L’espagnol ne sépare pas « qui » de « que » : un seul mot, que, fait le travail des deux. En échange, il vous demande une décision que le français ignore : indicatif ou subjonctif, selon que l’antécédent existe ou reste à trouver.
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Une relative est une proposition qui accroche un verbe à un nom déjà énoncé : « la femme qui est arrivée », « le livre que j’ai acheté ». Le français choisit entre qui et que selon la fonction du relatif. L’espagnol ne choisit pas : dans les deux cas il écrit que.
Ce que est invariable. Il ne prend ni genre ni nombre, il vaut pour les personnes comme pour les choses, et il couvre à lui seul la grande majorité des relatives que vous produirez. C’est la forme par défaut : tant qu’aucune préposition n’intervient et qu’aucune virgule n’ouvre un commentaire, que suffit.
La faute la plus répandue chez les francophones. Comme le français dit « qui », la main écrit quien. Or la mujer quien llegó ayer n’est pas de l’espagnol. quien existe, mais il a des emplois précis, qui sont exposés plus bas : sujet d’une relative ordinaire, il est exclu. Devant une personne comme devant un objet, le relatif nu est que.
Un avertissement de lecture, pour finir. que, quien, cual ont chacun un homographe accentué — qué, quién, cuál — qui n’est pas un relatif mais un interrogatif. Cette page ne traite que les formes sans tilde. Le partage entre qué et cuál, les deux points d’interrogation et l’interrogation indirecte relèvent de qué ou cuál ; la règle qui décide où se pose la tilde est exposée sur l’accent et la tilde.
La virgule n’est pas un ornement. Elle change ce que la phrase affirme, exactement comme en français, et l’espagnol y est très attentif.
Sans virgule, la relative sert à trier : elle désigne un sous-ensemble et on ne peut pas la retirer sans changer le sens. Avec virgules, elle ajoute un commentaire dont la phrase pourrait se passer. La première est dite déterminative, la seconde explicative, et cette distinction commande une bonne partie du choix du relatif.
C’est dans la relative explicative, et seulement là, que quien peut être sujet en parlant d’une personne. La forme fait plus soigné que que et se rencontre surtout à l’écrit.
Retenez la dissymétrie : que est toujours possible, quien ne l’est que dans deux cas, la relative explicative et la position après préposition. Un francophone qui hésite a donc une issue sûre.
Dès qu’une préposition entre en jeu, que seul ne tient plus. Trois solutions se présentent, et la préposition se place toujours devant le relatif : jamais à la fin de la proposition.
| Forme | Emploi | Exemple |
|---|---|---|
| quien, quienes | personnes seulement | la chica con quien hablé |
| el que, la que, los que, las que | personnes et choses, forme courante partout | el tema del que hablamos |
| el cual, la cual, los cuales, las cuales | registre soigné, écrit, prépositions longues | la reunión durante la cual nadie habló |
Les formes à article s’accordent avec l’antécédent, en genre et en nombre, et l’article se contracte avec a et de comme partout ailleurs.
En espagnol d’Amérique parlé, el que et quien couvrent presque tout ; el cual appartient à la presse, à l’administration et au livre. Il devient en revanche la forme normale après les prépositions de plus d’une syllabe.
L’accord rend aussi un service que que ne peut pas rendre : il désigne lequel des deux noms précédents est visé.
Voici le point de la page qui rapporte le plus, parce qu’il n’a aucun équivalent direct en français. cuyo traduit « dont » lorsque ce « dont » marque une appartenance : « l’écrivain dont j’ai lu les livres », « une maison dont les fenêtres donnent sur la mer ». Et il s’accorde avec la chose possédée, jamais avec le possesseur.
| Forme | Ce qui la commande | Exemple |
|---|---|---|
| cuyo | nom masculin singulier | la señora cuyo hijo estudia aquí |
| cuya | nom féminin singulier | el señor cuya hija estudia aquí |
| cuyos | nom masculin pluriel | el escritor cuyos libros leímos |
| cuyas | nom féminin pluriel | una casa cuyas ventanas dan al mar |
Comparez les deux premières lignes du tableau : la dame prend cuyo, le monsieur prend cuya. Rien, dans la forme, ne renseigne sur le possesseur.
Deux interdits, faciles à retenir parce qu’ils tiennent en une ligne chacun. cuyo ne se fait jamais suivre d’un article : on ne dit pas cuyo el hijo. Et cuyo ne s’emploie jamais seul, sans nom derrière lui : il est un déterminant, pas un pronom.
Ce qu’on entend vraiment, et qui reste hors norme. À l’oral, sur presque tout le continent, cuyo se fait rare et beaucoup de locuteurs le remplacent par un tour du type la señora que su hijo estudia aquí. Vous l’entendrez ; la norme le refuse, l’écrit ne l’admet pas, et un francophone n’a aucun intérêt à l’imiter, puisque cuyo lui coûte moins d’effort qu’à un hispanophone : il a déjà « dont » dans sa propre langue.
C’est l’erreur symétrique, et elle est plus fréquente encore. Le français emploie « dont » bien au-delà de la possession : il le met dès qu’un verbe ou un nom réclame « de ». Dans ces cas, l’espagnol revient aux relatifs à préposition de la section précédente.
Le test est simple et mécanique : remplacez « dont » par « de qui » ou « duquel ». Si la phrase française dit une appartenance — « les livres sont à lui » —, c’est cuyo. Sinon, c’est del que, de quien ou en que, selon la préposition que réclame le verbe espagnol.
Pour un lieu, l’espagnol dispose d’un relatif court et très employé : donde, sans tilde puisqu’il n’interroge pas. Il équivaut à en el que et à en que, et il les remplace presque toujours à l’oral.
Avec un verbe de déplacement, la forme attendue est adonde, ou a donde en deux mots : on va vers un lieu, et la préposition se voit. En revanche donde ne s’emploie ni pour une personne ni pour un moment. Le français dit volontiers « le jour où » ; l’espagnol dit el día en que, la vez que, el año en que.
Quand aucun nom ne précède, parce que ce qui est repris est une idée ou une proposition entière, le relatif prend la forme neutre lo que. Employé après une virgule pour commenter toute la phrase qui précède, il alterne avec lo cual, plus soigné.
Ce lo est le neutre de l’espagnol, celui de lo importante et de lo de ayer : sa valeur propre et ses autres emplois sont décrits sur les articles et lo. Ici, seul compte le fait qu’il ouvre une relative dépourvue de nom.
La même chose se produit avec el que et quien lorsqu’on parle de personnes sans les nommer : « celui qui », « ceux qui ».
Une relative espagnole peut se mettre à l’indicatif ou au subjonctif, et le choix ne dépend ni du verbe principal ni du relatif employé : il dépend uniquement de l’antécédent. Existe-t-il, est-il identifié ? Indicatif. Est-il cherché, souhaité, mis en doute, nié ? Subjonctif. C’est la même phrase à un son près, et deux situations très différentes.
Le a de busco al médico obéit à une autre règle, celle du complément d’objet de personne, exposée sur le a devant le COD. Ce qui nous occupe ici est la terminaison du verbe de la relative.
| Antécédent | Mode | Exemple |
|---|---|---|
| connu, identifié | indicatif | Tengo un vecino que toca la guitarra. |
| indéfini, recherché | subjonctif | Quiero un vecino que no haga ruido. |
| nié, inexistant | subjonctif | No hay nadie que sepa arreglarlo. |
| mis en question | subjonctif | ¿Hay alguien que pueda ayudarme? |
| quel qu’il soit, à venir | subjonctif | El que llegue primero abre la puerta. |
Cette dernière série est la plus rentable : dès qu’un antécédent est balayé par no hay, nadie, nada ou ninguno, le verbe de la relative passe au subjonctif sans exception. Le fonctionnement de la série négative elle-même, avec la double négation, est décrit sur la négation.
Cette page n’apprend pas à fabriquer les formes. hable, sepa, tenga, digas se construisent selon un procédé régulier, exposé entièrement sur fabriquer le subjonctif, avec les six vrais irréguliers et les formes du passé. Ce qui appartient à la présente page, c’est uniquement la décision : faut-il un subjonctif ici ? Et cette décision-là ne se prend nulle part ailleurs dans le dossier, y compris sur après que, qui traite les subordonnées complétives et renvoie ici pour les relatives.
Les relatives s’installent par l’oreille. Personne ne construit no hay nadie que sepa en se récitant une règle : la forme vient parce qu’on l’a entendue cent fois. C’est le principe de notre cours d’espagnol, entièrement audio et en leçons courtes, dites par des locuteurs d’Amérique. La première leçon est gratuite, la suite se fait par abonnement.
Complétez avec le relatif qui convient. L’indication entre parenthèses précise le sens attendu. Touchez une réponse, puis Correction.
L’antécédent existe-t-il vraiment, ou reste-t-il à trouver ? Choisissez le verbe qui convient. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante pages qui se répondent, avec des exercices corrigés sur chacune. La langue telle qu'on la parle du Mexique à l'Argentine : ustedes partout, le voseo, le prétérit simple, et les deux murs du francophone — ser ou estar, et le subjonctif.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
que dans presque tous les cas, même en parlant d’une personne : la mujer que llegó. quien ne s’emploie qu’après une préposition, la chica con quien hablé, et dans une relative entre virgules, mi tía, quien vive en Quito. Sujet d’une relative ordinaire, il est exclu.
Deux solutions selon le sens. S’il y a possession, c’est cuyo, accordé avec la chose possédée : una casa cuyas ventanas dan al mar. Sinon, c’est une forme à préposition : el libro del que te hablé, la persona de quien te hablé, la manera en que lo dijo.
Avec le nom qui le suit, jamais avec le possesseur. On dit la señora cuyo hijo et el señor cuya hija : c’est le fils ou la fille qui commande la forme. Et cuyo ne se fait jamais suivre d’un article.
Parce que ce médecin n’est pas encore identifié : on ne sait même pas s’il existe. Antécédent cherché ou souhaité, le verbe de la relative passe au subjonctif. Avec un antécédent connu, l’indicatif revient : busco al médico que habla francés.
Chaque fois que l’antécédent est nié ou mis en question : no hay nadie que sepa, no conozco a nadie que viva aquí, ¿hay alguien que pueda ayudarme? Les terminaisons elles-mêmes se construisent selon le procédé exposé sur fabriquer le subjonctif.
Non. Le français dit « le jour où », l’espagnol dit el día en que ou la vez que. donde ne vaut que pour un lieu, et adonde quand le verbe marque un déplacement.
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