Devant l’article défini, di, a, da, in et su ne restent jamais seuls : ils se fondent avec lui en un seul mot. La soudure n’est pas une élégance, elle est obligatoire, et le français, qui ne la pratique que quatre fois, ne prépare pas du tout ce réflexe.
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Le français connaît le procédé, mais il ne l’applique presque jamais. de plus le donne « du », à plus les donne « aux », et la liste s’arrête là : on écrit « de la voiture », « dans le tiroir », « sur la table », en deux ou trois mots bien séparés. L’italien, lui, soude systématiquement.
Regardez la colonne de droite : le français écrit deux mots cinq fois sur six, l’italien un seul à chaque ligne. C’est là tout le sujet de cette page. Elle ne traite pas du choix de la préposition — savoir s’il faut dire in ou a devant un nom de lieu est une autre question, traitée à la page dire le lieu. Elle traite de ce qui arrive à la préposition et à l’article une fois le choix fait.
Un point d’abord, parce qu’il évite des heures d’hésitation : la soudure n’est jamais facultative avec ces cinq prépositions. Des suites comme di il, in la, su i n’existent pas en italien, ni à l’écrit, ni à l’oral, ni dans un registre familier. Un francophone qui les produit ne fait pas une faute de style : il fait une faute que son interlocuteur entend immédiatement, comme un français entendrait « à le cinéma ».
L’article défini italien a sept formes : il, lo, l’ au singulier, i, gli, le au pluriel, plus la au féminin singulier. Le choix entre elles dépend du son qui suit, et il est décrit à la page il, lo, un, uno. Croisées avec les cinq prépositions qui fusionnent, ces sept formes donnent trente-cinq mots. Ils s’apprennent en bloc, parce qu’ils reviennent dans chaque phrase.
| Préposition | + il | + lo | + l’ | + la | + i | + gli | + le |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| di | del | dello | dell’ | della | dei | degli | delle |
| a | al | allo | all’ | alla | ai | agli | alle |
| da | dal | dallo | dall’ | dalla | dai | dagli | dalle |
| in | nel | nello | nell’ | nella | nei | negli | nelle |
| su | sul | sullo | sull’ | sulla | sui | sugli | sulle |
Trente-cinq cases, mais trois régularités seulement, et elles suffisent à reconstruire n’importe quelle forme sans la chercher.
Deux prépositions changent de voyelle. di devient de- et in devient ne- : c’est pourquoi on obtient della et non dilla, negli et non ingli. Les trois autres, a, da et su, se retrouvent telles quelles au début du mot soudé. La transformation de in en ne- est celle qui surprend le plus, parce que rien dans nel ne rappelle in à l’œil d’un débutant.
Le l redouble, mais pas partout. Devant lo, l’, la et le, le l est double : dello, dell’, della, delle, et de même allo, dalla, nelle, sull’. Devant il, i et gli, il reste simple : del, dei, degli, al, sui, negli. La règle vaut pour les cinq lignes du tableau, sans exception.
L’apostrophe survit à la soudure. Quand l’article est l’, la forme articulée le garde : dell’amico, all’ingresso, dall’estate, nell’acqua, sull’erba. On n’écrit jamais della amica ni dell amico.
Un tableau se mémorise mal tant qu’on ne l’a pas vu fonctionner. Voici les trente-cinq formes réparties dans des phrases que l’on prononce dans une journée ordinaire.
Un détail qui vaut une règle. La forme soudée épouse l’article que le nom aurait tout seul. lo zaino donne nello zaino ; gli studenti donne agli studenti ; l’ufficio donne nell’ufficio. Autrement dit, on ne peut pas fabriquer une préposition articulée sans avoir tranché d’abord la question de l’article — raison pour laquelle cette page vient après il, lo, un, uno et non avant.
Cinq prépositions fusionnent, les autres non. Confondre les deux séries produit des mots qui n’existent pas, et c’est une erreur aussi visible que l’absence de soudure.
con est le cas mou du système. L’usage courant l’écrit séparé : con il treno, con la mia amica, con i bambini. Deux formes soudées restent bien vivantes, col pour con il et, plus rarement, coi pour con i : on entend et on lit sans difficulté col tempo, « avec le temps ». Les autres formes soudées appartiennent à des textes anciens et ne s’écrivent plus aujourd’hui. Pour un débutant, la conduite à tenir est simple : écrire con en deux mots est toujours correct.
per ne fusionne pas en italien moderne : un regalo per il papà, grazie per l’invito, un libro per i bambini. Même chose pour tra et fra : tra i due, fra le due guerre. Et bien sûr, les prépositions composées gardent leur forme : durante la lezione, senza il permesso.
La soudure suppose un article défini. Avec l’article indéfini, rien ne se passe : la macchina di un amico, in una settimana, su una sedia, a un certo punto. Et là où l’italien n’emploie aucun article, la préposition reste nue : a Roma, in Italia, in banca, di legno, a piedi. Savoir quand l’article disparaît devant un nom de lieu relève de la page dire le lieu ; ici, il suffit de retenir que sans article, il n’y a rien à souder.
En revanche, le possessif ne protège pas le nom : comme l’italien met l’article devant le possessif, la soudure a lieu normalement. il mio libro donne del mio libro, la nostra casa donne nella nostra casa. Ce point est développé à la page l’article devant le possessif.
Les formes de di articulé servent aussi à autre chose qu’à traduire « de ». Elles expriment une quantité indéterminée, ce que les grammaires appellent le partitif, et là le français colle de très près : « du », « de la », « des ».
Au pluriel, cette forme joue exactement le rôle d’un article indéfini pluriel, que l’italien ne possède pas autrement : un libro au singulier, mais dei libri au pluriel.
Une différence, tout de même, et elle s’entend tout de suite. Là où le français maintient « de » même quand la phrase est négative, l’italien préfère très largement ne rien mettre du tout.
La dernière ligne mérite un regard : après une expression de quantité comme un po’ di, un chilo di, una bottiglia di, le di reste nu, sans article et donc sans soudure.
Il oublie de souder. C’est l’erreur numéro un, et elle est structurelle : notre langue nous a entraînés à souder quatre fois et à séparer partout ailleurs. Le résultat, ce sont des phrases comme su il tavolo ou di la mia amica, qui ne veulent rien dire en italien. Il faut sul tavolo et della mia amica.
Il oublie les formes en gli. Comme gli est déjà la forme d’article la plus fragile pour un francophone, les formes articulées qui en dérivent sautent avec elle. On entend dei studenti, ai zii, nei scaffali. Les formes attendues sont degli studenti, agli zii, sugli scaffali : cinq mots à réviser ensemble, degli, agli, dagli, negli, sugli.
Il confond les formes de di et celles de da. Une lettre les sépare, et le sens n’a rien à voir. Comparez il treno delle otto, « le train de huit heures », et dalle otto, « à partir de huit heures » ; ou nel 2010, « en 2010 », et dal 2010, « depuis 2010 ». À l’oral, la voyelle est courte et le débit rapide : c’est un des rares endroits où il faut soigner sa prononciation pour rester compris.
Il perd l’apostrophe ou la met de trop. all’inizio et nell’altra stanza l’exigent ; alla fine et nella stanza la refusent. La règle est celle de l’article : l’apostrophe n’apparaît que devant une voyelle.
Il soude ce qui ne se soude pas. Par excès de zèle, on voit apparaître des formes fabriquées avec per ou des soudures désuètes de con. Cinq prépositions fusionnent, di, a, da, in, su ; les autres se laissent tranquilles.
Une fois ces cinq réflexes en place, les prépositions articulées cessent d’être une leçon et deviennent ce qu’elles sont : le tissu ordinaire de la phrase italienne. On les rencontre plusieurs fois par ligne, ce qui les rend faciles à ancrer par l’écoute.
Ces formes s’installent par l’oreille. Personne ne construit nello en pensant « in plus lo » au moment de parler : on répète la forme entière jusqu’à ce qu’elle vienne seule. C’est exactement ce que fait le cours d’italien, en leçons de quatorze minutes entièrement audio, avec une première leçon offerte avant l’abonnement.
Chaque phrase demande une préposition et un article. Touchez la forme qui convient, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Cinq le font toujours : di, a, da, in et su. con le fait facultativement, et seules les formes col et coi restent courantes. per, tra et fra ne fusionnent jamais.
Parce que la forme soudée reprend l’article que le nom porterait seul. studenti commence par un s suivi d’une consonne, il prend donc gli et non i : gli studenti, d’où degli studenti. Le choix entre les formes de l’article est décrit à la page il, lo, un, uno.
Les deux sont corrects. L’usage écrit courant préfère con il treno en deux mots, mais col se rencontre partout, à l’oral comme à l’écrit. En revanche, les formes soudées de con avec lo, la ou le ne s’emploient plus.
En regardant le mot qui suit, pas son genre. dello apparaît devant les noms masculins qui prennent lo, c’est-à-dire ceux qui commencent par s plus consonne, z, gn, ps et quelques autres groupes : dello zio, dello spettacolo. Partout ailleurs, au masculin, c’est del.
Les deux, selon la phrase. Ho comprato del pane signifie « j’ai acheté du pain » au sens d’une quantité indéterminée ; il profumo del pane signifie « l’odeur du pain ». La forme est la même, le contexte tranche sans ambiguïté.
Non, et c’est ce qui distingue ce point du reste de la grammaire. in il ou di la ne sont pas maladroits : ils sont impossibles, comme « à le » en français. La soudure est le minimum à automatiser avant de se lancer dans une conversation.
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