Apprendre le wolof (Langue du Sénégal)

Cours audio de wolof  - Téléchargement du cours de wolof

Apprendre le wolof

 

Ce cours audio pour apprendre le wolof est basé sur la répétition et l'écoute active. Le wolof est la Lingua Franca du Sénégal et parlé non seulement par plus de 40% de la population dont elle est la langue maternelle mais aussi par une grande partie des diverses ethnies du pays (80% de la population).

Cours de Wolof - Leçon #1 - @ Copyright LIMBA
00:00 / 00:00

Où parle-t-on le wolof?

 

La langue wolof est parlée principalement au Sénégal par plus de 10 millions de locuteurs. Des populations parlant le wolof sont aussi présentes en Gambie (environ 230 000 personnes) ainsi qu'en Mauritanie (plus de 15 000). 

Les Sénégalais sont reconnus dans la francophonie pour leur chaleur et leur gentillesse. Bien que le français soit largement compris partout dans le pays, la connaissance du wolof permet une réelle incursion dans la culture sénégalaise. Ce cours audio pour apprendre le wolof permettra aux visiteurs et ceux ayant des contacts avec le peuple sénégalais de pouvoir accéder à une culture riche mais méconnue.

 

Le wolof est la langue principale de deux ethnies importantes (les Wolofs et Lébous) et puisqu'elle est parlée ou comprise par plus de 80 % de la population du Sénégal, elle est la plus utilisé dans les divers médias (avec le français).

Langues du Sénégal

 

Les linguistes savent que le wolof possède une origine similaire avec le peul (langue parlée par près de 23 millions d'habitants dans les pays africains de la région). Bien que l'intercompréhension soit impossible entre les personnes parlant wolof et le peul, l'origine commune a été attesté par plusieurs linguistes (un peu comme entre le français et le polonais qui sont tous deux des langues appartenant à la famille indo-européenne).

 

Le wolof fait partie de la famille des langues sénégalo-guinéennes. La langue la plus importante (en terme de nombre de locuteurs est le peul) dans cette famille. Les autres langues du Sénégal font partie de la famille des langues mandés (bambara, soninké, mandingue, soussou).

 

Il est important de savoir que d'autres langues sont également parlées au Sénégal sans pour autant faire partie de l'un de ces deux groupes (mandés ou sénégalo-guinéenes). On compte le « maure » parlé par au moins 50 000 personnes. Il s'agit d'une forme d'arabe, appelé « hassanya ».

 

Voici le % des langues parlées au Sénégal (locuteurs de langue maternelle)

  • wolof 40%

  • peul (aussi appelé pulaar) 17.5%

  • sérère 16.5%

  • diola 8%

  • mandingue ou malinké 6%

  • soninké ou sarakolé 6%

 

Lorsqu'on connaît la diversité linguistiques en Afrique, il ne faut pas se surprendre d'apprendre que plusieurs autres langues sont parlées par des ethnies (souvent peu nombreuses) moins connues. Pour n'en nommer que quelques-unes : bassari, coniagui, balante, bedik.... On retrouve ces groupes linguistiques principalement en Casamance et au Sénégal Oriental.

Histoire du wolof

 

Le wolof, majoritairement parlé au Sénégal, trouve ses origines au cœur de la branche atlantique des langues nigéro-congolaises. Tirant sa source du pulaar, le peuple peul possède une tradition nomade encore appelé en arabe foulbé ou foulani et est typiquement de coutume islamique. Le wolof est aussi présent en Mauritanie, au Cameroun, en Gambie et au Tchad, mais plus rarement en occident et en Europe.

Il est important de savoir que le mode culturel d'une langue déborde largement le cadre d’une seule ethnie. En ce qui concerne le wolof, la langue prit racine à partir du Lôf, ancienne province du Tekrou, puis du Wâlo. La fondation et l’expansion au XIVe siècle, de l’empire du Diollof lui ont servi un véritable support. Les réalités véhiculées par l’essort des cultures urbaines et techniques ont suscité un renouvellement de son lexique et y ont déposé de vocables portugais, anglais et français. Comme la pluspart des langues d’Afrique de tradition orale, l’islamisation a constitué le premier contact avec la civilisation à tradition écrite et les premières tentatives d’écriture du wolof se sont faites en caractères arabes : « le wolofal » encore utilisé notamment pour la poésie religieuse islamique. Ce n’est qu’en 1971 que le wolof ne prendra une écriture officielle en caractères latins.

Grace aux travaux du Centre de Linguistique Appliqué de Dakar (CLAD) la lumière a été mis sur les travaux linguistiques antérieurs, soit ceux effectués pendant la période coloniale et par la suite toutes les règles grammaticales, de conjugaison, d’orthographe qui sont actuellement en vigueur notamment dans l’enseignement de la langue. Plusieurs auteurs et écrivains ont travaillé dans ce sens.

Grammaire et règles de base du wolof

Voici quelques éléments grammaticaux qui pourront aider les étudiants apprenant la langue wolof, la langue principale du Sénégal. Il s’agit des aspects principaux de la langue. Les informations de cette section sont tirées du livre "Parlons wolof" édité aux éditions l'Harmattan et écrit par Michel Malherbe et Cheikh Sall.

L'écriture wolof: le wolof, comme la grande majorité des langues du continent africain fut liée à la tradition orale pendant très longtemps. Les premiers contacts avec l'islam au 11ème siècle de notre ère a bien naturellement développé un système directement influencé par l'alphabet arabe. C'est bien plus tard que l'alphabet latin fut intégré dans la vie quotidienne.

Le wolof étant une langue à tradition orale. Les contacts avec l’islam dès le Xe siècle, et avec les explorateurs et missionnaires venus d’Europe vers le milieu du XVe siècle ont introduit la pratique de l’écriture du wolof. L’utilisation de l’alphabet latin et du caractère arabes comme dans la langue française laisse ses emprunts dans la transcription du wolof sans oublier l’aspect colonial.

En raison des spécificités phonologiques de la langue wolof, les lettres : h, v, et z n’ont pas été utilisées. En revanche on a introduit les lettres ñ= gn français et ŋ= [ŋ] pour le son vélaire qu’on entend en position finale dans les mots anglais comme "sing". Ainsi l’alphabet wolof compte 25 lettres : a b c d e f g i j k l m n ñ ŋ o p q r s t u w x y

 

Le système phonologique du wolof

 

Les unités de sons distinctifs (phonèmes en wolof)

 

Le wolof compte 54 unités de sons distinctifs qui permettent d’établir des différences de sens au niveau du vocabulaire. Parmi ces unités de sons distinctifs, on compte type de 15 voyelles (ou agencement de voyelles) et 39 consonnes (ou agencement de consonne).

 

Les voyelles sont : a, aa, e, ee, é, ée, ë, i, ii, ó, óo, o, oo, u, uu

 

Les consonnes sont : b, bb, c, d, f, g, gg, j, jj, k, l, ll, m, mm, mb, mp, n, nc, nd, ng, nj, nk, nn, nq, nt, ñ, ññ, ŋ, ŋŋ, p, q, r, s, t, tt, w, x, y

 

Les traits distinctifs des phonèmes en wolof

 

Les voyelles

 

Les voyelles se distinguent essentiellement entre elles par :

  • Le fait qu’elles se réalisent à l’avant, au centre ou à l’arrière du chenal buccal lors de leur émission,

  • Leur durée peut être brève ou longue,

  • L’ouverture plus ou moins grande du chenal buccal (ou aperture). Par rapport à ce critère, une voyelle est fermée ou mi- fermée, ouverte ou mi- ouverte.

 

Voyelles d’avant fermées : Brève : i - tis = éclabousser, Longue : ii – tiis = être pénible moralement

Voyelles d’avant mi- fermées : Brève : é – wér = être sain, Longue : ée – wéer = appuyer quelque chose contre quelque chose

 

Voyelles d’avant mi- ouvertes : Brève : e - ren = cette année en cours, Longue : ee – reen = racine

 

Voyelles centrales mi- fermées : Brève : ë - kër = maison

 

Voyelles centrales ouvertes : Brève : a – sa = ton/ta, Longue : aa – saa = instant

 

Voyelles d’arrière fermées : Brève : u – rus = éprouver de la gêne, être confus, Longue : uu – ruus = s’éfriter, s’émietter…

 

Voyelles d’arrière mi- fermées: Brève : ó - tóx = fumer, Longue :óó - tóóx = être saturé

 

Voyelles d’arrière mi- ouvertes : brève : o – wor = trahir, longue : oo – woor = jeûner.

 

De la même manière que les voyelles, les consonnes aussi ont leurs particularités ; elles se classent : en consonnes sourdes ou sonores, en occlusives, constrictives ou nasales, se répartissant, elles-mêmes, en consonnes simples géminées ou complexes.

 

Les parties du discours en wolof

 

En wolof, trois classes de discours ont été proposées par l’auteur missionnaire Kobès : les substantifs, les particules et les attributs. Les noms se déclinent et les verbes se conjuguent. Un même mot pourra s’employer de deux ou trois manières différentes (noms, verbes, adverbes, prépositions…). On a aussi des mots invariables qui n’admettent ni déclinaison, ni nombre ni genre.

Masculin et féminin en wolof: en wolof, il n'existe pas de genre à proprement dit. On parle plutôt de classes, qui sont aux nombre de 10 en wolof. La classe est caractérisée par un article qui est placé après le mot (comme les articles en français)

Adjectifs possessif en wolof: Les adjectifs possessifs comme "mon" ou "ma" se placent toujours avant le nom sauf ceux à la troisième personne comme (son, sa, ses). Ainsi le mot "travail" qui se dit "ligeey" pourra être accompagné de "samma ligeey" pour dire "mon travail". Pour dire "ton travail", on dira "sa ligeey".

Les nombres en wolof: le système de nombre du wolof est influencé par le système quinère (par 5). Ainsi après le chiffre 5 "juroom", on dira 6 "juroom been" (littéralement 5 + 1), 7 "juroom naar" (5 + 2) et ainsi de suite.

Conjugaison et verbes wolofs 

La nature d’un verbe en wolof est déterminée par rapport à sa capacité de supporter les pronoms personnels. Il existe six pronoms personnels en wolof :

Je = dama, Tu = danga, Il /elle = dafa, Nous = dañu, Vous = dangeen, Ils/elles = deñu.

 

Il est important de souligner que même s'il ya une similitude grammaticale entre le français et le wolof, on rencontre tout de même des différences importantes dans la construction morphologique de la conjugaison. Le verbe être n’ayant pas d’équivalent en wolof, le "verbe" d’état jouera alors son rôle.

 

Ex : dama contan - Je suis content

Danga soon - Tu es fatigué/e

Dafa marr - Il/elle a soif

Dañu tang - Nous avons chaud

Dangeen feebar - Vous êtes malades

Deñu noppalu - Ils se reposent

 

Contrairement au français, la voix en wolof ne correspond pas au même terme que celui du français. Ainsi donc on entend par voix en wolof : l’affirmative et la négative.

 

Par ailleurs, la conjugaison en wolof comprend dix modes : l’infinitif, l’énonciatif, le subjectif, l’objectif, le causatif, l’impératif, le subjonctif, le suppositif, le gérondif et l’accusatif.

 

Ex : L’énonciatif : sopà nâ ko
 

Aimer je la/le (je l’aime)

En outre, le temps quant à lui est distingué en wolof par de principaux temps : le passé, le présent, le futur ; mais elle n’a pas beaucoup de temps secondaires. Par contre, l’emploi de verbes circonstanciels comme des auxiliaires, lui permet d’exprimer les nuances qui n’existent pas dans la conjugaison des langues Européennes.

Le présent : L’expression de << l’action en train de se dérouler >> s’assimile à la valeur d’un présent immédiat ou encore la forme << ing >> de l’anglais. On rencontre une modification des pronoms personnels avec l’ajout d’un ‘’y’’ sauf à la deuxième personne du pluriel (vous) du français.

 

Ex : partir dem

 

Je pars damay dem

Tu pars dangay dem

Il/elle part dafay dem

Nous partons dañuy dem

Vous partez dangeen dem

Ils/elles partent deñuy dem

 

L’imparfait : à l’imparfait on retrouve les mêmes pronoms personnels auxquels on ajoute le morphème << doon>>.

 

Ex : dormir      nelaw

Je dormais     dama doon nelaw

Tu dormais     danga doon nelaw

Il/elle dormait dafa doon nelaw

Nous dormions dañu doon nelaw

Vous dormiez dangeen doon nelaw

Ils/elles dormaient deñu doon nelaw

 

La conjugaison wolof se construit donc selon un procédé d’affixation de morphème indicateur de temps ou par l’adjonction d’une lettre comme le cas du ‘’y’’ exprimant l’action en train de se dérouler dans un procès au présent. Mais au passé, on ajoute aux pronoms personnels le morphème << oon >> après les verbes avec les pronoms suivants : naa, nga, na, nañu, ngeen, nañu. Ici la quatrième et la sixième personne se ressemblent, seul le contexte et la compréhension des interlocuteurs peuvent définir de quel cas il s’agit.

 

Ex : partir dem

 

Je suis parti demoon naa

Tu es parti demoon nga

Il/elle est parti demoon na

Nous sommes partis demoon nañu

Vous êtes partis demoon ngeen

Ils/elles sont partis demoon nañu

Le futur quant à lui se forme avec : dinaa, dinga, dina, dinañu, dingeen et dinañu.

 

Ex : travailler ligeey

 

Je travaillerai dinaa ligeey

Tu travailleras dinga ligeey

Il/elle travaillera dina ligeey

Nous travaillerons dinañu ligeey

Vous travaillerez dingeen ligeey

Ils/elles travailleront dinañu ligeey

 

La négation, elle se compose à partir des pronoms suivants : duma, doo, du, duñu, du, ngeen, et duñu suivies du verbe.

 

Ex : je ne regarde pas / duma xool

 

La modalité interrogative se construit de verbe suivi des pronoms : naa, nga, na, nañu, ngeen et neñu.

 

Ex : vois-je ?/ xool naa ?

Est-ce que ?/ Ndax ?

Est-ce qu’il dort ?/ Ndax dafay nelaw ?

Est-ce que je pars ?/ Ndax damay dem ?

 

On rencontre donc selon les temps, une modification du pronom ou du verbe. C’est ce qui définie les subtilités de la conjugaison du wolof. La gymnastique intellectuelle s’effectuent rapidement par les locuteurs plus un rythme prosodique soutenu, chantant et rebondissant.

 

On distingue huit conjugaisons en wolof :

  • Le parfait : indique le moment de l’énonciation (le suffixe ‘’y’’ de l’inaccompli).

  • Le présentatif : présente une coïncidence entre le procès et la situation de l’énonciation.

  • Le narratif-aoriste/ accompli : le procès s’identifie par rapport à un repère situationnel.

  • L’impératif : indique l’ordre d’exécution dont l’interlocuteur est le sujet.

  • L’obligatif : indique l’ordre à son interlocuteur de faire exécuter le procès par son sujet.

  • L’emphatique du verbe, du sujet et du complément : indique le choix de l’énonciateur qui identifie le verbe, le sujet ou le complément de la relation prédicative en le distinguant d’un ensemble de valeurs possibles.

 

Il est aussi à noter que l’ordre des constituants, en wolof, s’effectuera en fonction de la conjugaison utilisée. Quatre morphèmes verbaux s’ajoutent également (analytiques ou synthétiques), soit le marqueur du passé << oon >> ou << --woon >> si le verbe se termine par une voyelle, les inaccomplis << y >> et << di >> et le négatif << ul >>.

 

Le système de conjugaison wolof fait donc intervenir différents morphèmes selon les temps employés et l’aspect recherché par le locuteur. La démarche morphologique est donc flexionnelle et se base sur un fonctionnement de préfixes et de suffixes.

Les nombres en wolof

En wolof on compte dans toutes les langues mais plus facilement avec un système de numération simple (quinaire et dizaine : 6= 5+1 et 11= 10 et 1….) .

Ex : 0 = tus, 1= been, 2= ñaar, 3= ñett, 4= ñent, 5= juróom, 6= juróom been(5+1) , 7= juróom ñaar, 8= juróom ñett, 9= juróom ñent, 10= fukk, 11= fukk ag been, 12= fukk ag ñaar, 13= fukk ag ñett, 14= fukk ag ñent, 15= fukk ag juróom, 16= fukk ag juróom been, 17= fukk ag juróom ñaar, 18= fukk ag juróom ñett, 19= fukk ag juróom ñent, 20= ñaar fukk, 21= ñaar fukk ag been(2*10), 30= fanweer, 40= ñent fukk, 50= juróom, 60= juróom been fukk, 70= juróom ñaar fukk, 80= juróom ñett fukk, 90= juróom ñent fukk, 100= téeméer, 1000=junni.

 

Le wolof est une langue complexe mais plus ou moins structurée parmi une panoplie de langues véhiculaires africaines de tradition orale. Il faut remarquer aussi que c’est langue vivante, son écriture évolue et s’adapte aux normes linguistiques modernes françaises et latines.