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Vous écoutez et vous répétez à voix haute ce que vous entendez : les 41 leçons se déroulent toutes de cette façon.
La suite du cours est dans l’application LIMBA, gratuite sur iPhone et Android : je télécharge l’application.
À la fin de cette leçon, vous saurez dire ce qui vous fait de la peine, plaisir, honte ou pitié, et ce qui vous est égal : Me da pena que te vayas, Me da igual el frío. Vous saurez aussi pourquoi Me da pena veut dire « j’ai honte » à Mexico et pourquoi ¡Qué pena! sert d’excuse à Bogotá.
Le cours d’espagnol se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.
Une leçon écrite, complément du cours audio. Cette page fait partie du cours d’espagnol écrit de LIMBA, en accès libre. Il accompagne le cours d’espagnol audio de l’application LIMBA, en leçons de 14 minutes : le cours audio vous fait parler, ces leçons écrites vous apprennent à lire, à écrire et à comprendre la mécanique de la langue.
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Vous connaissez déjà me da miedo et me da rabia. Le verbe dar forme en réalité toute une famille d’expressions de sentiment, construites comme gustar : ce qui provoque le sentiment est le sujet, la personne qui le ressent est un pronom. Cette leçon, consacrée aux départs et à l’émigration, vous apprend à :
Avant de commencer. Revoyez la construction de gustar des leçons 51 et 52, puis le subjonctif après les verbes de sentiment des leçons 181 et 182. La concordance des temps de la leçon 231 (Me alegró que vinieras) sert à l’étape 3.
Durée. 50 minutes environ.
En français, on dit « ces adieux me font de la peine » : les adieux sont le sujet, et « me » désigne la personne touchée. L’espagnol fait exactement la même chose avec dar : Me da pena la despedida se lit « les adieux me donnent de la peine ». Le verbe s’accorde donc avec la chose ressentie, jamais avec la personne : me da devant un singulier ou un infinitif, me dan devant un pluriel. C’est le piège de gustar, déjà connu, qui revient ici.
| Personne | Chose au singulier | Chose au pluriel |
|---|---|---|
| (a mí) | me da pena | me dan pena |
| (a ti) | te da pena | te dan pena |
| (a él / a ella / a usted) | le da pena | le dan pena |
| (a nosotros / a nosotras) | nos da pena | nos dan pena |
| (a ellos / a ellas / a ustedes) | les da pena | les dan pena |
Le mot de sentiment reste invariable. Le complément a mi mamá précise la personne, comme avec gustar, sans supprimer le pronom : A mi mamá le da miedo volar. Tous les temps sont possibles : me dio pena pour un moment précis, me daba vergüenza pour un état qui durait.
Ne mettez pas la personne en sujet : *Yo doy vergüenza voudrait dire « je fais honte ». Pour « j’ai honte », dites Me da vergüenza.
Cinq phrases à compléter par la forme ou la phrase qui convient.
À dar miedo et dar rabia s’en ajoutent six, qui ne se remplacent pas : la pena est une tristesse, la lástima une pitié devant ce qui est faible, la vergüenza la honte que l’on ressent soi-même.
| Expression | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| dar pena | faire de la peine ; gêner (voir étape 4) | Me da pena la despedida. |
| dar lástima | faire pitié | Me da lástima ese perro. |
| dar vergüenza | faire honte, gêner | Me da vergüenza hablar en público. |
| dar gusto | faire plaisir | Da gusto verte. |
| dar asco | dégoûter | Me dan asco las cucarachas. |
| dar igual | être égal | Me da igual el clima. |
| dar miedo | faire peur (leçon 182) | Me da miedo la incertidumbre. |
| dar rabia | mettre en colère (leçon 182) | Me da rabia la corrupción. |
Dar gusto s’emploie souvent sans pronom, pour un plaisir partagé : Da gusto trabajar con gente así. Me da igual, formule de la leçon 197, se conjugue désormais à toutes les personnes (¿A ustedes les da igual?) ; il reste familier.
Cinq phrases à compléter par le mot de sentiment qui convient au contexte.
Comme à la leçon 181, ce qui provoque le sentiment est un nom, un infinitif quand la personne qui ressent est celle qui agit (Me da pena irme), ou que + subjonctif quand ce sont deux personnes différentes (Me da pena que te vayas).
| Construction | Espagnol | Français |
|---|---|---|
| Nom | Me da miedo la incertidumbre. | L’incertitude me fait peur. |
| Infinitif (même personne) | Me da miedo emigrar. | J’ai peur d’émigrer. |
| que + subjonctif présent | Me da miedo que emigres. | J’ai peur que tu émigres. |
| que + imparfait du subjonctif | Me dio miedo que emigraras. | J’ai eu peur que tu émigres. |
Quand dar est au passé (me dio, me daba), le subjonctif passe à l’imparfait (pretérito imperfecto de subjuntivo), comme vous l’avez vu à la leçon 231 : Me dio gusto que me llamaras. Avec une seule personne, l’infinitif est obligatoire : *Me da pena que me vaya est fautif, on dit Me da pena irme.
Cinq phrases à compléter par la forme qui convient : infinitif, subjonctif présent ou imparfait du subjonctif.
Partout, dar pena peut dire « faire de la peine ». Mais au Mexique et en Amérique centrale, son premier sens est la gêne : Me da pena signifie « j’ai honte », « ça m’embarrasse ». Le contexte tranche : demander un service ne rend pas triste, mais peut gêner. Pour rassurer quelqu’un, on dit No te dé pena, « ne sois pas gêné » : retenez cette formule telle quelle, comme ¡Qué pena con usted!, l’excuse colombienne.
En Amérique. Au Mexique et en Amérique centrale, me da pena veut d’abord dire « ça me gêne » ; en Colombie, ¡Qué pena! sert de « pardon », alors qu’ailleurs il signifie « quel dommage » (leçon 88). Pour la pitié, dar lástima se comprend partout de la même façon.
Cinq questions sur les sens régionaux de dar pena.
À Pereira, en Colombie, Sebastián part demain pour Toronto. Il passe la dernière soirée avec sa grand-mère, doña Inés, sa mère, Gloria, et son oncle Óscar, rentré au pays après vingt ans à New York. Sa cousine Mariana appelle de Guadalajara. Lisez à voix haute et relevez chaque construction avec dar.
— Sebastián, viens ici. Ça me fait de la peine que tu partes si loin. Toronto, c’est un autre monde. — Grand-mère, ce n’est pas pour toujours. Là-bas, je vais gagner plus et je vais vous envoyer de l’argent tous les mois. — Moi, l’argent m’est égal, mon fils, dit Gloria. Ce qui me fait peur, c’est l’incertitude : tu ne sais pas comment seront le travail, ni les gens, ni le climat. — Le froid ? Le froid m’est égal, maman. Ce qui me met en colère, c’est qu’ici il n’y ait pas d’emploi pour les jeunes, même avec un diplôme. — Je te comprends, dit Óscar. Je suis parti à New York à vingt-cinq ans et je m’y suis installé et j’ai vécu presque vingt ans dans cette ville. Au début, j’avais honte de parler anglais, parce que je me trompais sur tout. — Et pourquoi tu es revenu, mon oncle ? — Par nostalgie. Un émigré vit avec le corps dans un pays et l’âme dans un autre. C’est ça, le déracinement : là-bas, tu n’es pas de là-bas, et quand tu reviens, tu ne te sens plus d’ici. — Mais le retour t’a fait plaisir, n’est-ce pas ? — Bien sûr. Ça m’a fait plaisir de revenir dans mon village natal et de voir ma mère tous les jours. — Et moi, ça m’a fait plaisir de t’avoir de nouveau près de moi, dit doña Inés.
Le portable sonne : c’est un appel vidéo de Mariana. — Salut, cousin ! Ça me gêne beaucoup d’appeler si tard, mais je voulais te dire au revoir. — Ne sois pas gênée, cousine ! Ça fait plaisir de te voir. Comment ça va à Guadalajara ? — Très bien. Dis, ça ne te fait pas peur de partir seul ? — Un petit peu. Mais je trouverais plus triste encore de rester ici sans rien faire. — Je te comprends. Moi, les garçons de mon quartier qui partent sans papiers me font pitié. — Oh, pardon, Mariana, je ne t’ai pas saluée ! dit Gloria. Et toi, tu penses émigrer un jour ? — Ne vous inquiétez pas, ma tante. Je ne sais pas… J’ai honte de le dire, mais j’adore ma patrie et je ne m’imagine pas loin de ma famille. — N’aie pas honte, dit Óscar. Nous aimons tous notre patrie. — Promets-moi une chose, Sebastián, dit la grand-mère : que tu ne vas pas oublier ton pays d’origine. — Je te le promets, grand-mère. Et si je m’installe là-bas, je vous emmènerai tous voir la neige. — Ah non ! rit Óscar. À New York, la neige sale des rues, c’est dégoûtant.
Traduisez chaque phrase, en accordant dar avec la chose ressentie et en choisissant entre infinitif et subjonctif, puis comparez avec le corrigé.
| Espagnol | Français | Remarque |
|---|---|---|
| dar pena | faire de la peine ; gêner | Mexique, Amérique centrale : gêner (me da pena, j’ai honte) ; Colombie : ¡Qué pena!, pardon. |
| dar igual | être égal | Me da igual, ça m’est égal ; registre familier. |
| dar vergüenza | faire honte, gêner | Me da vergüenza, j’ai honte ; la vergüenza vu en leçon 99. |
| dar lástima | faire pitié | Le sens est le même dans tout le continent. |
| dar gusto | faire plaisir | Da gusto verte, souvent sans pronom. |
| dar asco | dégoûter | Me dan asco las cucarachas : accord avec le pluriel. |
| el emigrante / la emigrante | l’émigrant, l’émigré | Vu depuis le pays de départ ; el inmigrante, depuis le pays d’arrivée. |
| las remesas | les envois de fonds (des émigrés) | Nom féminin, presque toujours au pluriel : mandar remesas. |
| el desarraigo | le déracinement | Nom masculin. |
| lejano | lointain | La familia lejana, la famille éloignée. |
| la patria | la patrie | Nom féminin, sans majuscule. |
| natal | natal | La tierra natal, el pueblo natal ; invariable en genre. |
| el retorno | le retour (au pays) | Plus soutenu que el regreso. |
| la incertidumbre | l’incertitude | Nom féminin. |
| la añoranza | la nostalgie, le regret (de) | De la famille de añorar, déjà vu. |
| el país de origen | le pays d’origine | Nom masculin. |
| radicarse | s’installer, se fixer (dans un pays) | Usage américain ; c devient qu devant e : me radiqué. |
Douze questions sur toute la leçon : la construction de dar, le choix du sentiment, l’infinitif ou le subjonctif, la lecture et le vocabulaire de l’émigration.
La page de référence me gusta reprend la construction où la chose ressentie est le sujet, avec tous les verbes qui la partagent. La page le subjonctif après que détaille le subjonctif après les verbes de sentiment et la concordance des temps. Le cours audio et le sommaire du cours écrit complètent la leçon.
La leçon suivante vous apprend à donner un avis tranché sur un film ou un livre, avec le subjonctif des relatives : la mejor película que haya visto.
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Trois cents leçons progressives, des premiers sons jusqu’au programme du niveau B2, dans l’espagnol d’Amérique latine, chacune avec ses exercices corrigés. Elles complètent le cours audio : l’oreille d’un côté, la lecture et l’écriture de l’autre.
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Des leçons de 14 minutes, entièrement à l’oreille : j’écoute, je répète à voix haute, je parle ; après les leçons, des exercices écrits fixent ce que j’ai entendu. L’application est gratuite à télécharger sur iPhone, iPad et Android, et les deux premières leçons sont offertes.
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La leçon 1 est aussi en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute ici, sans compte à créer.
Gratuit sur ce site : le cours d’espagnol écrit, en 300 leçons, pas à pas et avec des exercices corrigés — pour lire et écrire ce que l’application vous apprend à dire.
Parce que dar se construit comme gustar : son sujet est la chose qui provoque le sentiment, et le verbe s’accorde avec elle. Me dan pena los perros de la calle : ce sont les chiens qui « donnent » la peine. La personne touchée n’est qu’un pronom, me, te, le, nos, les.
L’infinitif quand la personne qui ressent est celle qui agit : Me da pena irme. Que + subjonctif quand ce sont deux personnes différentes : Me da pena que te vayas. Si dar est au passé, le subjonctif passe à l’imparfait : Me dio pena que te fueras.
Dar pena exprime la tristesse pour quelqu’un ou quelque chose, dar lástima la pitié devant ce qui est faible ou malheureux, dar vergüenza la honte ou la gêne que l’on ressent soi-même. Au Mexique et en Amérique centrale, dar pena se rapproche de dar vergüenza.
Pas forcément. Au Mexique et en Amérique centrale, me da pena veut d’abord dire « ça me gêne », « j’ai honte ». Le contexte tranche : Me da pena pedirte este favor exprime la gêne. Pour le rassurer, dites No te dé pena.
C’est une excuse pour un petit dérangement, comme « pardon » ou « excusez-moi » : ¡Qué pena con usted, señora! Ailleurs, ¡Qué pena! signifie surtout « quel dommage ».
Entre amis, non : Me da igual, elige tú est tout à fait naturel. Devant un client ou un supérieur, la formule peut paraître indifférente ; une phrase comme Como usted prefiera est plus aimable.
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