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Leçon 278 — Me da pena que te vayas : les sentiments avec dar

À la fin de cette leçon, vous saurez dire ce qui vous fait de la peine, plaisir, honte ou pitié, et ce qui vous est égal : Me da pena que te vayas, Me da igual el frío. Vous saurez aussi pourquoi Me da pena veut dire « j’ai honte » à Mexico et pourquoi ¡Qué pena! sert d’excuse à Bogotá.

Le cours d’espagnol se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.

Une leçon écrite, complément du cours audio. Cette page fait partie du cours d’espagnol écrit de LIMBA, en accès libre. Il accompagne le cours d’espagnol audio de l’application LIMBA, en leçons de 14 minutes : le cours audio vous fait parler, ces leçons écrites vous apprennent à lire, à écrire et à comprendre la mécanique de la langue.

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Vous connaissez déjà me da miedo et me da rabia. Le verbe dar forme en réalité toute une famille d’expressions de sentiment, construites comme gustar : ce qui provoque le sentiment est le sujet, la personne qui le ressent est un pronom. Cette leçon, consacrée aux départs et à l’émigration, vous apprend à :

Avant de commencer. Revoyez la construction de gustar des leçons 51 et 52, puis le subjonctif après les verbes de sentiment des leçons 181 et 182. La concordance des temps de la leçon 231 (Me alegró que vinieras) sert à l’étape 3.

Durée. 50 minutes environ.

Étape 1 · Dar se construit comme gustar

En français, on dit « ces adieux me font de la peine » : les adieux sont le sujet, et « me » désigne la personne touchée. L’espagnol fait exactement la même chose avec dar : Me da pena la despedida se lit « les adieux me donnent de la peine ». Le verbe s’accorde donc avec la chose ressentie, jamais avec la personne : me da devant un singulier ou un infinitif, me dan devant un pluriel. C’est le piège de gustar, déjà connu, qui revient ici.

La personne touchée : le pronom complément indirect
PersonneChose au singulierChose au pluriel
(a mí)me da pename dan pena
(a ti)te da penate dan pena
(a él / a ella / a usted)le da penale dan pena
(a nosotros / a nosotras)nos da penanos dan pena
(a ellos / a ellas / a ustedes)les da penales dan pena

Le mot de sentiment reste invariable. Le complément a mi mamá précise la personne, comme avec gustar, sans supprimer le pronom : A mi mamá le da miedo volar. Tous les temps sont possibles : me dio pena pour un moment précis, me daba vergüenza pour un état qui durait.

Ne mettez pas la personne en sujet : *Yo doy vergüenza voudrait dire « je fais honte ». Pour « j’ai honte », dites Me da vergüenza.

À vous

Cinq phrases à compléter par la forme ou la phrase qui convient.

  1. A mí me ___ miedo los perros grandes.
  2. A mis abuelos ___ da pena vender la casa.
  3. Ayer, en el aeropuerto, me ___ vergüenza llorar delante de todos.
  4. ¿A ti te ___ igual el frío de Canadá?
  5. Pour dire « ces enfants me font pitié », vous écrivez :

Étape 2 · Huit sentiments, huit nuances

À dar miedo et dar rabia s’en ajoutent six, qui ne se remplacent pas : la pena est une tristesse, la lástima une pitié devant ce qui est faible, la vergüenza la honte que l’on ressent soi-même.

Les expressions de sentiment avec dar
ExpressionSensExemple
dar penafaire de la peine ; gêner (voir étape 4)Me da pena la despedida.
dar lástimafaire pitiéMe da lástima ese perro.
dar vergüenzafaire honte, gênerMe da vergüenza hablar en público.
dar gustofaire plaisirDa gusto verte.
dar ascodégoûterMe dan asco las cucarachas.
dar igualêtre égalMe da igual el clima.
dar miedofaire peur (leçon 182)Me da miedo la incertidumbre.
dar rabiamettre en colère (leçon 182)Me da rabia la corrupción.

Dar gusto s’emploie souvent sans pronom, pour un plaisir partagé : Da gusto trabajar con gente así. Me da igual, formule de la leçon 197, se conjugue désormais à toutes les personnes (¿A ustedes les da igual?) ; il reste familier.

À vous

Cinq phrases à compléter par le mot de sentiment qui convient au contexte.

  1. La basura en la calle huele horrible: me da ___.
  2. ¡Cuánto tiempo! Da ___ verte después de tantos años.
  3. Me da ___ ese perro sin dueño: está flaco y tiene frío.
  4. Me da ___ hablar en público: siempre me pongo rojo.
  5. —¿Vamos al cine o a un restaurante? —Me da ___: elige tú.

Étape 3 · Un nom, un infinitif ou que + subjonctif

Comme à la leçon 181, ce qui provoque le sentiment est un nom, un infinitif quand la personne qui ressent est celle qui agit (Me da pena irme), ou que + subjonctif quand ce sont deux personnes différentes (Me da pena que te vayas).

Trois constructions pour un même sentiment
ConstructionEspagnolFrançais
NomMe da miedo la incertidumbre.L’incertitude me fait peur.
Infinitif (même personne)Me da miedo emigrar.J’ai peur d’émigrer.
que + subjonctif présentMe da miedo que emigres.J’ai peur que tu émigres.
que + imparfait du subjonctifMe dio miedo que emigraras.J’ai eu peur que tu émigres.

Quand dar est au passé (me dio, me daba), le subjonctif passe à l’imparfait (pretérito imperfecto de subjuntivo), comme vous l’avez vu à la leçon 231 : Me dio gusto que me llamaras. Avec une seule personne, l’infinitif est obligatoire : *Me da pena que me vaya est fautif, on dit Me da pena irme.

À vous

Cinq phrases à compléter par la forme qui convient : infinitif, subjonctif présent ou imparfait du subjonctif.

  1. Me da pena que mi hijo ___ tan lejos.
  2. A Sebastián le da miedo ___ solo a otro país.
  3. Ayer me dio rabia que nadie me ___.
  4. A mi mamá le da igual que ___ frío en Toronto.
  5. Me dio mucho gusto que ustedes ___ a la despedida.

Étape 4 · Dar pena d’un pays à l’autre

Partout, dar pena peut dire « faire de la peine ». Mais au Mexique et en Amérique centrale, son premier sens est la gêne : Me da pena signifie « j’ai honte », « ça m’embarrasse ». Le contexte tranche : demander un service ne rend pas triste, mais peut gêner. Pour rassurer quelqu’un, on dit No te dé pena, « ne sois pas gêné » : retenez cette formule telle quelle, comme ¡Qué pena con usted!, l’excuse colombienne.

En Amérique. Au Mexique et en Amérique centrale, me da pena veut d’abord dire « ça me gêne » ; en Colombie, ¡Qué pena! sert de « pardon », alors qu’ailleurs il signifie « quel dommage » (leçon 88). Pour la pitié, dar lástima se comprend partout de la même façon.

À vous

Cinq questions sur les sens régionaux de dar pena.

  1. À Puebla, une amie vous dit : Me da pena pedirte este favor. Elle veut dire :
  2. À Bogotá, un passant vous bouscule et dit : ¡Qué pena con usted! Il veut dire :
  3. Votre collègue mexicaine n’ose pas poser une question. Vous lui dites :
  4. Un ami guatémaltèque raconte : Me dio pena bailar delante de todos. Il a ressenti :
  5. Dans quelle phrase, dite à Mexico, pena désigne-t-il la gêne et non la tristesse ?

Lecture · La última noche en Pereira

À Pereira, en Colombie, Sebastián part demain pour Toronto. Il passe la dernière soirée avec sa grand-mère, doña Inés, sa mère, Gloria, et son oncle Óscar, rentré au pays après vingt ans à New York. Sa cousine Mariana appelle de Guadalajara. Lisez à voix haute et relevez chaque construction avec dar.

Voir la traduction

— Sebastián, viens ici. Ça me fait de la peine que tu partes si loin. Toronto, c’est un autre monde. — Grand-mère, ce n’est pas pour toujours. Là-bas, je vais gagner plus et je vais vous envoyer de l’argent tous les mois. — Moi, l’argent m’est égal, mon fils, dit Gloria. Ce qui me fait peur, c’est l’incertitude : tu ne sais pas comment seront le travail, ni les gens, ni le climat. — Le froid ? Le froid m’est égal, maman. Ce qui me met en colère, c’est qu’ici il n’y ait pas d’emploi pour les jeunes, même avec un diplôme. — Je te comprends, dit Óscar. Je suis parti à New York à vingt-cinq ans et je m’y suis installé et j’ai vécu presque vingt ans dans cette ville. Au début, j’avais honte de parler anglais, parce que je me trompais sur tout. — Et pourquoi tu es revenu, mon oncle ? — Par nostalgie. Un émigré vit avec le corps dans un pays et l’âme dans un autre. C’est ça, le déracinement : là-bas, tu n’es pas de là-bas, et quand tu reviens, tu ne te sens plus d’ici. — Mais le retour t’a fait plaisir, n’est-ce pas ? — Bien sûr. Ça m’a fait plaisir de revenir dans mon village natal et de voir ma mère tous les jours. — Et moi, ça m’a fait plaisir de t’avoir de nouveau près de moi, dit doña Inés.

Le portable sonne : c’est un appel vidéo de Mariana. — Salut, cousin ! Ça me gêne beaucoup d’appeler si tard, mais je voulais te dire au revoir. — Ne sois pas gênée, cousine ! Ça fait plaisir de te voir. Comment ça va à Guadalajara ? — Très bien. Dis, ça ne te fait pas peur de partir seul ? — Un petit peu. Mais je trouverais plus triste encore de rester ici sans rien faire. — Je te comprends. Moi, les garçons de mon quartier qui partent sans papiers me font pitié. — Oh, pardon, Mariana, je ne t’ai pas saluée ! dit Gloria. Et toi, tu penses émigrer un jour ? — Ne vous inquiétez pas, ma tante. Je ne sais pas… J’ai honte de le dire, mais j’adore ma patrie et je ne m’imagine pas loin de ma famille. — N’aie pas honte, dit Óscar. Nous aimons tous notre patrie. — Promets-moi une chose, Sebastián, dit la grand-mère : que tu ne vas pas oublier ton pays d’origine. — Je te le promets, grand-mère. Et si je m’installe là-bas, je vous emmènerai tous voir la neige. — Ah non ! rit Óscar. À New York, la neige sale des rues, c’est dégoûtant.

Écrire · Ce que le départ vous fait

Traduisez chaque phrase, en accordant dar avec la chose ressentie et en choisissant entre infinitif et subjonctif, puis comparez avec le corrigé.

Corrigé
  • Me da pena que te vayas.
  • Me da igual que haga frío.
  • A mis padres les da vergüenza hablar inglés.
  • Me dio gusto que me llamaras.
  • Me dan lástima los niños que crecen lejos de sus padres.
  • Par exemple : Si me fuera a vivir a otro país, me daría pena dejar a mi familia y a mis amigos. Pero me daría gusto aprender otro idioma y conocer otra cultura. El frío me daría igual.

Vocabulaire de la leçon

Les dix-sept mots nouveaux de la leçon 278
EspagnolFrançaisRemarque
dar penafaire de la peine ; gênerMexique, Amérique centrale : gêner (me da pena, j’ai honte) ; Colombie : ¡Qué pena!, pardon.
dar igualêtre égalMe da igual, ça m’est égal ; registre familier.
dar vergüenzafaire honte, gênerMe da vergüenza, j’ai honte ; la vergüenza vu en leçon 99.
dar lástimafaire pitiéLe sens est le même dans tout le continent.
dar gustofaire plaisirDa gusto verte, souvent sans pronom.
dar ascodégoûterMe dan asco las cucarachas : accord avec le pluriel.
el emigrante / la emigrantel’émigrant, l’émigréVu depuis le pays de départ ; el inmigrante, depuis le pays d’arrivée.
las remesasles envois de fonds (des émigrés)Nom féminin, presque toujours au pluriel : mandar remesas.
el desarraigole déracinementNom masculin.
lejanolointainLa familia lejana, la famille éloignée.
la patriala patrieNom féminin, sans majuscule.
natalnatalLa tierra natal, el pueblo natal ; invariable en genre.
el retornole retour (au pays)Plus soutenu que el regreso.
la incertidumbrel’incertitudeNom féminin.
la añoranzala nostalgie, le regret (de)De la famille de añorar, déjà vu.
el país de origenle pays d’origineNom masculin.
radicarses’installer, se fixer (dans un pays)Usage américain ; c devient qu devant e : me radiqué.

Bilan

Toute la leçon

Douze questions sur toute la leçon : la construction de dar, le choix du sentiment, l’infinitif ou le subjonctif, la lecture et le vocabulaire de l’émigration.

  1. A mis hermanos les ___ asco los insectos.
  2. Cada mes, muchos emigrantes mandan ___ a sus familias.
  3. Después de diez años en Chile, mi tío decidió ___ en Santiago.
  4. Me da pena que mis padres ___ solos.
  5. Me dio gusto que me ___ para mi cumpleaños.
  6. Dans la lecture, Óscar est revenu à Pereira :
  7. Dans la lecture, ce qui est égal à Sebastián, c’est :
  8. Quand Mariana dit Me da mucha pena llamar tan tarde, elle exprime :
  9. Volver al país de origen después de muchos años es el ___.
  10. Mi abuela vive en un pueblo ___ y casi nunca la veo.
  11. No sabe si va a conseguir trabajo allá: vive con mucha ___.
  12. —¿Prefieres arepas o tamales? —Me ___ igual, las dos cosas me gustan.

Pour aller plus loin

La page de référence me gusta reprend la construction où la chose ressentie est le sujet, avec tous les verbes qui la partagent. La page le subjonctif après que détaille le subjonctif après les verbes de sentiment et la concordance des temps. Le cours audio et le sommaire du cours écrit complètent la leçon.

La leçon suivante vous apprend à donner un avis tranché sur un film ou un livre, avec le subjonctif des relatives : la mejor película que haya visto.

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Questions fréquentes

Pourquoi dit-on me dan pena et non me da pena devant un pluriel ?

Parce que dar se construit comme gustar : son sujet est la chose qui provoque le sentiment, et le verbe s’accorde avec elle. Me dan pena los perros de la calle : ce sont les chiens qui « donnent » la peine. La personne touchée n’est qu’un pronom, me, te, le, nos, les.

Quand faut-il l’infinitif et quand faut-il que + subjonctif ?

L’infinitif quand la personne qui ressent est celle qui agit : Me da pena irme. Que + subjonctif quand ce sont deux personnes différentes : Me da pena que te vayas. Si dar est au passé, le subjonctif passe à l’imparfait : Me dio pena que te fueras.

Quelle différence entre dar pena, dar lástima et dar vergüenza ?

Dar pena exprime la tristesse pour quelqu’un ou quelque chose, dar lástima la pitié devant ce qui est faible ou malheureux, dar vergüenza la honte ou la gêne que l’on ressent soi-même. Au Mexique et en Amérique centrale, dar pena se rapproche de dar vergüenza.

Un Mexicain me dit Me da pena : est-il triste ?

Pas forcément. Au Mexique et en Amérique centrale, me da pena veut d’abord dire « ça me gêne », « j’ai honte ». Le contexte tranche : Me da pena pedirte este favor exprime la gêne. Pour le rassurer, dites No te dé pena.

Que veut dire ¡Qué pena! en Colombie ?

C’est une excuse pour un petit dérangement, comme « pardon » ou « excusez-moi » : ¡Qué pena con usted, señora! Ailleurs, ¡Qué pena! signifie surtout « quel dommage ».

Me da igual est-il impoli ?

Entre amis, non : Me da igual, elige tú est tout à fait naturel. Devant un client ou un supérieur, la formule peut paraître indifférente ; une phrase comme Como usted prefiera est plus aimable.

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