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Leçon 298 — Leer un ensayo : suivre un texte d’idées

À la fin de cette leçon, vous saurez lire un essai sur l’identité latino-américaine et en suivre le raisonnement : Sostengo que nuestra identidad no es el resultado de una mezcla terminada. Vous saurez aussi en résumer la thèse et les arguments en quelques phrases : Según la autora, las raíces ancestrales sobrevivieron gracias al sincretismo.

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L’essai, el ensayo, est un genre majeur en Amérique latine, où l’on discute volontiers de l’identité du continent. Un essai ne raconte pas, il raisonne. Vous saurez :

Avant de commencer. Revoyez la leçon 196 (langues amérindiennes), la leçon 256 (organisateurs) et les leçons 264, 265, 266, 267 et 268 (style soutenu).

Durée. 50 minutes.

Étape 1 · Repérer la thèse et les arguments

Un essai suit presque toujours le même chemin : une idée contestée, la thèse, des arguments numérotés, une objection, une conclusion. Les verbes de l’essayiste et les organisateurs vous servent de balises.

Les balises d’un essai
MomentVerbes et organisateursExemple
L’idée contestéecuestionar, rechazarQuiero cuestionar esa imagen.
La thèsesostener, defender, plantearSostengo que nuestra identidad es diversa.
Les argumentsen primer lugar, en segundo lugar, asimismo, por últimoEn primer lugar, señala que la colonización fue violenta.
L’objectionno obstante, cabe señalar que, si bienNo obstante, cabe señalar un riesgo.
La conclusionen definitiva, en conclusión, concluirEn definitiva, la identidad depende de la memoria.

À vous

Cinq phrases d’un essai à compléter par le verbe ou l’organisateur qui convient au moment du raisonnement.

  1. La autora critica la idea del mestizaje feliz. ___, reconoce que también unió a muchas familias.
  2. ___, la identidad depende menos de la sangre que de la memoria: esa es la última idea del ensayo.
  3. El ensayista ___ que nuestra identidad es diversa: esa es su tesis.
  4. La autora da un caso de sincretismo: ___, el carnaval de Oruro.
  5. Primero, el autor presenta su tesis; ___, la defiende con tres argumentos.

Étape 2 · Les relatifs soutenus de l’essai

Les longues phrases de l’essai s’enchaînent par des relatifs : el cual, la cual, los cuales s’accordent avec le nom repris, après une virgule ou une préposition ; lo cual reprend toute une idée ; cuyo, « dont », s’accorde avec la chose possédée.

Les relatifs soutenus, en contexte
RelatifExempleFrançais
la cualQuiero cuestionar esa imagen, la cual me parece demasiado simple.Je veux contester cette image, qui me paraît trop simple.
lo cualMuchas lenguas fueron prohibidas, lo cual explica que hoy pocos jóvenes las hablen.Beaucoup de langues furent interdites, ce qui explique que peu de jeunes les parlent aujourd’hui.
por la cualEsa es la razón por la cual las fiestas tienen un doble sentido.C’est la raison pour laquelle les fêtes ont un double sens.
detrás de los cualesLos santos, detrás de los cuales se escondieron los antiguos dioses, todavía salen en las fiestas.Les saints, derrière lesquels se cachèrent les anciens dieux, sortent encore lors des fêtes.
cuyasSon pueblos cuyas lenguas sobrevivieron a la colonización.Ce sont des peuples dont les langues ont survécu à la colonisation.

Évitez *que su, fréquent à l’oral et fautif à l’écrit : on écrit un país cuya constitución reconoce la diversidad.

À vous

Six phrases d’essai à compléter par le relatif qui convient.

  1. Las comunidades afrodescendientes, ___ antepasados llegaron de África, reivindican su historia.
  2. Los pueblos indígenas perdieron sus tierras, ___ cambió su manera de vivir.
  3. Esta es la razón por ___ la autora cuestiona el mestizaje feliz.
  4. Bolivia es un país ___ constitución reconoce la diversidad de sus pueblos.
  5. Los santos, detrás de ___ se escondieron los antiguos dioses, todavía salen en las fiestas.
  6. El ensayista, ___ abuela hablaba aimara, escribe en español.

Étape 3 · Participe absolu et nominalisation

Deux procédés rendent l’essai compact. Le participe absolu ouvre la phrase par un participe accordé avec son nom : Terminada la conquista, « une fois la conquête terminée ». La nominalisation transforme un verbe ou un adjectif en nom abstrait.

Du verbe ou de l’adjectif au nom abstrait
Point de départNom abstraitDans l’essai
reivindicarla reivindicaciónla reivindicación de los pueblos indígenas
pertenecerla pertenenciael sentimiento de pertenencia
reconocerel reconocimientoel reconocimiento de la diversidad de sus pueblos
diversola diversidadun continente tan diverso, la diversidad de sus pueblos
mestizoel mestizajeel mestizaje feliz, una idea demasiado simple

Le nom fait d’une action le sujet de la phrase : La reivindicación de su lengua no significa volver al pasado. La pluriculturalidad se forme de même, sur cultural précédé de pluri-.

À vous

Cinq phrases à compléter par le participe accordé ou le nom abstrait qui convient.

  1. ___ la conquista, muchas lenguas fueron prohibidas en la escuela.
  2. ___ los conquistadores, las fiestas indígenas se escondieron detrás de los santos.
  3. Los pueblos indígenas reivindican su lengua: esa ___ es justa.
  4. Muchos jóvenes sienten que pertenecen a dos culturas: viven una doble ___.
  5. ___ la diversidad, queda una pregunta: ¿qué nos une?

Étape 4 · Les prépositions qui ne se calquent pas

Plusieurs verbes de l’essai ne prennent pas la préposition du français ; retenez-les avec elle, et voyez la page le verbe et sa préposition.

Verbes et prépositions de l’essai
EspagnolFrançaisExemple
pensar enpenser àCada grupo piensa en su origen.
depender dedépendre deLa identidad depende de la memoria.
convertirse endevenirEl carnaval se convirtió en una fiesta nacional.
pertenecer aappartenir àPertenezco a una familia mestiza.
renunciar arenoncer àNadie debería renunciar a su lengua.
referirse aparler de, faire allusion àLa autora se refiere a la colonización.

Le piège le plus fréquent est *pensar a, calqué sur « penser à » : on dit pienso en mis antepasados.

En Amérique. On dit entrar a la iglesia, entrar al museo, là où l’Espagne préfère entrar en. Les deux sont corrects ; à l’écrit soutenu américain, entrar a reste la norme courante.

À vous

Cinq phrases à compléter par la préposition que demande le verbe.

  1. Si cada grupo solo piensa ___ su origen, la pertenencia común se pierde.
  2. La ensayista pertenece ___ una familia aimara de La Paz.
  3. Según la autora, la identidad depende menos ___ la sangre que de la memoria.
  4. Ser mestizo no debería convertirse ___ una manera de negar al indígena.
  5. Ningún pueblo debería renunciar ___ su lengua ni a su tierra.

Étape 5 · Résumer un essai

Un résumé tient en trois temps : la thèse, les arguments dans l’ordre, la conclusion. Il s’écrit au présent, garde les idées et laisse les exemples. Attribuez l’opinion avec según ou un verbe d’essayiste (sostiene, concluye), et condensez avec un nom abstrait : la reivindicación de las lenguas.

Un paragraphe d’essai, puis son résumé :

À vous

Quatre questions sur les règles du résumé.

  1. Pour commencer le résumé d’un essai sur l’identité, la meilleure phrase est ___.
  2. Version courte de « les peuples revendiquent leurs langues » : El ensayo habla de ___ de las lenguas indígenas.
  3. Parmi ces phrases, celle qui est un argument à garder dans le résumé est ___.
  4. Para presentar la opinión de la autora en un resumen: ___ la autora, el mestizaje feliz es un mito.

Lecture · Las raíces que no se ven

Voici un essai court, écrit pour cette leçon par une essayiste imaginaire, la Bolivienne Teresa Condori. Lisez-le une fois pour trouver la thèse, une seconde fois pour numéroter les arguments et l’objection.

Durante mucho tiempo, en América Latina se habló del mestizaje como de una mezcla tranquila: un antepasado español, un antepasado indígena y, como resultado, un pueblo nuevo y unido. En este ensayo quiero cuestionar esa imagen, la cual me parece demasiado simple. Sostengo que nuestra identidad no es el resultado de una mezcla terminada, sino un encuentro que todavía continúa.

En primer lugar, la idea del mestizaje feliz olvida lo violento de la colonización. Terminada la conquista, los pueblos indígenas perdieron gran parte de sus tierras, y muchas de sus lenguas fueron prohibidas en la escuela, razón por la cual varias generaciones dejaron de transmitirlas a sus hijos. A esa historia se agrega la de millones de personas traídas de África por la fuerza, cuyas familias forman hoy las comunidades afrodescendientes de Colombia, Brasil o el Caribe. Un continente tan diverso no puede resumirse en una sola palabra.

En segundo lugar, lejos de desaparecer, las raíces ancestrales sobrevivieron gracias al sincretismo. Basta con mirar el carnaval de Oruro, en Bolivia: los bailarines se visten de diablos, celebran a una santa de la Iglesia y, a la vez, le dejan ofrendas a la Pachamama, la Madre Tierra de la cosmovisión andina. En México, en el Día de Muertos, las familias reciben cada año el espíritu de los antepasados con flores, música y comida. Lo que los conquistadores quisieron borrar se escondió detrás de los santos, lo cual explica que muchas fiestas religiosas tengan hoy un doble sentido.

En tercer lugar, la pluriculturalidad ya no es solo un tema de ensayistas. Varias constituciones del continente reconocen hoy la diversidad de sus pueblos, y en muchos países los pueblos indígenas y las comunidades afrodescendientes reivindican el derecho a su lengua, a su tierra y a su propia cosmovisión. Esa reivindicación no significa volver al pasado, sino decidir el futuro con todas las voces.

No obstante, cabe señalar un riesgo. Si cada grupo piensa solo en su propio origen, el sentimiento de pertenencia común puede perderse. Ser mestizo no debería convertirse en una manera de negar al indígena ni al afrodescendiente que hay en nuestra historia; tampoco debería obligarnos a elegir una sola raíz.

En definitiva, la identidad latinoamericana depende menos de la sangre que de la memoria. Dicho esto, el mestizaje no es una mentira: es una pregunta abierta, cuyas respuestas todavía estamos escribiendo entre todos.

Voir la traduction

Les racines qu’on ne voit pas. Pendant longtemps, en Amérique latine, on a parlé du métissage comme d’un mélange tranquille : un ancêtre espagnol, un ancêtre autochtone et, pour résultat, un peuple nouveau et uni. Dans cet essai, je veux contester cette image, qui me paraît trop simple. Je soutiens que notre identité n’est pas le résultat d’un mélange achevé, mais une rencontre qui continue encore.

En premier lieu, l’idée du métissage heureux oublie ce que la colonisation eut de violent. Une fois la conquête terminée, les peuples autochtones perdirent une grande partie de leurs terres, et beaucoup de leurs langues furent interdites à l’école, raison pour laquelle plusieurs générations cessèrent de les transmettre à leurs enfants. À cette histoire s’ajoute celle de millions de personnes amenées d’Afrique de force, dont les familles forment aujourd’hui les communautés afrodescendantes de Colombie, du Brésil ou des Caraïbes. Un continent aussi divers ne peut se résumer en un seul mot.

En deuxième lieu, loin de disparaître, les racines ancestrales ont survécu grâce au syncrétisme. Il suffit de regarder le carnaval d’Oruro, en Bolivie : les danseurs s’habillent en diables, fêtent une sainte de l’Église et, en même temps, laissent des offrandes à la Pachamama, la Terre Mère de la vision du monde andine. Au Mexique, pendant le Jour des morts, les familles accueillent chaque année l’esprit des ancêtres avec des fleurs, de la musique et de la nourriture. Ce que les conquérants voulurent effacer s’est caché derrière les saints, ce qui explique que beaucoup de fêtes religieuses aient aujourd’hui un double sens.

En troisième lieu, le pluriculturalisme n’est plus seulement un sujet d’essayistes. Plusieurs constitutions du continent reconnaissent aujourd’hui la diversité de leurs peuples, et dans beaucoup de pays les peuples autochtones et les communautés afrodescendantes revendiquent le droit à leur langue, à leur terre et à leur propre vision du monde. Cette revendication ne signifie pas revenir au passé, mais décider de l’avenir avec toutes les voix.

Cependant, il convient de signaler un risque. Si chaque groupe ne pense qu’à sa propre origine, le sentiment d’appartenance commune peut se perdre. Être métis ne devrait pas devenir une façon de nier l’autochtone ou l’afrodescendant qu’il y a dans notre histoire ; cela ne devrait pas non plus nous obliger à choisir une seule racine.

En définitive, l’identité latino-américaine dépend moins du sang que de la mémoire. Cela dit, le métissage n’est pas un mensonge : c’est une question ouverte, dont nous écrivons encore les réponses tous ensemble.

Écrire · Résumez l’essai

Écrivez chaque phrase, puis comparez avec le corrigé.

Corrigé
  • La ensayista sostiene que la identidad latinoamericana es un encuentro que continúa.
  • Terminada la conquista, muchas lenguas fueron prohibidas.
  • Son comunidades cuyos antepasados fueron traídos de África.
  • Los conquistadores quisieron borrar las fiestas, lo cual explica el sincretismo.
  • Según la autora, la identidad depende menos de la sangre que de la memoria.
  • Par exemple : La autora sostiene que la identidad latinoamericana no es una mezcla terminada, sino un encuentro que continúa. Para defender su tesis, señala lo violento de la colonización, explica que las raíces ancestrales sobrevivieron gracias al sincretismo y destaca la reivindicación actual de los pueblos indígenas y afrodescendientes; no obstante, advierte que la pertenencia común puede perderse. Concluye que la identidad depende más de la memoria que de la sangre.

Vocabulaire de la leçon

Les vingt mots nouveaux de la leçon 298
EspagnolFrançaisRemarque
el mestizajele métissageNom masculin en -aje.
mestizométisAdjectif, aussi nom : los mestizos.
los pueblos indígenasles peuples autochtonesNom masculin pluriel ; on lit aussi pueblos originarios (leçon 196).
la cosmovisiónla vision du mondeNom féminin en -sión, formé sur visión : la cosmovisión andina.
la identidadl’identitéNom féminin en -dad.
la pluriculturalidadle pluriculturalismeNom féminin en -dad, à l’inverse du français.
la diversidadla diversitéNom féminin, formé sur diverso.
diversodivers, variéAdjectif : un continente tan diverso.
el afrodescendiente / la afrodescendientela personne afrodescendanteNom et adjectif : las comunidades afrodescendientes.
la raízla racinePluriel : las raíces.
ancestralancestralAdjectif, une forme pour les deux genres.
el antepasado / la antepasadal’ancêtreNom : el espíritu de los antepasados.
la colonizaciónla colonisationNom féminin en -ción, de la famille de colonial.
el ensayista / la ensayistal’essayisteUne forme pour les deux genres.
reivindicarrevendiquerC devient qu devant e : reivindiqué.
la pertenencial’appartenanceNom féminin, formé sur pertenecer a.
el sincretismole syncrétismeNom masculin ; s’écrit avec i, sans y.
el espíritul’espritNom masculin, avec la tilde : mot esdrújulo.
el santo / la santale saint, la sainteDevant un prénom masculin : san (leçon 124).
el diablole diableNom masculin : se visten de diablos.

Bilan

Toute la leçon

Dix questions qui mêlent la lecture, la grammaire et le vocabulaire de la leçon.

  1. Dans la lecture, la thèse de Teresa Condori est que ___.
  2. Dans la lecture, le carnaval d’Oruro sert d’exemple pour ___.
  3. Dans la lecture, le risque signalé après No obstante est que ___.
  4. Los conquistadores impusieron su religión, ___ provocó el sincretismo.
  5. Es un pueblo mestizo, ___ raíces son indígenas y europeas.
  6. ___ la independencia, los criollos tomaron el poder.
  7. En el último párrafo, la autora se refiere ___ la memoria de los pueblos.
  8. En México, en el Día de Muertos, las familias reciben el ___ de los antepasados.
  9. Las comunidades ___ reivindican la historia de las personas traídas de África.
  10. La ___ andina considera que la tierra es una madre.

Pour aller plus loin

La page les relatives et dont reprend el cual et cuyo ; la page l’espagnol en Amérique raconte l’arrivée de la langue sur le continent. Réécoutez aussi le cours audio, et retrouvez toutes les leçons dans le sommaire du cours écrit.

La leçon suivante vous apprend à imaginer l’avenir et à en peser les conséquences.

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Questions fréquentes

Comment repérer la thèse d’un essai en espagnol ?

Cherchez le verbe par lequel l’auteur prend position : sostengo que, defiendo que, planteo que. La thèse suit souvent une idée contestée, introduite par quiero cuestionar ou se suele pensar que, et elle revient, reformulée, après en definitiva.

Quand employer el cual plutôt que que ?

Après une virgule, el cual donne un ton soutenu, et il est fréquent après une préposition, surtout longue, à côté de el que :detrás de los cuales, la razón por la cual. Dans une relative courte sans virgule, que suffit : el pueblo que conocí.

Avec quel mot cuyo s’accorde-t-il ?

Avec la chose possédée, qui le suit : la ensayista, cuyo libro leí, el autor, cuyas ideas discuto. Le possesseur, placé avant, ne compte pas pour l’accord.

Que signifie une tournure comme Terminada la conquista ?

C’est un participe absolu : « une fois la conquête terminée ». Le participe se place en tête et s’accorde avec son nom, terminada parce que la conquista est féminin. La tournure appartient surtout à l’écrit soutenu.

Faut-il dire pueblos indígenas ou pueblos originarios ?

Les deux se lisent dans les essais et dans la presse. Pueblos indígenas est compris partout ; pueblos originarios, vu à la leçon 196, est très employé dans les Andes et dans le Cône Sud.

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