L’italien possède une forme qui dit « je suis en train de » en deux mots. Elle est utile, elle est simple à fabriquer, et elle n’est presque jamais obligatoire.
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Deux mots, et une valeur unique : l’action est en train de se dérouler à l’instant dont on parle. Rien de plus, et surtout pas une obligation.
La tournure associe le verbe stare et une forme invariable en -ando ou -endo qu’on appelle le gérondif. Sto mangiando veut dire « je suis en train de manger », et cela signifie très précisément que la fourchette est dans la main au moment où l’on parle.
Voici l’avertissement le plus important de la page : l’italien n’est pas l’anglais. Beaucoup de francophones ont appris l’anglais avant l’italien et croient retrouver ici le même mécanisme. Or en anglais, la forme progressive est obligatoire dès qu’une action est en cours. En italien, elle ne l’est jamais : le présent simple couvre à lui seul l’immense majorité des situations, y compris celles où l’action se déroule sous vos yeux.
À la question Che fai?, un Italien répond mangio aussi volontiers que sto mangiando. Les deux sont corrects, les deux sont courants, et la première est plus fréquente. La forme progressive ajoute une insistance sur le déroulement, souvent pour justifier quelque chose — je ne peux pas te répondre, je ne suis pas disponible, ne me dérange pas maintenant. Elle est donc facultative et elle est expressive. Le présent simple et ses emplois sont traités à la page le présent de l’indicatif.
C’est probablement la forme la plus facile de toute la conjugaison italienne. Elle est invariable — elle ne s’accorde ni en genre ni en nombre, jamais — et elle se fabrique sur l’infinitif avec deux terminaisons seulement.
| Infinitif | Terminaison | Gérondif | Sens |
|---|---|---|---|
| -are | -ando | parlando | en parlant |
| -are | -ando | mangiando | en mangeant |
| -ere | -endo | prendendo | en prenant |
| -ere | -endo | leggendo | en lisant |
| -ire | -endo | dormendo | en dormant |
| -ire | -endo | finendo | en finissant |
Deux remarques suffisent à couvrir presque tous les cas.
Les deuxième et troisième conjugaisons ont la même terminaison. Il n’y a donc aucun choix à faire entre -ere et -ire : tout ce qui n’est pas en -are prend -endo.
Les verbes du type en -isc- perdent leur syllabe. finire donne finendo, capire donne capendo, preferire donne preferendo. La forme finiscendo n’existe pas, et c’est une faute que font presque tous les débutants qui viennent d’apprendre finisco.
Restent les irréguliers, et ils sont peu nombreux parce qu’ils obéissent à un principe unique : le gérondif se forme sur le radical complet du verbe, celui que l’infinitif a perdu.
Si vous connaissez la première personne du présent de ces verbes — faccio, dico, bevo —, vous avez déjà le radical du gérondif. Ces formes sont réunies à la page les irréguliers du présent.
La construction est fixe : stare porte la personne et le temps, le gérondif ne bouge pas. C’est donc la conjugaison la moins coûteuse de la langue — une seule forme verbale à connaître, et six phrases toutes faites.
| Personne | Maintenant | À ce moment-là |
|---|---|---|
| io | sto parlando | stavo parlando |
| tu | stai parlando | stavi parlando |
| lui, lei | sta parlando | stava parlando |
| noi | stiamo parlando | stavamo parlando |
| voi | state parlando | stavate parlando |
| loro | stanno parlando | stavano parlando |
La deuxième colonne est celle du récit, et elle est très utile : elle installe un décor pendant qu’un autre événement se produit. Stavo uscendo quando mi hai chiamato, « je sortais quand tu m’as appelé ». Attention toutefois : cette colonne n’est qu’une variante insistante de l’imparfait, qui reste la forme normale pour décrire le passé. L’imparfait simple et ses emplois font l’objet de la page l’imparfait.
Au-delà de ces deux temps, la tournure se raréfie vite. Les temps composés ne s’y prêtent pas : on ne construit pas de forme progressive avec un participe passé. En pratique, retenez ces deux lignes et laissez le reste.
Un dernier détail de place : avec un pronom, deux solutions coexistent. Gli sto parlando et Sto parlandogli disent la même chose, « je suis en train de lui parler » ; le pronom se met devant stare ou se soude au gérondif. Le détail de cette règle de place appartient à la page les pronoms compléments.
Changez la préposition et vous changez de temporalité. stare per suivi de l’infinitif dit qu’une action est imminente, sur le point de commencer. Le français traduit par « être sur le point de », ou plus souvent par « aller » : sto per uscire, « je vais sortir », « je sors à l’instant ».
La différence avec la forme précédente est nette et vaut la peine d’être fixée : sto uscendo signifie que je suis déjà dans l’escalier ; sto per uscire signifie que j’ai encore mon manteau à la main. Au passé, stavo per est particulièrement pratique, parce qu’il dit une intention qui n’a pas abouti : « j’allais le faire », sous-entendu, quelque chose m’en a empêché.
Détaché de stare, le gérondif garde sa valeur propre, qui correspond presque exactement au français « en » suivi du participe présent. Il abrège une subordonnée entière et donne à la phrase un tour naturel que les débutants n’osent pas employer alors qu’il est facile.
Selon le contexte, il exprime le moment (uscendo di casa), le moyen (ascoltando la radio), la cause (essendo stanco), ou, précédé de pur, la concession. Le français fait exactement le même travail avec la même économie de mots, ce qui en fait l’un des rares endroits où l’on peut traduire presque littéralement.
Une contrainte, et elle est absolue : le gérondif se rapporte au sujet de la phrase principale. Dans uscendo di casa, ho visto Marco, c’est bien moi qui sors. Si celui qui sort est Marco, le gérondif devient impossible et il faut une subordonnée complète. Un francophone commet ici la même faute qu’en français, sauf qu’en italien elle s’entend davantage.
De là un piège dans l’autre sens, celui de la traduction. Le français emploie aussi le participe présent comme une épithète : « une jeune fille chantant dans la rue », « les gens travaillant ici ». Le gérondif italien ne fait jamais cela. Il ne qualifie pas un nom, il modifie un verbe. Là où le français adjectivise, l’italien passe par une proposition relative : una ragazza che canta per strada, le persone che lavorano qui. Le fonctionnement de ces relatives est décrit à la page che, cui, il quale.
Un francophone qui découvre sto parlando en fait volontiers trop, par peur que le présent simple ne suffise pas. Trois cas où il faut résister.
Une action répétée n’est pas une action en cours. On dit ogni mattina leggo il giornale, « chaque matin je lis le journal », et non sto leggendo, qui voudrait dire que le journal est ouvert devant moi.
La forme progressive ne dit pas l’avenir, contrairement à l’anglais. Pour « je pars demain », l’italien met le présent simple : domani parto. L’emploi du présent pour le futur proche est traité à la page du présent.
Savoir, vouloir, croire ne se déroulent pas : on ne dit ni sto sapendo, ni sto volendo. La forme progressive demande un verbe qui décrive quelque chose qu’on est en train de faire.
La règle de conduite tient en une phrase : employez le présent simple par défaut, et la forme progressive quand vous voulez précisément dire « là, maintenant, je suis occupé à ». Vous ne ferez jamais de faute en choisissant le présent simple ; vous en ferez en mettant la forme progressive partout.
Un point où l’oreille décide plus vite que la règle. Savoir que sto mangiando est facultatif ne suffit pas : il faut avoir entendu cent fois un Italien répondre mangio pour que le réflexe anglais lâche prise. C’est ce que travaille le cours d’italien, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes enregistrées par un locuteur natif. La première leçon est offerte, la suite se fait par abonnement.
Choisissez la forme qui convient au sens indiqué, puis touchez Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Non, et c’est l’erreur la plus répandue chez qui a appris l’anglais avant l’italien. En italien, la forme progressive n’est jamais obligatoire : le présent simple couvre aussi les actions en cours. Mangio et sto mangiando sont tous deux corrects, et le premier est plus fréquent.
Sto uscendo dit que l’action est commencée : je suis déjà dans l’escalier. Sto per uscire dit qu’elle est imminente : j’ai encore mon manteau à la main. Au passé, stavo per dirtelo signifie que j’allais te le dire et que je ne l’ai pas fait.
Sans le -isc- : finendo, capendo, preferendo. La syllabe n’apparaît qu’aux personnes du présent où l’accent tombe sur le radical, et le gérondif n’est pas de celles-là. La forme finiscendo n’existe pas.
Non. Le gérondif italien modifie un verbe, jamais un nom. Le français adjectivise son participe présent, l’italien passe par une relative : una donna che porta un cappello. C’est l’une des rares fautes que la proximité des deux langues rend presque inévitable.
Jamais, en aucun cas. parlando s’écrit de la même façon avec un sujet masculin, féminin, singulier ou pluriel : le mie sorelle stanno giocando. C’est la seule forme verbale italienne dont on n’a absolument rien à retenir en dehors de sa terminaison.
Elle est vivante au présent, sto parlando, et à l’imparfait, stavo parlando. Ailleurs elle se raréfie, et elle ne se construit pas avec un participe passé. Pour décrire le passé, l’imparfait simple reste la forme normale ; la forme progressive n’en est qu’une variante insistante.
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