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Cours de langues›Futur et conditionnel

Le futur, le conditionnel, et le va a qu’on entend partout

Deux temps, une seule série de terminaisons, et douze verbes qui modifient leur racine pour les deux à la fois. Mais dans la conversation américaine, l’avenir se dit neuf fois sur dix avec ir a et un infinitif.

La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.

Un radical qui ne bouge pas : l’infinitif entier

Le futur et le conditionnel sont les deux temps les plus faciles à fabriquer de toute la langue espagnole. Les terminaisons ne s’ajoutent pas à un radical qu’il faudrait dégager : elles s’ajoutent à l’infinitif complet, qui ne perd pas une lettre.

La conséquence est immédiate et vaut d’être posée avant tout tableau : il n’existe qu’une seule série de terminaisons pour les trois conjugaisons. Les verbes en -ar, ceux en -er et ceux en -ir se comportent exactement de la même façon, ce qui n’arrive à aucun autre temps. hablar donne hablaré, comer donne comeré, vivir donne viviré : l’infinitif est toujours là, en entier, et la terminaison se pose derrière.

Le futur simple, terminaisons posées sur l’infinitif
Personnehablarcomervivir
yohablarécomeréviviré
tú, voshablaráscomerásvivirás
él, ella, ustedhablarácomerávivirá
nosotros, nosotrashablaremoscomeremosviviremos
ellos, ellas, ustedeshablaráncomeránvivirán

Cinq cases, et non six. Le pluriel de la deuxième personne est ustedes dans toute l’Amérique, avec le verbe à la troisième personne du pluriel : il n’y a aucune forme en -éis à apprendre ici, et le tableau que vous voyez est complet. Le système d’adresse qui explique cette absence est décrit à la page tú, usted et ustedes. Notez au passage que vos partage les formes du tutoiement classique à ce temps-là : on dit vos hablarás, sans terminaison particulière.

Toutes les personnes du futur portent un accent écrit, sauf nosotros. Ce n’est pas un caprice orthographique : l’accent de voix tombe sur la terminaison, et la règle générale d’écriture de la tilde impose alors de le noter. Cette règle est exposée à la page l’accent et la tilde. Oublier ces accents est la faute d’écriture la plus fréquente sur ces deux temps.

Le conditionnel, même procédé, autres terminaisons
Personnehablarcomervivir
yohablaríacomeríaviviría
tú, voshablaríascomeríasvivirías
él, ella, ustedhablaríacomeríaviviría
nosotros, nosotrashablaríamoscomeríamosviviríamos
ellos, ellas, ustedeshablaríancomeríanvivirían

Ici, aucune exception d’accent : le í de la terminaison porte la tilde à toutes les personnes, sans distinction. Un moyen mnémotechnique se propose de lui-même pour qui a déjà travaillé le passé : ce sont les terminaisons de l’imparfait des verbes en -er, celles de comía, posées sur un infinitif au lieu d’un radical. Les formes de l’imparfait sont traitées à la page prétérit ou imparfait.

Les douze racines irrégulières, et elles servent aux deux temps

Douze verbes seulement modifient l’infinitif avant d’accueillir les terminaisons. Le gain est considérable, parce que la racine modifiée est la même pour le futur et pour le conditionnel : apprise une fois, elle donne deux temps. Qui sait tendré sait tendría sans rien ajouter.

Les douze racines irrégulières, communes aux deux temps
InfinitifRacineFuturConditionnel
tenertendr-tendrétendría
ponerpondr-pondrépondría
venirvendr-vendrévendría
salirsaldr-saldrésaldría
valervaldr-valdrévaldría
poderpodr-podrépodría
sabersabr-sabrésabría
cabercabr-cabrécabría
haberhabr-habréhabría
quererquerr-querréquerría
hacerhar-haréharía
decirdir-dirédiría

Ces douze verbes se rangent en trois familles, et le classement aide à les retenir.

La voyelle de l’infinitif tombe

Cinq verbes perdent simplement la voyelle qui précède le -r : poder, saber, caber, haber et querer. La racine reste reconnaissable, et l’on voit clairement ce qui a disparu.

Un d vient prendre la place

Cinq autres verbes perdent la même voyelle, mais un d s’installe aussitôt derrière la consonne : tener, poner, venir, salir et valer. C’est le groupe le plus fourni en verbes du quotidien, donc celui qu’il faut posséder le premier.

Deux racines très abrégées

hacer donne har- et decir donne dir-. Ces deux-là ne se déduisent d’aucune règle et s’entendent cent fois par jour ; ce sont les seules qu’il faut apprendre par cœur.

Les verbes construits sur ces douze suivent leur modèle sans qu’il soit besoin de les lister : mantener donne mantendré, suponer donne supondré, convenir donne convendrá, deshacer donne desharé. Et tout le reste de la langue est régulier, y compris des verbes qui malmènent d’autres temps : ser donne seré, ir donne iré, estar donne estaré, dar donne daré, ver donne veré. Les irrégularités du présent, elles, sont d’une tout autre ampleur : elles font l’objet de la page les irréguliers du présent.

Deux r dans querré. La racine querr- garde le r du radical et reçoit celui de la terminaison : querré, querría, avec un rr qui se prononce roulé. Ne confondez pas querría, « je voudrais », avec quería, qui appartient à l’imparfait. Un seul r, et vous avez changé de temps.

En Amérique, l’avenir se dit avec ir a

Voilà le point que les tableaux scolaires ne disent jamais, et c’est pourtant celui qui change tout à l’oral. Dans la conversation américaine, on n’annonce presque pas l’avenir avec le futur simple : on l’annonce avec le présent de ir, la préposition a, et un infinitif. Un apprenant qui maîtrise cette seule construction parle de l’avenir sans jamais se bloquer.

ir a + infinitif, la forme ordinaire de l’avenir
PersonneFormeExemple
yovoy aVoy a llamarla.
tú, vosvas a¿Vas a venir?
él, ella, ustedva aVa a llover.
nosotros, nosotrasvamos aVamos a comer afuera.
ellos, ellas, ustedesvan a¿Ustedes van a trabajar mañana?

La préposition a n’est jamais facultative, et c’est l’oubli le plus répandu chez les francophones, parce que le français dit « je vais manger » sans rien entre les deux verbes. En espagnol, voy comer n’existe pas.

  • Voy a estudiar esta noche. — « Je vais étudier ce soir. »
  • Mañana vamos a ver a mis papás. — « Demain nous allons voir mes parents. »
  • ¿Qué vas a pedir? — « Qu’est-ce que tu vas commander ? »
  • El próximo año van a mudarse a Bogotá. — « L’année prochaine ils vont déménager à Bogotá. »
  • Voy a ir al banco. — « Je vais aller à la banque. »

La dernière phrase mérite un mot, parce qu’elle fait hésiter tout le monde : voy a ir est parfaitement normal et ne choque aucune oreille hispanophone. Le premier ir est devenu un outil grammatical, le second reste le verbe de déplacement, et leur rencontre ne produit aucune répétition fautive.

Contrairement à ce que l’on enseigne parfois, cette construction n’est pas réservée à l’avenir proche. Elle couvre aussi bien Ahorita voy a salir, « je sors dans une minute », que Algún día voy a vivir en la playa, « un jour je vivrai au bord de la mer ». La distance dans le temps ne joue presque aucun rôle ; ce qui joue, c’est le registre. Le futur simple, en Amérique, sonne écrit, solennel ou emphatique.

Et au passé : iba a

Mise à l’imparfait, la même construction dit l’intention qui n’a pas abouti, exactement comme le français « j’allais ». C’est une tournure de tous les jours, et elle rend d’immenses services pour s’excuser.

  • Iba a llamarte, pero se me hizo tarde. — « J’allais t’appeler, mais il s’est fait tard. »
  • Íbamos a salir y empezó a llover. — « Nous allions sortir et il a commencé à pleuvoir. »
  • ¿No ibas a estudiar hoy? — « Tu n’allais pas étudier aujourd’hui ? »

Cette page est la seule du dossier à traiter ir a, précisément parce que c’est la manière ordinaire d’exprimer l’avenir en Amérique et non un tour de style. Toutes les autres constructions de ce type — acabar de, volver a, empezar a, tener que, estar suivi du gérondif — sont rassemblées à la page les périphrases verbales, qui les décrit une à une.

Ce que le futur simple garde pour lui

Si ir a occupe le terrain, pourquoi apprendre hablaré ? Parce que le futur simple n’a pas disparu : il s’est spécialisé. Trois emplois lui restent, et le premier n’a aucun équivalent direct en français.

Le futur de conjecture

C’est l’emploi le plus utile et le plus mal enseigné. Le futur espagnol sert à formuler une hypothèse sur le présent : non pas ce qui arrivera, mais ce qui est probablement le cas maintenant. Le français, lui, passe par « devoir » ou par un adverbe.

Un francophone entend Serán las tres et cherche de quel moment futur on parle. Il n’y en a aucun : la phrase porte sur l’instant présent, et le futur n’y ajoute qu’une réserve.

L’écrit, l’annonce, le registre soutenu

La presse, les communiqués, les bulletins météorologiques, les programmes officiels emploient le futur simple sans hésiter. C’est là qu’un apprenant le rencontrera le plus, en lecture plutôt qu’à l’oral.

La promesse, l’avertissement, le refus net

Dans la conversation, le futur simple réapparaît quand la phrase pèse : on jure, on prévient, on refuse. Le temps lui-même ajoute de la solennité, et c’est exactement pour cela qu’on le choisit.

Deux façons de dire la probabilité, et elles coexistent. À côté du futur de conjecture, l’espagnol dispose d’une construction avec deber de : Debe de estar en una reunión dit à peu près la même chose que Estará en una reunión. Cette construction, comme les autres verbes qui s’appuient sur un infinitif, est décrite à la page les périphrases verbales.

Le conditionnel, quatre métiers

Le conditionnel espagnol se fabrique comme le futur et s’emploie, pour l’essentiel, comme le conditionnel français. Quatre emplois couvrent tout ce dont un apprenant a besoin.

L’avenir vu depuis le passé

Quand le récit est au passé, ce qui était à venir se met au conditionnel. C’est le pendant exact du futur : Dice que vendrá au présent devient Dijo que vendría au passé. Aucune difficulté conceptuelle pour un francophone, qui fait la même chose.

La politesse et l’atténuation

C’est l’emploi le plus immédiatement rentable dans un magasin, un bureau, un hôtel. Le conditionnel enlève à la demande tout ce qu’elle aurait d’abrupt au présent.

Dans le même emploi, on entend très souvent quisiera, emprunté au subjonctif : Quisiera un café. C’est une variante polie de querría, et ses formes sont décrites à la page fabriquer le subjonctif.

La conjecture sur le passé

Le conditionnel fait pour le passé ce que le futur fait pour le présent : il avance une hypothèse. La symétrie est parfaite et vaut la peine d’être vue comme telle.

Le conseil et l’avis prudent

Employé à la première personne, le conditionnel présente un avis sans l’imposer. C’est la tournure de celui qui conseille sans donner d’ordre.

Reste l’emploi que tout le monde attend et qui n’est pas ici : le conditionnel des phrases hypothétiques, Si tuviera tiempo, iría. Le système à trois étages du si, avec ce qu’il autorise et ce qu’il interdit dans chaque proposition, fait l’objet d’une page entière, les phrases avec si. Les formes, elles, sont celles que vous venez d’apprendre : rien de nouveau à fabriquer.

Trois pièges de francophone

Après cuando, jamais de futur. Le français dit « quand il arrivera » ; l’espagnol refuse le futur dans cette proposition et emploie le subjonctif : cuando llegue. La faute est si naturelle pour nous qu’elle survit des années. La règle complète, avec les autres conjonctions qui se comportent ainsi, est à la page cuando, para que, aunque.

Après si, ni futur ni conditionnel. Là encore le français nous égare : « si je peux, je viendrai » se dit Si puedo, voy ou Si puedo, voy a ir. Le détail des trois systèmes est traité aux phrases avec si.

Le futur simple à la place de ir a. Ce n’est pas une faute de grammaire, mais un décalage de registre : répondre Comeré en casa à une question ordinaire sonne appuyé, un peu comme si vous annonciez une décision. Voy a comer en casa est la phrase que l’on attend.

Un mot enfin sur les formes composées. Les racines apprises ici servent aussi à habré et habría, qui se combinent avec un participe pour donner habré terminado et habría terminado. La formation du participe, ses irréguliers et son invariabilité appartiennent à la page les temps composés ; rien n’en est repris ici.

Ces formes s’installent en phrases, pas en colonnes. On ne retient pas voy a ni tendría en récitant un tableau : on les retient pour les avoir entendus dans des phrases entières, puis répétés à voix haute. C’est le principe de notre cours d’espagnol, entièrement audio, en leçons courtes ; la première leçon est gratuite, la suite est comprise dans l’abonnement.

Première série : fabriquer les deux temps

Le verbe est donné entre parenthèses avec le temps attendu. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Mañana yo ___ con el director. (hablar, futur)
  2. ¿Vos ___ a la fiesta el sábado? (ir, futur)
  3. El año próximo yo ___ más tiempo libre. (tener, futur)
  4. Ustedes ___ entrar a las ocho. (poder, futur)
  5. Yo ___ la cena hoy. (hacer, futur)
  6. Ella no te ___ nada. (decir, futur)
  7. Nosotros ___ temprano. (salir, futur)
  8. Mis primos ___ en diciembre. (venir, futur)
  9. Yo ___ menos sal. (poner, conditionnel)
  10. Ella ___ explicarlo mejor que yo. (saber, conditionnel)
  11. Yo ___ un café, por favor. (querer, conditionnel)
  12. ¿___ posible cambiar la fecha? (ser, conditionnel)
  13. Ese celular ___ más en la tienda. (valer, futur)
  14. Nosotros ___ con gusto. (ayudar, conditionnel)

Seconde série : choisir la bonne tournure

Conjecture, avenir ordinaire, avenir vu du passé : la phrase et sa traduction désignent la tournure attendue. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Mañana ___ trabajar. (je vais travailler, conversation)
  2. ___ llover en cualquier momento. (il va pleuvoir)
  3. —¿Qué hora es? —___ las tres. (il doit être trois heures)
  4. Ese señor ___ unos cincuenta años. (il doit avoir dans les cinquante ans)
  5. No vino a clase; ___ enfermo. (il était sans doute malade)
  6. Me dijo que ___ al día siguiente. (qu’il viendrait)
  7. ¿___ usted ayudarme, por favor? (pourriez-vous)
  8. Yo no ___ eso en su lugar. (je ne ferais pas ça)
  9. ___ llamarte, pero se me hizo tarde. (j’allais t’appeler)
  10. Le futur et le conditionnel se fabriquent sur ___.
  11. La racine de hacer à ces deux temps est ___.
  12. Au futur, toutes les personnes portent un accent écrit sauf ___.
  13. Après cuando, l’espagnol n’emploie jamais ___.
  14. Pour dire « je vais aller à la banque », on dit ___ al banco.

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Questions fréquentes

Comment fabrique-t-on le futur espagnol ?

En posant les terminaisons sur l’infinitif entier, sans lui retirer une lettre : hablar donne hablaré, comer donne comeré, vivir donne viviré. Les trois conjugaisons ont les mêmes terminaisons, et toutes les personnes portent un accent écrit sauf nosotros.

Faut-il dire hablaré ou voy a hablar ?

Dans la conversation américaine, voy a hablar, et de très loin. Le futur simple n’est pas une faute, mais il sonne écrit ou solennel ; on le garde pour l’annonce officielle, la promesse appuyée et la conjecture. La distance dans le temps ne change rien : ir a couvre aussi bien ce soir qu’un jour lointain.

Pourquoi Serán las tres ne parle-t-il pas de l’avenir ?

Parce que le futur espagnol sert aussi à formuler une hypothèse sur le présent. Serán las tres signifie « il doit être trois heures », maintenant. Le français rend cette nuance par « devoir » ou par un adverbe ; l’espagnol la rend par le temps lui-même.

Combien de verbes irréguliers y a-t-il à ces deux temps ?

Douze racines à connaître, et elles servent aux deux temps à la fois : tendré, pondré, vendré, saldré, valdré, podré, sabré, cabré, habré, querré, haré, diré. Tout le reste est régulier, y compris ser et ir.

Peut-on dire voy a ir ?

Oui, sans réserve. Le premier ir est devenu un outil grammatical, le second reste le verbe de déplacement, et leur rencontre ne gêne aucune oreille hispanophone. On entend Voy a ir al banco tous les jours.

Le conditionnel sert-il aux phrases avec si ?

Oui, mais ce n’est pas le sujet de cette page. Les formes sont celles décrites ici ; la construction de la phrase hypothétique, avec ce qu’elle autorise dans chaque proposition, est traitée à la page les phrases avec si. Retenez simplement qu’après si on ne met ni futur ni conditionnel.

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