L’espagnol exprime par un second verbe ce que le français rend par un adverbe, un préfixe ou une tournure lourde. Une dizaine de ces constructions couvre presque tout ce qu’un apprenant a besoin de dire sur le déroulement d’une action.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Une périphrase verbale, c’est un verbe qui a renoncé à son sens propre pour servir d’outil, suivi d’un verbe qui garde le sien. Dans Acabo de llegar, acabar ne signifie plus « terminer » : il indique seulement que l’arrivée est toute récente.
Ces constructions méritent une page entière parce qu’elles sont le terrain où un francophone perd le plus de temps. Le français dispose de préfixes et d’adverbes là où l’espagnol préfère un second verbe : nous disons « il a rappelé », l’espagnol dit volvió a llamar ; nous disons « il vient d’arriver », l’espagnol dit acaba de llegar ; nous disons « il étudie l’espagnol depuis deux ans », l’espagnol dit volontiers lleva dos años estudiando español. Tant qu’on traduit mot à mot, on produit des phrases compréhensibles mais visiblement étrangères.
Le mécanisme est toujours le même, et il est rassurant : seul le premier verbe se conjugue. Le second reste à l’infinitif ou au gérondif, sans jamais varier. Une périphrase ne vous demande donc pas une conjugaison de plus : elle vous demande de reconnaître un couple.
| Moule | Ce qu’il exprime | Exemple |
|---|---|---|
| Verbe conjugué + infinitif | le moment, la répétition, l’obligation | Tengo que salir. |
| Verbe conjugué + gérondif | le déroulement, la durée, la progression | Estoy trabajando. |
Une précision d’emblée, pour éviter une attente déçue. La construction la plus fréquente de toutes, ir a suivie d’un infinitif, n’est pas traitée ici : en Amérique, elle n’est pas une nuance de style mais la manière ordinaire de parler de l’avenir, et elle appartient à ce titre à la page futur et conditionnel. Cette page-ci commence donc avec acabar de et s’en tient à tout le reste.
Avant les périphrases de déroulement, il faut la forme qu’elles emploient. Le gérondif espagnol se fabrique en deux gestes : les verbes en -ar prennent -ando, ceux en -er et en -ir prennent -iendo. Il est invariable, il ne s’accorde jamais, et il ne connaît pas d’exception de terminaison.
| Infinitif | Gérondif | Traduction |
|---|---|---|
| hablar | hablando | en parlant |
| trabajar | trabajando | en travaillant |
| comer | comiendo | en mangeant |
| vivir | viviendo | en vivant |
| escribir | escribiendo | en écrivant |
La première série concerne les verbes dont le radical finit par une voyelle : le i de la terminaison se transforme en y, parce que trois voyelles de suite ne tiennent pas. La seconde concerne des verbes en -ir, dont la voyelle du radical se ferme : e devient i, o devient u.
| Le i devient y | La voyelle du radical se ferme |
|---|---|
| leer → leyendo | decir → diciendo |
| creer → creyendo | pedir → pidiendo |
| oír → oyendo | servir → sirviendo |
| caer → cayendo | sentir → sintiendo |
| traer → trayendo | venir → viniendo |
| construir → construyendo | dormir → durmiendo |
| ir → yendo | morir → muriendo |
| huir → huyendo | poder → pudiendo |
Le gérondif espagnol n’est pas le participe présent français. On n’écrit pas una caja conteniendo libros pour « une boîte contenant des livres » : il faut une relative, una caja que contiene libros. Le gérondif décrit une action qui se déroule, jamais une qualité attachée à un nom. Et après une préposition, l’espagnol emploie l’infinitif, pas le gérondif : sin comer, antes de salir, para estudiar, después de trabajar. Deux réflexes à installer tôt, parce qu’ils trahissent immédiatement un francophone.
C’est la périphrase la plus employée de toute la langue. estar se conjugue au temps voulu, le gérondif reste fixe, et l’ensemble dit que l’action est en train de se dérouler. Le français doit passer par « être en train de », une tournure lourde qu’on évite ; l’espagnol, lui, l’emploie sans y penser.
La question qui vient aussitôt est celle du choix : quand dire trabajo et quand dire estoy trabajando ? La règle pratique tient en une phrase. Le présent simple énonce un fait ; la périphrase insiste sur le déroulement au moment où l’on parle. Trabajo en un banco décrit une situation stable, « je travaille dans une banque » ; Estoy trabajando dit que je suis occupé à l’instant. Les deux phrases ne sont pas interchangeables, et la différence s’entend.
Deux limites à connaître, parce qu’elles évitent des phrases bancales. La périphrase ne sert pas à annoncer l’avenir : « demain je travaille » ne se dit pas mañana estoy trabajando, mais mañana trabajo ou mañana voy a trabajar. Et elle s’accommode mal des verbes qui décrivent un état plutôt qu’une activité : on ne dit pas estoy sabiendo ni estoy queriendo.
estar peut se mettre à n’importe quel temps, et la périphrase suit sans rien changer : estaba leyendo cuando llegaste, voy a estar trabajando toda la tarde, ha estado lloviendo. C’est un outil, non un temps de plus.
Attention à ne pas confondre cette construction avec une autre, qui emploie le même verbe et un participe : está escrito, está construido. Celle-là décrit un résultat et non un déroulement ; elle appartient à la page le passif et l’impersonnel. Et le partage de estar avec ser devant un adjectif est traité à la page ser ou estar.
Une fois le gérondif en place, il suffit de changer le verbe conjugué pour changer de nuance. Ces quatre-là s’entendent tous les jours et n’ont pas d’équivalent simple en français.
| Construction | Nuance | Exemple |
|---|---|---|
| seguir + gérondif | l’action continue | Sigue lloviendo. |
| ir + gérondif | une progression graduelle | Va mejorando. |
| andar + gérondif | une activité dispersée, répétée | Anda buscando trabajo. |
| llevar + gérondif | une durée qui dure encore | Llevo dos años estudiando. |
Retenez la construction telle quelle, parce que le français induit en erreur : on dit « continuer à faire », avec un infinitif, mais l’espagnol exige le gérondif. On ne dit jamais sigo estudiar.
La dernière ligne est un petit trésor d’économie : seguir sin suivi d’un infinitif dit « toujours pas », en trois mots. continuar fonctionne exactement comme seguir, dans un registre un peu plus écrit.
Avec un gérondif, ir ne parle plus d’avenir ni de déplacement : il décrit une évolution qui avance par degrés. C’est la tournure de la convalescence, de l’apprentissage, des travaux qui progressent.
Cette construction, très vivante à l’oral américain, suggère une activité éparpillée ou répétée, et souvent un jugement à peine dissimulé de celui qui parle.
Voilà la périphrase à apprendre le plus tôt, parce qu’elle répond à une question posée dans toutes les premières conversations. Elle place la durée entre le verbe conjugué et le gérondif.
Deux concurrentes lui disputent le terrain, et l’une est franchement régionale. Partout, on peut dire Hace dos años que estudio español. Au Mexique, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, on entend très couramment tener à la place de llevar : Tengo dos años estudiando español. Les trois tournures sont comprises partout ; choisissez celle de la région où vous parlez.
Ce second groupe situe l’action dans le temps. Toutes ces constructions comportent une préposition qu’il faut apprendre avec le verbe, parce qu’aucune traduction ne la donne.
| Construction | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| acabar de | venir de | Acabo de llegar. |
| empezar a, comenzar a | commencer à | Empezó a llover. |
| ponerse a | se mettre à, brusquement | Se puso a gritar. |
| volver a | de nouveau | Volvió a llamar. |
| dejar de | cesser de | Dejé de fumar. |
| terminar de | finir de | Terminé de leerlo. |
| estar por, estar a punto de | être sur le point de | Está por llover. |
La construction rend exactement notre « venir de » et s’emploie surtout au présent. Au passé, elle sert à raconter ce qui venait de se produire.
En Amérique, une autre façon de dire la même chose est si répandue qu’il faut la connaître : un adverbe suivi du prétérit. Au Chili, en Argentine, en Uruguay et dans les Andes, on entend Recién llegué pour « je viens d’arriver » ; au Mexique, la même valeur s’exprime volontiers avec apenas : Apenas llegué. Les formes du prétérit sont décrites à la page le prétérit.
C’est la périphrase la plus rentable de la liste, parce qu’elle remplace un procédé que l’espagnol n’a presque pas : le préfixe français qui dit la répétition. Là où nous ajoutons re-, l’espagnol ajoute un verbe.
empezar a et comenzar a sont interchangeables, le second étant un peu plus écrit. ponerse a ajoute la brusquerie : on s’y met d’un coup, souvent sans l’avoir prévu. dejar de dit l’arrêt, et sa forme négative une insistance : no dejes de escribirme, « ne manque pas de m’écrire ».
Un mot de géographie sur la dernière : estar por suivi d’un infinitif signifie « être sur le point de » dans l’usage américain, et estar a punto de dit la même chose partout.
Dernier groupe, et le plus utile au quotidien. Le français confie l’essentiel à « devoir » et « falloir » ; l’espagnol répartit le travail autrement, et le choix n’est pas indifférent.
| Construction | Valeur | Exemple |
|---|---|---|
| tener que + infinitif | obligation personnelle, la plus courante | Tengo que irme. |
| hay que + infinitif | obligation sans sujet désigné | Hay que llegar temprano. |
| deber + infinitif | obligation morale, registre soutenu | Debes respetar a tus padres. |
| deber de + infinitif | probabilité | Debe de estar enfermo. |
| poder + infinitif | capacité, permission | ¿Puedo pasar? |
| soler + infinitif | habitude | Suelo levantarme temprano. |
C’est de très loin la plus employée. Elle désigne quelqu’un : celui qui doit faire la chose est le sujet du verbe.
La même obligation, mais sans sujet : la règle vaut pour tout le monde, ou pour n’importe qui. La forme est invariable et ne se conjugue pas en personne. C’est le pendant de notre « il faut ».
Le verbe qui porte cette construction a bien d’autres emplois, notamment celui de dire qu’une chose existe, et il a ses formes propres aux autres temps. Tout cela est traité à la page hay, está ou es ; ici, seule la valeur d’obligation nous occupe.
Sans préposition, deber exprime un devoir, et il sonne plus solennel que tener que : c’est le verbe des règlements, des conseils appuyés, de l’écrit. Avec de, il change complètement de métier et exprime une probabilité.
La distinction s’efface souvent à l’oral. Beaucoup d’hispanophones disent debe estar enfermo pour une probabilité, sans la préposition. Vous serez donc compris dans les deux cas ; l’inverse est plus gênant, car debe de employé pour une obligation sonne faux. Une autre façon de dire la probabilité, propre à l’espagnol et sans équivalent français, est décrite à la page futur et conditionnel.
soler dit l’habitude en un seul mot, là où le français ajoute « d’habitude » ou « avoir l’habitude de ». Il ne s’emploie guère qu’au présent et à l’imparfait. Il est compris partout, mais la conversation américaine lui préfère souvent un simple adverbe, et l’on entend au Mexique et dans plusieurs pays voisins acostumbrar dans le même rôle.
Un dernier mot sur les pronoms, parce qu’ils apparaissent dans presque tous les exemples de cette page. Avec une périphrase, ils ont deux places possibles et les deux sont correctes : Tengo que hacerlo ou Lo tengo que hacer, Estoy buscándolo ou Lo estoy buscando. La règle complète et le détail des formes appartiennent à la page les pronoms compléments.
Ces couples de verbes s’apprennent en bloc, par l’oreille. Personne ne construit acabo de llegar en réfléchissant à une préposition : on le dit parce qu’on l’a entendu cent fois. C’est le principe de notre cours d’espagnol, entièrement audio, en leçons courtes ; la première leçon est gratuite, la suite est comprise dans l’abonnement.
Formez le gérondif ou choisissez le verbe conjugué qui convient. Touchez une réponse, puis Correction.
Choisissez la périphrase qui rend la traduction proposée. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. La langue telle qu'on la parle du Mexique à l'Argentine : ustedes partout, le voseo, le prétérit simple, et les deux murs du francophone — ser ou estar, et le subjonctif.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Un verbe conjugué qui a perdu son sens propre, suivi d’un infinitif ou d’un gérondif qui garde le sien. Dans Acabo de llegar, acabar ne signifie plus « terminer » : il indique que l’arrivée est récente. Seul le premier verbe se conjugue.
Les verbes en -ar prennent -ando, ceux en -er et en -ir prennent -iendo. Deux séries d’irréguliers : le i devient y après une voyelle (leyendo, oyendo) et la voyelle du radical se ferme dans certains verbes en -ir (diciendo, durmiendo).
Le présent simple énonce un fait, la périphrase insiste sur le déroulement au moment où l’on parle. Trabajo en un banco décrit une situation stable ; Estoy trabajando dit que je suis occupé maintenant. La périphrase ne sert jamais à annoncer l’avenir.
Non. Le gérondif espagnol décrit une action qui se déroule, jamais une qualité attachée à un nom : « une boîte contenant des livres » se dit una caja que contiene libros. De même, après une préposition on emploie l’infinitif : sin comer, antes de salir.
tener que dans presque tous les cas : c’est l’obligation ordinaire, et elle désigne quelqu’un. deber sonne plus solennel et convient aux règlements et aux conseils appuyés. Quand personne n’est désigné, on emploie hay que.
Trois tournures, toutes comprises partout. Llevo dos años estudiando español est la périphrase de gérondif ; Hace dos años que estudio español s’emploie dans toute l’Amérique ; et au Mexique, en Amérique centrale et dans les Caraïbes on entend couramment Tengo dos años estudiando español.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →