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Leçon 293 — Eso no quita que... : réfuter dans un débat

À la fin de cette leçon, vous saurez réfuter un argument dans un débat de société en concédant d’abord ce qui est vrai : Es cierto que hay problemas; ahora bien, eso no quita que la integración sea posible. Vous saurez ensuite rectifier avec précision : No vinieron a quitar empleos, sino a trabajar.

Le cours d’espagnol se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.

Une leçon écrite, complément du cours audio. Cette page fait partie du cours d’espagnol écrit de LIMBA, en accès libre. Il accompagne le cours d’espagnol audio de l’application LIMBA, en leçons de 14 minutes : le cours audio vous fait parler, ces leçons écrites vous apprennent à lire, à écrire et à comprendre la mécanique de la langue.

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Dans un débat, on convainc en reconnaissant ce qui est vrai avant de montrer ce qui ne l’est pas. Cette leçon met la concession et la réfutation au service d’un sujet qui divise l’Amérique latine : l’accueil des migrants. Vous saurez :

Avant de commencer. Revoyez pero et sino de la leçon 129, que + subjonctif en tête et el hecho de que de la leçon 244, puis la concession des leçons 247 et 248 : cette leçon les réunit dans un même débat.

Durée. 50 minutes environ.

Étape 1 · Concéder avant de réfuter

Une réfutation solide commence par une concession : vous reconnaissez le fait que l’autre avance, puis vous montrez qu’il ne mène pas à sa conclusion. Le fait concédé reste à l’indicatif, parce que vous l’admettez comme vrai : es cierto que, es verdad que, reconozco que, admito que et si bien se construisent avec l’indicatif. La rectification qui suit change de mode avec eso no quita que, « cela n’empêche pas que », toujours suivi du subjonctif.

Le connecteur neuf ahora bien, « cela dit, or », marque le tournant vers l’objection. Il suit un point ou un point-virgule, et une virgule le suit.

Concéder, puis tourner
Concession (indicatif)TournantObjection
Es cierto que la ciudad tiene pocos recursos,peropuede organizarse mejor.
Si bien hay problemas en los hospitales,—la acogida es un deber.
Reconozco que el debate es difícil;ahora bien,hay que tenerlo.
Hay casos de delincuencia;eso no quita quela mayoría sea honesta.

À vous

Cinq phrases de débat à compléter par la forme ou le connecteur qui convient.

  1. Es cierto que la ciudad ___ pocos recursos, pero puede organizarse mejor.
  2. Hay casos de delincuencia; eso no quita que la mayoría ___ honesta.
  3. Si bien ___ problemas en los hospitales, la acogida es un deber.
  4. Es verdad que el gobierno hizo un esfuerzo. ___, todavía falta mucho.
  5. Admito que algunos migrantes no ___ papeles; ahora bien, eso no significa que no trabajen.

Étape 2 · Que + subjonctif en tête : réfuter une conclusion

Pour attaquer la conclusion qu’on tire d’un fait, l’espagnol place ce fait en tête, introduit par que ou el hecho de que, et le met au subjonctif, même s’il est vrai : il n’est plus affirmé, il devient le sujet d’un jugement. Suit souvent no significa que ou no quiere decir que + subjonctif.

Le fait en tête, puis la conclusion refusée
Le fait (subjonctif)Le jugementLa conclusion refusée (subjonctif)
Que alguien esté indocumentadono significa quehaya cometido un delito.
El hecho de que una familia no hable bien el idiomano quiere decir queno quiera integrarse.
Que haya prejuiciosno significa quetodo el mundo rechace a los migrantes.

À vous

Cinq phrases à compléter par la forme qui convient : fait en tête ou conclusion refusée.

  1. Que una familia de Haití no ___ bien el español no significa que no quiera integrarse.
  2. El hecho de que alguien ___ indocumentado no significa que haya cometido un delito.
  3. Que haya prejuicios no significa que todo el mundo ___ a los migrantes.
  4. Muchos migrantes trabajan; eso no significa que el gobierno no ___ ayudarlos.
  5. ___ el país acoja a los refugiados es un deber.

Étape 3 · Rectifier : pero, sino ou sino que

Après une négation, le français dit « mais » dans deux cas que l’espagnol distingue. Si la seconde partie remplace la première, on emploie sino : c’est la rectification, le geste central de la réfutation. Si la seconde partie s’ajoute à la première sans la contredire, on emploie pero. Devant un verbe conjugué, sino devient sino que.

Quatre façons de dire « mais » après une négation
MotEmploiExemple
sinoremplace un nom, un adjectif, un infinitifEl problema no es la migración, sino la falta de integración.
sino queremplace par un verbe conjuguéNo cerraron la frontera, sino que organizaron la acogida.
peroajoute sans remplacerNo tienen papeles, pero trabajan y pagan impuestos.
no solo... sino tambiénajoute en renchérissantNo solo piden asilo, sino también un trabajo legal.

Test simple : si vous pouvez dire « non pas... mais au contraire », c’est sino. La forme *no vinieron a quitar empleos, pero a trabajar est fautive : il faut sino.

À vous

Six phrases à compléter par pero, sino ou sino que.

  1. No vinieron a quitar empleos, ___ a trabajar.
  2. No tienen papeles, ___ trabajan y pagan impuestos.
  3. El problema no es la migración, ___ la falta de integración.
  4. No cerraron la frontera, ___ organizaron la acogida.
  5. No solo piden asilo, ___ también un trabajo legal.
  6. No discriminamos a nadie, ___ queremos más control en la frontera.

Étape 4 · Refuser net, retourner l’argument et nommer les choses

En absoluto, « pas du tout », refuse sans détour ; ce faux ami ne veut presque jamais dire « absolument ». Lejos de, connu pour le lieu, se construit aussi avec un infinitif pour retourner un argument : la mesure produit l’inverse de ce qu’on attend.

Un refugiado fuit un danger et peut pedir asilo ; une personne indocumentada vit sans papiers en règle. Le verbe acoger, « accueillir », change son g en j devant o et a pour garder le son de la jota : acojo, acoja.

acoger au présent de l’indicatif et du subjonctif
PersonneIndicatifSubjonctif
yoacojoacoja
túacogesacojas
vos (Río de la Plata, Amérique centrale)acogésacojás
él / ella / ustedacogeacoja
nosotros / nosotrasacogemosacojamos
ellos / ellas / ustedesacogenacojan

Enfin, ne confondez pas el prejuicio, « le préjugé », et el perjuicio, « le préjudice », vu à la leçon 292 : Así nacen los prejuicios, « c’est ainsi que naissent les préjugés ».

En Amérique. Le débat public parle volontiers de migrantes, mot large qui couvre l’arrivée et le départ, et de personnes indocumentadas ; en Espagne, on entend plus souvent inmigrantes et sin papeles. Quant à acoger, il s’emploie sans gêne partout, malgré la prudence qui entoure coger (leçon 289).

À vous

Cinq phrases à compléter par la locution ou le mot qui convient.

  1. ___ resolver el problema, deportar a las familias lo empeora.
  2. —¿Usted está a favor de cerrar la frontera? —___. Pido más control, no un muro.
  3. Rechazar a alguien por su religión es una forma de ___.
  4. Pensar que todos los extranjeros son peligrosos es un ___.
  5. Huyó de su país y pidió ___ en Costa Rica.

Lecture · Un debate en la radio de Barranquilla

À Barranquilla, en Colombie, une radio réunit trois invités sur l’arrivée des migrants vénézuéliens. Relevez chaque concession et chaque sino.

Voir la traduction

Daniela : Bonjour. Aujourd’hui, nous parlons d’un sujet qui divise beaucoup de familles à Barranquilla : l’arrivée de migrants. Nous recevons M. Hernán Rojas, commerçant du centre-ville, l’avocate Yolanda Peña, qui travaille avec des réfugiés, et Luis Mendoza, Vénézuélien, qui vit ici depuis cinq ans. Monsieur Rojas, vous avez la parole.

Hernán : Merci. Je veux être clair : je n’ai rien contre les Vénézuéliens. Cela dit, il est vrai que la ville n’était pas préparée. Les hôpitaux sont pleins, les écoles publiques n’ont plus de place et, dans ma rue, il y a de plus en plus de vendeurs sans autorisation. Qu’on me dise que c’est de la xénophobie me paraît injuste.

Yolanda : Si vous permettez… Personne ne nie qu’il y ait des problèmes, monsieur Rojas. Même si les hôpitaux ont moins de moyens qu’avant, cela n’empêche pas que la plupart des migrants travaillent et paient des impôts. Le problème n’est pas la migration, mais l’absence d’une politique migratoire sérieuse.

Hernán : La plupart ? Pardon de vous interrompre, mais beaucoup n’ont pas de papiers. Ils sont sans papiers et travaillent dans la rue.

Yolanda : Laissez-moi terminer. Qu’une personne soit sans papiers ne signifie pas qu’elle ait commis un délit. Beaucoup de ces gens ont fui la pauvreté ou ont demandé l’asile, et attendent une réponse depuis des mois. Loin d’aider, les expulser ne crée que davantage d’exclusion.

Daniela : Luis, vous êtes arrivé comme migrant. Qu’en pensez-vous ?

Luis : Eh bien, je comprends la peur de M. Rojas. C’est vrai que nous sommes arrivés nombreux en même temps, et que ça n’a été facile pour personne. Mais nous ne sommes pas venus prendre le travail de qui que ce soit, nous sommes venus travailler. J’étais ingénieur à Maracaibo ; ici, j’ai commencé en vendant des arepas dans la rue, et aujourd’hui j’ai une petite boutique avec deux employés colombiens. Cela dit, quand un Vénézuélien commet un délit, on en parle dans toutes les informations ; quand il ouvre un commerce, personne n’en parle. C’est ainsi que naissent les préjugés. Et je vous dis autre chose : le racisme et la discrimination existent aussi. On a refusé de louer un appartement à ma femme à cause de son accent.

Yolanda : Exactement. Discriminer quelqu’un pour son origine ou pour sa religion est illégal en Colombie, même si beaucoup de gens ne le savent pas.

Daniela : Monsieur Rojas, croyez-vous que le pays doit fermer la frontière ?

Hernán : Pas du tout. Je ne demande pas qu’on ferme la frontière, mais qu’il y ait plus de contrôle et plus de soutien du gouvernement pour les villes qui accueillent autant de monde. Même si l’accueil est un devoir, ce ne sont pas les quartiers pauvres seuls qui peuvent le payer.

Yolanda : Là-dessus, nous sommes d’accord. L’intégration a besoin de moyens : des écoles, la santé, un travail légal. Que le gouvernement accueille les réfugiés ne suffit pas ; il faut les accompagner ensuite.

Daniela : Voilà un point d’accord. Merci beaucoup à tous les trois.

Écrire · Réfutez à votre tour

Écrivez chaque phrase en espagnol, tildes et signes d’ouverture compris, en vouvoyant votre interlocuteur quand il y en a un, puis comparez avec le corrigé.

Corrigé
  • Es cierto que la ciudad tiene pocos recursos; ahora bien, puede acoger a estas familias.
  • Que una persona esté indocumentada no significa que haya cometido un delito.
  • No vinieron a quitarles el trabajo a los demás, sino a trabajar.
  • Lejos de resolver el problema, deportar a los migrantes crea más exclusión.
  • Hay problemas; eso no quita que la integración sea posible.
  • Par exemple : Es verdad que hay más competencia. Ahora bien, que lleguen migrantes no significa que haya menos empleo. Muchos no quitan trabajo, sino que lo crean.

Vocabulaire de la leçon

Les dix-huit mots nouveaux de la leçon 293
EspagnolFrançaisRemarque
ahora biencela dit, orConnecteur pour réfuter après une concession, suivi d’une virgule.
en absolutopas du toutFaux ami : dans l’usage courant, ne veut pas dire « absolument ».
lejos deloin de+ infinitif : lejos de resolver el problema.
el migrante / la migrantele migrant, la migranteMême forme au masculin et au féminin.
migratoriomigratoireAdjectif : la política migratoria.
la integraciónl’intégrationNom féminin en -ción, de la famille de integrarse.
el asilol’asilePedir asilo, sans article.
el refugiado / la refugiadale réfugié, la réfugiéePersonne qui fuit un danger.
la xenofobiala xénophobieNom féminin ; x initial prononcé comme un s.
la acogidal’accueilNom féminin, de la famille de acoger.
acogeraccueillirG > j devant o et a : acojo, acoja.
el racismole racismeNom masculin.
la discriminaciónla discriminationNom féminin en -ción.
discriminardiscriminerVerbe régulier en -ar ; a devant une personne.
indocumentadosans papiersAdjectif, aussi nom : los indocumentados.
el prejuiciole préjugéFaux ami : le préjudice se dit el perjuicio.
deportarexpulser, déporterVerbe régulier en -ar, courant pour l’expulsion d’un étranger.
la religiónla religionTilde au singulier ; pluriel sans tilde : religiones.

Bilan

Toute la leçon

Douze questions sur toute la leçon : concession, subjonctif en tête, rectification, locutions neuves, lecture et vocabulaire.

  1. Es cierto que el país ___ a muchos migrantes, pero también tiene muchas oportunidades.
  2. Que los migrantes ___ impuestos no le importa a mucha gente.
  3. El gobierno no quiere deportar a nadie, ___ organizar la integración.
  4. La ciudad acoge a muchos refugiados. Yo también ___ a una familia en mi casa.
  5. Es importante que el país ___ a los que piden asilo.
  6. Según Luis, ¿por qué nacen los prejuicios?
  7. ¿Qué pide Hernán Rojas al final del debate?
  8. ¿Por qué no le quisieron alquilar un departamento a la esposa de Luis?
  9. ___ bien hay problemas, la acogida es un deber.
  10. —¿Le parece justo deportar a una familia que vive acá desde hace diez años? —___. Me parece injusto.
  11. En ese barrio hay mucha ___: algunos vecinos tienen miedo de los extranjeros.
  12. Una persona ___ vive en el país sin papeles legales.

Pour aller plus loin

La page de référence Cuando, para que, aunque reprend la concession au subjonctif et à l’indicatif, avec aunque, si bien et por más que. La page Y, e, o, u détaille pero, et la page la négation détaille sino. Voyez aussi le cours audio et le sommaire du cours écrit.

La leçon suivante vous apprend à présenter un projet devant un public, à en annoncer le plan et à en défendre les objectifs.

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Questions fréquentes

Pourquoi met-on le subjonctif après que en tête de phrase, même pour un fait vrai ?

Parce que le fait n’est plus affirmé : il devient le sujet d’un jugement que l’on discute. Que alguien esté indocumentado no significa que haya cometido un delito ne dit pas si la personne est sans papiers, il juge ce que cela signifie. Le français fait de même : « qu’il soit sans papiers ne signifie pas ».

Quelle différence entre ahora bien et pero ?

Le sens est proche : tous deux opposent. Pero relie deux parties d’une même phrase et sert à tous les registres. Ahora bien ouvre souvent une nouvelle phrase, après un point ou un point-virgule, et appartient au registre soutenu du débat et de l’écrit argumenté.

En absoluto veut-il dire « absolument » ?

Non, c’est un faux ami : en absoluto veut dire « pas du tout ». À la question ¿Está de acuerdo?, la réponse En absoluto est un refus net. Pour approuver, on dit Por supuesto ou Claro.

Quand faut-il sino que plutôt que sino ?

Devant un verbe conjugué : No cerraron la frontera, sino que organizaron la acogida. Devant un nom, un adjectif ou un infinitif, sino suffit : No vinieron a quitar empleos, sino a trabajar.

Pourquoi écrit-on acojo et non acogo ?

Pour garder le son de la jota de l’infinitif acoger. Devant o et a, le g se prononcerait comme dans « gare » ; on l’écrit donc j : acojo au présent, acoja et acojan au subjonctif. Devant e et i, le g reste : acoges, acogimos.

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