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À la fin de cette leçon, vous saurez lire un essai sur l’identité latino-américaine et en suivre le raisonnement : Sostengo que nuestra identidad no es el resultado de una mezcla terminada. Vous saurez aussi en résumer la thèse et les arguments en quelques phrases : Según la autora, las raíces ancestrales sobrevivieron gracias al sincretismo.
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L’essai, el ensayo, est un genre majeur en Amérique latine, où l’on discute volontiers de l’identité du continent. Un essai ne raconte pas, il raisonne. Vous saurez :
Avant de commencer. Revoyez la leçon 196 (langues amérindiennes), la leçon 256 (organisateurs) et les leçons 264, 265, 266, 267 et 268 (style soutenu).
Durée. 50 minutes.
Un essai suit presque toujours le même chemin : une idée contestée, la thèse, des arguments numérotés, une objection, une conclusion. Les verbes de l’essayiste et les organisateurs vous servent de balises.
| Moment | Verbes et organisateurs | Exemple |
|---|---|---|
| L’idée contestée | cuestionar, rechazar | Quiero cuestionar esa imagen. |
| La thèse | sostener, defender, plantear | Sostengo que nuestra identidad es diversa. |
| Les arguments | en primer lugar, en segundo lugar, asimismo, por último | En primer lugar, señala que la colonización fue violenta. |
| L’objection | no obstante, cabe señalar que, si bien | No obstante, cabe señalar un riesgo. |
| La conclusion | en definitiva, en conclusión, concluir | En definitiva, la identidad depende de la memoria. |
Cinq phrases d’un essai à compléter par le verbe ou l’organisateur qui convient au moment du raisonnement.
Les longues phrases de l’essai s’enchaînent par des relatifs : el cual, la cual, los cuales s’accordent avec le nom repris, après une virgule ou une préposition ; lo cual reprend toute une idée ; cuyo, « dont », s’accorde avec la chose possédée.
| Relatif | Exemple | Français |
|---|---|---|
| la cual | Quiero cuestionar esa imagen, la cual me parece demasiado simple. | Je veux contester cette image, qui me paraît trop simple. |
| lo cual | Muchas lenguas fueron prohibidas, lo cual explica que hoy pocos jóvenes las hablen. | Beaucoup de langues furent interdites, ce qui explique que peu de jeunes les parlent aujourd’hui. |
| por la cual | Esa es la razón por la cual las fiestas tienen un doble sentido. | C’est la raison pour laquelle les fêtes ont un double sens. |
| detrás de los cuales | Los santos, detrás de los cuales se escondieron los antiguos dioses, todavía salen en las fiestas. | Les saints, derrière lesquels se cachèrent les anciens dieux, sortent encore lors des fêtes. |
| cuyas | Son pueblos cuyas lenguas sobrevivieron a la colonización. | Ce sont des peuples dont les langues ont survécu à la colonisation. |
Évitez *que su, fréquent à l’oral et fautif à l’écrit : on écrit un país cuya constitución reconoce la diversidad.
Six phrases d’essai à compléter par le relatif qui convient.
Deux procédés rendent l’essai compact. Le participe absolu ouvre la phrase par un participe accordé avec son nom : Terminada la conquista, « une fois la conquête terminée ». La nominalisation transforme un verbe ou un adjectif en nom abstrait.
| Point de départ | Nom abstrait | Dans l’essai |
|---|---|---|
| reivindicar | la reivindicación | la reivindicación de los pueblos indígenas |
| pertenecer | la pertenencia | el sentimiento de pertenencia |
| reconocer | el reconocimiento | el reconocimiento de la diversidad de sus pueblos |
| diverso | la diversidad | un continente tan diverso, la diversidad de sus pueblos |
| mestizo | el mestizaje | el mestizaje feliz, una idea demasiado simple |
Le nom fait d’une action le sujet de la phrase : La reivindicación de su lengua no significa volver al pasado. La pluriculturalidad se forme de même, sur cultural précédé de pluri-.
Cinq phrases à compléter par le participe accordé ou le nom abstrait qui convient.
Plusieurs verbes de l’essai ne prennent pas la préposition du français ; retenez-les avec elle, et voyez la page le verbe et sa préposition.
| Espagnol | Français | Exemple |
|---|---|---|
| pensar en | penser à | Cada grupo piensa en su origen. |
| depender de | dépendre de | La identidad depende de la memoria. |
| convertirse en | devenir | El carnaval se convirtió en una fiesta nacional. |
| pertenecer a | appartenir à | Pertenezco a una familia mestiza. |
| renunciar a | renoncer à | Nadie debería renunciar a su lengua. |
| referirse a | parler de, faire allusion à | La autora se refiere a la colonización. |
Le piège le plus fréquent est *pensar a, calqué sur « penser à » : on dit pienso en mis antepasados.
En Amérique. On dit entrar a la iglesia, entrar al museo, là où l’Espagne préfère entrar en. Les deux sont corrects ; à l’écrit soutenu américain, entrar a reste la norme courante.
Cinq phrases à compléter par la préposition que demande le verbe.
Un résumé tient en trois temps : la thèse, les arguments dans l’ordre, la conclusion. Il s’écrit au présent, garde les idées et laisse les exemples. Attribuez l’opinion avec según ou un verbe d’essayiste (sostiene, concluye), et condensez avec un nom abstrait : la reivindicación de las lenguas.
Un paragraphe d’essai, puis son résumé :
Quatre questions sur les règles du résumé.
Voici un essai court, écrit pour cette leçon par une essayiste imaginaire, la Bolivienne Teresa Condori. Lisez-le une fois pour trouver la thèse, une seconde fois pour numéroter les arguments et l’objection.
Durante mucho tiempo, en América Latina se habló del mestizaje como de una mezcla tranquila: un antepasado español, un antepasado indígena y, como resultado, un pueblo nuevo y unido. En este ensayo quiero cuestionar esa imagen, la cual me parece demasiado simple. Sostengo que nuestra identidad no es el resultado de una mezcla terminada, sino un encuentro que todavía continúa.
En primer lugar, la idea del mestizaje feliz olvida lo violento de la colonización. Terminada la conquista, los pueblos indígenas perdieron gran parte de sus tierras, y muchas de sus lenguas fueron prohibidas en la escuela, razón por la cual varias generaciones dejaron de transmitirlas a sus hijos. A esa historia se agrega la de millones de personas traídas de África por la fuerza, cuyas familias forman hoy las comunidades afrodescendientes de Colombia, Brasil o el Caribe. Un continente tan diverso no puede resumirse en una sola palabra.
En segundo lugar, lejos de desaparecer, las raíces ancestrales sobrevivieron gracias al sincretismo. Basta con mirar el carnaval de Oruro, en Bolivia: los bailarines se visten de diablos, celebran a una santa de la Iglesia y, a la vez, le dejan ofrendas a la Pachamama, la Madre Tierra de la cosmovisión andina. En México, en el Día de Muertos, las familias reciben cada año el espíritu de los antepasados con flores, música y comida. Lo que los conquistadores quisieron borrar se escondió detrás de los santos, lo cual explica que muchas fiestas religiosas tengan hoy un doble sentido.
En tercer lugar, la pluriculturalidad ya no es solo un tema de ensayistas. Varias constituciones del continente reconocen hoy la diversidad de sus pueblos, y en muchos países los pueblos indígenas y las comunidades afrodescendientes reivindican el derecho a su lengua, a su tierra y a su propia cosmovisión. Esa reivindicación no significa volver al pasado, sino decidir el futuro con todas las voces.
No obstante, cabe señalar un riesgo. Si cada grupo piensa solo en su propio origen, el sentimiento de pertenencia común puede perderse. Ser mestizo no debería convertirse en una manera de negar al indígena ni al afrodescendiente que hay en nuestra historia; tampoco debería obligarnos a elegir una sola raíz.
En definitiva, la identidad latinoamericana depende menos de la sangre que de la memoria. Dicho esto, el mestizaje no es una mentira: es una pregunta abierta, cuyas respuestas todavía estamos escribiendo entre todos.
Les racines qu’on ne voit pas. Pendant longtemps, en Amérique latine, on a parlé du métissage comme d’un mélange tranquille : un ancêtre espagnol, un ancêtre autochtone et, pour résultat, un peuple nouveau et uni. Dans cet essai, je veux contester cette image, qui me paraît trop simple. Je soutiens que notre identité n’est pas le résultat d’un mélange achevé, mais une rencontre qui continue encore.
En premier lieu, l’idée du métissage heureux oublie ce que la colonisation eut de violent. Une fois la conquête terminée, les peuples autochtones perdirent une grande partie de leurs terres, et beaucoup de leurs langues furent interdites à l’école, raison pour laquelle plusieurs générations cessèrent de les transmettre à leurs enfants. À cette histoire s’ajoute celle de millions de personnes amenées d’Afrique de force, dont les familles forment aujourd’hui les communautés afrodescendantes de Colombie, du Brésil ou des Caraïbes. Un continent aussi divers ne peut se résumer en un seul mot.
En deuxième lieu, loin de disparaître, les racines ancestrales ont survécu grâce au syncrétisme. Il suffit de regarder le carnaval d’Oruro, en Bolivie : les danseurs s’habillent en diables, fêtent une sainte de l’Église et, en même temps, laissent des offrandes à la Pachamama, la Terre Mère de la vision du monde andine. Au Mexique, pendant le Jour des morts, les familles accueillent chaque année l’esprit des ancêtres avec des fleurs, de la musique et de la nourriture. Ce que les conquérants voulurent effacer s’est caché derrière les saints, ce qui explique que beaucoup de fêtes religieuses aient aujourd’hui un double sens.
En troisième lieu, le pluriculturalisme n’est plus seulement un sujet d’essayistes. Plusieurs constitutions du continent reconnaissent aujourd’hui la diversité de leurs peuples, et dans beaucoup de pays les peuples autochtones et les communautés afrodescendantes revendiquent le droit à leur langue, à leur terre et à leur propre vision du monde. Cette revendication ne signifie pas revenir au passé, mais décider de l’avenir avec toutes les voix.
Cependant, il convient de signaler un risque. Si chaque groupe ne pense qu’à sa propre origine, le sentiment d’appartenance commune peut se perdre. Être métis ne devrait pas devenir une façon de nier l’autochtone ou l’afrodescendant qu’il y a dans notre histoire ; cela ne devrait pas non plus nous obliger à choisir une seule racine.
En définitive, l’identité latino-américaine dépend moins du sang que de la mémoire. Cela dit, le métissage n’est pas un mensonge : c’est une question ouverte, dont nous écrivons encore les réponses tous ensemble.
Écrivez chaque phrase, puis comparez avec le corrigé.
| Espagnol | Français | Remarque |
|---|---|---|
| el mestizaje | le métissage | Nom masculin en -aje. |
| mestizo | métis | Adjectif, aussi nom : los mestizos. |
| los pueblos indígenas | les peuples autochtones | Nom masculin pluriel ; on lit aussi pueblos originarios (leçon 196). |
| la cosmovisión | la vision du monde | Nom féminin en -sión, formé sur visión : la cosmovisión andina. |
| la identidad | l’identité | Nom féminin en -dad. |
| la pluriculturalidad | le pluriculturalisme | Nom féminin en -dad, à l’inverse du français. |
| la diversidad | la diversité | Nom féminin, formé sur diverso. |
| diverso | divers, varié | Adjectif : un continente tan diverso. |
| el afrodescendiente / la afrodescendiente | la personne afrodescendante | Nom et adjectif : las comunidades afrodescendientes. |
| la raíz | la racine | Pluriel : las raíces. |
| ancestral | ancestral | Adjectif, une forme pour les deux genres. |
| el antepasado / la antepasada | l’ancêtre | Nom : el espíritu de los antepasados. |
| la colonización | la colonisation | Nom féminin en -ción, de la famille de colonial. |
| el ensayista / la ensayista | l’essayiste | Une forme pour les deux genres. |
| reivindicar | revendiquer | C devient qu devant e : reivindiqué. |
| la pertenencia | l’appartenance | Nom féminin, formé sur pertenecer a. |
| el sincretismo | le syncrétisme | Nom masculin ; s’écrit avec i, sans y. |
| el espíritu | l’esprit | Nom masculin, avec la tilde : mot esdrújulo. |
| el santo / la santa | le saint, la sainte | Devant un prénom masculin : san (leçon 124). |
| el diablo | le diable | Nom masculin : se visten de diablos. |
Dix questions qui mêlent la lecture, la grammaire et le vocabulaire de la leçon.
La page les relatives et dont reprend el cual et cuyo ; la page l’espagnol en Amérique raconte l’arrivée de la langue sur le continent. Réécoutez aussi le cours audio, et retrouvez toutes les leçons dans le sommaire du cours écrit.
La leçon suivante vous apprend à imaginer l’avenir et à en peser les conséquences.
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Trois cents leçons progressives, des premiers sons jusqu’au programme du niveau B2, dans l’espagnol d’Amérique latine, chacune avec ses exercices corrigés. Elles complètent le cours audio : l’oreille d’un côté, la lecture et l’écriture de l’autre.
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Cherchez le verbe par lequel l’auteur prend position : sostengo que, defiendo que, planteo que. La thèse suit souvent une idée contestée, introduite par quiero cuestionar ou se suele pensar que, et elle revient, reformulée, après en definitiva.
Après une virgule, el cual donne un ton soutenu, et il est fréquent après une préposition, surtout longue, à côté de el que :detrás de los cuales, la razón por la cual. Dans une relative courte sans virgule, que suffit : el pueblo que conocí.
Avec la chose possédée, qui le suit : la ensayista, cuyo libro leí, el autor, cuyas ideas discuto. Le possesseur, placé avant, ne compte pas pour l’accord.
C’est un participe absolu : « une fois la conquête terminée ». Le participe se place en tête et s’accorde avec son nom, terminada parce que la conquista est féminin. La tournure appartient surtout à l’écrit soutenu.
Les deux se lisent dans les essais et dans la presse. Pueblos indígenas est compris partout ; pueblos originarios, vu à la leçon 196, est très employé dans les Andes et dans le Cône Sud.
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