« Je pense qu’il est en retard » se dit Penso che sia in ritardo, avec un subjonctif. Ce décalage, à lui seul, trahit un francophone en trois mots.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
Les deux langues ont hérité du même système. Le français l’a laissé se réduire après les verbes d’opinion ; l’italien l’a gardé intact. C’est l’écart grammatical le plus audible entre les deux langues, et il tombe sur les verbes qu’on emploie le plus.
Un francophone dit « je pense qu’il a raison » et n’imagine pas une seconde qu’il faille toucher au verbe de la subordonnée. En italien, il faut. Le verbe pensare commande un subjonctif, comme credere, comme sperare, comme sembrare. Le résultat est une faute discrète, jamais bloquante pour la compréhension, et qui revient dix fois par conversation.
Regardez les traductions de droite : aucune ne contient de subjonctif français. C’est là que se joue toute la difficulté. Les cas où le français emploie lui aussi le subjonctif — voglio che, dubito che, è possibile che — ne posent aucun problème, justement parce que le réflexe existe déjà. Le travail porte sur la liste, courte, des verbes où les deux langues ne coïncident plus.
Cette page traite les déclencheurs qui sont des verbes. Les mots de liaison qui commandent eux aussi le subjonctif — benché, prima che, purché — forment une autre famille, décrite à la page des conjonctions au subjonctif. Les formes elles-mêmes, paradigmes et irréguliers, sont fabriquées à la page fabriquer le subjonctif et reprises ici comme acquises.
Le déclencheur n’est pas un mot à retenir dans une liste de cent : c’est une valeur. Dès que la proposition principale exprime autre chose qu’un fait constaté — une opinion, une volonté, un sentiment, un doute —, la subordonnée passe au subjonctif.
| Valeur | Verbes courants | Exemple |
|---|---|---|
| Opinion | pensare, credere, immaginare, supporre, sembrare, parere | Immagino che sia stanco. — « J’imagine qu’il est fatigué. » |
| Volonté | volere, desiderare, preferire, chiedere, permettere | Voglio che tu venga con noi. — « Je veux que tu viennes avec nous. » |
| Sentiment | sperare, temere, avere paura, essere contento, dispiacere | Mi dispiace che tu non possa venire. — « Je regrette que tu ne puisses pas venir. » |
| Doute, possibilité | dubitare, è possibile, è probabile, può darsi, bisogna, è meglio | È possibile che arrivi in ritardo. — « Il est possible qu’il arrive en retard. » |
Les deux dernières familles se conduisent comme en français, et il n’y a rien à corriger. La première est l’endroit du drame. La deuxième réserve une surprise d’un autre genre, que nous verrons plus bas : la volonté interdit souvent la subordonnée en che.
La négation ne change rien. En français, la différence entre « je pense qu’il vient » et « je ne pense pas qu’il vienne » est une règle à part entière. En italien, elle n’existe pas : Penso che venga et Non penso che venga emploient tous deux le subjonctif. Inutile donc de chercher à savoir si la phrase est affirmative ou négative — seul compte le verbe qui introduit.
Un francophone qui vient de comprendre la règle se met aussitôt à en faire trop. Il place un subjonctif partout où il y a un che, et il se trompe dans l’autre sens. Or la frontière est nette et facile à énoncer : ce qui est présenté comme un fait établi reste à l’indicatif.
Le contraste vaut la peine d’être pris deux fois de suite, sur le même contenu : So che è vero « je sais que c’est vrai » contre Credo che sia vero « je crois que c’est vrai ». Le savoir constate, la croyance suppose, et le mode suit.
Une formule mérite d’être signalée à part, parce qu’elle sauve la mise quand la forme ne vient pas : secondo me, « à mon avis ». Elle n’introduit aucune subordonnée, donc elle n’impose aucun subjonctif. Secondo me è troppo tardi dit exactement ce que dirait Penso che sia troppo tardi, avec un verbe à l’indicatif. Ce n’est pas un pis-aller : les Italiens l’emploient constamment.
Une fois le mode choisi, il reste le temps, et ce choix n’est pas libre. Il se décide en deux questions posées dans cet ordre : à quel temps est le verbe principal, puis le fait de la subordonnée est-il déjà accompli. La première question désigne un couple de temps, la seconde tranche à l’intérieur du couple.
| Verbe principal | Fait non accompli | Fait accompli |
|---|---|---|
| Présent penso | Subjonctif présent Penso che venga. | Subjonctif passé Penso che sia venuto. |
| Passé pensavo, ho pensato | Subjonctif imparfait Pensavo che venisse. | Subjonctif plus-que-parfait Pensavo che fosse venuto. |
La ligne du bas est celle qui coûte le plus, parce que le français y met deux indicatifs : « je croyais qu’il venait », « je croyais qu’il était venu ». L’italien exige venisse et fosse venuto. Dès que vous racontez quelque chose au passé — et c’est ce qu’on fait le plus souvent —, le subjonctif imparfait devient la forme de service.
Remarquez au passage la deuxième phrase : Non sapevo che avessi due figli. Le verbe sapere venait d’être rangé parmi les verbes à l’indicatif, et il y reste — mais non sapevo ne constate plus rien, et le subjonctif revient. La valeur commande, jamais le verbe seul.
Voici le point le plus rentable de la page, et il est purement pratique. Quand le sujet de la principale et celui de la subordonnée sont la même personne, l’italien ne construit pas de subordonnée en che : il emploie l’infinitif, en général introduit par di. Le subjonctif disparaît, et avec lui le risque de se tromper de forme.
| Même sujet : infinitif | Sujets différents : subjonctif |
|---|---|
| Penso di partire domani. « Je pense partir demain. » | Penso che lui parta domani. « Je pense qu’il part demain. » |
| Spero di arrivare in tempo. « J’espère arriver à temps. » | Spero che tu arrivi in tempo. « J’espère que tu arriveras à temps. » |
| Credo di aver capito. « Je crois avoir compris. » | Credo che tu abbia capito. « Je crois que tu as compris. » |
| Temo di essere in ritardo. « Je crains d’être en retard. » | Temo che lui sia in ritardo. « Je crains qu’il soit en retard. » |
Cette construction n’est pas une variante élégante : c’est la seule possible. Une phrase comme Penso che io parta domani n’est pas de l’italien, exactement comme « je pense que je parte demain » n’est pas du français. Le francophone a donc déjà le réflexe ; il lui manque seulement de savoir quelle préposition mettre.
Trois verbes de la famille de la volonté refusent d’ailleurs toute préposition et prennent l’infinitif nu. C’est le cas de volere, de preferire et de desiderare, et il faut se garder d’y glisser un di par analogie.
Ce qui se joue ici est un choix de subordination, commandé par l’identité des sujets. La question voisine — quelle préposition tel verbe réclame devant un infinitif, indépendamment de toute subordonnée — relève de la page le verbe et sa préposition, où les listes sont classées par préposition.
Il faut le dire, parce que vous l’entendrez : dans la langue familière, notamment après penso che et credo che, certains locuteurs laissent tomber le subjonctif et disent l’indicatif. Ce relâchement est réel, il est remarqué, et il est jugé négligé. Un étranger n’a rien à y gagner : sur sa bouche, la même forme ne passera pas pour un registre familier mais pour une lacune. Produisez le subjonctif, et vous serez du bon côté dans tous les registres.
Reste que personne ne conjugue en temps réel. Ce qui fait la différence, c’est d’avoir entendu penso che sia, credo che abbia, spero che venga assez souvent pour que le bloc entier sorte d’un seul morceau, sans passer par la règle. Ces trois débuts de phrase se travaillent comme des formules, pas comme des conjugaisons.
Deux autres endroits demandent un subjonctif sans qu’aucun verbe d’opinion soit en jeu, et ils ont chacun leur page : la subordonnée relative, avec che, cui, il quale, et les mots de liaison, avec les conjonctions au subjonctif. L’ensemble des mécanismes de la langue est replacé sur la page la grammaire complète.
Un mode s’installe par l’oreille, pas par le tableau. Les listes ci-dessus vous disent quoi produire ; elles ne vous font pas le produire assez vite pour parler. C’est le travail de notre cours d’italien, entièrement audio : des leçons de quatorze minutes dites par un locuteur natif, où ces débuts de phrase reviennent jusqu’à devenir automatiques. La première leçon est offerte, la suite se fait par abonnement.
Choisissez la forme qu’impose le verbe de la proposition principale, en tenant compte de son temps. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. Elles donnent le plus de place à ce qui trompe précisément un francophone : essere ou avere au passé composé, l’accord du participe, les pronoms groupés, les particules ne et ci, le subjonctif après penso che, l’article devant le possessif. Comprendre l’italien coûte peu ; c’est le parler juste qui se travaille, et ces pages traitent exactement les endroits où le français induit en erreur.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Parce que l’italien range pensare parmi les verbes qui ne constatent pas un fait mais le supposent, et que ce mode est resté vivant après eux. Le français a fait le chemin inverse et est passé à l’indicatif. On dit donc Penso che sia in ritardo, là où le français dit « je pense qu’il est en retard ».
Ceux qui présentent la chose comme établie : sapere, essere sicuro, è vero che, è chiaro che, si vede che, ainsi que dire quand il rapporte simplement des paroles. So che è vero contre Credo che sia vero : le mode suit la valeur.
Rien ne change. Contrairement au français, l’italien emploie le subjonctif aussi bien dans Penso che venga que dans Non penso che venga. La forme négative n’est jamais un critère : seul compte le verbe qui introduit la subordonnée.
Deux voies honnêtes. Si le sujet ne change pas, employez l’infinitif : Penso di partire domani. Si le sujet change, remplacez le verbe d’opinion par secondo me, qui n’impose aucun mode : Secondo me è troppo tardi. Aucune des deux ne sonne comme un contournement.
Cela dépend du temps du verbe principal. Verbe principal au présent, subjonctif présent ou passé : Penso che venga, Penso che sia venuto. Verbe principal au passé, subjonctif imparfait ou plus-que-parfait : Pensavo che venisse, Pensavo che fosse venuto. Les formes elles-mêmes sont à la page fabriquer le subjonctif.
Dans la langue soignée, oui, sans hésitation. Dans la langue familière, on entend parfois l’indicatif après penso che, et c’est perçu comme négligé. Pour un étranger, le calcul est simple : le subjonctif passe dans tous les registres, l’indicatif sera mis au compte d’une lacune.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l’une de l’autre, et les leçons s’écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →