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À la fin de cette leçon, vous saurez reconnaître l’imparfait qui raconte un fait unique dans la presse et le roman : Dos días después, el presidente renunciaba. Vous saurez aussi en comprendre l’effet et lire un récit d’histoire politique, du golpe de Estado à la transición democrática.
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Depuis l’A2, vous opposez deux passés : le prétérit (pretérito perfecto simple) raconte les événements, l’imparfait (pretérito imperfecto) peint le décor, l’habitude et l’action en cours. La presse et le roman connaissent un troisième emploi : un imparfait qui raconte un fait unique, là où la conversation dirait le prétérit. Vous saurez :
Avant de commencer. Revoyez les formes de l’imparfait de la leçon 91 et l’alternance du prétérit et de l’imparfait des leçons 96 et 99. Les repères historiques de la leçon 235, la dépêche de presse de la leçon 269 et les verbes qui changent de sens de la leçon 271 servent aussi.
Durée. 50 minutes environ.
Dans la conversation, un fait unique et achevé se dit au prétérit : El presidente renunció el martes. Dans un article de presse, un livre d’histoire ou un roman, le même fait peut paraître à l’imparfait, presque toujours après un repère de temps : dos días después, a los pocos días, al día siguiente, une année. C’est l’imparfait narratif, ou de rupture.
Bonne nouvelle : le français connaît le même tour. « Deux jours plus tard, le président démissionnait » ne dit ni une habitude ni une action en cours : il a démissionné, une fois.
| Conversation (prétérit) | Presse ou roman (imparfait narratif) | Français |
|---|---|---|
| Dos días después, el presidente renunció. | Dos días después, el presidente renunciaba. | Deux jours plus tard, le président démissionnait. |
| A los pocos días, la ministra presentó la renuncia. | A los pocos días, la ministra presentaba la renuncia. | Quelques jours après, la ministre présentait sa démission. |
| Al día siguiente, los militares derrocaron al gobierno. | Al día siguiente, los militares derrocaban al gobierno. | Le lendemain, les militaires renversaient le gouvernement. |
| Esa misma noche, el dictador se exilió. | Esa misma noche, el dictador se exiliaba. | Le soir même, le dictateur s’exilait. |
| En 1990, el país volvió a la democracia. | En 1990, el país volvía a la democracia. | En 1990, le pays revenait à la démocratie. |
Les formes sont celles de la leçon 91 ; seul l’emploi est neuf. Notez que derrocar et atacar changent leur c en qu devant e, comme au subjonctif (derroque, ataque) et au prétérit de yo (derroqué, ataqué) : l’imparfait reste régulier, derrocaban, atacaban.
Les trois premières phrases se complètent par la forme d’imparfait qui convient au sujet ; les deux dernières questions portent sur le sens de la phrase.
C’est la phrase qui tranche. Trois indices suffisent presque toujours.
| Phrase | Valeur | Test du prétérit |
|---|---|---|
| Cuando llegué a la plaza, los militares atacaban el palacio. | ordinaire : action en cours au moment où j’arrive | atacaron change le sens : l’attaque commence après mon arrivée |
| Minutos después, los militares atacaban el palacio. | narratif : fait unique, daté | atacaron garde le sens |
| La ciudad estaba en silencio y los soldados esperaban. | ordinaire : décor | estuvo et esperaron feraient des événements |
Pour chaque phrase, dites si l’imparfait est narratif (un fait unique et daté) ou ordinaire (décor, action en cours ou habitude).
Pourquoi l’imparfait, si le prétérit dit la même chose ? Pour l’effet. Le prétérit raconte vite ; l’imparfait narratif s’attarde, comme une caméra qui ralentit, et donne au récit un ton grave, solennel. On le trouve surtout à trois endroits :
Voici la fin d’un chapitre de roman, inventée pour la leçon. L’héroïne quitte Montevideo en 1973, l’année du coup d’État en Uruguay :
Le prétérit enchaîne les gestes de la nuit ; après les repères, l’imparfait narratif ralentit sur les deux faits qui comptent : l’arrivée et le retour.
Et vous ? C’est un tour d’écrit. En conversation, on dit ¿Supiste? El ministro renunció. Reconnaissez-le d’abord ; à l’écrit, employez-le avec un repère de temps, une fois ou deux par récit.
Cinq questions sur l’effet de l’imparfait narratif, sur sa place et sur son registre.
Ces récits suivent souvent le même fil : une crise, un golpe de Estado, une dictadura qui encarcela ou pousse à exiliarse, puis une transición vers la democracia. Notez la majuscule de Estado dans golpe de Estado : elle distingue l’État du simple état. Le mot la izquierda, vu pour la direction, désigne aussi la gauche politique : un partido de izquierda, sans article.
En Amérique. Pour la démission d’un ministre ou d’un président, l’Amérique dit renunciar et la renuncia : presentar la renuncia est la formule habituelle de sa presse. En Espagne, on emploie plutôt dimitir et la dimisión, compris partout. L’imparfait narratif, lui, s’emploie des deux côtés de l’Atlantique.
Cinq phrases de récit à compléter par le mot qui convient.
Un quotidien de Santiago revient sur le coup d’État de 1973. Relevez chaque imparfait narratif.
En septiembre de 1970, Salvador Allende, candidato de una coalición de izquierda, ganaba las elecciones en Chile. Dos meses después, asumía el poder con un programa que prometía grandes cambios para el país. Su mandato debía terminar en 1976.
Fueron tres años de tensión. La economía estaba en crisis, la inflación crecía, había paros y protestas en las calles, y la derecha criticaba duramente al gobierno. Al mismo tiempo, una parte de los militares preparaba el golpe.
El martes 11 de septiembre de 1973, en la madrugada, los militares tomaban el puerto de Valparaíso. Unas horas más tarde, Allende hablaba por última vez a los chilenos por la radio. Se negaba a presentar la renuncia y a salir del país. Poco antes del mediodía, aviones militares atacaban el palacio de La Moneda. Esa misma tarde, el presidente moría en el palacio, y una junta militar, dirigida por el jefe del ejército, Augusto Pinochet, asumía el poder. Los militares derrocaban así al gobierno de la Unidad Popular.
Comenzaba una dictadura de diecisiete años. En las semanas siguientes, el régimen cerraba el Congreso y prohibía los partidos de izquierda, y el Estadio Nacional se convertía en una cárcel. Durante esos años, la dictadura encarcelaba a miles de personas. Muchos chilenos se exiliaban en México, Venezuela, Francia o Suecia. Las organizaciones internacionales denunciaban que el régimen vulneraba los derechos humanos, y la prensa vivía bajo control.
En 1988, una votación nacional decidía el futuro del dictador: ¿debía seguir en el poder ocho años más? El 5 de octubre, la opción del No ganaba con más de la mitad de los votos. Al año siguiente, los chilenos volvían a las urnas, y el 11 de marzo de 1990 Patricio Aylwin asumía el poder. Empezaba la transición democrática.
La transición fue lenta: Pinochet siguió como jefe del ejército hasta 1998. Ese mismo año, en octubre, la policía lo detenía en Londres. A los pocos días, la noticia daba la vuelta al mundo. Volvía a Chile en 2000 y moría en diciembre de 2006, sin condena.
En septembre 1970, Salvador Allende, candidat d’une coalition de gauche, remportait les élections au Chili. Deux mois plus tard, il prenait le pouvoir avec un programme qui promettait de grands changements pour le pays. Son mandat devait se terminer en 1976.
Ce furent trois années de tension. L’économie était en crise, l’inflation grimpait, il y avait des grèves et des manifestations dans les rues, et la droite critiquait durement le gouvernement. Au même moment, une partie des militaires préparait le coup.
Le mardi 11 septembre 1973, à l’aube, les militaires prenaient le port de Valparaíso. Quelques heures plus tard, Allende parlait pour la dernière fois aux Chiliens à la radio. Il refusait de présenter sa démission et de quitter le pays. Peu avant midi, des avions militaires attaquaient le palais de La Moneda. L’après-midi même, le président mourait dans le palais, et une junte militaire, dirigée par le chef de l’armée, Augusto Pinochet, prenait le pouvoir. Les militaires renversaient ainsi le gouvernement de l’Unité populaire.
Commençait une dictature de dix-sept ans. Dans les semaines suivantes, le régime fermait le Congrès et interdisait les partis de gauche, et le Stade national devenait une prison. Pendant ces années, la dictature emprisonnait des milliers de personnes. Beaucoup de Chiliens s’exilaient au Mexique, au Venezuela, en France ou en Suède. Les organisations internationales dénonçaient les atteintes du régime aux droits de l’homme, et la presse vivait sous contrôle.
En 1988, un vote national décidait de l’avenir du dictateur : devait-il rester au pouvoir huit ans de plus ? Le 5 octobre, l’option du Non l’emportait avec plus de la moitié des voix. L’année suivante, les Chiliens retournaient aux urnes, et le 11 mars 1990 Patricio Aylwin prenait le pouvoir. Commençait la transition démocratique.
La transition fut lente : Pinochet resta chef de l’armée jusqu’en 1998. Cette même année, en octobre, la police l’arrêtait à Londres. Quelques jours plus tard, la nouvelle faisait le tour du monde. Il rentrait au Chili en 2000 et mourait en décembre 2006, sans condamnation.
Au troisième paragraphe, chaque repère (unas horas más tarde, esa misma tarde) précède un imparfait narratif ; au deuxième, estaba et crecía peignent le décor.
Écrivez chaque phrase avec ses tildes, puis comparez avec le corrigé.
| Espagnol | Français | Remarque |
|---|---|---|
| el exilio | l’exil | Nom masculin : vivir en el exilio, volver del exilio. |
| exiliarse | s’exiler | Verbe pronominal régulier : se exiliaba en México. |
| el golpe de Estado | le coup d’État | Estado avec majuscule ; dar un golpe de Estado. |
| el mandato | le mandat | terminar su mandato. |
| la dictadura | la dictature | Nom féminin : una dictadura militar. |
| el dictador / la dictadora | le dictateur, la dictatrice | Le féminin la dictadora se lit surtout dans le roman. |
| la democracia | la démocratie | volver a la democracia. |
| democrático | démocratique | Adjectif esdrújulo, avec tilde : un gobierno democrático. |
| el régimen | le régime (politique) | Pluriel : los regímenes, l’accent se déplace. |
| derrocar | renverser (un gouvernement) | C devient qu devant e : derroqué ; imparfait régulier derrocaban. |
| el poder | le pouvoir | asumir el poder, llegar al poder. |
| la renuncia | la démission | presentar la renuncia ; de la famille de renunciar. |
| el militar / la militar | le militaire | Aussi adjectif : el gobierno militar. |
| la transición | la transition | la transición democrática. |
| los derechos humanos | les droits de l’homme | Nom masculin pluriel : vulnerar los derechos humanos. |
| encarcelar | emprisonner | Verbe régulier en -ar, de la famille de la cárcel. |
| la izquierda / la derecha | la gauche / la droite (politique) | un partido de izquierda, sans article. |
| a los pocos días | quelques jours après | Récit : a los pocos días, el presidente renunciaba. |
| atacar | attaquer | C devient qu devant e : ataqué ; imparfait régulier atacaban. |
Douze questions sur toute la leçon : les formes à l’imparfait, l’imparfait narratif face à l’imparfait ordinaire, la lecture et le vocabulaire.
La page de référence prétérit ou imparfait reprend toutes les valeurs des deux passés. Réécoutez le cours audio et retrouvez toutes les leçons dans le sommaire du cours écrit.
La leçon suivante revient à ser et estar pour exprimer une impression ponctuelle sur quelqu’un, comme dans Hoy está muy simpático.
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Trois cents leçons progressives, des premiers sons jusqu’au programme du niveau B2, dans l’espagnol d’Amérique latine, chacune avec ses exercices corrigés. Elles complètent le cours audio : l’oreille d’un côté, la lecture et l’écriture de l’autre.
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C’est un imparfait qui raconte un fait unique et achevé, là où la conversation emploierait le prétérit : Dos días después, el presidente renunciaba veut dire que le président a démissionné, une fois. On l’appelle aussi imparfait de rupture.
Cherchez un repère qui date un fait unique, comme a los pocos días ou al día siguiente, puis remplacez l’imparfait par le prétérit. Si le sens ne change pas, l’imparfait est narratif ; s’il change, il peignait un décor, une habitude ou une action en cours.
Pour l’effet : l’imparfait narratif ralentit le récit sur un fait important et lui donne un ton grave, celui des livres d’histoire. Il ferme souvent un paragraphe ou un chapitre, comme un point final.
Non. À l’oral, on raconte au prétérit : El ministro renunció. Réservez l’imparfait narratif à l’écrit, avec un repère de temps, et avec mesure, car il perd son effet s’il revient à chaque phrase.
Oui : « Deux jours plus tard, le président démissionnait » fonctionne exactement comme la phrase espagnole. Vous pouvez donc traduire l’imparfait narratif par un imparfait français, ou par un passé composé si votre phrase le demande.
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