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Leçon #1 Gratuite
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Leçon 240 — Bilan 24 : hypothèses, regrets et concordance

À la fin de cette leçon, vous saurez vérifier que vous accordez les quatre temps du subjonctif et que vous formulez hypothèses, reproches et regrets sur le passé, avec tout ce que l’unité 24 vous a appris. Vous saurez aussi dire à un proche, après des mois de silence : Debí haberte llamado. Si lo hubiera sabido, habría venido.

Le cours d’espagnol se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.

Une leçon écrite, complément du cours audio. Cette page fait partie du cours d’espagnol écrit de LIMBA, en accès libre. Il accompagne le cours d’espagnol audio de l’application LIMBA, en leçons de 14 minutes : le cours audio vous fait parler, ces leçons écrites vous apprennent à lire, à écrire et à comprendre la mécanique de la langue.

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Sans règle nouvelle, cette leçon révise l’unité 24, puis la met en scène à Popayán, en Colombie. Vous saurez :

Avant de commencer. Gardez sous la main les leçons 231 à 239 : la concordance est traitée en 231 et 233, le conditionnel passé en 234, les phrases avec si en 235 et 236, les regrets en 237, les suppositions en 238 et l’ordre rapporté en 239. Si une étape vous résiste, revenez à la leçon qu’elle revoit.

Durée. 60 minutes environ.

Étape 1 · Accorder les temps du subjonctif

Le temps du subjonctif dépend du verbe principal, présent ou passé, et de l’antériorité du fait subordonné. Au présent, on choisit le subjonctif présent ou le passé du subjonctif (haya + participe) ; au passé, l’imparfait du subjonctif ou le plus-que-parfait du subjonctif (hubiera + participe).

Les quatre temps du subjonctif selon le verbe principal
Verbe principalFait simultané ou à venirFait antérieur
au présentNo creo que venga.No creo que haya venido.
au passéNo creía que viniera.No creía que hubiera venido.

En Amérique. À l’oral, après un verbe au passé, on entend souvent le subjonctif présent quand le fait reste vrai : Me pidió que lo llame. L’écrit garde l’imparfait : Me pidió que lo llamara.

À vous

Cinq phrases à compléter : le temps du subjonctif, ou de l’indicatif, qui convient au verbe principal.

  1. Me alegró mucho que ustedes ___ a la fiesta de la tía.
  2. No creo que Andrés ___ el cumpleaños de su mamá; seguramente la llamará hoy.
  3. Cuando llegué, me sorprendió que todos ya ___.
  4. Es normal que ___ tensión en la familia después de un conflicto así.
  5. A Camila le molestó que su novio no le ___ la verdad.

Étape 2 · Le conditionnel passé et l’infinitif composé

Le conditionnel passé (condicional compuesto) se forme avec le conditionnel de haber et le participe, qui ne s’accorde jamais. Il sert à trois choses : une hypothèse sur le passé, un reproche, un regret.

Le conditionnel passé de llamar
Personnellamar
yohabría llamado
túhabrías llamado
él / ella / ustedhabría llamado
nosotros / nosotrashabríamos llamado
ellos / ellas / ustedeshabrían llamado

Sans changement de sujet, l’infinitif composé remplace le subjonctif, le pronom attaché à haber : Siento no haberte llamado (je regrette de ne pas t’avoir appelé).

À vous

Cinq phrases à compléter : le conditionnel passé, l’infinitif composé, puis un verbe nouveau.

  1. Yo en tu lugar ___ a tu hermano antes de la fiesta.
  2. ¡Me dijiste que no venías el mismo día de la cena! ___ avisarme antes.
  3. Siento no ___ en el cumpleaños de tu mamá.
  4. Después de ___ con su tía, Andrés entendió lo que había pasado.
  5. Fue mi error, y lo ___: no te avisé a tiempo.

Étape 3 · Imaginer un passé différent

Pour un passé imaginé, si prend le plus-que-parfait du subjonctif ; la conséquence passée se met au conditionnel passé, la conséquence présente au conditionnel simple.

Les trois montages de l’irréel
MontageAprès siConséquenceExemple
passé imaginé, suite passéehubiera + participehabría + participeSi lo hubiera sabido, habría venido.
passé imaginé, suite présentehubiera + participeconditionnelSi hubiera estudiado, hoy tendría otro trabajo.
présent imaginé, suite passéeimparfait du subjonctifhabría + participeSi fuera más paciente, no habría discutido con ella.

Après si, jamais de conditionnel : *si habría sabido est fautif, comme « si j’aurais su » en français. Dites si hubiera sabido.

En Amérique. On entend très souvent hubiera dans les deux parties : Si lo hubiera sabido, hubiera venido. Cet usage est courant et admis ; la forme en -se (hubiese) reste surtout écrite (les phrases avec si).

À vous

Cinq phrases à compléter : le temps après si, celui de la conséquence, puis deux noms nouveaux.

  1. Si Andrés ___ la verdad, habría tomado el avión.
  2. Si me hubieras avisado, hoy no ___ peleados.
  3. Si yo ___ más paciente, no habría discutido con mi hermana ayer.
  4. En otras ___, la tía habría dicho la verdad.
  5. Si no hubieran hablado en diciembre, el ___ del conflicto habría sido muy distinto.

Étape 4 · Regretter et supposer

Le regret sur le passé prend ojalá + plus-que-parfait du subjonctif, l’exclamation ¡Si lo hubiera sabido!, ou debí (ou debería) + haber + participe, très usuel en Amérique. Pour une supposition, on choisit le temps selon le moment dont on parle.

Supposer un fait passé
Le fait supposéTempsExemple
un passé proche du présentfutur antérieur¿Andrés no contesta? Habrá salido.
un fait du passéconditionnelEn el entierro habría unas cien personas.
un passé dans le passéconditionnel passéCuando llegaste, la tía ya habría salido.

À vous

Cinq phrases à compléter : le regret, puis la supposition au bon temps, puis une locution nouvelle.

  1. Ojalá ___ más tiempo con la abuela antes de que falleciera.
  2. Lo siento, Andrés: debí ___ antes.
  3. —Andrés no contesta desde hace una hora. —___ temprano a trabajar.
  4. Ayer, en el entierro, ___ unas cien personas, más o menos.
  5. —Andrés estaba enfermo esa semana. —¡___ no vino a la cena!

Étape 5 · Rapporter un ordre et parler d’un conflit

Un ordre, une demande ou un conseil rapporté au passé passe à l’imparfait du subjonctif. Avec decir, le mode change le sens : Me dijo que venía rapporte une information (il venait), Me dijo que viniera un ordre (de venir).

Pour parler du conflit lui-même :

À vous

Cinq phrases à compléter : l’ordre ou l’information rapportés, puis deux mots nouveaux.

  1. La tía le dijo a Andrés que no ___ al entierro.
  2. Andrés me dijo que ___ en México desde hacía diez años.
  3. Mi mamá me aconsejó que ___ con mi hermano, y lo hice esa misma noche.
  4. Desde la muerte de la abuela, se notaba mucha ___ entre los dos hermanos.
  5. Nadie dijo nada durante dos años, pero ___ la verdad iba a salir.

Lecture · Lo que nadie dijo, à Popayán

Popayán, au sud-ouest de la Colombie, en décembre : la famille dîne chez la tante Rosario.

Hace dos años, la abuela Inés falleció en Popayán. Valentina la cuidó hasta el último día. Su hermano Andrés, que vive en Ciudad de México, no vino al entierro. A raíz de eso, surgió entre los dos un conflicto que nadie se atrevía a enfrentar. En cada reunión de la familia se notaba la tensión: Valentina casi no le hablaba, y Andrés llegaba tarde y se iba temprano.

Este diciembre, en la casa de la tía Rosario, Valentina decidió sincerarse con él. Después de la cena, salieron al patio.

Valentina miró a su hermano, y el malestar de dos años se fue poco a poco. El desenlace llegó con un abrazo: los dos hermanos hicieron las paces, y Andrés prometió volver en abril, para el cumpleaños de la tía.

Voir la traduction

Il y a deux ans, la grand-mère Inés est décédée à Popayán. Valentina s’est occupée d’elle jusqu’au dernier jour. Son frère Andrés, qui vit à Mexico, n’est pas venu à l’enterrement. À la suite de cela, un conflit est apparu entre eux deux, que personne n’osait affronter. À chaque réunion de famille, on sentait la tension : Valentina ne lui parlait presque pas, et Andrés arrivait tard et repartait tôt.

Ce mois de décembre, chez la tante Rosario, Valentina a décidé de parler franchement avec lui. Après le dîner, ils sont sortis dans la cour.

Valentina — Andrés, il faut qu’on parle. Tôt ou tard, il fallait qu’on parle de ça. Ça m’a fait énormément de peine que tu ne viennes pas à l’enterrement de grand-mère. Je n’ai jamais compris pourquoi. Andrés — Et pourquoi tu ne me l’as pas demandé avant ? Valentina — Parce que j’étais très blessée. En plus, j’avais un soupçon : j’ai pensé que la famille ne comptait plus pour toi. Andrés — C’est ce que tu croyais ? Au fond, je ne t’en veux pas. À ta place, j’aurais pensé la même chose. Mais il y a une chose que tu ne sais pas. Tante Rosario m’a appelé ce soir-là et m’a dit de ne pas venir. Valentina — Ce n’est pas possible ! Pourquoi elle t’aurait dit ça ? Andrés — À cause des circonstances. Elle m’a expliqué que grand-mère avait demandé une petite cérémonie, seulement avec les gens de Popayán, et elle m’a demandé de ne pas dépenser d’argent pour un vol si cher. Elle m’a supplié de t’appeler après. Valentina — Et tu ne m’as jamais appelée. Andrés — Non. J’aurais dû t’appeler, je le sais. J’assume ma part de responsabilité. Si je t’avais appelée, nous n’aurions pas passé deux ans sans nous parler. Si seulement j’avais pris cet avion malgré tout. Valentina — Pas étonnant que tante Rosario n’ait jamais voulu parler du sujet ! Elle aura pensé qu’il valait mieux se taire. Andrés — Sûrement. Si tu veux, on lui demande son témoignage tout de suite.

Tante Rosario, qui avait tout entendu depuis la cuisine, est sortie dans la cour. Tante Rosario — C’est vrai, Valentina. Ta grand-mère me l’a demandé ainsi, et je n’ai pas su comment te le dire. Je suis vraiment désolée. Je ne croyais pas qu’un silence puisse faire autant de mal. Valentina — Si tu me l’avais dit, tante, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Mais ce qui est fait est fait. Andrés — À la longue, le silence fait plus de mal que la vérité.

Valentina a regardé son frère, et le malaise de deux ans s’est dissipé peu à peu. Le dénouement est venu avec une étreinte : le frère et la sœur se sont réconciliés, et Andrés a promis de revenir en avril, pour l’anniversaire de leur tante.

Écrire · Un message après une dispute

Rédaction guidée : votre ami Sebastián, absent à votre anniversaire, était en fait à l’hôpital. Écrivez-lui, une phrase par consigne, en le tutoyant.

Corrigé
  • Me dolió que no vinieras a mi cumpleaños. (ou que no hubieras venido, si vous insistez sur l’antériorité)
  • No sabía que estabas en el hospital: ¡con razón no contestabas!
  • Si lo hubiera sabido, te habría llamado enseguida. (en Amérique, aussi te hubiera llamado)
  • Debí haberte preguntado qué pasaba. ou Ojalá te hubiera preguntado qué pasaba.
  • Mi mamá me aconsejó que me sincerara contigo.
  • En el fondo, sé que a la larga es mejor enfrentar los problemas.

Vocabulaire de la leçon

Les seize mots nouveaux de la leçon 240
EspagnolFrançaisRemarque
el malestarle malaiseNom masculin, comme el bienestar : el malestar de dos años.
la tensiónla tensionNom féminin en -ción / -sión ; pluriel sans tilde, las tensiones.
enfrentaraffronter, faire face àVerbe régulier en -ar, sans préposition : enfrentar el problema.
asumirassumerVerbe régulier en -ir ; aussi « supposer » en Amérique : Asumo que ya lo sabes.
la sospechale soupçonNom féminin, de sospechar (leçon 164).
el testimoniole témoignageNom masculin ; celui qui le donne est el testigo (leçon 159).
a raíz deà la suite deLocution suivie d’un nom ou de eso : a raíz de eso.
en el fondoau fondLocution, en tête de phrase le plus souvent.
con razónpas étonnant, voilà pourquoiLocution de l’oral : ¡Con razón no vino!
la circunstanciala circonstanceNom féminin, souvent au pluriel : en otras circunstancias.
el desenlacele dénouement, l’issueNom masculin : el desenlace del conflicto.
a la largaà la longueLocution.
tarde o tempranotôt ou tardLocution, ordre inverse du français.
sincerarseouvrir son cœur, parler franchementVerbe pronominal régulier : sincerarse con alguien.
el conflictole conflitNom masculin.
surgirsurgir, apparaîtreVerbe en -ir ; g > j devant o et a : surjo, que surja.

Bilan

Toute l’unité

Dix questions qui mêlent toute l’unité et la lecture.

  1. La tía me pidió que no le ___ a nadie lo del vuelo.
  2. No creía que mi hermano ___ capaz de mentirme.
  3. Si la tía ___ la verdad desde el principio, no habría surgido ningún conflicto.
  4. Lamento no ___ contigo antes, Andrés.
  5. Dans la lecture, Valentina soupçonnait que son frère ___.
  6. Dans la lecture, Andrés n’est pas venu à l’enterrement parce que ___.
  7. Dans la lecture, Andrés reconnaît sa faute en disant ___
  8. Dans la lecture, le dénouement du conflit est ___.
  9. Pour dire Si j’avais su, je serais venu, vous écrivez ___
  10. ___, Valentina nunca dejó de querer a su hermano: solo estaba dolida.

Pour aller plus loin

La page de référence les phrases avec si reprend les trois montages de l’irréel. Réécoutez aussi le cours audio d’espagnol, et retrouvez le chemin parcouru dans le sommaire du cours écrit.

La leçon suivante ouvre l’unité 25 : rapporter au passé des questions et des opinions.

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L’espagnol d’Amérique latine, tel qu’on le parle

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Questions fréquentes

Pourquoi une leçon de bilan, sans grammaire nouvelle ?

Parce que l’unité 24 a posé le système complet du subjonctif et de l’irréel : quatre temps à accorder, le conditionnel passé, trois montages avec si, les regrets, les suppositions et l’ordre rapporté. Le bilan vous permet de vérifier que tout tient ensemble. Si une étape vous résiste, revenez à la leçon indiquée dans « Avant de commencer ».

Comment choisir entre haya hecho et hubiera hecho ?

Regardez le verbe principal. Au présent, le fait antérieur prend le passé du subjonctif : No creo que lo haya hecho. Au passé, il prend le plus-que-parfait du subjonctif : No creía que lo hubiera hecho. Le français, lui, emploie « qu’il l’ait fait » dans les deux cas, d’où l’hésitation.

Peut-on dire si lo hubiera sabido, hubiera venido ?

Oui. En Amérique, hubiera dans les deux propositions est très courant et admis, à l’oral comme à l’écrit courant. Si lo hubiera sabido, habría venido reste la forme la plus nette, celle que le cours vous fait produire. Une seule règle ne souffre pas d’exception : jamais de conditionnel après le si d’hypothèse.

Quelle différence entre me dijo que venía et me dijo que viniera ?

L’indicatif rapporte une information : Me dijo que venía, il m’a dit qu’il venait. Le subjonctif rapporte un ordre ou une demande : Me dijo que viniera, il m’a dit de venir. Le verbe decir est le même ; c’est le mode qui change le sens.

Que veut dire exactement con razón ?

C’est la réaction de quelqu’un qui comprend enfin la cause d’un fait : —Estaba enfermo. —¡Con razón no vino!, « Pas étonnant qu’il ne soit pas venu ! ». Ne le confondez pas avec tener razón, avoir raison.

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