La règle italienne ressemble beaucoup à la nôtre, et c’est précisément ce qui la rend dangereuse. En français l’accord est muet, en italien il se prononce : dire l’ho visto au lieu de l’ho vista, c’est changer la personne dont on parle.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
Un participe passé italien se termine par -o, -a, -i ou -e, exactement comme un adjectif de la première classe. Quand il s’accorde, il choisit l’une des quatre ; quand il ne s’accorde pas, il reste en -o.
| Masculin | Féminin | |
|---|---|---|
| Singulier | andato, visto | andata, vista |
| Pluriel | andati, visti | andate, viste |
Voilà pour la mécanique, qui ne présente aucune difficulté. Toute la question est de savoir quand le participe s’accorde, et avec quoi. Et sur ce point, la proximité avec le français tend un piège : la règle italienne est très proche de la nôtre, mais elle ne se traite pas du tout de la même manière, parce qu’elle ne se joue pas au même endroit.
En français, l’accord du participe est une affaire d’orthographe. « Je les ai vues » et « je les ai vus » se prononcent de la même façon ; la faute se voit à l’écrit et ne s’entend jamais. Des millions de francophones parlent leur langue toute leur vie sans y penser une seule fois, et rien ne le révèle.
En italien, la terminaison se prononce. Visto, vista, visti, viste sont quatre mots audiblement différents, et votre interlocuteur entend lequel vous avez choisi. Un accord fautif n’est pas une négligence d’écriture : c’est une information fausse envoyée à voix haute. C’est pour cette raison qu’un francophone doit régler cette question tôt, alors même que la règle lui paraît déjà connue.
Trois cas, et trois seulement. Ils dépendent de ce qui précède le participe : l’auxiliaire essere, l’auxiliaire avere, ou un pronom réfléchi. Le choix de l’auxiliaire lui-même se décide ailleurs, à la page essere ou avere — mais il faut l’avoir tranché avant d’ouvrir cette page-ci, puisque tout en dépend.
C’est le cas le plus simple et le plus fréquent. Avec l’auxiliaire essere, le participe s’accorde en genre et en nombre avec le sujet, comme le ferait un adjectif.
Comme pour l’adjectif, un groupe qui mêle des hommes et des femmes entraîne le masculin pluriel, même si les femmes y sont plus nombreuses : Anna, Chiara e Marco sono usciti. Un groupe entièrement féminin prend le féminin : Anna e Chiara sono uscite.
Une conséquence que les francophones découvrent tard : en italien, vous déclarez votre genre chaque fois que vous parlez de vous au passé. Une femme qui dit sono andato ou sono arrivato produit une phrase qui ne se répare pas dans la suite de la conversation ; c’est l’une des erreurs que les Italiens relèvent le plus vite, parce qu’elle n’existe pas chez un locuteur natif. Le français masque le problème : « je suis allé » et « je suis allée » sont le même mot à l’oreille.
Ce premier cas couvre aussi piacere et les verbes qui se construisent comme lui, où le sujet du verbe n’est pas la personne qui parle mais la chose dont on parle : la mostra mi è piaciuta, « l’exposition m’a plu ». Le participe suit la chose, et non celui qui l’aime : ce montage inversé a sa propre page dans ce dossier.
Avec l’auxiliaire avere, le participe reste en -o, quel que soit le sujet, et quel que soit le complément qui suit. Même quand ce complément est féminin pluriel et qu’il paraît réclamer un accord.
Jusque-là, l’italien et le français sont d’accord, et le réflexe francophone suffit. Mais il existe une exception, et elle est d’un usage quotidien.
Les pronoms lo, la, li et le se placent avant l’auxiliaire. Dès qu’ils y sont, le participe s’accorde avec eux. L’italien ne traite pas cet accord comme une subtilité d’écrit : il le prononce, et il le prononce toujours.
La première paire montre pourquoi ce point est capital. Devant une voyelle, lo et la perdent leur voyelle et deviennent tous deux l’. Le pronom ne dit donc plus rien du genre : l’ho vista et l’ho visto ne diffèrent que par la dernière lettre du participe, et c’est elle, et elle seule, qui indique si vous avez vu une femme ou un homme. Un francophone qui néglige l’accord ne fait pas une faute vénielle : il change de personne.
Au pluriel, le pronom ne s’élide jamais — li ho visti, le ho viste — et l’information est donnée deux fois. L’accord reste néanmoins obligatoire : un pluriel sans accord s’entend tout de suite.
Avec les pronoms de première et de deuxième personne, mi, ti, ci, vi, l’usage est plus souple : on rencontre Maria, ti ho vista ieri comme ti ho visto ieri, et les deux s’entendent. Ce flottement ne concerne pas lo, la, li, le, où l’accord se fait. La place de ces pronoms et le choix entre les deux séries sont traités à la page des pronoms compléments.
Deux prolongements du deuxième cas, qui obéissent à la même logique : quelque chose est passé devant le participe, donc le participe s’y accorde.
Avec la particule ne de quantité, le participe s’accorde avec le nom que ne remplace, même absent de la phrase. On dit ne ho letti tre, « j’en ai lu trois », si l’on parle de livres, et ne ho lette tre si l’on parle de lettres. Le participe porte alors la seule trace du nom dont il est question, ce qui explique qu’un Italien ne l’escamote jamais. Les autres emplois de cette particule sont décrits à la page de la particule ne.
Au passif, le participe s’accorde avec le sujet, et quand la forme comporte deux participes, les deux s’accordent : la lettera è stata spedita, « la lettre a été envoyée », le case sono state vendute, « les maisons ont été vendues ». La construction elle-même, avec ses trois auxiliaires possibles, appartient à la page du passif, qui la traite en entier.
Tout verbe réfléchi se conjugue avec essere, et son participe s’accorde avec le sujet. Tant que le verbe n’a pas de complément d’objet, le francophone est en terrain connu.
La divergence apparaît dès qu’un complément d’objet suit le verbe. Le français laisse alors le participe invariable — « Marie s’est lavé les mains », sans e — parce que le pronom n’y est plus un objet direct. L’italien, lui, continue d’accorder avec le sujet.
C’est l’un des rares points où le francophone instruit se trompe plus qu’un débutant : il connaît la règle française, il l’applique, et il produit Maria si è lavato le mani. Retenez la formule inverse, qui est plus simple : avec un réfléchi, le participe regarde le sujet, et ne regarde que lui, complément ou pas.
On rencontre aussi, chez les auteurs comme dans la langue parlée, l’accord avec l’objet qui suit : mi sono lavate le mani. La tournure existe et n’est pas fautive, mais l’accord avec le sujet est le choix courant et celui que nous vous conseillons : il est cohérent avec tous les autres emplois de essere, ce qui fait une règle de moins à retenir. Les valeurs du réfléchi, réfléchie, réciproque ou expressive, sont décrites à sa propre page, avec la conjugaison au présent.
| Situation | Accord | Exemple |
|---|---|---|
| Auxiliaire essere | avec le sujet | Maria è uscita. |
| Auxiliaire avere, objet après le verbe | aucun, le participe reste en -o | Ho comprato le mele. |
| Auxiliaire avere, pronom lo la li le avant | avec le pronom | Le ho comprate. |
| Auxiliaire avere et ne de quantité | avec le nom repris | Ne ho comprate tre. |
| Verbe réfléchi | avec le sujet | Anna si è messa il cappotto. |
| Passif | avec le sujet | Le case sono state vendute. |
Sono, sei, è, siamo, siete : vous accordez avec le sujet, et la question est réglée. Ho, hai, ha : par défaut, vous n’accordez pas.
Un l’, li, le ou ne glissé avant l’auxiliaire annule le défaut : le participe s’accorde avec lui. C’est le seul cas où avere déclenche un accord.
Un complément placé après le verbe ne commande jamais rien : ho comprato le mele et Anna si è messa il cappotto le montrent chacun à leur manière.
La voie la plus rapide pour ancrer la règle. Prenez dix objets autour de vous et posez-vous la question à voix haute, avec le pronom : le chiavi? le ho prese. il libro? l’ho letto. la lettera? l’ho scritta. Trois secondes par objet, et le réflexe s’installe là où il doit être : dans la bouche, pas dans la mémoire.
Un accord juste ne se calcule pas, il se prend à l’oreille. Aucun Italien ne passe par la règle avant de répondre l’ho vista ieri : la terminaison vient avec la phrase. C’est ce que vise le cours d’italien, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes où ces réponses courtes reviennent des dizaines de fois. La première leçon est offerte, la suite fonctionne par abonnement.
Choisissez la forme du participe qui convient ; l’auxiliaire et les pronoms sont déjà en place. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Dans trois situations : avec l’auxiliaire essere, où il suit le sujet ; avec un verbe réfléchi, où il suit également le sujet ; et avec l’auxiliaire avere lorsqu’un pronom complément direct ou la particule ne est placé devant. Partout ailleurs après avere, il reste en -o.
Parce que le pronom la s’est élidé en l’ devant la voyelle de ho et ne dit plus rien du genre. Le participe est alors le seul mot qui indique qu’il s’agit d’une femme. L’ho visto signifierait que vous avez vu un homme : ce n’est pas une faute d’orthographe, c’est une autre phrase.
Non, tant que le complément se trouve après le verbe : ho comprato le mele, jamais comprate. L’accord ne se fait que si un pronom lo, la, li, le ou la particule ne est passé devant l’auxiliaire.
Oui, et c’est obligatoire, non pas élégant. Avec essere, le participe s’accorde avec le sujet, donc une femme dit sono andata, sono stata, sono arrivata. Le français masque la difficulté puisque « allé » et « allée » se prononcent de la même façon ; en italien la terminaison s’entend, et l’erreur est immédiatement perçue.
Parce que les deux langues ne raisonnent pas de la même façon sur les verbes réfléchis. Le français regarde la fonction du pronom et laisse le participe invariable dès qu’un objet suit. L’italien accorde avec le sujet dans tous les cas : Maria si è lavata le mani, Anna si è messa il cappotto. C’est l’un des rares points où connaître la règle française nuit.
Avec le sujet, et lorsque la forme comporte deux participes, les deux s’accordent : la lettera è stata spedita, le case sono state vendute. La construction du passif elle-même, avec essere, venire ou andare, est décrite à la page que ce dossier consacre au passif.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l’une de l’autre, et les leçons s’écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →