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Leçon #1 Gratuite
J’écoute ma première leçon d’espagnol La première des 41 leçons, en entier, quatorze minutes. Sans compte à créer et sans carte bancaire.

Vous écoutez et vous répétez à voix haute ce que vous entendez : les 41 leçons se déroulent toutes de cette façon.

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Leçon 280 — Bilan 28 : les nuances fines du verbe

À la fin de cette leçon, vous saurez vérifier que vous maîtrisez les valeurs fines des temps, de ser et estar, du gérondif, des périphrases et des pronoms, avec tout ce que l’unité 28 vous a appris. Vous saurez aussi raconter une installation à l’étranger avec nuance : Al cabo de cinco años, Rosa abría su propia fonda. ¿Quién lo diría?

Le cours d’espagnol se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.

Une leçon écrite, complément du cours audio. Cette page fait partie du cours d’espagnol écrit de LIMBA, en accès libre. Il accompagne le cours d’espagnol audio de l’application LIMBA, en leçons de 14 minutes : le cours audio vous fait parler, ces leçons écrites vous apprennent à lire, à écrire et à comprendre la mécanique de la langue.

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Sans règle nouvelle, cette leçon révise l’unité 28, puis la met en scène à Santiago, au Chili, dans la vie d’une cuisinière venue du Pérou. Vous saurez :

Avant de commencer. Gardez sous la main les leçons 271 à 279 : si une étape vous résiste, revenez à la leçon qu’elle revoit.

Durée. 60 minutes environ.

Étape 1 · Prétérit et imparfait : le sens et le récit

Cinq verbes changent de sens selon le temps (leçon 271). À l’imparfait (pretérito imperfecto), ils décrivent un état ; au prétérit, ils racontent le moment où tout bascule.

Les verbes qui changent de sens
VerbeImparfait : un étatPrétérit : un événement
sabersabía, je savaissupe, j’ai appris
conocerconocía, je connaissaisconocí, j’ai fait la connaissance de
quererquería, je voulaisquise, j’ai essayé ; no quise, j’ai refusé
poderpodía, je pouvaispude, j’ai réussi à
tenertenía, j’avaistuve, j’ai reçu, j’ai eu

La presse et le roman emploient aussi un imparfait narratif (leçon 272) : un fait ponctuel, présenté comme un tableau.

À vous

Cinq questions : le temps qui donne le bon sens, puis la valeur de l’imparfait narratif.

  1. Ayer ___ que mi prima está embarazada: me lo dijo por teléfono.
  2. Cuando era niña, ya ___ a mi vecino Tomás: jugábamos juntos en el patio.
  3. Pour dire Il a refusé de venir, en un seul acte, vous écrivez ___
  4. Después de tres horas, por fin ___ abrir la puerta con la otra llave.
  5. Dans le titre Dos días después, el presidente renunciaba, l’imparfait désigne ___.

Étape 2 · Ser, estar et dar : l’attitude et le sentiment

Un adjectif de caractère passe à estar pour un comportement d’un jour (leçon 273). Les sentiments se disent souvent avec dar, construit comme gustar : la chose ressentie est le sujet, et une proposition qui suit passe au subjonctif (leçon 278).

En Amérique. Au Mexique et en Amérique centrale, me da pena veut souvent dire « ça me gêne » ; en Colombie, ¡Qué pena! sert à s’excuser, comme « pardon » (la construction de gustar).

À vous

Cinq phrases à compléter : ser ou estar pour l’attitude, puis la construction de dar.

  1. Mi jefe es muy serio, pero hoy ___ muy simpático: nos trajo café a todos.
  2. No le pidas nada a Lucas esta mañana: ___ de malas.
  3. Puedes dejarle las llaves de tu casa a Inés: ___ de fiar.
  4. A mi abuela le ___ miedo los aviones.
  5. Me da pena que te ___ tan pronto, Mariana.

Étape 3 · Le gérondif et les périphrases

Le gérondif exprime la cause, la condition ou le moyen, et aun + gérondif la concession (leçon 274) : Estudiando así, vas a aprobar ; Aun estando cansada, salió. Il ne remplace jamais une relative : on écrit un libro que explica la gramática, et non *un libro explicando la gramática. Les périphrases des leçons 275 et 276 disent l’aboutissement et le résultat.

Les périphrases de l’unité 28
PériphraseSensExemple
llegar a + infinitifaboutir, au terme d’un effortLlegó a abrir un restaurante.
alcanzar a + infinitifavoir le temps de, de justesseNo alcancé a llegar.
terminar de + infinitifacheverTerminé de redactar el capítulo.
echarse a, romper a + infinitifse mettre soudain àSe echó a reír. Rompió a llorar.
tener, llevar + participe accordérésultat accumuléTengo escritas tres páginas.
dar por + participeconsidérer commeDoy por terminado el trabajo.
venir + gérondifdurée depuis un point passéVengo diciéndolo desde hace años.

En Amérique. Alcanzar a + infinitif est très courant pour ce qu’on a eu, ou non, le temps de faire : No alcancé a desayunar. L’Espagne dit plutôt no me dio tiempo a (leçon 275).

À vous

Six questions : le gérondif de condition, la relative, puis quatre périphrases.

  1. ___ todos los días, vas a mejorar tu pronunciación.
  2. Pour dire Un livre qui explique la grammaire, vous écrivez ___
  3. El bus salía a las ocho; corrí y por poco lo pierdo, pero ___ a subirme.
  4. Ya tengo ___ cuarenta páginas de la tesis.
  5. Cuando vio la escena final, el público ___ a llorar.
  6. Mi asesor ___ diciéndolo desde hace meses: la bibliografía es muy corta.

Étape 4 · Les pronoms expressifs et le subjonctif des relatives

Le se aspectuel souligne qu’une action va jusqu’au bout, et le datif d’intérêt montre qui en profite (leçon 277). Pour juger une œuvre ou une personne, la relative passe au subjonctif après un antécédent nié, et peut y passer après un superlatif, et les formules redoublées balaient toute objection (leçon 279).

À vous

Cinq questions : le se aspectuel, puis le subjonctif des relatives et des formules redoublées.

  1. Tenía tanta hambre que ___ todo el plato en cinco minutos.
  2. Pour souligner qu’Ana a lu tout le roman d’une traite, vous écrivez ___
  3. En este barrio no hay nadie que ___ como Rosa.
  4. ___ lo que pase, voy a terminar la tesis este año.
  5. Voy a comprar ese pasaje a Lima, cueste lo que ___.

Lecture · Echar raíces, à Santiago du Chili

Rosa est arrivée du Pérou il y a vingt ans. Sa fille Valentina vient de lui consacrer un documentaire. Le récit, puis la conversation du soir de la première.

Rosa Quispe llegó a Santiago de Chile en el invierno de 2004, con una maleta y dos hijos pequeños. No conocía a nadie. Venía de Arequipa, su ciudad natal, y salió del Perú a regañadientes: su esposo había perdido el trabajo y no hubo manera de pagar las deudas. Los primeros meses fueron duros. Trabajaba de día en una panadería y de noche limpiaba oficinas; los domingos se sentaba en la plaza y miraba las montañas sin decir nada.

Al cabo de un año, supo que había un curso gratis de cocina en el municipio. Quiso inscribirse en marzo, pero no alcanzó a llegar: el bus se demoró y la inscripción ya estaba cerrada. En agosto, por fin, pudo entrar. Con el tiempo, la cocina se convirtió en su manera de echar raíces. Cinco años después, Rosa abría su propia fonda en el barrio Independencia. A los pocos días, la gente hacía fila en la puerta.

Su hija Valentina, que tenía seis años al llegar, estudió cine y acaba de estrenar un documental sobre su madre. Después del estreno, en la fonda, madre e hija hablan.

Voir la traduction

Rosa Quispe est arrivée à Santiago du Chili pendant l’hiver 2004, avec une valise et deux jeunes enfants. Elle ne connaissait personne. Elle venait d’Arequipa, sa ville natale, et elle avait quitté le Pérou à contrecœur : son mari avait perdu son travail et il n’y avait eu aucun moyen de payer les dettes. Les premiers mois furent durs. Elle travaillait le jour dans une boulangerie et la nuit elle faisait le ménage dans des bureaux ; le dimanche, elle s’asseyait sur la place et regardait les montagnes sans rien dire.

Au bout d’un an, elle apprit qu’il y avait un cours de cuisine gratuit à la mairie. Elle essaya de s’inscrire en mars, mais elle n’eut pas le temps d’arriver : le bus fut en retard et les inscriptions étaient déjà closes. En août, enfin, elle réussit à entrer. Avec le temps, la cuisine devint sa manière de s’enraciner. Cinq ans plus tard, Rosa ouvrait son propre petit restaurant dans le quartier d’Independencia. Quelques jours après, les gens faisaient la queue à la porte.

Sa fille Valentina, qui avait six ans à l’arrivée, a étudié le cinéma et vient de présenter en avant-première un documentaire sur sa mère. Après la projection, au restaurant, mère et fille parlent.

Valentina — Maman, tu es très sérieuse ce soir. Ça ne t’a pas plu ? Rosa — Plu ? C’est le meilleur film que j’aie vu de ma vie. Mais j’ai eu honte de me voir pleurer à l’écran, devant tout le quartier. Valentina — Eh bien moi, ça m’a fait plaisir. Les gens ont éclaté de rire à la scène du gâteau, et ils ont fondu en larmes à la fin. Rosa — Celle de l’anniversaire de ton frère ? Ce jour-là, il a mangé le gâteau entier avant la fête. Valentina — Et toi, tu lui as pardonné en deux minutes. Tu sais ce que le public m’a demandé ? Comment une femme si timide en est arrivée à ouvrir un restaurant. Rosa — Je n’étais pas timide, j’étais de peu de mots. Et j’avais peur, une grande crainte de l’avenir. Mais j’avais aussi de l’enthousiasme. Valentina — Et de la persévérance. En travaillant comme ça, sans repos, comment n’allais-tu pas y arriver ? Rosa — En fin de compte, nous nous sommes tous sacrifiés : ton père, ton frère, toi. Il y a eu des années de sacrifice. Mais qui l’eût cru ? Aujourd’hui, j’ai remboursé toutes les dettes et cela fait vingt ans que je suis dans cette ville. Valentina — Et qu’est-ce qui a été le plus difficile ? Rosa — Apprendre à ne pas tenir les choses pour perdues. Quand ils ont fermé les inscriptions du cours, j’ai bien failli abandonner. Valentina — Ça me fait de la peine que tu aies tant souffert. Mais je suis fière de toi. Rosa — Ce n’est pas si grave, ma fille. Ce que je ressens, c’est de la reconnaissance : envers ce pays, envers les gens du quartier et envers toi, qui as raconté notre histoire sans rien cacher. Valentina — Et l’étonnement de la fin ? Quand le public t’a applaudie, tu étais très nerveuse. Rosa — C’est que je ne le savais pas. Ce soir-là, j’ai appris que mon histoire comptait pour d’autres. Le dépassement de soi n’est pas seulement le mien, Valentina : il est à tous ceux qui se sont installés loin de leur patrie. Valentina — Alors j’ai déjà un titre pour le prochain documentaire. Rosa — Lequel ? Valentina — Au bout de vingt ans.

Écrire · Raconter l’installation d’un ami

Rédaction guidée : vous racontez la vie de votre ami Andrés, un Colombien installé à Ciudad de México. Une phrase par consigne.

Corrigé
  • Andrés llegó a Ciudad de México hace diez años y no conocía a nadie. (l’imparfait pour l’état)
  • Salió de Colombia a regañadientes y tenía temor al porvenir.
  • Al cabo de dos años, llegó a abrir un restaurante, trabajando de día y de noche.
  • Ya tiene pagadas todas sus deudas. (le participe accordé avec deudas)
  • Me da pena que esté lejos, pero con el tiempo echó raíces.
  • Es el amigo más trabajador que haya conocido. ¿Quién lo diría?

Pour l’avenir, vous pouvez aussi écrire tenía miedo del futuro, plus courant que el porvenir, qui reste soutenu.

Vocabulaire de la leçon

Les quinze mots nouveaux de la leçon 280
EspagnolFrançaisRemarque
echar raícess’enraciner, s’installer durablementLocution verbale : echó raíces en Santiago.
el sacrificiole sacrificeNom masculin : años de sacrificio.
sacrificarsese sacrifierVerbe pronominal ; c devient qu devant e : me sacrifiqué.
la superaciónle dépassement de soiNom féminin, de superar, déjà vu.
el entusiasmol’enthousiasmeNom masculin : tener entusiasmo.
el temorla crainteNom masculin, plus soutenu que el miedo : temor al porvenir.
el asombrol’étonnementNom masculin, de asombrarse, déjà vu.
a regañadientesà contrecœurLocution adverbiale : salió a regañadientes.
el porvenirl’avenirNom masculin, soutenu ; à l’oral, el futuro.
al cabo deau bout deLocution devant une durée : al cabo de dos años.
con el tiempoavec le tempsLocution, souvent en tête de phrase.
a fin de cuentasen fin de compteLocution qui conclut un raisonnement.
¿quién lo diría?qui l’eût cru ?Formule au conditionnel, à retenir telle quelle.
la perseveranciala persévéranceNom féminin.
el agradecimientola reconnaissance, la gratitudeNom masculin, de agradecer.

Bilan

Toute l’unité

Douze questions qui mêlent toute l’unité, les mots nouveaux et la lecture.

  1. Cuando llegó a Santiago, Rosa no ___ a nadie.
  2. Dans la lecture, Rosa n’a pas pu s’inscrire en mars parce que ___.
  3. Hoy Rosa tiene ___ todas las deudas.
  4. A los padres de Andrés les ___ mucha pena las despedidas.
  5. Dans la lecture, Rosa se décrit non comme timide, mais comme une femme ___.
  6. Rosa salió del Perú ___: no quería dejar Arequipa.
  7. ___ dos años en Monterrey, Lucas ya tenía muchos amigos.
  8. Después de veinte años en Quito, Jorge ya echó ___ allá.
  9. ___ todos los días, Rosa logró abrir su fonda.
  10. Yo me ___ durante años para pagar la universidad de mis hijos.
  11. Dans la lecture, à la fin, Rosa ressent surtout ___.
  12. Aun ___ cansada, Rosa limpiaba oficinas de noche.

Pour aller plus loin

Pour llegar a, alcanzar a, tener + participe et venir + gérondif, revoyez les leçons 275 et 276 ; la page de référence les périphrases verbales reprend les périphrases de base. Pour les autres points de l’unité, voyez prétérit ou imparfait, les adjectifs à bascule et les limites du gérondif. Réécoutez aussi le cours audio d’espagnol, et retrouvez le chemin parcouru dans le sommaire du cours écrit.

La leçon suivante ouvre l’unité 29 avec les marqueurs de l’oral : o sea, bueno, pues.

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Le cours d’espagnol écrit, leçon par leçon

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L’espagnol d’Amérique latine, tel qu’on le parle

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  • Deux leçons gratuitesLes deux premières leçons ne coûtent rien ; l’abonnement se prend dans l’application, si la méthode me convient.
  • J’apprends par l’oreilleJe n’écris rien : j’écoute, je répète à voix haute, je parle.

Questions fréquentes

Pourquoi une leçon de bilan, sans grammaire nouvelle ?

Parce que l’unité 28 a affiné beaucoup de points déjà connus : les temps du passé, ser et estar, le gérondif, les périphrases, les pronoms et le subjonctif des relatives. Le bilan vérifie que ces nuances tiennent ensemble dans un vrai récit. Si une étape vous résiste, revenez à la leçon indiquée dans l’étape.

Quelle différence entre no quiso et no quería ?

No quería venir décrit un état : il n’avait pas envie de venir, peut-être est-il venu quand même. No quiso venir raconte un refus, un acte : il a refusé, et il n’est pas venu.

Faut-il accorder le participe après tener ?

Oui. Dans Tengo escritas tres páginas, le participe s’accorde avec le complément, comme un adjectif. C’est ce qui distingue cette périphrase du passé composé, où le participe reste invariable : He escrito tres páginas.

El temor et el miedo, est-ce la même chose ?

Presque. El miedo est le mot courant, pour une peur concrète : Me dan miedo los aviones. El temor est plus soutenu et convient à une inquiétude réfléchie, devant l’avenir : temor al porvenir.

Quand employer ¿quién lo diría? ?

Pour souligner qu’un résultat dépasse ce qu’on attendait, souvent après le récit d’un effort : Hoy tengo mi propia fonda. ¿Quién lo diría? La formule se retient telle quelle, au conditionnel, avec ses signes ¿ et ?.

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