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À la fin de cette leçon, vous saurez exprimer une réaction passée avec le bon temps du subjonctif : Me alegró que vinieras, Le molestó que no avisaran. Vous saurez aussi nuancer vos émotions, de la gratitude à la rancune : Me conmovió que me ayudaras; te lo agradezco de corazón.
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Vous savez dire Me alegra que vengas depuis la leçon 181. Mais une émotion se raconte souvent après coup : la joie d’une visite, la peine d’un silence, la colère devant un mensonge. Le verbe de sentiment passe alors au passé, et le subjonctif le suit. Vous saurez :
Avant de commencer. Revoyez le subjonctif après les verbes de sentiment des leçons 181 et 182, les formes de l’imparfait du subjonctif des leçons 221 et 222, et les premiers cas de concordance de la leçon 226 : cette leçon les réunit.
Durée. 50 minutes environ.
La règle tient en une ligne : quand le verbe de sentiment est au présent, le subjonctif est au présent ; quand il est au passé, le subjonctif passe à l’imparfait (pretérito imperfecto de subjuntivo). Prétérit, imparfait, plus-que-parfait ou conditionnel : tous appellent vinieras, avisaran, llamara.
| Verbe principal | Exemple | Français |
|---|---|---|
| présent | Me alegra que vengas. | Je suis content que tu viennes. |
| futur | Me alegrará que vengas. | Je serai content que tu viennes. |
| prétérit | Me alegró que vinieras. | J’ai été content que tu viennes. |
| imparfait | Me alegraba que vinieras. | J’étais content que tu viennes. |
| plus-que-parfait | Me había alegrado que vinieras. | J’avais été content que tu viennes. |
| conditionnel | Me alegraría que vinieras. | Je serais content que tu viennes. |
Le français courant garde « que tu viennes » même après un passé ; l’espagnol, lui, change de temps. La règle de la leçon 181 reste valable : si la personne qui ressent et celle qui agit sont la même, on emploie l’infinitif. Me alegró verte, « j’ai été content de te voir », mais Me alegró que vinieras.
Cinq phrases à compléter par la forme qui respecte la concordance des temps.
Trois verbes neufs se construisent comme gustar : la chose qui émeut est le sujet, la personne émue est le pronom me, te, le, nos, les. Quand le sujet est une proposition en que, le verbe reste au singulier. Conmover, « émouvoir, toucher », diphtongue en ue au présent : me conmueve. Herir, « blesser » au sens moral, diphtongue en ie au présent (me hiere) et prend un i à la troisième personne du prétérit, comme pedir : hirió, hirieron, d’où le subjonctif hiriera. Indignar, « indigner », est régulier.
| Verbe | Au présent | Au passé, avec la concordance |
|---|---|---|
| conmover | Me conmueve tu carta. | Me conmovió que vinieras. |
| herir | Me hiere su silencio. | Me hirió que no me llamara. |
| indignar | Nos indigna que mientan. | Nos indignó que mintieran. |
Vous connaissez emocionar, construit lui aussi comme gustar : Me emocionó la canción. Son pronominal emocionarse fait de la personne émue le sujet : Me emocioné, « j’ai été ému ». Attention à l’adjectif emocionado : selon le contexte, il veut dire « ému » ou « enthousiaste, impatient ».
Cinq phrases à compléter par la forme du verbe qui convient à la construction.
Pour décrire l’état dans lequel une chose vous a mis, l’espagnol emploie estar, sentirse ou quedar suivis d’un adjectif accordé : Estaba abrumada, Me sentí frustrado, Quedé decepcionada. Pour dire ce qui a provoqué l’état, retenez la tournure me dejó + adjectif + que + subjonctif : Me dejó desconcertado que no respondiera, « cela m’a déconcerté qu’il ne réponde pas ».
| Adjectif | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| conmovido | ému, touché, d’une émotion douce | Estoy conmovido por tu carta. |
| conmocionado | bouleversé, sous le choc | Después del terremoto, la ciudad estaba conmocionada. |
| decepcionado | déçu | Quedé decepcionado con el final de la serie. |
| abrumado | accablé, débordé | Estaba abrumada por tantos mensajes. |
| desconcertado | déconcerté, désorienté | Me dejó desconcertado que mi jefe no respondiera. |
| frustrado | frustré | Me sentía frustrada porque no podía hacer nada. |
| indignado | indigné | Los vecinos estaban indignados. |
| dolido | blessé, peiné | Estoy dolido porque no me invitaste. |
| resentido | plein de ressentiment, rancunier | Mi tío sigue resentido con su hermano. |
Trois paires demandent de l’attention. Conmovido dit l’émotion tendre d’un geste qui touche, conmocionado le choc d’une nouvelle terrible. Dolido dit une blessure récente, resentido une rancune qui s’installe. Enfin, decepcionado n’est pas un faux ami, mais un piège de calque : il veut dire « déçu », et le français « déceptionné » n’existe pas. Retenez aussi sentir impotencia, « se sentir impuissant », guardar rencor a alguien, « garder rancune à quelqu’un », et con lágrimas en los ojos, « les larmes aux yeux ». La locution de corazón renforce un remerciement : Te lo agradezco de corazón.
Cinq phrases à compléter par le mot qui nomme le mieux l’émotion décrite.
À l’oral, en Amérique, beaucoup de locuteurs gardent le présent du subjonctif après un verbe au passé quand le fait reste vrai, ou reste à faire, au moment où l’on parle. Si votre collègue vous a demandé hier de l’appeler demain, l’appel est encore à venir : on entend souvent Me pidió que lo llame. Si votre amie va toujours mieux aujourd’hui, on entend Me alegró que estés mejor. Cet usage est toléré à l’oral ; l’écrit soigné, lui, garde l’imparfait : Me pidió que lo llamara, Me alegró que estuvieras mejor.
| Situation | À l’oral, toléré | À l’écrit |
|---|---|---|
| demande encore à faire | Me pidió que lo llame mañana. | Me pidió que lo llamara mañana. |
| fait encore vrai | Me alegró que estés mejor. | Me alegró que estuvieras mejor. |
| fait terminé | Me alegró que vinieras el sábado. | Me alegró que vinieras el sábado. |
La dernière ligne fixe la limite : quand le fait est entièrement passé, seul l’imparfait convient, à l’oral comme à l’écrit. On ne dit donc pas *El sábado pasado me alegró que vengas, car la venue est terminée ; on dit El sábado pasado me alegró que vinieras. Vous, respectez toujours la concordance.
En Amérique. Le présent du subjonctif après un verbe principal au passé (Me pidió que lo llame) s’entend dans tout le continent, surtout quand l’action reste à venir ; l’Espagne l’emploie aussi. L’écrit soigné, des deux côtés de l’Atlantique, préfère l’imparfait : voyez la page après que.
Cinq phrases à compléter selon la situation indiquée : écrit soigné, oral américain ou fait terminé.
À Guadalajara, la grand-mère de Daniela vient de fêter ses quatre-vingts ans. Quelques jours plus tard, Daniela raconte la fête par vidéo à son cousin Andrés, qui vit à Valparaíso. Relevez chaque verbe de sentiment au passé et le subjonctif qui le suit.
— Salut, cousine ! Comment s’est passé votre samedi ? Je suis vraiment désolé, je n’ai pas pu venir. — Oh, Andrés, ça a été une journée pleine d’émotions. Tu sais qui est arrivé par surprise ? Tomás, depuis le Canada ! — Sérieusement ? Pas possible ! — Si. Grand-mère a été si émue que les larmes lui sont venues. Moi, j’ai été touchée que Tomás vienne de si loin pour une seule journée. — Que c’est beau ! Et tante Rosa ? — C’est ça, le problème. Elle n’est pas venue et elle n’a pas prévenu. Grand-mère l’a attendue tout l’après-midi et elle a été très peinée. Cela l’a blessée que sa propre fille ne l’appelle pas une seule fois. — Et Rosa, qu’est-ce qu’elle a dit ? — Elle m’a appelée dimanche. Elle était déconcertée : elle dit que personne ne lui a envoyé l’invitation. Ça m’a déconcertée moi aussi, parce que je la lui ai envoyée moi-même par courriel. — Le courriel s’est peut-être perdu. — Peut-être bien. Elle m’a demandé de l’appeler cette semaine pour parler calmement. — On m’a raconté qu’il y avait eu aussi un problème avec le restaurant. — Ne m’en parle pas ! Vendredi, le restaurant a annulé notre réservation. Cela m’a indignée qu’ils nous préviennent un jour avant seulement, et sans rien expliquer. Ma mère ne cachait pas son indignation. J’ai appelé le gérant, mais il n’a rien voulu faire, et je me suis sentie terriblement impuissante. J’étais débordée : quarante invités et aucun endroit. — Et qu’est-ce que vous avez fait ? — Doña Lupe, la voisine, nous a prêté sa terrasse, et d’autres voisins ont apporté des tables, des chaises et à manger : du mole, des tamales, de tout. J’ai été surprise que tant de gens veuillent aider. — Quels gens généreux ! — Oui. À la fin, grand-mère a pris la parole et, les larmes aux yeux, elle a remercié tout le monde. Elle a dit qu’elle les remerciait du fond du cœur. Sa gratitude nous a tous touchés. — Et grand-mère est toujours triste à cause de l’histoire avec Rosa ? — Un peu. Elle est peinée, mais elle n’est pas rancunière. Tu sais comment elle est : elle ne garde rancune à personne. — Grand-mère est comme ça. Moi, je me suis senti frustré toute la semaine de ne pas pouvoir être là-bas. — Elle le comprend. Cela lui a fait très plaisir que tu l’appelles samedi matin. Rappelle-la, d’accord ? — Bien sûr. Et embrasse Tomás pour moi.
Écrivez chaque phrase en respectant la concordance, puis comparez avec le corrigé.
| Espagnol | Français | Remarque |
|---|---|---|
| conmovido | ému, touché | Adjectif, avec estar : estar conmovido. |
| decepcionado | déçu | Piège de calque : « déçu », pas « déceptionné » ; quedar decepcionado. |
| abrumado | accablé, débordé | Estar abrumado por algo. |
| resentido | plein de ressentiment, rancunier | Estar resentido con alguien. |
| desconcertado | déconcerté, désorienté | Me dejó desconcertado que no respondiera. |
| conmocionado | bouleversé, sous le choc | Pour une nouvelle terrible ; à distinguer de conmovido. |
| indignado | indigné | Adjectif, avec estar. |
| frustrado | frustré | Me sentí frustrado. |
| dolido | blessé, peiné (moralement) | Blessure récente ; resentido dit la rancune qui dure. |
| conmover | émouvoir, toucher | Diphtongue o > ue : me conmueve ; Me conmovió que vinieras. |
| emocionarse | être ému, s’émouvoir | Emocionado = ému ou enthousiaste selon le contexte. |
| la indignación | l’indignation | Nom féminin en -ción. |
| herir | blesser (moralement) | Diphtongue e > ie : hiere ; prétérit hirió ; Me hirió que no me llamara. |
| indignar | indigner | Construit comme gustar : Me indignó que mintieran. |
| la gratitud | la gratitude | Nom féminin : sentir gratitud hacia alguien. |
| el rencor | la rancune | Nom masculin, à l’inverse du français : guardar rencor a alguien. |
| de corazón | du fond du cœur | Te lo agradezco de corazón. |
| la impotencia | l’impuissance | Sentir impotencia. |
| la lágrima | la larme | Con lágrimas en los ojos, les larmes aux yeux. |
Douze questions sur toute la leçon : la concordance des temps, les verbes construits comme gustar, les émotions nuancées, l’oral américain et la lecture.
La page de référence après que reprend tous les verbes de sentiment, de volonté et de doute ; la concordance des temps au complet est sur la page fabriquer le subjonctif. Pour revoir les formes en -ra, consultez fabriquer le subjonctif. Réécoutez le cours audio et retrouvez toutes les leçons dans le sommaire du cours écrit.
La leçon suivante vous apprend à exprimer la surprise ou l’incrédulité devant un fait antérieur, avec le plus-que-parfait du subjonctif.
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Trois cents leçons progressives, des premiers sons jusqu’au programme du niveau B2, dans l’espagnol d’Amérique latine, chacune avec ses exercices corrigés. Elles complètent le cours audio : l’oreille d’un côté, la lecture et l’écriture de l’autre.
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Parce que l’espagnol respecte la concordance des temps : un verbe de sentiment au passé, ici alegró, entraîne l’imparfait du subjonctif, vinieras. Le français courant garde « que tu viennes », mais l’espagnol change de temps.
Le prétérit, l’imparfait, le plus-que-parfait et le conditionnel : Me alegró, Me alegraba, Me había alegrado, Me alegraría que vinieras. Le présent et le futur entraînent le présent : Me alegra que vengas.
À l’oral américain, c’est un usage toléré quand l’action reste à faire ou que le fait reste vrai au moment où l’on parle. À l’écrit soigné, gardez l’imparfait : Me pidió que lo llamara. Quand le fait est terminé, seul l’imparfait convient.
Conmovido dit l’émotion douce d’un geste qui touche : Estoy conmovido por tu carta. Conmocionado dit le choc d’une nouvelle terrible : La ciudad estaba conmocionada.
Non : selon le contexte, il veut dire « ému » ou « enthousiaste, impatient ». Estoy emocionado con el viaje parle d’impatience. Pour l’émotion qui monte, on emploie volontiers le pronominal : Me emocioné.
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