Deux formes du verbe islandais se ressemblent au point de se confondre, et une seule des deux s’accorde. Savoir laquelle décide si votre phrase dit « je suis venu » ou « je suis là ».
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.
Un francophone qui rencontre komið et kominn dans la même leçon suppose une coquille. Ce sont deux formes différentes du même verbe, et l’islandais ne les emploie jamais l’une pour l’autre.
La première est le supin, la forme figée qui suit l’auxiliaire du parfait. La seconde est le participe passé, lýsingarháttur þátíðar, qui se comporte comme un adjectif : il s’accorde en genre, en nombre et en cas avec le mot auquel il se rapporte. La confusion est d’autant plus facile que les deux formes se confondent au neutre singulier, et le neutre singulier est justement celui que l’on rencontre en premier.
La première phrase raconte un événement : à un moment, je suis venu. Les trois suivantes décrivent un état présent : la personne est là, devant vous. Et l’on voit tout de suite la différence de comportement des deux formes. Komið ne change pas, quel que soit le sujet. Kominn devient komin au féminin, komin encore pour un groupe mixte, et il continuerait à changer si la phrase le mettait à un autre cas.
L’erreur typique consiste à dire ég er komið ou ég hef kominn, en mélangeant les deux séries. Elle est immédiatement audible. Le parfait avec hafa, son emploi et ses voisins sont traités à part : cette page se consacre à la forme qui s’accorde.
Ce n’est pas une subtilité de grammairien. Les formes de cette famille sont partout dans la vie courante, et souvent seules, sans verbe autour d’elles. Un message qui dit farin annonce qu’une femme est partie ; un panneau qui dit lokað annonce que c’est fermé ; une porte d’immeuble portant selt annonce que le logement est vendu. Dans chacun de ces cas, la terminaison est la seule information disponible, et il faut l’entendre pour savoir de qui ou de quoi l’on parle.
Le participe passé se reconnaît à sa terminaison de nominatif masculin singulier, qui est -ður, -aður, -tur ou -inn selon le verbe. À côté de lui, le supin apparaît comme ce qu’il est historiquement : le participe neutre, détaché du système et devenu invariable.
| Infinitif | Supin, après hafa | Participe : masc., fém., neutre |
|---|---|---|
| tala | talað | talaður, töluð, talað |
| loka | lokað | lokaður, lokuð, lokað |
| byggja | byggt | byggður, byggð, byggt |
| selja | selt | seldur, seld, selt |
| kaupa | keypt | keyptur, keypt, keypt |
| lesa | lesið | lesinn, lesin, lesið |
| taka | tekið | tekinn, tekin, tekið |
| koma | komið | kominn, komin, komið |
Comparez la deuxième colonne et la fin de la troisième : elles sont identiques, ligne après ligne. Le supin est exactement le participe au neutre singulier. Voilà pourquoi la confusion est si tenace, et voilà aussi la façon la plus économique de retenir la règle : si la forme ne peut pas être autre chose qu’un neutre, c’est un supin après hafa ; sinon, c’est un participe et il cherche un accord. Le ö de töluð, lui, n’a rien à voir avec le participe : c’est une alternance vocalique qui frappe toutes sortes de formes en islandais et qui est décrite sur sa propre page.
L’accord, lui, se fait au pluriel comme au singulier. En voici le nominatif, celui que vous emploierez le plus souvent, puisque le participe du passif se rapporte au sujet de la phrase.
| Nombre | Masculin | Féminin | Neutre |
|---|---|---|---|
| Singulier | seldur | seld | selt |
| Pluriel | seldir | seldar | seld |
Ce tableau ne donne qu’un cas sur quatre, et c’est volontaire : le participe se décline comme un adjectif fort, avec les mêmes terminaisons aux autres cas. Il n’y a donc rien de nouveau à apprendre, à condition de connaître ce paradigme, qui est enseigné avec l’adjectif.
Le passif islandais se construit avec l’un de ces deux verbes suivi du participe accordé. Le choix de l’auxiliaire n’est pas décoratif : il dit si la phrase décrit un résultat ou un événement.
C’est la construction la plus fréquente, et au présent elle décrit presque toujours un état. Le premier exemple est peint sur des portes dans toute l’Islande.
Regardez le dernier : þau désigne un groupe mixte, donc un neutre pluriel, et le participe prend sótt. Rien, dans la phrase, ne dit qui est venu les chercher, et l’islandais ne cherche pas à le dire.
Quand aucun sujet ne se présente du tout, le participe se met au neutre singulier, forme par défaut, avec það devant. La phrase décrit alors une activité sans dire qui s’y livre.
Avec verða, la phrase ne décrit plus un état mais un procès qui a lieu, le plus souvent à venir. C’est la nuance que le français rend par « va être » ou « sera », par opposition à « est ».
L’opposition se sent mieux sur une paire. Búðin er lokuð constate : inutile de pousser la porte. Búðin verður lokuð á morgun annonce : demain, elle le sera. Le participe, lui, ne change pas d’un exemple à l’autre ; seul l’auxiliaire porte l’information.
Cette répartition explique une hésitation qui revient sans cesse chez les francophones. Notre langue distingue la voiture est lavée, qui décrit l’état du véhicule, et la voiture a été lavée, qui raconte l’opération, mais elle le fait en changeant de temps, pas d’auxiliaire. L’islandais, lui, garde le même participe et déplace la nuance sur le verbe qui le précède. Un apprenant qui cherche en islandais l’équivalent de notre passé composé passif cherche quelque chose qui n’existe pas : il doit d’abord décider s’il parle d’un résultat visible ou d’un événement, puis choisir vera ou verða en conséquence. La question se pose avant la phrase, et non pendant.
Le français met l’auteur de l’action derrière par, et il le fait volontiers : ce livre a été écrit par un médecin. L’islandais dispose du même outil, la préposition af, qui gouverne le datif, mais il s’en sert avec beaucoup plus de retenue.
Notez que le groupe qui suit af est au datif : læknirinn devient lækninum, afi minn devient afa mínum. C’est une règle qui tient à la préposition, pas au passif.
Surtout, retenez la tendance : quand l’islandais connaît l’auteur de l’action, il le met le plus souvent en sujet et laisse tomber le passif. Là où un texte français écrira « la maison a été construite par mon grand-père », l’islandais préférera spontanément afi minn byggði húsið, « mon grand-père a construit la maison ». Le passif avec agent existe, il se lit dans la presse et les textes administratifs, mais un débutant qui le multiplie écrit un islandais correct et étrangement lourd.
Ce qui reste utile, en revanche, c’est le passif sans agent, celui des quatre premiers exemples de la section précédente. Il sert précisément quand on ne veut ou ne peut pas nommer l’auteur : un magasin fermé, un livre lu, une voiture vendue.
Un francophone traduit souvent mot à mot son propre réflexe : passif quand le sujet lui manque. L’islandais a trois autres solutions, et elles sont plus courantes dans la conversation que le passif lui-même. Les reconnaître change beaucoup à la compréhension.
Le mot qui signifie « homme, personne » sert de sujet indéfini, exactement comme notre « on ». Le verbe se met au singulier, et la phrase devient active.
Ce pronom se décline comme le nom dont il vient, et sa place complète est parmi les pronoms personnels.
L’islandais met volontiers le verbe au pluriel avec un þeir qui ne désigne aucun groupe identifiable. La langue parlée fait de même en français, dans « ils ont encore changé les horaires ».
Enfin, un verbe muni de la terminaison -st prend souvent une valeur voisine du passif, sans auxiliaire ni participe : dyrnar opnuðust, « la porte s’est ouverte ». C’est une voix à part entière, avec sa conjugaison et ses autres valeurs, et elle a sa propre page ; il suffit ici de savoir qu’une phrase en -st peut rendre ce que le français dirait au passif ou avec un verbe pronominal.
Le piège du français, en une phrase. Notre être fait deux métiers : il forme le passé composé de certains verbes et il forme le passif. L’islandais les sépare nettement : hafa pour le passé, vera et verða pour le passif et pour l’état. C’est exactement le genre de réflexe qui s’installe par l’écoute plutôt que par la règle, et c’est ce que travaille le cours d’islandais, en leçons de quatorze minutes.
Choisissez la forme qui convient au genre et au nombre indiqués par la phrase, puis touchez Correction.
Trente-six pages qui vont des lettres ð et þ aux quatre cas, de la déclinaison des noms au moyen en -st, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue germanique restée médiévale : le nom se décline, l’article se colle à sa fin, et rien ne se prononce comme cela s’écrit.
Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.
Par ce qui précède. Après hafa, c’est toujours le supin, et il ne bouge pas : ég hef lesið, hún hefur lesið. Après vera ou verða, c’est le participe, et il s’accorde : bókin var lesin, bílarnir voru seldir. Les deux formes coïncident au neutre singulier, ce qui explique la confusion.
La première phrase raconte un événement passé, « je suis venu, j’y suis déjà allé ». La seconde décrit l’état présent : « je suis arrivé, me voici ». Une femme dira ég er komin, un groupe við erum komin, alors que komið resterait identique dans tous les cas.
Avec le datif : af lækninum, af afa mínum. Mais le plus important n’est pas la forme, c’est la fréquence : l’islandais nomme rarement l’auteur d’une action au passif. Quand il le connaît, il en fait le sujet d’une phrase active.
Moins, surtout sans agent explicite. Trois tours le remplacent couramment : le pronom indéfini maður, la troisième personne du pluriel sans référent, et les verbes en -st. Un débutant gagne beaucoup à reconnaître ces trois tours avant de fabriquer des passifs.
Pas séparément : le participe se déduit du supin dans l’immense majorité des cas, puisque le supin est le participe au neutre. En partant de selt on retrouve seldur et seld ; en partant de lesið on retrouve lesinn et lesin. Ce sont les terminaisons de l’adjectif fort, à connaître une fois pour toutes.
Parce qu’il n’y a pas de vrai sujet dans cette phrase. Quand rien ne commande l’accord, le participe se met au neutre singulier, forme par défaut. Dès que le nom apparaît, l’accord reprend ses droits : búðin er lokuð, avec un féminin.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l’une de l’autre, et les leçons s’écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →