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Cours de langues›Les noms masculins

Décliner un nom masculin : hestur, bíll, tími, maður

Le -ur de hestur n’appartient pas au mot : c’est une terminaison, et elle disparaît dès qu’on emploie le nom. Un masculin islandais se retient par trois formes, pas par huit.

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Deux formes à retenir, pas huit

Un nom masculin islandais possède huit formes : quatre cas au singulier, quatre au pluriel. Personne ne les apprend une par une. Il suffit de connaître le nominatif singulier, le génitif singulier et le nominatif pluriel : ces trois formes désignent une classe, et la classe fournit le reste.

C’est pour cette raison que les dictionnaires islandais donnent systématiquement deux formes après l’entrée. Elles ne sont pas décoratives : elles constituent la fiche d’identité grammaticale du mot, et un vocabulaire noté sans elles est un vocabulaire incomplet.

La fiche d’identité d’un masculin : trois formes suffisent
Nominatif singulierGénitif singulierNominatif plurielSens
hesturhestshestarcheval
bíllbílsbílarvoiture
staðurstaðarstaðirlieu, endroit
vinurvinarvinirami
tímitímatímartemps, heure de cours
maðurmannsmennhomme, personne

Deux lignes de ce tableau devraient inquiéter le lecteur, et c’est tant mieux. hestur et staður se terminent tous deux par -ur, et leurs pluriels ne se ressemblent pas. La forme du dictionnaire ne suffit donc pas à choisir la classe : il faut la seconde information. Voilà pourquoi ces deux formes accompagnent le mot partout.

Trois constantes, en revanche, valent pour tous les masculins sans exception, et elles allègent considérablement le travail. Le datif pluriel se termine toujours par -um. Le génitif pluriel se termine toujours par -a. Et l’accusatif pluriel s’obtient en retirant le -r final du nominatif pluriel, quand celui-ci en a un : hestar donne hesta, staðir donne staði.

Une dernière arithmétique, et elle est rassurante : huit cases ne signifient pas huit formes différentes. Dans la classe de hestur, l’accusatif pluriel et le génitif pluriel sont la même forme, hesta. Dans celle de tími, quatre cases sur huit se disent tíma. Un nom masculin ordinaire n’oppose en réalité que cinq ou six formes distinctes, et c’est pourquoi l’oreille s’y fait plus vite que le tableau ne le laisse craindre.

La contrepartie est qu’une forme entendue seule est souvent ambiguë : c’est la phrase, et non la terminaison, qui indique le cas. Deux terminaisons échappent toutefois à cette réserve et se reconnaissent sans hésitation. Un nom qui finit par -um est au datif pluriel, toujours. Un nom qui finit par -s est au génitif singulier d’un nom fort. Ce sont les deux repères les plus solides du système, et ils valent pour les trois genres.

Cette page ne donne que des formes nues. Ce que chaque cas exprime est traité à la page les quatre cas ; le nom suivi de son article, qui a ses propres formes, appartient à la page l’article collé au nom ; et la manière de reconnaître qu’un nom est masculin avant de le décliner est expliquée à la page les trois genres.

La classe la plus nombreuse : nominatif en -ur, pluriel en -ar

C’est la classe de référence, celle qu’il faut savoir réciter sans y penser, parce que des milliers de noms la suivent : hundur « chien », fiskur « poisson », bátur « bateau », strákur « garçon », hringur « anneau ».

hestur, cheval, et dagur, jour
CasSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatifhesturhestardagurdagar
Accusatifhesthestadagdaga
Datifhestihestumdegidögum
Génitifhestshestadagsdaga

La première chose à noter est la disparition du -ur. Il n’y en a qu’au nominatif singulier, et nulle part ailleurs. Un débutant qui a appris « hestur, cheval » dira spontanément Ég sé hestur, ce qui est aussi fautif que de dire « je vois chevaux ». La forme correcte est Ég sé hest.

La colonne de dagur montre deux surprises de plus, et elles n’en sont pas : le datif singulier degi et le datif pluriel dögum. La voyelle du radical a bougé, exactement comme dans jökull, « glacier », qui perd la sienne, ou dans kennari, « enseignant », dont le datif pluriel est kennurum. Ces changements ne s’apprennent pas nom par nom : ils obéissent à quelques règles générales, décrites à la page les voyelles qui changent. Les tableaux de cette page les affichent sans les commenter.

Quelques masculins de cette classe n’ont aucune terminaison au nominatif et se déclinent néanmoins comme hestur : fugl, « oiseau », donne fugls et fuglar ; karl, « homme », donne karls et karlar.

Les masculins en -ll et en -nn : une lettre qui tombe

Un nom masculin dont le nominatif se termine par deux l ou deux n n’en garde qu’un dans toutes les autres formes. C’est une règle d’orthographe, mais elle change la physionomie du mot au point qu’on croit avoir affaire à un autre nom.

bíll, voiture, et steinn, pierre
CasSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatifbíllbílarsteinnsteinar
Accusatifbílbílasteinsteina
Datifbílbílumsteinisteinum
Génitifbílsbílasteinssteina

Le même mécanisme vaut pour stóll « chaise », hóll « colline », himinn « ciel ». Et l’on remarque au passage un point qui embarrasse tous les débutants : le datif singulier de bíll est bíl, sans terminaison, alors que celui de steinn est steini. Le -i du datif singulier est présent dans certains noms et absent dans d’autres, sans qu’une règle permette de le prévoir. C’est une information qui se prend avec le mot.

Ce qui s’écrit et ce qui s’entend. Les groupes ll et nn de bíll et de steinn ne se prononcent pas comme un l ou un n allongés : une occlusive apparaît devant eux, absente de l’écriture. Ce phénomène relève des pages de phonétique et n’est pas décrit ici.

Les masculins forts à pluriel en -ir

Voici la vraie difficulté de la déclinaison masculine, et elle est purement lexicale. Un groupe important de noms en -ur fait son pluriel en -ir et non en -ar, et son génitif singulier en -ar et non en -s. Rien, dans le nominatif, ne l’annonce.

staður, lieu, et vinur, ami
CasSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatifstaðurstaðirvinurvinir
Accusatifstaðstaðivinvini
Datifstaðstöðumvinivinum
Génitifstaðarstaðavinarvina

Appartiennent à ce groupe des mots qu’on emploie tous les jours : gestur « invité » et son pluriel gestir, hlutur « chose » et hlutir, drengur « garçon » et drengir, bekkur « banc, classe » et bekkir.

Une variante de cette classe déplace en plus la voyelle du radical. C’est le cas de fjörður, « fjord », dont le datif singulier est firði, le génitif singulier fjarðar et le nominatif pluriel firðir ; ou de völlur, « plaine, terrain », qui donne velli, vallar et vellir. Trois voyelles pour un seul mot : le mécanisme est décrit à la page des voyelles qui changent, et il vaut la peine d’y aller avant de s’acharner sur les tableaux.

Les masculins faibles : le nominatif en -i

Les noms de cette classe sont les plus simples de toute la grammaire islandaise, et ils sont très nombreux : skóli « école », pabbi « papa », bolli « tasse », penni « stylo », banki « banque », lampi « lampe ».

tími, temps, et læknir, médecin
CasSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatiftímitímarlæknirlæknar
Accusatiftímatímalæknilækna
Datiftímatímumlæknilæknum
Génitiftímatímalæknislækna

Tout le singulier tient en deux formes : -i au nominatif, -a partout ailleurs. C’est la règle la plus rentable de la page, parce qu’elle s’applique à des mots qu’on dit constamment. Dès qu’un de ces noms n’est plus sujet de la phrase, il finit par -a : on parle de pabba et non de pabbi, on va à skóla et non à skóli.

La deuxième colonne présente la petite classe des noms en -ir, dont læknir est le représentant le plus fréquent : accusatif et datif en -i, génitif en -is, pluriel en -ar. Ne pas confondre avec les noms de parenté féminins, qui se terminent par le même -ir et se déclinent tout autrement, comme le montre la page les noms féminins.

Reste un petit groupe de faibles au comportement particulier, les noms en -andi, qui désignent l’auteur d’une action. Leur singulier suit tími, mais leur pluriel est en -ur avec une voyelle modifiée.

  • nemandi / nemendur — « élève, élèves »
  • eigandi / eigendur — « propriétaire, propriétaires »
  • bóndi / bændur — « paysan, paysans »

Les irréguliers qu’on rencontre le premier jour

Ils sont peu nombreux et impossibles à éviter, puisqu’ils désignent l’homme, le père, le frère, le fils et le pied. Il faut les apprendre comme du vocabulaire, forme par forme.

maður, homme, et sonur, fils
CasSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatifmaðurmennsonursynir
Accusatifmannmennsonsyni
Datifmannimönnumsynisonum
Génitifmannsmannasonarsona
faðir, père, et bróðir, frère
CasSingulierPlurielSingulierPluriel
Nominatiffaðirfeðurbróðirbræður
Accusatifföðurfeðurbróðurbræður
Datifföðurfeðrumbróðurbræðrum
Génitifföðurfeðrabróðurbræðra

Les deux noms de parenté se comportent de la même façon : une seule forme pour tout le singulier hors nominatif, et un pluriel où la voyelle change. Le mot fótur, « pied », fonctionne encore autrement : son datif singulier est fæti, son génitif singulier fótar, et son pluriel fætur au nominatif comme à l’accusatif, avec fótum au datif et fóta au génitif.

L’effort consenti sur maður rapporte bien au-delà du mot lui-même, car ce nom entre dans des dizaines de composés désignant des métiers, des fonctions et des groupes. Tous suivent exactement le même modèle : leur pluriel se termine par -menn et leur datif pluriel par -mönnum. Une forme irrégulière apprise une fois sert ici des centaines de fois, ce qui change l’économie de l’effort : ces tableaux ne se valent pas tous.

Quatre erreurs à surveiller

Garder le -ur hors du nominatif. C’est l’erreur numéro un, et elle survit longtemps parce que la forme fautive ressemble au mot du dictionnaire.

Deviner le pluriel. dagur donne dagar mais staður donne staðir : aucun raisonnement ne remplace la seconde forme du dictionnaire.

Ajouter un -i au datif singulier partout. hesti et steini en ont un, bíl et stað n’en ont pas.

Prendre un pluriel en -ur pour un féminin. bræður, feður, fætur, bændur et nemendur sont des masculins, et la terminaison du pluriel ne renseigne jamais sur le genre.

Ces formes s’installent par l’usage. Aucun locuteur ne parcourt un tableau avant de dire Ég sé hest : la forme vient parce qu’elle a été entendue des centaines de fois dans la même position. Ces tableaux servent à comprendre ce que l’oreille est en train d’apprendre, et l’ensemble du système est présenté à la page la grammaire complète.

Exercices : les formes du masculin

Le cas et le nombre demandés sont indiqués dans chaque énoncé ; choisissez la forme juste du nom masculin. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Nominatif pluriel de hestur : ___
  2. Génitif singulier de hestur : ___
  3. Datif pluriel de hestur : ___
  4. Accusatif singulier de bíll : ___
  5. Nominatif pluriel de bíll : ___
  6. Accusatif singulier de steinn : ___
  7. Génitif singulier de tími : ___
  8. Nominatif pluriel de tími : ___
  9. Ég kem með ___ , je viens avec papa, datif singulier de pabbi.
  10. Génitif singulier de staður : ___
  11. Nominatif pluriel de staður : ___
  12. Nominatif pluriel de maður : ___
  13. Datif pluriel de maður : ___
  14. Accusatif singulier de maður : ___
  15. Nominatif pluriel de bróðir : ___
  16. Nominatif pluriel de bóndi : ___
  17. Nominatif pluriel de sonur : ___
  18. Génitif singulier de sonur : ___

Toute la grammaire de l’islandais, point par point

Trente-six pages qui vont des lettres ð et þ aux quatre cas, de la déclinaison des noms au moyen en -st, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue germanique restée médiévale : le nom se décline, l’article se colle à sa fin, et rien ne se prononce comme cela s’écrit.

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Questions fréquentes

Faut-il garder le -ur quand on emploie le mot ?

Non, et c’est l’erreur la plus fréquente des débutants. Le -ur est la terminaison du nominatif singulier : il disparaît partout ailleurs. On dit Ég sé hest et non Ég sé hestur. Le mot lui-même est hest-.

Combien de formes faut-il retenir pour chaque nom ?

Trois : le nominatif singulier, le génitif singulier et le nominatif pluriel. Elles désignent la classe, et la classe donne les cinq autres formes. C’est la raison pour laquelle les dictionnaires islandais impriment deux formes après l’entrée.

Comment savoir si le pluriel est en -ar ou en -ir ?

On ne le devine pas. dagur donne dagar, staður donne staðir, et les deux nominatifs se ressemblent. C’est exactement l’information que le dictionnaire fournit, et il faut la noter avec le sens du mot.

Pourquoi bíll perd-il un l ?

Parce que le redoublement appartient au nominatif singulier seul : bíll mais bíl, bíls, bílar. Même mécanisme pour steinn, qui donne stein et steinar. La lettre redoublée n’est pas un indice de sens, seulement une marque de forme.

Pourquoi certains pluriels masculins finissent-ils en -ur ?

Parce qu’un petit groupe de masculins forme son pluriel ainsi : bræður, feður, fætur, bændur, nemendur. Ces mots restent masculins, et il ne faut surtout pas conclure du -ur final qu’ils auraient changé de genre.

Le datif singulier prend-il toujours un -i ?

Non. hesti et steini le prennent, bíl et stað ne le prennent pas, et aucune règle ne permet de trancher à l’avance. Cette information fait partie de la fiche du mot, comme son genre.

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