L’espagnol n’ajoute aucun mot pour interroger : la phrase reste la même, seule l’intonation change. En revanche, il vous demande de trancher entre qué et cuál là où le français dit « quel » dans les deux cas.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
L’espagnol est l’une des rares langues à encadrer ses questions par deux signes : un point d’interrogation renversé à l’ouverture, un point d’interrogation ordinaire à la fermeture. Ce n’est pas une coquetterie typographique, et ce n’est pas facultatif.
La raison est simple et elle explique tout le reste de la page. En espagnol, une question ferme peut être mot pour mot identique à l’affirmation correspondante : aucun mot ajouté, aucune inversion obligatoire, aucun auxiliaire. Rien, donc, ne prévient le lecteur qu’il est en train de lire une question — sauf le signe ouvrant.
Le signe ouvrant se place exactement là où la question commence, et pas nécessairement au début de la phrase. Un vocatif, une salutation, une proposition qui pose le décor restent en dehors.
Le français dispose de trois manières de poser une question fermée : l’intonation seule (« tu viens ? »), l’inversion (« viens-tu ? ») et la tournure « est-ce que ». L’espagnol n’en a qu’une, l’intonation, et il n’existe aucun équivalent de « est-ce que ». Toute tentative pour en fabriquer un produit une phrase fautive.
La place du sujet, elle, est libre. ¿Juan ya llegó? et ¿Ya llegó Juan? sont également corrects ; la seconde est un peu plus courante, parce que l’espagnol aime placer le sujet après le verbe dans une question. Aucune des deux n’est plus soignée que l’autre.
Pour répondre, sí et no suffisent, mais la conversation reprend très volontiers le verbe : c’est ce qui donne à une réponse espagnole son naturel. Si la question était négative, la contradiction se fait avec sí, l’espagnol n’ayant pas de mot spécialisé comme le « si » français ; la mécanique de la phrase négative est décrite sur la page la négation.
Le signe ouvrant n’est pas négociable. Dans les messages rapides, beaucoup d’hispanophones l’abandonnent, et vous le verrez manquer sur les réseaux. À l’écrit soigné, l’oublier est une faute d’orthographe, exactement comme oublier une majuscule. Le même système vaut pour l’exclamation, avec ¡ et ! : ¡Qué calor!, « quelle chaleur ! ».
Quand la question porte sur un élément précis, l’espagnol emploie un mot interrogatif, et tous portent une tilde. Cet accent n’indique pas ici la syllabe forte : il sert à distinguer le mot interrogatif de son homographe non accentué. La règle qui commande cette tilde est exposée une fois pour toutes sur la page l’accent et la tilde ; ici, nous nous contentons de l’écrire.
| Forme | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| qué | que, quoi, quel | ¿Qué dijiste? — « Qu’as-tu dit ? » |
| quién, quiénes | qui | ¿Quién llamó? — « Qui a appelé ? » |
| cuál, cuáles | quel, lequel | ¿Cuál prefieres? — « Lequel préfères-tu ? » |
| cómo | comment | ¿Cómo llegaste? — « Comment es-tu arrivé ? » |
| cuándo | quand | ¿Cuándo sale el bus? — « Quand part le bus ? » |
| dónde | où (lieu) | ¿Dónde vives? — « Où habites-tu ? » |
| adónde | où (mouvement) | ¿Adónde vas? — « Où vas-tu ? » |
| cuánto, cuánta, cuántos, cuántas | combien | ¿Cuántas personas vienen? — « Combien de personnes viennent ? » |
| por qué | pourquoi (cause) | ¿Por qué no me avisaste? — « Pourquoi ne m’as-tu pas prévenu ? » |
| para qué | pourquoi (but) | ¿Para qué sirve esto? — « À quoi ça sert ? » |
C’est une différence discrète et vous l’entendrez tous les jours. quién, cuál et cuánto s’accordent, alors que le français garde une forme unique pour « qui » et ne fait varier « lequel » que d’une autre manière. L’espagnol choisit donc le singulier ou le pluriel selon le nombre de réponses attendues, et ce choix est informatif : il annonce à votre interlocuteur si vous attendez un nom ou plusieurs.
cuánto mérite une attention particulière : il s’accorde en genre et en nombre avec le nom qui suit, et il ne prend aucune préposition. Le français dit « combien de personnes » ; l’espagnol ne met rien entre les deux mots.
Enfin, por qué et para qué ne se confondent pas. Le premier demande la cause, et la réponse commence par porque, en un seul mot et sans tilde. Le second demande le but, l’usage, la finalité.
Voici le vrai sujet de cette page. Le français emploie « quel » dans deux situations que l’espagnol sépare, et l’erreur est si fréquente qu’elle passe presque pour une signature : ¿qué es tu nombre? se reconnaît immédiatement comme la phrase d’un francophone.
La règle tient en une opposition. qué demande de quoi il s’agit : une définition, une nature, une explication. cuál demande lequel, parmi un ensemble déjà connu ou facile à imaginer. La question à se poser avant de parler n’est pas « quel mot le français emploierait-il », mais « est-ce que je fais choisir mon interlocuteur dans une série ».
Le cas le plus utile à retenir est celui de ser suivi d’un nom d’information personnelle : le nom, l’adresse, le numéro, la profession, la nationalité. Comme il s’agit chaque fois de désigner un élément dans un ensemble possible, c’est cuál qui s’impose, et le français « quel » ne doit pas vous tromper.
| Français | Espagnol | Pourquoi |
|---|---|---|
| Quel est ton nom ? | ¿Cuál es tu nombre? | choix dans un ensemble |
| Quelle est ton adresse ? | ¿Cuál es tu dirección? | choix dans un ensemble |
| Quel est le problème ? | ¿Cuál es el problema? | choix dans un ensemble |
| Qu’est-ce que c’est ? | ¿Qué es esto? | nature de la chose |
| Qu’est-ce qu’un verbe ? | ¿Qué es un verbo? | définition |
| Quelle heure est-il ? | ¿Qué hora es? | tournure figée |
| Quel jour sommes-nous ? | ¿Qué día es hoy? | tournure figée |
Deux configurations méritent d’être isolées. Devant la préposition de, c’est toujours cuál : ¿cuál de los dos?, ¿cuáles de estos libros?. Aucune hésitation possible, puisque l’ensemble est nommé juste après.
Devant un nom, en revanche, la norme demande qué : ¿qué libro leíste?, ¿qué color prefieres?. Mais dans une grande partie de l’Amérique, on entend très couramment ¿cuál libro? et ¿cuál color?, y compris chez des locuteurs instruits. Personne ne vous corrigera si vous employez qué — c’est la forme reçue partout, et c’est celle que nous vous conseillons d’installer.
Deux tournures figées à mémoriser telles quelles. ¿Qué hora es? et ¿Qué día es hoy? emploient qué alors que la logique du choix ferait attendre cuál. Ce sont des expressions toutes faites, à apprendre en bloc comme un mot unique. À côté, ¿Cuál es tu nombre? a un concurrent parfaitement courant et souvent plus naturel à l’oral : ¿Cómo te llamas?.
Dans une question ouverte, l’ordre est presque toujours le même : le mot interrogatif d’abord, le verbe immédiatement après, le sujet ensuite s’il est exprimé. Cette soudure entre le mot interrogatif et le verbe est un réflexe à prendre, car le français la brise volontiers.
La forme ¿qué Juan quiere?, avec le sujet inséré entre le mot interrogatif et le verbe, n’existe pas. Le sujet attend son tour, derrière le verbe, ou disparaît complètement s’il se devine.
C’est le second point où le français induit en erreur. À l’oral, le français rejette volontiers la préposition à la fin : « tu vas avec qui ? », « ça sert à quoi ? ». L’espagnol ne le fait jamais. La préposition reste collée devant le mot interrogatif, et le groupe entier ouvre la question.
Les trois interrogatifs de lieu se distinguent par la préposition, et ils ne sont pas interchangeables : dónde pour la position, adónde pour la destination, de dónde pour l’origine. Quand l’interrogation porte sur un complément d’objet désignant une personne, le a apparaît aussi — ¿a quién viste? — pour la raison expliquée sur la page le a devant le COD.
Une tournure d’Amérique à connaître. Pour demander le degré d’une qualité, on entend partout sur le continent qué tan devant un adjectif ou un adverbe, et qué tanto devant un verbe : ¿Qué tan lejos queda el hotel?, « c’est loin, l’hôtel ? », ¿Qué tan grande es la casa?, « elle est grande comment, la maison ? ». En Espagne, la même idée passe par d’autres tournures ; en Amérique, celle-ci est la plus naturelle.
Une question peut se trouver enchâssée dans une autre phrase : « je ne sais pas ce qu’il veut », « dis-moi où c’est », « il m’a demandé si j’avais le temps ». L’espagnol appelle cela l’interrogation indirecte, et elle obéit à trois consignes faciles à retenir.
Pas de points d’interrogation. La phrase n’est plus une question, c’est une affirmation qui contient une question. Elle se termine donc par un point.
La tilde reste. C’est le point que les débutants manquent le plus souvent : même sans signes d’interrogation, le mot interrogatif garde son accent, parce qu’il garde sa valeur interrogative.
L’ordre ne change pas. Le verbe suit le mot interrogatif, et le sujet reste derrière le verbe, exactement comme dans la question directe.
Quand la question rapportée était une question fermée, celle à laquelle on répond par oui ou par non, elle s’introduit par si. Ce si ne porte pas de tilde et n’a rien à voir avec l’hypothèse : il signifie « si oui ou non ».
Une tilde, deux mots différents. qué et que, quién et quien, cuál et cual se prononcent presque pareil et ne se distinguent que par l’accent écrit. Les formes sans tilde ne servent jamais à interroger : elles introduisent une subordonnée relative, et leur emploi est traité sur la page les relatives et dont. Si votre phrase pose une question, même rapportée, la tilde y est.
Reste ce qui ne s’apprend pas dans les tableaux : les petites questions qui ponctuent le dialogue. Elles sont courtes, très fréquentes, et souvent marquées régionalement — de sorte qu’elles signalent d’où vient celui qui parle.
La plus répandue est ¿verdad?, ajoutée en fin de phrase pour demander confirmation, exactement comme le « n’est-ce pas ? » français mais sans la lourdeur. ¿no? fait le même travail, en plus bref, et s’entend partout.
Puis viennent les marqueurs de pays. ¿cierto? et ¿no cierto? sont très employés en Colombie et dans plusieurs pays andins. ¿viste? ponctue le récit en Argentine et en Uruguay. ¿cachái? est la marque du Chili : c’est une forme voseante du verbe cachar, « saisir, comprendre », et sa conjugaison relève de la page le voseo. Aucun de ces mots n’est indispensable pour se faire comprendre, mais les reconnaître change tout à l’écoute.
Deux questions servent enfin à faire répéter. ¿Cómo? est la formule neutre et polie, l’équivalent de notre « pardon ? ». ¿Qué? tout seul existe, mais il sonne sec, un peu comme « quoi ? » en français. Au Mexique, on répond ¿mande? lorsqu’on vous appelle ou que vous n’avez pas entendu : la tournure est courtoise et très usuelle sur place.
Une question s’entend avant de se construire. L’intonation montante, la place du sujet derrière le verbe, le réflexe cuál devant ser : rien de tout cela ne s’installe par la règle seule. Le cours d’espagnol est entièrement audio, en leçons courtes, et les questions y arrivent dans de vrais échanges, dites par des locuteurs d’Amérique. La première leçon est gratuite, la suite se fait par abonnement.
Complétez chaque question. L’indication entre parenthèses précise ce qui est demandé. Touchez une réponse, puis Correction.
Choisissez la forme correcte. Surveillez la place du sujet, celle de la préposition et la présence de la tilde. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. La langue telle qu'on la parle du Mexique à l'Argentine : ustedes partout, le voseo, le prétérit simple, et les deux murs du francophone — ser ou estar, et le subjonctif.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
On ne le dit pas : il n’existe aucun équivalent. La question fermée a exactement les mêmes mots que l’affirmation, et seule l’intonation change à l’oral, les deux points d’interrogation à l’écrit. ¿Vienes con nosotros? suffit.
Parce que rien d’autre n’annonce la question. Comme l’espagnol n’ajoute ni mot ni inversion obligatoire, le signe ouvrant ¿ prévient le lecteur dès le début. Il se place là où la question commence : María, ¿dónde dejaste las llaves?.
qué demande une définition ou une nature : ¿Qué es la libertad?. cuál demande de choisir dans un ensemble : ¿Cuál es tu nombre?, ¿Cuál de los dos?. Devant ser et un renseignement personnel, c’est presque toujours cuál.
Les deux sont corrects et courants partout en Amérique. ¿Cómo te llamas? est un peu plus familier et très fréquent à l’oral. La forme à éviter est ¿qué es tu nombre?, qui trahit immédiatement un francophone.
Oui, toujours. No sé qué quiere, dime dónde está : la phrase n’a plus de points d’interrogation, mais le mot reste interrogatif et garde son accent. Les formes sans tilde servent à autre chose, et sont traitées sur la page les relatives et dont.
Jamais. « Tu vas avec qui ? » se dit ¿Con quién vas?, et « ça sert à quoi ? » se dit ¿Para qué sirve?. La préposition ouvre le groupe interrogatif et ne s’en détache pas.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →