante, et cette couche est restée, en italien, du côté de la langue écrite, administrative ou commerciale, alors que le français s’en sert tous les jours. Résultat : le mot italien qui ressemble le plus au vôtre est souvent le plus guindé des deux. Vous serez parfaitement compris, et vous sonnerez comme un formulaire.
| Ce que vous voulez dire | Le mot qui vous vient | Le mot ordinaire |
|---|---|---|
| acheter | acquistare | comprare |
| aller quelque part | recarsi | andare |
| faire, effectuer | effettuare | fare |
| la voiture | la vettura | la macchina |
| vouloir, souhaiter | desiderare | volere |
| le logement | l’abitazione | la casa |
Ces mots ne sont pas des fautes, et il faut les comprendre, car on les lit et on les entend : dans une gare, dans un contrat, dans une annonce immobilière, sur un panneau. L’un d’eux est même une formule de politesse quotidienne, celle du commerçant qui vous demande ce que vous voulez. Ce qu’il faut savoir, c’est simplement de quel côté les employer : le mot savant à l’écrit et dans les échanges formels, le mot ordinaire partout ailleurs.
Le mouvement inverse existe aussi, et il est moins connu. L’italien possède parfois deux mots là où le français en a un, l’un neutre et l’autre plus concret, plus expressif. sprecare est le mot neutre du gaspillage, celui qu’on emploie sans y penser ; sciupare dit à peu près la même chose avec plus de matière, et s’emploie volontiers pour un objet abîmé par l’usage ou pour une occasion perdue. Choisir le second quand on parle d’un budget, ou le premier pour un vêtement fatigué, ne produit pas un contresens : cela produit une phrase qui sonne légèrement de côté.
Un faux ami ne s’oublie pas par la volonté : il s’écrase sous une autre habitude. Les listes de mots isolés ne tiennent pas une semaine, parce qu’un mot seul ne s’accroche à rien. Ce qui tient, c’est la phrase entière dite à voix haute, plusieurs fois, dans laquelle le mot occupe sa place normale. À force de dire Il conto, per favore, vous ne demanderez plus jamais un compte au restaurant, et vous n’aurez rien mémorisé consciemment.
Deux réflexes complètent utilement l’écoute. Le premier consiste à se méfier de sa propre aisance : quand un mot italien vient trop vite parce qu’il ressemble au français, c’est justement le moment de douter. Le second consiste à retenir les paires, jamais les mots seuls — la cave et la cantine ensemble, l’entrepôt et la boutique ensemble, le sel et le sale ensemble. Le piège se neutralise par son contraire, pas par la règle.
Les faux amis se désamorcent par l’oreille, pas par la liste. C’est précisément ce que travaille le cours d’italien, entièrement audio et en leçons courtes : les mots y arrivent dans des phrases complètes, dites à vitesse normale, et c’est cette forme-là qui reste. La première leçon est offerte, la suite relève de l’abonnement.
La traduction entre parenthèses désigne le sens voulu : choisissez le mot italien qui le porte réellement. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Un mot qui ressemble à un mot de votre langue, souvent parce qu’il en partage l’origine, et qui n’a pas le même sens. La ressemblance peut être totale à l’écrit, comme pour camera ou morbido. Ce qui les rend coûteux, ce n’est pas leur nombre, c’est qu’ils inspirent confiance : on ne vérifie pas un mot qu’on croit connaître.
Bien moins nombreux que les mots qui se ressemblent et se correspondent vraiment, et c’est précisément le problème. Comme la ressemblance tient presque toujours ses promesses, on prend l’habitude de s’y fier, et les quelques mots qui trahissent passent sans être contrôlés. Le noyau à connaître avant un premier séjour tient sur cette page.
Ceux qui portent sur des choses concrètes de la vie quotidienne, parce qu’on agit en conséquence : demander la cantina pour trouver le réfectoire, chercher un magazzino pour faire des courses, ou attendre des confettis à un mariage. Les faux amis abstraits font sourire ; ceux-là font se tromper de porte.
Non, pas tout seul. L’appareil qui filme est la telecamera, l’appareil photo est la macchina fotografica. Le mot camera garde partout ailleurs son sens de pièce ou de chambre, y compris dans des emplois figurés comme la chambre noire du photographe ou la chambre des députés.
Les deux. Le vocabulaire et les mécanismes se recouvrent largement, ce qui fait gagner beaucoup de temps, mais l’espagnol ajoute sa propre série de faux amis, dont il burro est l’exemple le plus célèbre : le beurre en italien, l’âne en espagnol. Une langue romane de plus, c’est un avantage net et une vigilance supplémentaire.
Le plus simple est de demander sur place, en montrant ou en décrivant la chose : un Italien vous donnera le mot juste en deux secondes, et vous le retiendrez mieux que lu. À défaut, cherchez le mot dans une phrase entière plutôt qu’isolément, car c’est la phrase qui révèle son emploi réel, pas la traduction mot à mot.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l’une de l’autre, et les leçons s’écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →