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Cours de langues›Les trois genres

Masculin, féminin, neutre : reconnaître le genre d’un nom islandais

En islandais, une table est « elle » et un livre est « ça ». Le genre d’un nom ne se déduit jamais du français : il se lit sur la terminaison, quand celle-ci veut bien parler.

La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l’application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s’écoutent en ligne, et non sur ce site.

Trois genres, et le français ne vote pas

Tout nom islandais appartient à l’un de trois genres : le masculin, karlkyn, le féminin, kvenkyn, et le neutre, hvorugkyn. Un dictionnaire les abrège en kk., kvk. et hk. : c’est souvent l’information la plus utile de tout l’article.

Un francophone n’a pas besoin qu’on lui explique ce qu’est un genre grammatical : il en manie deux depuis toujours, et il sait déjà qu’un genre ne se déduit pas du sens. La nouveauté islandaise tient en deux points. Il y en a trois, et le troisième, le neutre, est tout sauf une catégorie résiduelle : des mots aussi courants que hús, barn, vatn ou borð y sont rangés. Surtout, le genre français n’est d’aucun secours, et l’intuition qui souffle « la maison, donc féminin » est ici une source d’erreurs constante.

Le genre français ne prédit rien
Nom islandaisSensGenre islandaisGenre français
húsmaisonneutreféminin
borðtableneutreféminin
bóklivrefémininmasculin
bíllvoituremasculinféminin
sólsoleilfémininmasculin
vatneauneutreféminin
landpaysneutremasculin
brauðpainneutremasculin
nóttnuitfémininféminin
dagurjourmasculinmasculin

Les deux dernières lignes montrent que les coïncidences existent. Elles ne constituent pas une méthode : on ne peut pas passer une langue au crible du français ligne par ligne en espérant que le hasard tienne. Le genre s’apprend avec le mot, exactement comme on apprend le sens.

Pourquoi cela ne peut pas attendre : le genre commande la forme de presque tout ce qui entoure le nom. L’adjectif s’accorde, le mot qui signifie « un » s’accorde, l’article s’accorde, le pronom qui reprend le nom s’accorde. Un débutant qui ignore le genre de bók ne peut pas construire la phrase « ce livre est neuf ». Cette page traite uniquement l’attribution du genre. Les formes, elles, appartiennent aux trois pages de déclinaison, une par genre.

Ce que la terminaison du nominatif annonce

La forme sous laquelle un mot est donné dans un dictionnaire porte des indices sérieux. Ils ne valent que pour cette forme de citation, et il faut les prendre pour ce qu’ils sont : des paris, très bons dans certains cas, mauvais dans d’autres.

Terminaisons du nominatif singulier et genre probable
TerminaisonGenre attenduExemplesÀ savoir
-urmasculinhestur, dagur, matur, fiskurpari très sûr, une exception à connaître tout de suite
-ll, -nnmasculinbíll, stóll, steinn, himinnpari très sûr
-imasculintími, skóli, pabbi, bankimais une série de neutres finissent aussi en -i
-afémininkona, klukka, vika, gatapari très sûr, trois neutres mis à part
-ing, -unfémininbygging, spurning, verslun, skoðundeux suffixes, aucune exception à craindre
-irmasculinlæknirsauf les noms de parenté, qui sont féminins
consonne nueféminin ou neutrebók, borg ; hús, orðaucune prédiction possible entre les deux

Le -ur masculin et son exception

Un nom de dictionnaire terminé par -ur est masculin dans la très grande majorité des cas. L’exception à retenir immédiatement est veður — « le temps, la météo » —, qui est neutre, et qui est l’un des premiers mots qu’on entend en Islande. Attention aussi à ne pas confondre ce -ur de nom avec le -ur de l’adjectif masculin : fallegur, « beau », n’est pas un nom.

Le -i, qui dit masculin mais pas toujours

C’est le piège le plus rentable de la page. Une longue série de masculins très fréquents finit par -i, et un groupe non négligeable de neutres aussi. Aucune règle ne les sépare : ce sont deux listes à connaître.

Le -a féminin, et trois neutres célèbres

Un nom en -a est féminin, avec une réserve courte et bien délimitée : quelques noms de parties du corps sont neutres, auga, « l’œil », hjarta, « le cœur », et eyra, « l’oreille ». Ils sont assez fréquents pour qu’on les rencontre tôt, et assez peu nombreux pour ne pas ébranler la règle.

Le -ir qui change de camp

læknir, « le médecin », est masculin, comme les autres noms de métier en -ir. Mais les trois noms de parenté móðir, dóttir et systir — « la mère », « la fille », « la sœur » — sont féminins, à côté desquels faðir et bróðir sont masculins. Ici, exceptionnellement, le sens décide.

Là où la prédiction s’arrête : le nom qui finit par une consonne

Des milliers de noms islandais très courants se présentent sans aucune terminaison, réduits à leur radical. Ces noms sont féminins ou neutres, et rien dans leur forme écrite ne permet de trancher. C’est le point exact où il faut cesser de raisonner et se mettre à mémoriser. Quelques masculins terminés par un groupe de consonnes s’y ajoutent, comme fugl, « l’oiseau », et karl, « l’homme », mais ils sont assez peu nombreux pour être traités comme des mots à part.

Les deux listes qui suivent réunissent les mots des premières semaines. Le lecteur qui les apprend avec leur genre s’évite des centaines d’hésitations plus tard.

  • bók, borg, mynd, sól — « livre, ville, image, soleil » : féminins
  • vél, ferð, hönd, mjólk — « machine, voyage, main, lait » : féminins
  • hús, borð, land, barn — « maison, table, pays, enfant » : neutres
  • orð, vatn, brauð, nafn — « mot, eau, pain, nom » : neutres
  • blóm, bréf, glas, kort — « fleur, lettre, verre, carte » : neutres

Deux remarques utiles, tout de même. Les noms des saisons ne partagent pas un genre commun : sumar, vor et haust — « été, printemps, automne » — sont neutres, tandis que vetur, « hiver », est masculin. Et un mot entendu ne se laisse pas non plus deviner : c’est dans la forme définie, quand le mot porte son article collé, que le genre s’entend vraiment, ce que traite la page l’article collé au nom.

Le test du pronom : hann, hún, það

Voici la vérification la plus rapide, et elle a l’avantage de fonctionner à l’oral, sans dictionnaire. Reprenez le nom par un pronom : si le mot exige hann, il est masculin ; s’il exige hún, il est féminin ; s’il exige það, il est neutre. Ces trois pronoms ne signifient pas « il », « elle » et « ça » au sens français : ils signifient masculin, féminin et neutre, qu’il s’agisse d’une personne ou d’une chose.

Les traductions françaises sont volontairement maladroites : elles font voir que le pronom islandais suit le genre du mot islandais, et rien d’autre. Une voiture est hann, une horloge est hún, une maison est það. Un francophone qui, par réflexe, reprend bíll par hún parce que « voiture » est féminin commet une faute immédiatement audible.

Le mot qui signifie « un » donne le même renseignement, et il est plus facile à demander à un interlocuteur : einn au masculin, ein au féminin, eitt au neutre.

Les personnes et les métiers

Le genre grammatical et le sexe de la personne désignée sont deux choses différentes, et l’islandais ne les fait pas coïncider. barn, « l’enfant », est neutre, et l’on y renvoie par það. fólk, « les gens », est neutre et singulier. skáld, « le poète », est neutre également.

Les noms de métier, eux, sont massivement masculins, et ils le restent quelle que soit la personne : læknir, kennari, « l’enseignant », nemandi, « l’élève », lögfræðingur, « le juriste ». On dit sans difficulté Hún er læknir, « elle est médecin » : le nom garde son genre, la personne garde le sien.

Au pluriel, enfin, le genre sert à autre chose : un groupe d’hommes est þeir, un groupe de femmes þær, et un groupe mixte passe au neutre, þau. Deux personnes, un homme et une femme, se disent donc au neutre, ce qui déroute d’abord et devient vite commode.

Composés, noms de pays, mots empruntés

L’islandais fabrique des mots longs en soudant des mots courts, et c’est là que le système du genre devient enfin mécanique. Le genre d’un composé est celui de son dernier élément, toujours, sans exception à surveiller. Le premier élément ne compte pas, même s’il est plus long, même s’il porte tout le sens.

La règle vaut aussi, et c’est une aubaine, pour les noms de pays, qui sont très souvent des composés transparents. Ísland, Frakkland et Þýskaland se terminent par land et sont donc neutres ; Svíþjóð, « la Suède », est féminin parce que þjóð, « la nation », l’est ; Noregur, « la Norvège », est masculin ; Ítalía est féminin par son -a. On dit ainsi Ísland er fallegt, avec un adjectif au neutre. La manière dont ces mots se construisent est décrite à la page les mots fabriqués.

Les mots venus d’ailleurs

Un mot emprunté reçoit le genre que sa nouvelle terminaison annonce, ce qui rend le système parfaitement cohérent avec lui-même. Un emprunt habillé d’un -i ou d’un -ur devient masculin, un emprunt en -a devient féminin, et un mot resté tel quel, terminé par une voyelle qui n’est ni -a ni -i de nom, est en général neutre.

Ce mécanisme explique une observation qui surprend les voyageurs : un mot anglais repris en islandais ne reste pas longtemps un corps étranger. Il prend une terminaison, donc un genre, donc des formes.

Ce qui fait réellement trébucher

Le réflexe du genre français. C’est la première cause d’erreur, et la plus tenace, parce qu’elle agit sans qu’on s’en aperçoive. Quatre mots des toutes premières leçons y sont exposés : hús, borð, bók et bíll. Leur genre islandais est l’inverse de ce que le français suggère.

Le mot appris sans son genre. Un vocabulaire noté « bók : livre » est un vocabulaire à refaire. Le genre n’est pas une information supplémentaire sur le mot : c’est une partie du mot, au même titre que sa dernière lettre.

La confiance excessive dans la terminaison. Les terminaisons prédisent bien, sauf sur deux fronts, toujours les mêmes : le -i, qui hésite entre masculin et neutre, et la consonne nue, qui hésite entre féminin et neutre.

L’oubli du neutre. Un francophone dispose de deux cases et tend à répartir les mots dans ces deux cases, le neutre servant de rebut. C’est l’inverse : le neutre est un genre de plein exercice, celui de barn et de vatn, et beaucoup de mots du quotidien y vivent.

Le genre s’installe par l’oreille, pas par la liste. Un enfant islandais ne récite aucune règle de genre : il a entendu bókin et jamais bókið, et la forme fautive lui écorche l’oreille. C’est exactement ce que vise une méthode audio, et c’est pourquoi ce dossier de grammaire se lit en complément de l’écoute, non à sa place. La mécanique d’ensemble de la langue est présentée à la page la grammaire complète.

Exercices : attribuer le bon genre

Pour chaque nom, choisissez le genre, le pronom de reprise ou la forme du mot qui signifie un. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Le nom hestur, cheval, est de genre ___.
  2. Le nom kona, femme, est de genre ___.
  3. Le nom borð, table, est de genre ___.
  4. Le nom bók, livre, est de genre ___.
  5. Le nom veður, le temps qu’il fait, est de genre ___.
  6. Le nom epli, pomme, est de genre ___.
  7. Le nom tími, temps ou heure de cours, est de genre ___.
  8. Le nom verslun, commerce ou magasin, est de genre ___.
  9. Le nom auga, œil, est de genre ___.
  10. Le composé barnabók, formé de barn et de bók, est de genre ___.
  11. Le composé sjónvarp, télévision, est de genre ___.
  12. Le nom Ísland est de genre ___.
  13. Þetta er klukka. ___ er gömul.
  14. Þetta er hús. ___ er gamalt.
  15. Þetta er bíll. ___ er nýr.
  16. ___ bók, un livre.
  17. ___ hús, une maison.
  18. Le nom læknir, médecin, est de genre ___.

Toute la grammaire de l’islandais, point par point

Trente-six pages qui vont des lettres ð et þ aux quatre cas, de la déclinaison des noms au moyen en -st, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue germanique restée médiévale : le nom se décline, l’article se colle à sa fin, et rien ne se prononce comme cela s’écrit.

Passez à la pratique

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Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.

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Questions fréquentes

Comment savoir si un nom islandais est masculin, féminin ou neutre ?

Par la terminaison du nominatif quand elle parle : -ur, -ll, -nn annoncent un masculin, -a, -ing et -un un féminin. Quand le mot finit par une consonne nue, aucune prédiction n’est possible et il faut le mémoriser avec son genre. Le pronom de reprise, hann, hún ou það, sert alors de vérification.

Le genre islandais est-il le même que le genre français ?

Non, et s’y fier est la première cause d’erreur. bók, « livre », est féminin ; bíll, « voiture », est masculin ; hús et borð, « maison » et « table », sont neutres. Les coïncidences existent, comme nótt et dagur, mais elles ne forment pas une méthode.

À quoi sert le neutre, puisque le français n’en a pas ?

C’est un genre comme les deux autres, et non une catégorie de restes. Des mots du quotidien y sont rangés : hús, vatn, barn, brauð, borð. Le neutre sert aussi au pluriel d’un groupe mixte, þau, là où un groupe d’hommes serait þeir.

Une femme médecin est-elle désignée par un nom masculin ?

Oui, et cela ne dit rien d’elle. læknir est un nom masculin, et l’on dit Hún er læknir. Le genre grammatical appartient au mot, le sexe à la personne. De même barn, « l’enfant », est neutre et se reprend par það.

Le genre d’un mot long se devine-t-il ?

Oui, et c’est la seule règle vraiment mécanique de la page : un composé prend le genre de son dernier élément. barnabók est féminin comme bók, kaffihús est neutre comme hús, morgunmatur est masculin comme matur. Les noms de pays en land suivent la même logique.

Faut-il connaître le genre avant d’aborder les déclinaisons ?

Il vaut mieux, parce que chaque genre a ses propres formes : un nom se décline selon son genre, et une terminaison apprise dans la mauvaise colonne ne sert à rien. Les paradigmes se trouvent sur les pages les noms masculins, les noms féminins et les noms neutres.

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