LIMBAVotre méthode de langue 100 % audio
Cours de langues›Les articles

L’article italien se choisit à l’oreille, pas sur le genre

Un francophone cherche le genre du nom pour choisir son article, et c’est exactement la mauvaise question. Entre il et lo, c’est le son qui commence le mot suivant qui décide, et rien d’autre.

La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.

La mauvaise question et la bonne

Le français n’a que deux articles définis au singulier, le et la, et il les choisit uniquement sur le genre du nom. L’italien a trois formes au masculin. Un francophone en conclut qu’il existe des degrés de masculin, ou que certains mots sont irréguliers. Ni l’un ni l’autre : la forme dépend du son qui suit.

C’est un renversement complet de méthode. Pour dire « le garçon », il ne faut pas se demander si ragazzo est masculin — on le sait déjà — mais écouter par quoi il commence. R suivi d’une voyelle : on dira il ragazzo. Pour studente, le mot commence par deux consonnes, et l’italien refuse d’enchaîner il avec ce groupe : on dira lo studente. Même genre, même fonction, deux formes différentes.

La raison est de confort articulatoire, et elle s’entend si l’on essaie de prononcer la forme fautive à voix haute : la suite refusée demande un effort que l’italien ne fait pas. C’est pourquoi cette page ne se mémorise pas comme une liste mais s’écoute. Les trois formes du masculin n’ont rien d’arbitraire, elles se répartissent les sons.

Ce que cette page ne traite pas : le genre des noms, qui se décide ailleurs et se trouve à la page le genre des noms ; la soudure de l’article avec une préposition, qui donne del, nel, al et que détaille la page les prépositions articulées ; et l’article devant un possessif, qui obéit à ses propres règles et relève de la page l’article devant le possessif.

Les sept formes de l’article défini

Trois au masculin singulier, une au féminin singulier, deux au masculin pluriel, une au féminin pluriel. Le féminin est simple et ne réserve aucune surprise ; tout le travail porte sur le masculin.

L’article défini et la condition qui le déclenche
FormeEmploiConditionExemple
ilmasculin singulierdevant une consonne ordinaireil treno
lomasculin singulierdevant s + consonne, z, gn, ps, x, ylo studente
l’masculin singulierdevant une voyellel’amico
laféminin singulierdevant une consonnela casa
l’féminin singulierdevant une voyellel’amica
imasculin pluriellà où le singulier avait ili treni
glimasculin pluriellà où le singulier avait lo ou l’gli studenti
leféminin plurieldans tous les casle case

La dernière colonne du tableau contient la seule chose à retenir vraiment : le pluriel se déduit du singulier. Si vous savez dire lo ou l’ au singulier, vous direz gli au pluriel sans autre calcul. Et le féminin ne connaît que le, quelle que soit la lettre suivante.

Les mots qui réclament lo

La liste des déclencheurs est courte, et les deux premiers couvrent la quasi-totalité des cas réels. Le groupe s + consonne est de loin le plus fréquent, et le z vient ensuite.

Attention au piège symétrique, qui est le plus courant des deux : un s suivi d’une voyelle ne déclenche rien du tout. On dit il sole, « le soleil », il sale, « le sel », et il signore, « le monsieur », parce que le s y est suivi d’une voyelle. C’est le groupe de deux consonnes, et non la lettre s, qui appelle lo.

Le h italien ne se prononce jamais : un mot qui commence par h commence donc, à l’oreille, par une voyelle, et prend l’. On dit l’hotel et l’hobby, au pluriel gli hotel. Il existe enfin quelques mots rares où le i initial se prononce comme un y et se comporte comme une consonne, d’où lo iodio ; ils ne gênent personne au quotidien.

Un, uno, una, un’ : là où les francophones écrivent faux

L’article indéfini suit la même logique sonore, avec une complication supplémentaire qui donne lieu à la faute écrite la plus répandue chez les francophones débutants. Le français place l’apostrophe d’élision partout où deux voyelles se rencontrent ; l’italien, lui, ne l’autorise qu’au féminin.

L’article indéfini
FormeEmploiConditionExemple
unmasculindevant une consonne ordinaireun libro
unmasculindevant une voyelle, sans apostropheun amico
unomasculindevant s + consonne, z, gn, ps, x, yuno studente
unaféminindevant une consonne, quelle qu’elle soituna studentessa
un’féminindevant une voyelle, avec apostropheun’amica

Deux conséquences à mémoriser, parce qu’elles sont contre-intuitives et qu’elles se voient immédiatement à l’écrit.

Au masculin, jamais d’apostrophe. On écrit un amico, un uomo, un anno, un errore, sans rien entre les deux mots. La forme un’amico est fautive, et c’est la première chose qu’un correcteur italien signale dans un texte écrit par un Français.

Au féminin, l’apostrophe est obligatoire. On écrit un’amica, un’ora, un’isola, un’idea. Écrire una amica ou un amica est également fautif.

Il en résulte une élégance du système que peu de manuels signalent : pour les noms qui servent aux deux genres, l’apostrophe est le seul indice écrit du sexe de la personne. La différence ne s’entend pratiquement pas, mais elle se lit.

  • un artista — « un artiste »
  • un’artista — « une artiste »
  • un insegnante — « un enseignant »
  • un’insegnante — « une enseignante »
  • Ho un amico a Roma. — « J’ai un ami à Rome. »
  • Ho un’amica a Roma. — « J’ai une amie à Rome. »
  • C’è uno studente alla porta. — « Il y a un étudiant à la porte. »
  • Aspetto da un’ora. — « J’attends depuis une heure. »

Et au pluriel ? L’italien n’a pas de pluriel de un. Pour traduire « des livres », il emploie soit le nom seul, soit une forme qui résulte de la fusion d’une préposition et de l’article, dei libri. Cette forme n’appartient pas à la présente page : elle est traitée avec les autres soudures à la page les prépositions articulées.

Les emplois qui ne suivent pas le français

Connaître les formes ne suffit pas : l’italien met un article là où le français n’en met pas, et le supprime là où le français en met un. Voici les cas qui se présentent dès les premières conversations.

Les titres et les noms de personnes

C’est l’écart le plus visible, et il surprend chaque fois. Quand on parle de quelqu’un à la troisième personne, l’italien met l’article devant le titre, là où le français n’en met aucun. Notez que le titre perd sa voyelle finale devant un nom de famille.

Le dernier exemple donne la contrepartie de la règle : lorsqu’on s’adresse directement à la personne, l’article disparaît. On ne dit jamais buongiorno, il signor Rossi.

Les pays, les régions et les villes

Les noms de pays et de régions prennent l’article, comme en français. Les noms de villes, jamais. C’est une frontière nette et elle n’a pas d’exception pratique.

Dès qu’une préposition entre en jeu, la question devient celle du lieu et du mouvement, et la répartition change : c’est l’objet de la page dire le lieu, qui traite in Italia, a Roma et leurs semblables.

Les noms de langues

Le nom d’une langue est un nom masculin ordinaire, et il prend l’article quand il occupe la place d’un nom : l’italiano, il francese, lo spagnolo, il tedesco. Une seule exception d’usage, mais elle revient sans arrêt : après le verbe parlare, l’article tombe le plus souvent, et il tombe aussi après in.

Le corps, les pourcentages, et le temps qu’on n’a pas

Trois emplois hétéroclites, réunis ici parce qu’ils tombent tous dans la conversation courante. Devant une partie du corps, l’article défini est de règle.

Devant un pourcentage, l’italien met l’article et le français non : on dit il dieci per cento là où le français dit « dix pour cent » tout court. À l’inverse, l’italien se passe d’article dans plusieurs expressions où le français en met un, et la plus fréquente de toutes est Non ho tempo., « Je n’ai pas le temps. »

Dernier cas à connaître, parce qu’il est massif et qu’il ne se devine pas : l’italien met l’article devant l’adjectif possessif, ce que le français ne fait jamais. On dit il mio libro, mot à mot « le mon livre ». Cette règle, ses exceptions et les noms de parenté sont traités à la page l’article devant le possessif.

Trois réflexes à installer

Écoutez le mot avant de choisir. La question n’est pas « ce mot est-il masculin ? » mais « par quel son commence-t-il ? ». Le genre, vous l’avez appris avec le nom ; la forme de l’article, vous l’entendez.

Apprenez les mots en s + consonne et en z par blocs. Ils sont nombreux et très utilisés : lo studente, lo stadio, lo sport, lo zaino, lo zucchero, lo zio. En les répétant avec leur article, la forme lo devient un automatisme au lieu d’un calcul.

Relisez vos apostrophes. À l’écrit, la seule faute qui vous trahira à coup sûr est un’amico. Un masculin ne prend jamais l’apostrophe ; un féminin devant voyelle la prend toujours.

Une règle sonore s’apprend par le son. C’est le cas type où la lecture ne suffit pas : la bonne forme doit venir avant la réflexion, sans quoi la phrase s’arrête au milieu. C’est ce que travaille le cours d’italien, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes enregistrées par un locuteur natif. La première leçon est offerte, la suite se fait par abonnement. Le dossier de grammaire complet est accessible depuis la page de grammaire.

Exercices : choisir la bonne forme de l’article

Complétez chaque groupe avec la forme qui convient, puis touchez Correction.

  1. ___ studente
  2. ___ libro
  3. ___ amico
  4. ___ zaino
  5. ___ psicologo
  6. ___ sole
  7. ___ yogurt
  8. ___ spagnolo
  9. ___ hotel
  10. ___ amici
  11. ___ libri
  12. ___ studenti
  13. ___ case
  14. Ho ___ amico a Roma.
  15. Ho ___ amica a Roma.
  16. C’è ___ studente alla porta.
  17. Vorrei ___ caffè.
  18. Aspetto da ___ ora.

Toute la grammaire italienne, point par point

Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.

Passez à la pratique

Apprenez à parler l’italien

Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.

  • Leçon 1 gratuiteAucune carte bancaire demandée
  • 9,99 € par moisAnnulable à tout moment
  • 12 languesLe même accès les ouvre toutes
Le cours d’italien →
1 La plateforme web Écouter la leçon 1 → 9,99 € par mois — depuis n’importe quel navigateur, rien à installer
2 Les applications mobiles 9,99 € par mois — iPhone et Android, un seul abonnement pour les deux

Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.

Questions fréquentes

Quand dit-on il et quand dit-on lo ?

Cela dépend uniquement du son qui suit, jamais du genre, puisque les deux formes sont masculines. On emploie lo devant s + consonne (lo studente), devant z (lo zaino), et devant les groupes gn, ps, x, y. Partout ailleurs, il : il treno, il sole.

Pourquoi dit-on il sole et non lo sole ?

Parce que le s de sole est suivi d’une voyelle. Ce n’est pas la lettre s qui déclenche lo, mais le groupe de deux consonnes. D’où il sole, il sale, il signore, mais lo sport et lo studente.

Faut-il écrire un amico ou un’amico ?

Un amico, sans apostrophe. L’article indéfini masculin ne s’élide jamais, même devant une voyelle : un uomo, un anno, un errore. L’apostrophe est réservée au féminin : un’amica, un’ora. C’est la faute écrite la plus fréquente chez les francophones.

Quand emploie-t-on i et quand gli ?

Le pluriel se déduit du singulier : les noms qui prenaient il prennent i (i treni), ceux qui prenaient lo ou l’ prennent gli (gli studenti, gli amici). Au féminin, le sert dans tous les cas.

Pourquoi dit-on il signor Rossi avec un article ?

Parce que l’italien met l’article devant un titre suivi d’un nom de famille quand il parle de la personne à la troisième personne : Il signor Rossi non c’è. En revanche, l’article disparaît quand on s’adresse directement à elle : Buongiorno, signor Rossi. Notez au passage que le titre perd sa voyelle finale devant le nom.

L’article devant le possessif est-il traité ici ?

Non. L’italien dit bien il mio libro, avec l’article, ce que le français ne fait jamais, mais cette règle a ses exceptions, notamment avec les noms de parenté. Elle est traitée en entier à la page l’article devant le possessif.

Apprenez à parler l’italien

Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l’une de l’autre, et les leçons s’écoutent en ligne.

Formule 1 — En ligne
Plateforme web — 9,99 € par mois

Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.

Accéder à la plateforme →
Formule 2 — Sur mobile
Applications — 9,99 € par mois

Les mêmes leçons sur iPhone et Android, connexion Internet requise. Annulable à tout moment, depuis les réglages de votre compte App Store ou Google Play. Ne donne pas accès à la plateforme web.