Un verbe irrégulier espagnol ne s’apprend pas un par un : il se range dans une famille, et la famille prévoit toutes ses formes. Presque toute l’irrégularité du présent tient à la place de l’accent et à la forme du yo.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Les listes de verbes irréguliers découragent parce qu’elles présentent comme des accidents ce qui obéit à deux mécanismes, deux seulement. Le premier est la place de l’accent : une voyelle accentuée se déforme, la même voyelle non accentuée reste intacte. Le second est la première personne du singulier, qui se fabrique à part dans plusieurs familles de verbes.
Les terminaisons, elles, ne changent pas. Un verbe dit irrégulier au présent garde exactement les terminaisons régulières : -o, -as ou -es, -a ou -e, -amos, -emos ou -imos, -an ou -en. Ce sont les cinq cases du paradigme et la manière de s’en servir que décrit la page le présent de l’indicatif ; cette page-ci ne s’occupe que de ce qui arrive au radical.
Un rappel de mécanique utile avant d’entrer dans les familles. Dans les cinq formes du présent, l’accent tombe sur le radical partout sauf à la première personne du pluriel, où il passe sur la terminaison. Les tableaux ci-dessous se lisent avec cette information en tête : la case de nosotros est celle où la voyelle ne subit rien, précisément parce qu’elle n’est pas accentuée. Le détail de l’accentuation et de sa notation écrite appartient à la page l’accent et la tilde.
Les formes de vos échappent à la plupart de ces déformations, pour la même raison mécanique : leur accent tombe sur la terminaison, donc la voyelle du radical ne bouge pas. Elles sont conjuguées sur la page le voseo et ne figurent pas dans les tableaux qui suivent, où la deuxième personne du singulier est donnée sous la forme de tú.
Quand l’accent tombe sur un e ou sur un o du radical, cette voyelle se transforme en deux : e devient ie, o devient ue. Le phénomène s’appelle diphtongaison et il touche les trois conjugaisons.
| Personne | pensar | querer | preferir |
|---|---|---|---|
| yo | pienso | quiero | prefiero |
| tú | piensas | quieres | prefieres |
| él, ella, usted | piensa | quiere | prefiere |
| nosotros, nosotras | pensamos | queremos | preferimos |
| ellos, ellas, ustedes | piensan | quieren | prefieren |
Une fois la première personne connue, les autres se déduisent. Voici les verbes de cette famille qu’un débutant rencontre dans ses premières semaines, donnés à l’infinitif puis à la première personne.
| Personne | contar | poder | dormir |
|---|---|---|---|
| yo | cuento | puedo | duermo |
| tú | cuentas | puedes | duermes |
| él, ella, usted | cuenta | puede | duerme |
| nosotros, nosotras | contamos | podemos | dormimos |
| ellos, ellas, ustedes | cuentan | pueden | duermen |
Trois verbes de cette famille ne se rencontrent qu’à la troisième personne, parce qu’ils décrivent des phénomènes sans sujet humain : llover → llueve, « pleuvoir », nevar → nieva, « neiger », et costar → cuesta, « coûter », dont on emploie aussi le pluriel cuestan.
Un dernier cas, marginal mais réel : jugar, « jouer », est le seul verbe dont le u se dédouble, et il donne juego, juegas, juega, jugamos, juegan. Une famille encore plus réduite transforme un i en ie : adquirir → adquiero, « acquérir ».
La case de nosotros est le point de contrôle. C’est la seule forme des cinq où la voyelle reste celle de l’infinitif, et c’est donc là que se produisent les fautes : podemos et non une forme en ue, queremos et non une forme en ie. Avant d’écrire, demandez-vous si l’accent tombe sur le radical. S’il tombe sur la terminaison, la voyelle ne bouge pas.
Une autre série de verbes ne dédouble pas son e mais le ferme en i. La distribution est la même que pour la diphtongaison : partout où l’accent tombe sur le radical, et nulle part ailleurs. Cette famille a une frontière nette qui facilite la vie : elle ne contient que des verbes en -ir.
| Personne | pedir | servir | repetir |
|---|---|---|---|
| yo | pido | sirvo | repito |
| tú | pides | sirves | repites |
| él, ella, usted | pide | sirve | repite |
| nosotros, nosotras | pedimos | servimos | repetimos |
| ellos, ellas, ustedes | piden | sirven | repiten |
Les quatre derniers de la liste cumulent la fermeture de la voyelle et une retouche d’orthographe : seguir perd le u de son gu devant o, elegir écrit son g avec un j, et reír porte une tilde. Ces retouches sont expliquées un peu plus loin, et elles ne changent rien à la prononciation.
Reste à savoir, devant un verbe en -ir comportant un e, s’il faut le dédoubler ou le fermer. Il n’existe pas de règle qui le prédise, mais la répartition est très inégale : les verbes qui ferment sont un groupe presque clos, alors que ceux qui dédoublent sont nombreux dans les trois conjugaisons. En pratique, on apprend la première personne avec l’infinitif, et l’affaire est réglée pour les cinq formes.
Beaucoup de verbes très courants sont réguliers dans quatre formes sur cinq et présentent une première personne du singulier imprévisible. C’est une bonne nouvelle : il y a une forme à retenir, et une seule, puisque les quatre autres s’obtiennent normalement.
| Infinitif | yo | Sens |
|---|---|---|
| hacer | hago | faire |
| poner | pongo | poser, mettre |
| salir | salgo | sortir, partir |
| tener | tengo | avoir, posséder |
| venir | vengo | venir |
| decir | digo | dire |
| traer | traigo | apporter |
| caer | caigo | tomber |
| oír | oigo | entendre |
| valer | valgo | valoir |
Pour hacer, poner, salir, traer, caer et valer, l’irrégularité s’arrête là : haces, hace, hacemos, hacen sont réguliers. Pour tener, venir et decir, un second mécanisme s’ajoute, et on y revient plus bas.
Cette famille a l’avantage d’être prévisible à coup sûr. Un verbe dont l’infinitif se termine par -acer, -ecer, -ocer ou -ucir avec une voyelle devant intercale un z à la première personne. Dès que vous reconnaissez la terminaison, vous connaissez la forme, y compris pour un verbe jamais vu.
Une exception à retenir, et elle concerne un verbe employé cent fois par jour : hacer ne suit pas ce modèle et donne hago.
Quatre verbes ont une première personne en -oy, terminaison qui n’existe nulle part ailleurs dans la langue : dar → doy, estar → estoy, ser → soy, ir → voy. Les trois derniers sont irréguliers partout et reviennent dans la dernière section.
Quelques formes, enfin, ne se rattachent à rien et se retiennent une par une. Elles sont peu nombreuses, et toutes très fréquentes.
Cette première personne mérite l’effort qu’on y met, car elle sert bien au-delà du présent de l’indicatif : c’est sur elle que se fabrique le présent du subjonctif, selon un procédé décrit à la page fabriquer le subjonctif. Un yo mal appris se paie donc deux fois.
Trois verbes parmi les plus fréquents de la langue combinent une première personne en -go et une déformation de la voyelle dans les autres formes. Ils ont la réputation d’être difficiles ; en réalité ils appliquent deux règles déjà connues, l’une après l’autre.
| Personne | tener | venir | decir |
|---|---|---|---|
| yo | tengo | vengo | digo |
| tú | tienes | vienes | dices |
| él, ella, usted | tiene | viene | dice |
| nosotros, nosotras | tenemos | venimos | decimos |
| ellos, ellas, ustedes | tienen | vienen | dicen |
Lisez chaque colonne de haut en bas : première personne à part, e dédoublé ou fermé dans les formes accentuées sur le radical, voyelle intacte à la case de nosotros. Le verbe oír fonctionne sur un schéma comparable et donne oigo, oyes, oye, oímos, oyen.
Une dernière série de modifications n’est pas une irrégularité au sens strict : elle sert à conserver la prononciation du radical quand la terminaison change de voyelle. Les formes obtenues se prononcent exactement comme on l’attend, et ce sont les lettres qui s’adaptent.
| Infinitif en | Ce qui change | Exemple |
|---|---|---|
| -ger, -gir | le g s’écrit j | proteger → protejo, dirigir → dirijo |
| -guir | le gu perd son u | distinguir → distingo, seguir → sigo |
| consonne + -cer, -cir | le c s’écrit z | vencer → venzo, ejercer → ejerzo |
| -uir | un y apparaît, sauf à nosotros | construir → construyo, huir → huyo |
| certains -iar, -uar | la voyelle prend une tilde | enviar → envío, continuar → continúo |
La quatrième ligne va plus loin que la première personne : construir donne construyo, construyes, construye, construimos, construyen, avec le y partout où l’accent tombe sur le radical, et construimos sans y. La distribution est celle des deux premières familles, ce qui rend la forme facile à prévoir une fois le principe compris.
La cinquième ligne n’est pas générale : enviar donne envío, mais cambiar donne cambio et estudiar donne estudio, sans tilde. Il faut donc retenir les verbes concernés, dont les plus courants sont enviar, continuar et actuar.
Quatre verbes ne se rangent dans aucune famille. Ils sont aussi les quatre plus fréquents de la langue, ce qui les fait entrer très vite dans l’oreille : on les apprend en bloc, comme des mots, et non comme des conjugaisons.
| Personne | ser | estar | ir | haber |
|---|---|---|---|---|
| yo | soy | estoy | voy | he |
| tú | eres | estás | vas | has |
| él, ella, usted | es | está | va | ha |
| nosotros, nosotras | somos | estamos | vamos | hemos |
| ellos, ellas, ustedes | son | están | van | han |
Le degré d’irrégularité n’est pas le même dans les quatre colonnes. ser et ir ne gardent presque rien de leur infinitif. haber présente une série courte et sans rapport apparent avec haber. estar, lui, conserve son radical partout et n’est irrégulier qu’à la première personne : ses trois tildes, sur estás, está et están, notent simplement que l’accent tombe sur la terminaison.
Ces quatre verbes ne servent pas aux mêmes choses, et cette page ne décrit pas leur emploi. Le partage entre ser et estar fait l’objet de la page ser ou estar, et les formes de haber ci-dessus servent surtout d’auxiliaire, ce que traite la page les temps composés.
Voilà l’ensemble de la morphologie du présent. Cinq familles, quatre verbes à part, et des terminaisons qui ne changent jamais : ce qui ressemblait à une liste de trois cents formes tient en quelques principes, et chaque nouveau verbe rencontré se range dans une case déjà connue.
Ces formes s’automatisent à l’oreille, pas sur une fiche. Un tableau se lit en cinq minutes ; produire puedo sans réfléchir demande de l’avoir entendu et répété des dizaines de fois en contexte. C’est le principe de notre cours d’espagnol, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes, avec des voix d’Amérique latine. La première leçon est gratuite, la suite se fait par abonnement.
Diphtongaison, fermeture, ou voyelle intacte : choisissez la forme correcte. Touchez une réponse, puis Correction.
Presque toutes ces phrases portent sur la première personne du singulier. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. La langue telle qu'on la parle du Mexique à l'Argentine : ustedes partout, le voseo, le prétérit simple, et les deux murs du francophone — ser ou estar, et le subjonctif.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Non. Ils se rangent dans un petit nombre de familles : la voyelle qui se dédouble, la voyelle qui se ferme, la première personne en -go ou en -zco, les retouches d’orthographe. Une fois la famille reconnue, les cinq formes se déduisent.
Parce que c’est la seule forme du présent où l’accent tombe sur la terminaison et non sur le radical. La voyelle du radical n’étant pas accentuée, elle ne se déforme pas : d’où podemos, queremos, pedimos. Le déplacement de l’accent est expliqué à la page le présent de l’indicatif.
Aucune règle ne le prédit, mais la famille qui ferme le e en i ne contient que des verbes en -ir et reste très limitée. En pratique, on apprend la première personne avec l’infinitif : pedir → pido, sentir → siento.
Quatre : ser, estar, ir et haber. Encore faut-il nuancer : estar garde son radical partout et n’est vraiment irrégulier qu’à la première personne, avec estoy.
Beaucoup moins, et pour une raison mécanique : leur accent tombe sur la terminaison, donc la voyelle du radical ne se déforme pas. Ces formes sont conjuguées à la page le voseo.
Parce qu’elle sert deux fois. C’est la forme la plus imprévisible du présent, et c’est aussi celle sur laquelle se construit le présent du subjonctif, selon le procédé décrit à la page fabriquer le subjonctif.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →