Chaque mot espagnol a une syllabe plus forte que les autres, et sa place n’est jamais laissée au hasard. Deux règles suffisent à la trouver ; la tilde ne sert qu’à signaler les mots qui s’en écartent.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Le français n’accentue pas les mots, il accentue les groupes de mots, toujours à la fin. L’espagnol fait l’inverse : chaque mot possède sa syllabe forte, elle lui appartient, et la déplacer peut donner un autre mot.
C’est là le point aveugle du francophone. Nous n’entendons pas notre propre accentuation, parce qu’elle est mécanique et qu’elle tombe toujours au même endroit. Un hispanophone, lui, entend parfaitement qu’une syllabe est forte et que les autres ne le sont pas, et il s’appuie sur cette information pour reconnaître les mots.
Quelques paires suffisent à montrer l’enjeu : rien ne change dans ces mots, ni les lettres ni leur ordre, seule la syllabe forte bouge.
La bonne nouvelle est que la place de cette syllabe se devine, presque toujours, à la simple vue du mot. Deux règles couvrent l’immense majorité du vocabulaire, et la tilde — le petit trait oblique posé sur une voyelle — signale exactement les cas qui échappent à ces deux règles. Elle n’est donc pas une décoration : c’est un panneau d’information.
Cette page traite de la syllabe forte et de son écriture. Elle ne traite pas de la valeur des lettres, qui relève de l’alphabet et des sons.
Les grammaires espagnoles classent les mots selon la place de leur syllabe forte, et ces noms reviennent dans tous les manuels du continent. Il vaut la peine de les connaître, ne serait-ce que pour lire une explication en espagnol.
| Nom espagnol | Syllabe forte | Exemples |
|---|---|---|
| aguda | la dernière | ciudad, hotel, hablar, café, canción |
| llana | l’avant-dernière | casa, mesa, joven, árbol, fácil |
| esdrújula | la troisième en remontant | teléfono, música, América, plátano |
La famille la plus fournie est de loin celle des llanas : c’est le rythme ordinaire de l’espagnol, et c’est aussi celui qu’un francophone produit le moins spontanément, puisque son réflexe est d’appuyer la fin. Dire casa en appuyant la dernière syllabe ne vous rendra pas incompréhensible, mais votre phrase entière prendra un rythme étranger.
Une quatrième famille existe, marginale mais bien réelle : les sobreesdrújulas, accentuées plus haut encore que la troisième syllabe. On les rencontre quand des pronoms viennent se souder à un verbe, comme dans dígamelo, « dites-le-moi ». Elles portent toujours une tilde. Le mécanisme de cette soudure relève d’une autre page du dossier et n’est pas décrit ici.
Tout tient à la dernière lettre du mot. Regardez-la, et vous savez où appuyer.
Un mot qui se termine par une voyelle, par n ou par s est accentué sur l’avant-dernière syllabe. Il ne porte alors aucune tilde.
Un mot qui se termine par n’importe quelle autre consonne est accentué sur la dernière syllabe, et ne porte pas de tilde non plus. C’est le cas de tous les infinitifs, ce qui en fait la famille la plus facile à repérer.
Un mot qui ne suit pas la règle qui lui correspond porte une tilde sur la voyelle de sa syllabe forte. Autrement dit, la tilde ne dit jamais « appuyez ici » sans raison : elle dit « ce mot n’est pas accentué là où vous croyez ». Et comme toute esdrújula est par définition hors des deux règles, elle en porte une sans exception.
| Cas | Pourquoi | Exemples |
|---|---|---|
| Accent final, mot terminé par voyelle, n ou s | contraire à la première règle | café, Perú, avión, además, Panamá |
| Accent sur l’avant-dernière, mot terminé par une autre consonne | contraire à la seconde règle | árbol, fácil, lápiz, azúcar, béisbol |
| Accent sur la troisième syllabe ou plus haut | hors des deux règles | música, teléfono, América, dígamelo |
Une seule forme d’accent, et seulement sur une voyelle. L’espagnol ne connaît que l’accent aigu, incliné vers la droite : ni accent grave, ni accent circonflexe. Écrire cancion sans tilde ou canciòn avec un accent grave sont deux fautes d’orthographe au même titre. Les majuscules la conservent : África, Ángel, et l’on écrit MÉXICO sur une affiche.
La tilde dépend de la dernière lettre du mot et du nombre de ses syllabes. Ajoutez une syllabe, et le calcul change : la tilde peut apparaître, disparaître, ou se déplacer. C’est mécanique, et cela surprend toujours au début.
| Singulier | Pluriel | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| canción | canciones | la tilde disparaît : le mot devient une llana en s |
| jardín | jardines | la tilde disparaît |
| inglés | ingleses | la tilde disparaît |
| joven | jóvenes | la tilde apparaît : le mot devient une esdrújula |
| examen | exámenes | la tilde apparaît |
| imagen | imágenes | la tilde apparaît |
| carácter | caracteres | la syllabe forte se déplace, et la tilde s’en va |
La syllabe forte, elle, ne bouge pas dans la plupart de ces mots : elle reste sur la même syllabe, c’est seulement son écriture qui s’adapte. Les deux derniers cas sont différents et méritent d’être retenus tels quels : dans caracteres, l’accent change réellement de place. La façon de former le pluriel, elle, est traitée sur la page du genre et du pluriel.
Ces adverbes gardent la tilde de l’adjectif dont ils sont tirés, même si le mot obtenu n’en réclamerait pas. C’est une règle à part, et elle est simple : si l’adjectif en porte une, l’adverbe la garde ; sinon, il n’en prend pas.
Un i ou un u placé à côté d’un a, d’un e ou d’un o glisse normalement sur lui : les deux voyelles tiennent dans une seule syllabe, et l’on prononce le tout d’un trait.
Mais il arrive que ce i ou ce u soit lui-même la syllabe forte. Il faut alors le détacher de sa voisine, et c’est une tilde qui le signale : elle casse le groupe en deux syllabes. Sans elle, le mot se lirait tout autrement.
Deux voyelles fortes qui se suivent, en revanche, forment toujours deux syllabes, et cela ne demande aucune tilde : teatro, museo, caos se prononcent en séparant les voyelles, et les deux règles de base suffisent à les accentuer.
Un piège qui coûte cher à l’écrit. día sans tilde n’est pas seulement mal orthographié : il se lit en une syllabe, et le lecteur hispanophone bute dessus. C’est la même chose pour país, qui deviendrait un mot d’une syllabe unique. Ces tildes ne sont pas facultatives.
Une poignée de mots très courts existe en deux versions : l’une avec tilde, l’autre sans. Ils se prononcent pareil, ou presque, et la tilde ne sert alors qu’à les distinguer par écrit. C’est ce qu’on appelle la tilde diacritique, et c’est la seule fois où le signe ne renseigne pas sur l’accentuation.
| Avec tilde | Sans tilde |
|---|---|
| tú — toi, tu | tu — ton, ta |
| él — lui, il | el — le |
| mí — moi | mi — mon, ma |
| sí — oui, soi | si — si |
| sé — je sais | se — pronom |
| dé — qu’il donne | de — de |
| té — le thé | te — te |
| más — plus | mas — mais, littéraire |
| aún — encore | aun — même |
Les mots qui servent à interroger ou à s’exclamer portent tous une tilde : qué, quién, cuál, cuándo, cómo, dónde, cuánto, por qué. Les mêmes formes sans tilde existent aussi, avec un tout autre rôle dans la phrase. La tilde se maintient quand la question est rapportée, sans point d’interrogation.
Savoir lequel de ces mots employer est une autre affaire, et l’espagnol y fait des distinctions que le français ignore : c’est le sujet de la page qué ou cuál. Ici, seule la tilde nous occupe.
La norme actuelle, commune à l’Espagne et à toute l’Amérique, ne demande plus de tilde sur solo ni sur les démonstratifs este, ese, aquel, même employés comme pronoms. Vous rencontrerez encore sólo et éste dans des livres plus anciens, et sous la plume d’auteurs qui y tiennent : ce n’est pas une faute de lecture, et ce n’est plus une obligation d’écriture.
Les monosyllabes, enfin, n’en portent jamais, sauf ceux du tableau ci-dessus : fue, fui, vio, dio, ti s’écrivent nus. Le ti accentué est l’une des fautes les plus répandues chez les apprenants, précisément parce que mí en porte une.
L’orthographe de l’espagnol est unifiée : la tilde s’écrit selon les mêmes règles à Mexico, à Lima, à Buenos Aires et à Madrid, et aucune académie n’en propose d’autres. Vous n’aurez donc rien à réapprendre en changeant de pays.
Une conséquence pratique vaut cependant d’être signalée. Dans les pays où l’on s’adresse à quelqu’un avec vos, les formes verbales qui l’accompagnent sont accentuées sur la dernière syllabe et portent donc une tilde quand elles finissent par une voyelle ou par s : hablás, « tu parles », en est l’exemple le plus courant. La règle appliquée est bien celle de cette page ; ces formes et leur géographie sont décrites sur la page du voseo.
Reste le cas des verbes, où la tilde distingue régulièrement deux personnes ou deux temps : hablo contre habló, camino contre caminó. L’écart tient à un signe, et le sens change du tout au tout. Les formes elles-mêmes sont données sur la page du prétérit ; ici, retenez seulement qu’une tilde oubliée sur ces verbes ne fait pas une faute d’orthographe mais un contresens.
La syllabe forte s’entend avant de s’écrire. Les règles ci-dessus servent à lire et à écrire ; elles ne suffisent pas à parler. Un mot n’est vraiment su que lorsque sa syllabe forte est tombée au bon endroit sans y penser, et cela s’obtient en entendant puis en répétant. C’est le principe de notre cours d’espagnol, entièrement audio, en leçons courtes : la première est gratuite, la suite se poursuit par abonnement.
Appliquez les deux règles, puis décidez si le mot a besoin d’une tilde. Touchez une réponse, puis Correction.
Le sens de la phrase française désigne la forme attendue. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. La langue telle qu'on la parle du Mexique à l'Argentine : ustedes partout, le voseo, le prétérit simple, et les deux murs du francophone — ser ou estar, et le subjonctif.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Regardez sa dernière lettre. Voyelle, n ou s : l’accent est sur l’avant-dernière syllabe. Toute autre consonne : il est sur la dernière. Et s’il y a une tilde, elle vous donne directement la réponse, parce qu’elle signale précisément les mots qui échappent à ces deux règles.
Oui. L’oublier est une faute d’orthographe, et parfois un contresens : hablo veut dire « je parle » et habló « il a parlé ». Les majuscules la gardent aussi.
Parce que la règle se recalcule sur le mot entier. canciones finit par un s et s’accentue sur l’avant-dernière syllabe : il suit donc la première règle, et n’a plus besoin de signal. L’inverse existe aussi, avec joven qui donne jóvenes.
tú est le pronom, « toi, tu » ; tu est le possessif, « ton, ta ». Même chose pour él et el, mí et mi, sí et si, sé et se. On parle alors de tilde diacritique : elle ne renseigne pas sur l’accentuation, elle distingue deux mots.
Ce n’est plus demandé, ni en Amérique ni en Espagne, pas plus que éste ou ése. Vous rencontrerez ces formes dans des textes plus anciens sans qu’elles posent le moindre problème de lecture.
Oui, y compris dans une question rapportée : ¿Dónde vives? et No sé dónde vive. Choisir entre qué et cuál, en revanche, est une autre question, traitée sur la page qué ou cuál.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →