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Cours de langues›Les relatives

Relier deux phrases : le relatif italien ne distingue pas qui de que

L’italien n’a qu’une forme, che, là où le français choisit entre qui et que. Cette simplicité est un cadeau les premiers jours, et un piège dès qu’une préposition entre en jeu, car che y devient impossible.

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Une seule forme pour qui et pour que

Le français oblige à trancher avant même d’ouvrir la bouche : qui si le relatif est sujet, que s’il est complément d’objet. L’italien ne demande rien. Une seule forme, che, couvre les deux emplois, ne s’accorde jamais, ne change ni au féminin ni au pluriel, et s’applique aussi bien aux personnes qu’aux choses.

Un réflexe est à couper tout de suite : le français qui ne se traduit pas par chi. La ressemblance est trompeuse, elle est sonore, et elle produit une faute que les Italiens remarquent immédiatement, parce qu’elle est impossible dans leur langue. Chi existe, il a son emploi, décrit plus bas, mais il ne suit jamais un nom. Dites il ragazzo che parla, jamais autre chose.

Petit bénéfice annexe : comme che est invariable, le verbe de la relative s’accorde directement avec l’antécédent, y compris quand cet antécédent est un pronom de première personne. Sono io che pago, « c’est moi qui paie » ; siamo noi che abbiamo sbagliato, « c’est nous qui nous sommes trompés ».

Après une préposition, che devient impossible

Voici la frontière vraie de cette page. Dès qu’une préposition précède le relatif, l’italien change de mot : che disparaît et cui prend sa place. Il n’y a pas d’exception, pas de variante familière tolérée, et l’erreur est immédiate à l’oreille.

  • La ragazza con cui esco è spagnola. — « La fille avec qui je sors est espagnole. »
  • Il libro di cui ti ho parlato è in italiano. — « Le livre dont je t’ai parlé est en italien. »
  • La città in cui vivo è piccola. — « La ville où je vis est petite. »
  • L’amico a cui ho scritto non ha risposto. — « L’ami à qui j’ai écrit n’a pas répondu. »
  • Il motivo per cui non sono venuto è semplice. — « La raison pour laquelle je ne suis pas venu est simple. »
  • La persona su cui conto è lei. — « La personne sur qui je compte, c’est elle. »

Comparez les deux colonnes et mesurez l’économie. Le français fait varier son relatif selon le genre, le nombre et la nature de l’antécédent : avec qui, dans laquelle, pour lesquels, auquel. L’italien écrit toujours la préposition suivie de cui, quelle que soit la suite. Un mot, invariable, pour personnes et pour choses, au singulier comme au pluriel : gli amici con cui esco, le ragioni per cui ho scelto l’italiano.

Deux précisions utiles. Cui ne prend jamais d’article : il n’y a donc aucune soudure à faire, et la préposition reste un mot séparé. On écrit di cui, in cui, su cui, et non les formes contractées que l’on emploierait devant un nom — celles-ci relèvent des prépositions articulées. Et dans un registre soigné, le a du complément d’attribution peut tomber : la persona cui ho scritto est correct, à côté du plus courant la persona a cui ho scritto.

Dont : un mot français, trois solutions italiennes

Le français a un mot fourre-tout, dont, qui recouvre des fonctions grammaticales très différentes. L’italien les sépare, et il faut donc se demander à chaque fois ce que dont fait dans la phrase.

Premier cas, le plus fréquent : le verbe ou l’adjectif réclame di. On emploie alors simplement di cui. C’est le cas de parlare di, avere bisogno di, essere innamorato di, ricordarsi di.

Deuxième cas : dont marque la possession, c’est-à-dire qu’en français il est suivi de le, la ou les. L’italien dit alors il cui, et la mécanique surprend tout le monde : l’article se place devant cui mais s’accorde avec le nom qui suit, celui de la chose possédée, sans aucun égard pour l’antécédent. Il n’y a aucune préposition et aucun article devant le nom possédé.

Observez la première phrase : l’antécédent est féminin, la signora, et l’article est pourtant masculin, parce que le mari l’est. Cette tournure appartient à la langue soignée et à la presse plus qu’à la conversation du bar, mais il faut la reconnaître sans hésiter, et savoir la produire à l’écrit. Elle ne doit pas être confondue avec le possessif du groupe nominal ordinaire, traité à la page l’article devant le possessif.

Troisième cas : dont annonce une quantité prélevée sur un ensemble. L’italien emploie là aussi di cui, et la construction est exactement parallèle. Ho letto dieci libri, di cui tre in italiano, « j’ai lu dix livres, dont trois en italien ».

Il quale, dove : quand on veut être clair

Le revers de l’invariabilité de che est l’ambiguïté. Dans la donna che ha visto Marco, rien ne dit si la femme a vu Marco ou si Marco l’a vue. L’italien dispose pour ces cas d’un relatif plus lourd, qui s’accorde et lève le doute : il quale, avec ses quatre formes il quale, la quale, i quali, le quali.

Les trois relatifs et leurs emplois
FormeEmploiExemple
chesujet ou complément d’objet direct, sans prépositionIl treno che arriva. — « Le train qui arrive. »
cuiaprès une préposition, invariable, sans articleIl treno con cui parto. — « Le train avec lequel je pars. »
il cuipossession, article accordé au nom qui suitIl treno il cui ritardo è enorme. — « Le train dont le retard est énorme. »
il qualevariante soignée, sujet ou après préposition, accordéeIl treno sul quale sono salito. — « Le train dans lequel je suis monté. »

Il quale remplace che sujet et cui après préposition, mais jamais che complément d’objet direct : on ne dit pas il libro il quale ho letto. Après une préposition, l’article se soude comme d’habitude, ce qui donne al quale, del quale, nella quale, sui quali. Son intérêt est double : il désambiguïse, et il allège une phrase longue où che serait perdu.

Reste le français où, qui recouvre deux choses. Pour le lieu, l’italien laisse le choix entre in cui et le très commode dove : la casa dove abito et la casa in cui abito sont également corrects, le second un peu plus soigné. Pour le temps, en revanche, la forme sûre est in cui, et c’est un point sur lequel les francophones se trompent presque toujours, parce qu’ils traduisent où par quando.

Quando garde son emploi normal, qui est de relier une circonstance de temps à une phrase entière : quando sono arrivato, pioveva. On le rencontre aussi après un nom de temps dans la langue parlée, mais in cui est la forme qui ne vous trahira jamais.

Chi et quello che : les relatifs sans antécédent

Chi ne relie pas deux phrases autour d’un nom : il contient son propre antécédent et vaut « celui qui », « ceux qui », « quiconque ». C’est pourquoi il ne peut jamais suivre un nom. Autre trait à retenir : même quand il désigne plusieurs personnes, il commande un verbe au singulier.

Le même mot sert par ailleurs à interroger, ce qui explique l’attraction qu’il exerce sur un francophone ; l’interrogation ne relève pas de cette page, et elle ne change rien à la règle du relatif.

Pour le français « ce que » et « ce qui », l’italien ne se contente pas de che : il faut un support, et ce support est quello che, ou ciò che dans un registre plus relevé, ou encore quel che. Les trois sont interchangeables ; quello che est le plus fréquent dans la conversation.

Trois mots, trois emplois qui ne se recoupent pas. Che suit un nom. Chi ne suit rien et signifie « celui qui ». Quello che ne suit rien non plus et signifie « ce que ». Si vous savez répondre à la question « ai-je un nom juste avant mon relatif ? », vous ne vous tromperez plus.

Le subjonctif dans la relative

Une relative italienne peut basculer au subjonctif, et le déclencheur n’est pas le relatif lui-même : c’est la nature de l’antécédent. Trois situations, et elles se reconnaissent vite.

L’antécédent est cherché, pas connu. Le verbe de la relative passe au subjonctif parce que la personne ou la chose décrite n’existe peut-être pas. L’opposition est nette avec la même phrase portant sur quelqu’un de réel.

L’antécédent est nié. S’il n’y a personne ni rien qui corresponde, le subjonctif est de règle.

L’antécédent est un superlatif ou un unique. Après il più, il meno, l’unico, il solo, il primo, la relative se met au subjonctif.

Le français connaît le même mécanisme après un superlatif, ce qui rend ces phrases moins étranges qu’il n’y paraît. La différence est de fréquence : l’italien y recourt plus systématiquement, et un indicatif à cette place sonne négligé, même s’il s’entend dans la conversation rapide. La fabrication des formes sappia, possa, abbia visto appartient à la page fabriquer le subjonctif ; les degrés de comparaison, qui fournissent ici l’antécédent, sont traités à la page comparatif et superlatif.

Exercices : choisir le relatif juste

La traduction française entre parenthèses désigne la réponse attendue. Touchez une proposition, puis Correction.

  1. Il ragazzo ___ parla è mio fratello. (Le garçon qui parle est mon frère.)
  2. La ragazza ___ ho incontrato ieri si chiama Giulia. (La fille que j’ai rencontrée hier.)
  3. Il giorno ___ ci siamo conosciuti pioveva. (Le jour où nous nous sommes rencontrés.)
  4. L’amico ___ ho scritto non ha risposto. (L’ami à qui j’ai écrit.)
  5. Il libro ___ ti ho parlato è in italiano. (Le livre dont je t’ai parlé.)
  6. La signora ___ marito è medico abita qui. (La dame dont le mari est médecin.)
  7. ___ dorme non piglia pesci. (Celui qui dort n’attrape pas de poissons.)
  8. Non capisco ___ dici. (Je ne comprends pas ce que tu dis.)
  9. La città ___ sono nato è piccola. (La ville où je suis né.)
  10. La ragazza ___ esco è spagnola. (La fille avec qui je sors.)
  11. Cerco una segretaria che ___ l’italiano. (Je cherche une secrétaire qui sache l’italien.)
  12. Conosco una ragazza che ___ cinque lingue. (Je connais une fille qui parle cinq langues.)
  13. È il film più bello che io ___ mai visto. (C’est le plus beau film que j’aie jamais vu.)
  14. Non c’è nessuno che ___ aiutarmi. (Il n’y a personne qui puisse m’aider.)
  15. Ho parlato con la moglie di Marco, ___ lavora a Roma. (C’est l’épouse qui travaille à Rome.)
  16. Non conosco il motivo ___ è partito. (La raison pour laquelle il est parti.)
  17. Uno scrittore ___ libri sono tradotti in molte lingue. (Un écrivain dont les livres sont traduits.)

Toute la grammaire italienne, point par point

Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.

Passez à la pratique

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Questions fréquentes

Comment traduire qui et que, puisque l’italien n’a qu’un mot ?

Les deux se disent che, sans distinction : il ragazzo che parla pour « le garçon qui parle », il libro che leggo pour « le livre que je lis ». Le mot est invariable et convient aux personnes comme aux choses. Attention toutefois : cela ne vaut que sans préposition, car après une préposition l’italien change de mot et prend cui.

Peut-on dire con che ou di che ?

Non. Après une préposition, la seule forme est cui : la ragazza con cui esco, il libro di cui parlo, la città in cui vivo. Cui est invariable et ne prend pas d’article, ce qui évite toute contraction. La variante soignée est il quale accordé, avec cette fois la soudure habituelle : del quale, al quale.

Comment dit-on dont en italien ?

Cela dépend de son rôle. Si le verbe se construit avec di, on dit di cui : il film di cui parliamo. Si dont marque la possession, c’est-à-dire s’il est suivi en français de le, la ou les, on dit il cui : la signora il cui marito è medico. L’article se met devant cui mais s’accorde avec le nom qui suit.

Quelle est la différence entre che et chi ?

Che suit un nom et le reprend. Chi ne suit rien : il contient son antécédent et signifie « celui qui, ceux qui, quiconque », avec un verbe au singulier, comme dans chi cerca trova. Dire il ragazzo chi parla est impossible en italien, et c’est l’une des fautes les plus reconnaissables chez un francophone.

Comment traduire le jour où et la ville où ?

Pour un lieu, dove et in cui sont tous deux corrects : la casa dove abito ou la casa in cui abito. Pour un moment, la forme sûre est in cui : il giorno in cui ci siamo conosciuti, l’anno in cui sono nato. Traduire où par quando dans ces phrases est le réflexe francophone à corriger.

Pourquoi lit-on parfois un subjonctif dans une relative ?

Parce que l’antécédent n’est pas un être réel et identifié. On emploie le subjonctif quand la chose est cherchée sans être sûre d’exister (cerco qualcuno che sappia il tedesco), quand elle est niée (non c’è nessuno che possa aiutarmi) et après un superlatif ou un unique (è il film più bello che abbia visto). Avec un antécédent réel, on reste à l’indicatif : conosco qualcuno che sa il tedesco. Les formes se fabriquent à la page fabriquer le subjonctif.

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