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Cours de langues›Le présent de l’indicatif

Le présent de l’indicatif : trois modèles, cinq personnes

Le présent espagnol se fabrique par une seule opération : les deux lettres de l’infinitif tombent, une terminaison les remplace, et cette terminaison dit déjà qui parle. En Amérique, le paradigme compte cinq personnes, et non six.

La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.

Trois conjugaisons, une seule opération

Tout verbe espagnol se range d’après les deux dernières lettres de son infinitif : -ar, -er ou -ir. Ces deux lettres tombent, une terminaison les remplace, et le verbe est conjugué. Il n’y a rien d’autre à faire, et c’est vrai pour la grande majorité du lexique.

Cette page travaille sur trois verbes, et sur eux seuls. Ils servent de modèles parce qu’ils ne réservent aucune surprise : leur radical ne bouge pas, et les terminaisons s’y ajoutent sans frottement.

Une partie des verbes courants modifient la voyelle de leur radical ou leur première personne, sans pour autant changer de terminaisons. Ces déformations sont régulières et se rangent en familles : elles font l’objet de la page les irréguliers du présent, et aucune n’est reprise ici. Ce que vous lisez ci-dessous est le squelette sur lequel elles viennent toutes se poser.

Deuxième particularité, et elle change la taille du tableau : en Amérique latine, le pluriel de la deuxième personne est ustedes, quel que soit le degré de familiarité. La sixième case que l’on remplissait en classe de collège n’existe pas dans cette norme, et le verbe ne compte donc que cinq formes par temps. Le système d’adresse lui-même, avec tout ce qu’il entraîne sur les possessifs et les pronoms, est décrit à la page tú, usted et ustedes.

Au singulier, la personne à qui l’on parle se dit tú dans une grande partie du continent et vos dans une autre, avec des terminaisons propres que conjugue la page le voseo. Les tableaux qui suivent donnent la forme de tú, la plus répandue et celle que tout le monde comprend partout.

Les trois modèles, forme par forme

Voici le tableau à connaître. Il tient en quinze cases, et tout le présent régulier en découle.

Le présent de l’indicatif de hablar, comer et vivir
Personnehablarcomervivir
yohablocomovivo
túhablascomesvives
él, ella, ustedhablacomevive
nosotros, nosotrashablamoscomemosvivimos
ellos, ellas, ustedeshablancomenviven

Ce que le tableau montre en une lecture

La première personne se termine par -o dans les trois conjugaisons, sans exception et sans hésitation possible. Une seule lettre, la même partout : c’est la forme la plus facile de toute la langue, et c’est aussi celle qui servira de base à d’autres constructions plus tard.

Les deux dernières colonnes sont presque identiques. Comparez-les ligne par ligne : comes et vives, come et vive, comen et viven ont la même terminaison. La différence se réduit à une seule case, celle de nosotros : comemos contre vivimos. Autrement dit, il n’y a pas trois séries de terminaisons à mémoriser, mais deux, et un point de divergence.

Les terminaisons, sans le radical
PersonneVerbes en -arVerbes en -erVerbes en -ir
yo-o-o-o
tú-as-es-es
él, ella, usted-a-e-e
nosotros, nosotras-amos-emos-imos
ellos, ellas, ustedes-an-en-en

Deux lignes du tableau désignent plusieurs sujets à la fois. La troisième vaut pour él, pour ella et pour usted : habla peut donc signifier « il parle », « elle parle » et « vous parlez » à une seule personne que l’on vouvoie. La cinquième vaut pour ellos, ellas et ustedes. Cette économie de formes explique que le pronom réapparaisse parfois, et c’est le sujet de la section suivante.

Dernière remarque, précieuse pour l’orthographe : aucune forme du présent régulier ne porte d’accent écrit. Ni hablo, ni comes, ni vivimos : les quinze formes du tableau s’écrivent sans tilde, parce qu’elles tombent toutes sous la règle générale décrite à la page l’accent et la tilde.

Le sujet que l’on n’exprime pas

En français, le pronom sujet est obligatoire : « parle » tout seul ne dit pas qui parle. En espagnol, la terminaison le dit. hablo ne peut avoir que yo pour sujet, vivimos ne peut avoir que nosotros. Le pronom n’est donc pas omis par négligence ou par familiarité : il est simplement redondant, et un hispanophone ne le met pas.

C’est le premier réflexe à installer, et le plus rentable. Un francophone qui traduit mot à mot produit des phrases grammaticalement correctes mais immédiatement identifiables : yo hablo, yo como, yo vivo, trois fois de suite. En espagnol, répéter yo n’est pas neutre. Cela insiste, et l’insistance finit par s’entendre comme une forme d’égocentrisme ou de contradiction.

Quand le pronom revient

Il revient dans quatre situations, et elles sont toutes motivées par le sens, jamais par la grammaire seule.

Pour opposer deux personnes. Dès que la phrase compare, le pronom marque le changement de sujet et devient indispensable.

Pour lever une ambiguïté. La troisième personne du singulier sert à trois sujets possibles. Quand le contexte ne suffit pas à désigner lequel, on nomme la personne ou on emploie le pronom.

Pour répondre brièvement. Sans verbe, il ne reste que le pronom : —¿Quién vive aquí? —Yo.

Pour marquer la politesse. usted et ustedes s’expriment beaucoup plus souvent que les autres pronoms, parce qu’ils partagent leur forme verbale avec la troisième personne et parce que les nommer fait partie de l’égard que l’on marque. Le détail de cet usage appartient à la page tú, usted et ustedes.

Le pronom absent n’est pas une faute de politesse. Beaucoup de débutants craignent de paraître brusques en disant hablo plutôt que yo hablo. C’est l’inverse : la forme nue est la forme normale, dans tous les registres, à l’écrit comme à l’oral, dans une lettre administrative comme entre amis.

Où tombe l’accent, et ce que cela change

Un verbe conjugué n’est pas seulement une suite de lettres : c’est une suite de syllabes dont une seule est accentuée, et la place de cette syllabe fait partie de la forme. Le présent la déplace, de manière parfaitement régulière.

Dans quatre formes sur cinq, l’accent reste sur la dernière syllabe du radical. Dans une seule, celle de nosotros, il passe sur la terminaison. Le tableau ci-dessous note en capitales la syllabe qui porte l’accent.

La syllabe accentuée dans les cinq formes
Personnehablarcomervivir
yoHA-bloCO-moVI-vo
túHA-blasCO-mesVI-ves
él, ella, ustedHA-blaCO-meVI-ve
nosotros, nosotrasha-BLA-mosco-ME-mosvi-VI-mos
ellos, ellas, ustedesHA-blanCO-menVI-ven

Ce détail n’est pas cosmétique, pour deux raisons. La première est que le français accentue la fin du groupe de mots : un francophone laissé à ses habitudes dit spontanément ha-BLO au lieu de HA-blo. Le résultat n’est pas un présent mal prononcé, c’est une autre forme du verbe, qui appartient au passé et que traite la page le prétérit. Déplacer l’accent, en espagnol, change le temps.

La seconde raison concerne l’écrit. Comme les formes du présent régulier obéissent toutes à la règle générale d’accentuation, aucune n’a besoin de tilde ; les formes du passé, elles, en portent une. L’orthographe ne fait donc que refléter la place de l’accent, et non l’inverse.

Pour les verbes qui déforment leur radical, cette même place de l’accent explique la quasi-totalité de l’irrégularité : la voyelle accentuée se dédouble ou se ferme, celle qui ne l’est pas reste intacte. C’est pourquoi la page les irréguliers du présent commence là où celle-ci s’arrête.

Un exercice de dix secondes, à faire à voix haute. Prononcez la série complète d’un verbe en frappant la table sur la syllabe accentuée : quatre fois sur le radical, une fois sur la terminaison. Le geste ancre le déplacement mieux que n’importe quelle règle écrite, et il se transfère ensuite à tous les verbes de la langue.

Ce que le présent espagnol exprime

Les deux langues se recouvrent largement, ce qui rend cette section plus courte qu’on ne l’attendrait. Cinq emplois suffisent à couvrir l’essentiel de ce qu’un débutant a besoin de produire.

L’habitude et la répétition

C’est l’emploi le plus fréquent, et il fonctionne exactement comme en français. Les compléments de temps qui l’accompagnent reviennent sans cesse : todos los días, siempre, nunca, los domingos, a veces.

Ce qui est vrai en général

Le présent sert aussi à énoncer ce qui vaut indépendamment du moment où l’on parle : une propriété, une règle, un fait de portée générale.

Ce qui se passe au moment où l’on parle

Le présent simple suffit à décrire ce qui est en train de se produire, et c’est ce qu’on entend le plus souvent dans une conversation ordinaire.

L’espagnol possède aussi un moyen d’insister sur le déroulement de l’action, à l’aide d’un auxiliaire suivi d’une forme en -ando ou -iendo. Ce n’est pas une variante du présent mais une construction à part, dont s’occupe la page les périphrases verbales. Un débutant n’en a pas besoin pour se faire comprendre : le présent simple fait le travail.

Ce qui va arriver

Un fait proche et considéré comme sûr se dit très souvent au présent, accompagné d’un complément de temps qui le situe. Le français en fait autant, ce qui rend l’emploi immédiatement familier.

Pour l’avenir en général, l’Amérique latine emploie surtout une construction avec un auxiliaire et l’infinitif, plus courante à l’oral que le futur en un seul mot. Les deux sont traités à la page futur et conditionnel.

Ce qui a commencé avant et dure encore

Quand une situation a débuté dans le passé et se poursuit, l’espagnol emploie le présent, comme le français. Deux tournures se partagent l’emploi : desde devant un repère daté, desde hace devant une durée.

C’est l’un des rares points où le francophone n’a rien à désapprendre, et il vaut la peine d’en profiter : là où l’anglais impose un autre temps, l’espagnol et le français font le même choix.

Quatre réflexes à installer tout de suite

1. Laisser tomber le pronom

Par défaut, pas de pronom sujet. On le remet quand on oppose deux personnes, quand la forme est ambiguë, quand on répond sans verbe, et pour usted. Le reste du temps, la terminaison suffit.

2. Ne pas chercher la sixième case

Il y en a cinq. Pour s’adresser à plusieurs personnes, familièrement ou non, le verbe se met à la forme en -an ou -en, celle que partagent ellos et ustedes. Aucune forme en -áis ni en -éis n’a cours en Amérique.

3. Garder l’accent sur le radical

Quatre formes sur cinq portent l’accent sur le radical. Seule celle de nosotros l’avance sur la terminaison. Accentuer la fin partout, comme en français, produit des formes du passé sans le vouloir.

4. Ne pas confondre -er et -ir

Les deux conjugaisons ne se séparent qu’à la case de nosotros : comemos contre vivimos. Partout ailleurs, les terminaisons sont les mêmes, ce qui réduit l’effort de mémoire à un seul point de vigilance.

Ces quatre réflexes valent pour tous les verbes, y compris ceux dont le radical se déforme : ils gardent les terminaisons du tableau et ne touchent qu’à la voyelle ou à la première personne. C’est l’objet de la page suivante du dossier.

Le présent s’installe par la bouche, pas par le tableau. Quinze formes se lisent en deux minutes et se produisent sans hésitation au bout de quelques centaines de répétitions orales. C’est exactement ce que fait notre cours d’espagnol, entièrement audio, en leçons de quatorze minutes : on y entend et on y répète des phrases entières, dites par des locuteurs d’Amérique latine. La première leçon est gratuite, la suite se fait par abonnement.

Première série : la bonne personne

Choisissez la forme qui correspond au sujet de la phrase. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Nosotros ___ español en casa.
  2. ¿Ustedes ___ carne?
  3. Mi hermana ___ en Bogotá.
  4. Yo ___ muy poco en la mañana.
  5. ¿Tú ___ con tus abuelos?
  6. Los niños ___ mucho.
  7. Usted ___ muy rápido.
  8. Mis primos y yo ___ juntos los domingos.
  9. Ella y él ___ en Quito.
  10. Tú ___ demasiado rápido.
  11. Ustedes ___ tres idiomas.
  12. Nosotras ___ en el mismo edificio.

Seconde série : les terminaisons, le sujet et l’emploi

Ici on ne choisit plus un verbe entier mais une terminaison, un pronom ou une valeur du présent. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Nosotros habl___ despacio.
  2. Nosotros com___ temprano.
  3. Nosotros viv___ lejos del centro.
  4. La seule forme où l’accent tombe sur la terminaison est ___.
  5. La forme ___ peut avoir pour sujet él, ella ou usted.
  6. La forme ___ ne peut avoir que nosotros pour sujet.
  7. Pour répondre brièvement à ¿quién vive aquí?, on dit ___.
  8. Le pronom sujet réapparaît surtout pour ___.
  9. Dans Mañana como en casa de mi abuela, le présent exprime ___.
  10. Dans Los colombianos hablan español, le présent exprime ___.
  11. Dans Vivo aquí desde hace tres años, le présent décrit ___.
  12. La terminaison -o au présent désigne ___.

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Questions fréquentes

Pourquoi le verbe espagnol n’a-t-il que cinq formes au présent ?

Parce qu’en Amérique latine le pluriel de la deuxième personne est ustedes, familier ou non, et qu’il se construit avec la troisième personne du pluriel : ustedes hablan. La sixième case, celle du pluriel familier d’Espagne, reste vide. Le système d’adresse est détaillé à la page tú, usted et ustedes.

Faut-il dire yo hablo ou hablo ?

Hablo, dans la très grande majorité des cas : la terminaison dit déjà qui parle, et le pronom devient une insistance. On le remet pour opposer deux personnes, pour lever une ambiguïté sur la troisième personne, ou pour répondre sans verbe.

Les verbes en -er et en -ir se conjuguent-ils pareil ?

Presque. Sur les cinq formes du présent, une seule les sépare, celle de nosotros : comemos contre vivimos. Les quatre autres sont identiques, ce qui laisse deux séries de terminaisons à retenir au lieu de trois.

Comment dit-on « je suis en train de parler » ?

Le présent simple suffit le plus souvent : hablo con ella ahora mismo. Pour insister sur le déroulement, l’espagnol dispose d’une construction avec auxiliaire et forme en -ando, traitée à la page les périphrases verbales. Un débutant n’en a pas besoin pour être compris.

Y a-t-il des accents écrits dans le présent régulier ?

Aucun. Les quinze formes de hablar, comer et vivir s’écrivent sans tilde, parce qu’elles suivent la règle générale d’accentuation expliquée à la page l’accent et la tilde.

Et les verbes dont le radical change ?

Ils gardent exactement les terminaisons de cette page : seule la voyelle du radical, ou la première personne, se modifie. Ces déformations sont régulières et se rangent en familles, décrites à la page les irréguliers du présent.

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