Je mets le son et je répète à voix haute ce que j’entends : les 14 leçons se déroulent toutes de cette façon. Ces pages me donnent l’écrit et la règle, si je les veux ; le cours, lui, me fait parler sans passer par l’écrit.
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Quatre cas, trois genres, un article qui se colle à la fin du nom, et surtout un écart considérable entre ce qui s’écrit et ce qui se dit. Voici le plan de la langue, mécanisme par mécanisme, avec la page qui traite chacun d’eux en entier.
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L’islandais a très peu changé depuis le Moyen Âge. Isolé sur son île, il a conservé une grammaire et un vocabulaire que les autres langues scandinaves ont largement simplifiés. Un Islandais d’aujourd’hui lit les sagas médiévales dans le texte, ce qui est un cas presque unique en Europe.
Cette continuité explique sa réputation. Là où le danois, le suédois et le norvégien ont perdu leurs déclinaisons, l’islandais les a gardées : nom, adjectif, pronom, prénom et nom de lieu changent de forme selon leur fonction, et ni les noms propres ni les emprunts récents n’y échappent.
Pris un par un, ces mécanismes sont réguliers. Cette page en donne quelques lignes chacun, un exemple, et le lien vers la page qui le traite au complet. Vous n’y trouverez aucun paradigme et aucune liste de terminaisons : chaque paradigme du dossier n’est publié qu’à un seul endroit, sur la page qui lui appartient. Le dossier compte trente-six pages rangées en huit familles, et celle-ci en est le plan.
C’est le point décisif de cette langue, et celui qu’aucun tableau ne résout. Les mots islandais écrits ne se prononcent pas du tout comme un francophone les imagine : lettres inconnues, groupes de consonnes qui se transforment à l’oral, souffle placé là où l’on ne l’attend pas. Un nom de lieu lu sur une carte et le même nom prononcé par un Islandais semblent sans rapport.
L’alphabet compte trente-deux lettres, dont deux que le nôtre ne connaît pas, et le piège se tend dès le classement : á n’est pas un a accentué, c’est une autre lettre, rangée à sa propre place dans le dictionnaire. Ce n’est pas non plus le son d’un a : á et ó sont des diphtongues, qui s’entendent sur deux temps. La page des voyelles ajoute la règle de longueur et une bonne nouvelle, i et y se prononcent de la même façon.
Un f se lit tantôt v tantôt b, un g finit par disparaître, et certains groupes font entendre une lettre qui n’est écrite nulle part. S’y ajoute un mécanisme sans équivalent chez nous : dans takk, le souffle s’entend avant le k, et rien ne l’écrit. C’est la préaspiration, et en islandais c’est l’aspiration, non le voisement, qui sépare p de b.
Un toponyme islandais est un mot composé qui décrit l’endroit : dès qu’on sait où le couper, il devient lisible, et l’accent tombe toujours sur la première syllabe, même dans un nom de six.
Commencer par l’écrit installe donc une prononciation fausse qu’il faudra ensuite désapprendre. C’est un coût pur, évitable en commençant par l’oreille, et c’est pourquoi ces cinq pages ouvrent le dossier.
Un nom islandais n’a pas une forme mais huit, quatre au singulier et quatre au pluriel, et c’est sa fonction dans la phrase qui décide laquelle employer. Le mécanisme n’est pas étranger : le français l’a gardé sur ses pronoms, où je, me, moi et mon désignent la même personne sous quatre formes ; toute la différence est d’étendue.
Les quatre cas portent des noms islandais transparents, récités dans un ordre fixe : nefnifall, þolfall, þágufall, eignarfall. La page qui les présente donne surtout la seule méthode qui fonctionne : on n’identifie pas un cas en regardant le mot, mais en regardant ce qui le gouverne. Une préposition devant décide seule ; sinon c’est le verbe ; à défaut, le mot est sujet, donc au nominatif.
L’accusatif est le plus fréquent après le nominatif et le moins coûteux : la plupart des verbes y mettent leur complément, et ses vraies difficultés sont ailleurs, dans l’expression de la durée et dans trois prépositions qui ne changent jamais d’avis. Le datif sert d’abord à désigner celui à qui l’on donne, mais l’essentiel du travail tient à une famille de verbes très courants qui l’exigent là où le français attend un objet direct. Le génitif, lui, se passe de préposition : « le livre de Jón » se dit en deux mots, et ce que le français confie au mot « de » s’écrit dans la finale du possesseur.
La première tient à la préposition : plusieurs d’entre elles acceptent deux cas et changent de sens selon celui qu’elles gouvernent, l’accusatif pour un déplacement, le datif pour une position. Ég fer í bílinn et ég er í bílnum emploient la même préposition et deux cas différents. La seconde est plus surprenante : certaines phrases islandaises n’ont aucun nominatif. Pour dire « j’ai froid », on ne dit pas « je » mais « à moi », mér er kalt, et le verbe ne s’accorde alors avec personne.
Tout nom islandais appartient à l’un de trois genres, karlkyn, kvenkyn et hvorugkyn. Le neutre n’est pas une catégorie de restes : des mots aussi courants que hús et barn y sont rangés. Surtout, le genre français ne prédit rien : bók, « livre », est féminin, bíll, « voiture », est masculin, et borð, « table », est neutre. La terminaison du nominatif donne de bons indices, sauf sur deux fronts que la page du genre nomme.
Le genre n’est pas une étiquette : c’est le choix de la colonne dans laquelle le nom se décline, d’où trois pages de déclinaison, une par genre. Chez les masculins, le -ur de hestur n’appartient pas au mot : c’est une terminaison, et elle disparaît dès qu’on emploie le nom. Le féminin, lui, se présente tout nu, bók, borg, mynd, et son nominatif se confond presque partout avec son accusatif. Le neutre distingue le moins de formes des trois, ce qui est précisément ce qui le rend difficile à lire.
Un mot islandais ne garde pas toujours sa voyelle : land devient löndum, bók devient bækur. Ce ne sont pas des irrégularités mais deux mécanismes, dont un seul est encore vivant, et c’est la page à ouvrir chaque fois qu’un pluriel surprend.
Bonne nouvelle d’abord : l’islandais n’a aucun article indéfini, et la forme nue du nom en tient lieu. Mauvaise ensuite : l’article défini existe, mais ce n’est pas un mot. Il se colle à la fin du nom et se décline avec lui, si bien que bók donne bókin. L’islandais met à la fin du mot ce que le français met devant, là où se trouvent déjà les désinences de cas : les deux informations s’empilent.
Un adjectif islandais ne se choisit pas une fois pour toutes. Sa forme forte, celle du dictionnaire et de l’attribut, est góður, góð ou gott selon le genre. Sa forme faible ne connaît que trois terminaisons : c’est la partie facile du système, et toute la difficulté tient à la décision de l’employer ou non. Quant aux deux degrés, l’islandais ne dit pas « plus » devant l’adjectif, il le suffixe, comme l’anglais et l’allemand.
Un pronom se décline comme un nom : ég, mig, mér, mín sont un seul mot sous quatre formes. Et il n’existe aucun pronom de politesse : on dit þú au chauffeur de bus comme au président de la République. Le possessif, lui, suit le nom, qui garde son article : « ma voiture » se dit bíllinn minn, mot pour mot « la voiture mienne ». Sa page traite en outre une distinction que le français ignore, entre le livre qui appartient au sujet de la phrase et celui qui appartient à quelqu’un d’autre.
Tout le système verbal islandais se lit au prétérit. Un verbe faible y ajoute une consonne dentale au radical, et il existe quatre façons de le faire : se tromper de série, c’est se tromper sur toute la conjugaison. Un verbe fort n’ajoute rien : il change la voyelle de son radical, et il la change deux fois, une au singulier et une au pluriel, d’où quatre formes à retenir et non trois, bíta, beit, bitum, bitið. Une douzaine de verbes, enfin, ne suivent ni l’un ni l’autre modèle, et ce sont exactement ceux dont vous aurez besoin dans votre première phrase.
Au-delà du prétérit, le verbe islandais est plus économe qu’on ne le craint. Le parfait se fait avec un seul auxiliaire pour tous les verbes, et le futur n’a pas de forme propre : rien dans le verbe ne dit l’avenir, et le présent ou un verbe de volonté s’en chargent.
Trois pages traitent ensuite ce que le français exprime autrement. Deux formes du verbe se ressemblent au point de se confondre et une seule des deux s’accorde : savoir laquelle décide si votre phrase dit « je suis venu » ou « je suis là ». Là où le français place un petit mot devant le verbe, l’islandais colle deux lettres à la fin, et la moitié de ces verbes y ont pris un sens propre. Le subjonctif, enfin, est resté vivant : changer une lettre suffit à dire que l’on répète les paroles d’un autre sans les garantir.
La règle la plus contraignante de la langue ne concerne pas les formes mais l’ordre. Le verbe conjugué occupe la deuxième place, et dès qu’un mot autre que le sujet ouvre la phrase, le sujet passe derrière le verbe. Cela ne souffre pas d’exception : un francophone qui l’ignore produit des phrases compréhensibles qui sonnent fausses à chaque ligne.
Les deux autres pages de cette famille se retiennent vite. Le français nie en deux morceaux, « ne » et « pas » ; l’islandais n’en a qu’un, ekki, et toute la difficulté tient à sa place, après le verbe conjugué et jamais devant. Pour poser une question, aucun équivalent de « est-ce que » : le verbe passe devant le sujet, et une dizaine de mots en hv- ouvrent les autres questions.
Reste un écart qui n’est pas grammatical et qui coûte au moins autant. Là où le français prend le mot étranger tel quel, l’islandais en forge un avec ses propres racines, y compris pour le vocabulaire technique moderne : vous ne retrouverez donc pas les appuis internationaux que l’anglais ou l’allemand vous offrent. La compensation est immédiate, car un mot islandais que vous n’avez jamais vu est souvent fait de deux mots que vous connaissez déjà, et la page des mots fabriqués apprend à le découper.
Le même goût de la transparence s’applique aux personnes. Le nom qui suit le prénom d’un Islandais n’est pas un nom de famille : il est fabriqué sur le prénom du père et il ne se transmet pas. Deux enfants du même couple n’ont donc pas le même nom si l’un est un garçon et l’autre une fille.
Cinq pages, et tous les exemples du dossier deviennent lisibles. Les lire en dernier, c’est réapprendre ce qu’on a mémorisé de travers.
Le genre avant les trois pages de déclinaison, le système des cas avant les emplois de chacun, et l’article défini en dernier, puisqu’il se pose dessus.
Le prétérit d’abord, faible puis fort, parce que tout le reste s’y reconnaît. La place du verbe, la négation et la question viennent en dernier.
Le dossier se parcourt aussi depuis la page de grammaire, qui rassemble les langues de la méthode.
Une grammaire se comprend en lisant, elle s’installe en écoutant. Un enfant islandais décline correctement avant d’entrer à l’école, sans avoir jamais vu un tableau. C’est le pari du cours d’islandais, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, dont la première est gratuite. Cette page, elle, est là pour que vous compreniez ce que votre oreille est en train d’apprendre.
Dix-huit questions sur l’organisation de l’islandais, telle que cette page vient de la décrire, et non sur le détail d’une page voisine. Touchez une réponse, puis Correction.
Trente-six pages qui vont des lettres ð et þ aux quatre cas, de la déclinaison des noms au moyen en -st, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue germanique restée médiévale : le nom se décline, l’article se colle à sa fin, et rien ne se prononce comme cela s’écrit.
14 leçons de 14 minutes, soit 3 h 16 d’écoute, en fichiers MP3. Je paie une fois, je reçois le lien par courriel, je télécharge le cours entier — ou je l’écoute en ligne.
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Elle demande plus d’exposition que l’espagnol ou l’italien : vocabulaire sans appui familier, grammaire richement déclinée. Mais sa difficulté est surestimée parce qu’on l’aborde par l’écrit, qui est l’angle le plus décourageant pour cette langue en particulier. Les trois obstacles réels sont les sons, les quatre cas croisés avec trois genres, et la place du verbe dans la phrase.
Parce que l’écart entre l’orthographe islandaise et sa prononciation est considérable : commencer par l’écrit installe une prononciation fausse qu’il faut ensuite désapprendre. Les cinq pages de la famille des sons, à commencer par les 32 lettres, existent précisément pour éviter ce coût.
Quatre cas et trois genres, et il n’y a pas de cinquième cas dissimulé. Le système des cas est décrit à la page les quatre cas, l’attribution du genre à la page les trois genres. Les formes, elles, sont ailleurs : chaque paradigme du dossier n’existe qu’à un seul endroit.
Parce qu’elle sert à orienter, pas à traiter. Elle nomme chaque mécanisme, en donne un exemple et renvoie à la page qui le possède, du prétérit des verbes forts aux déclinaisons rangées par genre. Une notion décrite deux fois est une notion qu’on apprend mal.
Par les sons et l’écriture, dans l’ordre des cinq premières pages du dossier, puis par le genre et les cas, puis par le prétérit du verbe. La place du verbe dans la phrase, la négation et la question viennent en dernier : elles sont courtes et elles supposent tout le reste.
Non. Elle décrit comment la langue est faite, ce qu’aucun enregistrement ne fera à sa place ; mais reconnaître une forme et la produire à la bonne vitesse sont deux choses différentes. Le cours d’islandais travaille la seconde, en leçons de quatorze minutes entièrement audio, avec une première leçon gratuite.
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