Le pinyin emploie l’alphabet latin, ce qui le rend lisible au premier coup d’œil et trompeur au second. Ses lettres ne valent ni pour le français ni pour l’anglais : elles valent pour un système qu’il faut apprendre une fois.
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Le 汉语拼音 Hànyǔ pīnyīn, littéralement « épeler les sons de la langue chinoise », est le système de transcription du mandarin standard en lettres latines. Il a été adopté en février 1958 par l’Assemblée nationale populaire, puis retenu par l’Organisation internationale de normalisation en 1982 sous la référence ISO 7098. C’est lui qui a remplacé les graphies anciennes auxquelles le français était habitué : 北京 Běijīng pour « Peking », 毛泽东 Máo Zédōng pour « Mao Tsé-toung ».
Retenez ce qu’il n’est pas. Le pinyin n’est pas l’alphabet du mandarin : la langue s’écrit en caractères, et le pinyin sert à les prononcer, à les taper au clavier et à les chercher dans un dictionnaire. Ce que recouvre un caractère est expliqué à la page comment est fait un caractère, et la question de savoir s’il faut les apprendre est traitée à la page faut-il apprendre les caractères.
Ce que cette page ne fait pas. Elle décrit des lettres et des conventions d’écriture, non des sons. Le souffle, l’articulation et les séries de consonnes qui n’ont pas d’équivalent français relèvent de la page les sons absents du français. Le contour et la valeur des quatre tons relèvent de les quatre tons ; leurs modifications au contact les uns des autres, de quand les tons changent ; l’absence de ton, de le ton neutre. Ici, on apprend seulement à lire ce qui est écrit.
Toute syllabe du mandarin se décompose de la même façon : une initiale facultative, une finale obligatoire, un ton porté par l’ensemble. 中 zhōng se lit zh + ong + premier ton. 爱 ài n’a pas d’initiale : la finale ai forme seule la syllabe. Cette architecture est rigide, et c’est une bonne nouvelle : aucune syllabe ne sort du tableau.
Elles se rangent en six séries. La liste ci-dessous est complète : aucune autre consonne n’ouvre une syllabe du mandarin standard.
| Série | Lettres | Un mot pour chacune |
|---|---|---|
| Labiales | b p m f | 八 bā « huit », 票 piào « le billet », 买 mǎi « acheter », 饭 fàn « le repas » |
| Dentales | d t n l | 大 dà « grand », 天 tiān « le ciel », 你 nǐ « toi », 来 lái « venir » |
| Vélaires | g k h | 高 gāo « haut », 看 kàn « regarder », 好 hǎo « bon » |
| Palatales | j q x | 家 jiā « la maison », 去 qù « aller », 学 xué « étudier » |
| Rétroflexes | zh ch sh r | 中 zhōng « le milieu », 吃 chī « manger », 是 shì « être », 人 rén « la personne » |
| Sifflantes | z c s | 字 zì « le caractère », 菜 cài « le plat », 四 sì « quatre » |
Deux remarques d’orthographe, qui ne disent rien de la prononciation. D’abord, le h de zh, ch et sh appartient à l’initiale et ne se lit jamais à part : 四 sì et 十 shí sont deux mots différents, « quatre » et « dix ». Ensuite, y et w ne figurent pas dans ce tableau : ce ne sont pas des initiales, mais des béquilles graphiques dont nous verrons plus bas l’unique fonction.
Les finales se répartissent en quatre colonnes selon la voyelle qui les ouvre. C’est le classement officiel, et il vaut la peine d’être mémorisé tel quel : il rend la quatrième colonne, celle du ü, immédiatement visible.
| Ouvertes | En i | En u | En ü |
|---|---|---|---|
| a | i | u | ü |
| o | ia | ua | üe |
| e | ie | uo | üan |
| ai | iao | uai | ün |
| ei | iou | uei | — |
| ao | ian | uan | — |
| ou | in | uen | — |
| an | iang | uang | — |
| en | ing | ueng | — |
| ang | iong | — | — |
| eng | — | — | — |
| ong | — | — | — |
Trois compléments ferment la liste. La finale er, qui ne se combine avec aucune initiale et forme seule sa syllabe : 二 èr « deux », 儿 ér « l’enfant ». La finale ê, qui n’apparaît pratiquement que dans l’interjection 欸. Enfin, un i particulier, celui de 字 zì et de 吃 chī, qui n’a rien de commun avec le i de 你 nǐ : une seule lettre note ici trois voyelles distinctes selon l’initiale qui précède. Ce que chacune vaut à l’oreille est l’affaire de la page les sons absents du français.
Notez enfin que deux finales de ce tableau ont un emploi restreint, ce qui n’est pas un oubli : ong ne s’emploie qu’après une initiale, comme dans 中 zhōng, et ueng ne s’emploie que sans initiale, sous la forme weng : 翁 wēng « le vieil homme ».
Le piège du pinyin est de ressembler à quelque chose de connu. Six lettres méritent d’être signalées dès le premier jour, non pour être décrites, mais pour que vous cessiez de leur prêter la valeur française.
Une précaution de lecture s’impose également pour les finales voisines, que l’œil français confond parce que l’oreille française les confond. Le pinyin les tient pour distinctes, et elles le sont.
Le pinyin applique quatre règles de graphie qui ne changent rien à la prononciation et tout à l’orthographe. Les ignorer, c’est écrire faux et chercher en vain dans un dictionnaire.
Une finale de la colonne i, u ou ü ne peut pas commencer une syllabe telle quelle. Elle emprunte alors la lettre y ou la lettre w, qui ne notent aucun son nouveau et servent uniquement de marque de début de mot.
| Finale | Employée seule | Exemple |
|---|---|---|
| i | yi | 衣 yī « le vêtement » |
| ia | ya | 鸭 yā « le canard » |
| ie | ye | 也 yě « aussi » |
| iao | yao | 要 yào « vouloir » |
| iou | you | 有 yǒu « avoir » |
| ian | yan | 眼 yǎn « l’œil » |
| in | yin | 音 yīn « le son » |
| iang | yang | 羊 yáng « le mouton » |
| ing | ying | 影 yǐng « l’ombre » |
| iong | yong | 用 yòng « utiliser » |
| u | wu | 五 wǔ « cinq » |
| ua | wa | 袜 wà « la chaussette » |
| uo | wo | 我 wǒ « moi » |
| uai | wai | 外 wài « dehors » |
| uei | wei | 位 wèi « la place » |
| uan | wan | 完 wán « achever » |
| uen | wen | 问 wèn « demander » |
| uang | wang | 忘 wàng « oublier » |
| ueng | weng | 翁 wēng « le vieil homme » |
| ü | yu | 鱼 yú « le poisson » |
| üe | yue | 月 yuè « la lune » |
| üan | yuan | 远 yuǎn « loin » |
| ün | yun | 云 yún « le nuage » |
Observez la dernière section du tableau : le tréma disparaît derrière y. Il n’y a pas de yü en pinyin.
La finale ü ne se combine qu’avec cinq initiales : j, q, x, n, l, auxquelles s’ajoute la béquille y. Comme j, q, x et y ne peuvent jamais être suivis du u ordinaire, aucune ambiguïté n’est possible : on économise le tréma.
Après n et l, en revanche, les deux voyelles existent, et le tréma devient indispensable. C’est la seule difficulté réelle de cette règle, et elle porte sur des mots courants.
Dès qu’une initiale les précède, iou, uei et uen s’abrègent respectivement en iu, ui et un. La voyelle escamotée continue de se prononcer ; elle ne s’écrit plus, voilà tout.
Sans initiale, ces mêmes finales retrouvent leur forme entière : 有 yǒu, 位 wèi, 问 wèn.
Quand une syllabe commençant par a, o ou e suit une autre syllabe à l’intérieur du même mot, une apostrophe marque la frontière. Sans elle, la lecture bascule.
Chaque syllabe porte un ton, noté par un diacritique posé sur une voyelle et une seule. Les quatre tons sont le premier, haut et plat ; le deuxième, montant ; le troisième, descendant-montant ; le quatrième, descendant. Leur valeur est décrite à la page les quatre tons ; ce qui nous occupe ici est uniquement le choix de la lettre qui reçoit le signe.
Première règle. S’il y a un a, il le prend, toujours : 好 hǎo, 面包 miànbāo « le pain », 外 wài.
Deuxième règle. À défaut de a, le o ou le e le prend : 走 zǒu « marcher », 街 jiē « la rue », 咖啡 kāfēi « le café ».
Troisième règle. Dans iu et dans ui, le signe se pose sur la dernière lettre écrite : 六 liù, 贵 guì. C’est la règle qu’on oublie le plus souvent, parce qu’elle paraît contredire les deux premières ; en réalité, la voyelle qui devrait recevoir le signe est justement celle qui ne s’écrit plus.
Quatrième règle. Ailleurs, la syllabe n’a qu’une voyelle et le signe s’y pose sans hésitation : 书 shū « le livre », 你 nǐ.
Sur un i, le point disparaît sous le diacritique : 你 nǐ, 七 qī « sept ». Et une syllabe dépourvue de diacritique n’est pas une syllabe sans ton, mais une syllabe au ton neutre — voir la page le ton neutre.
Dernier point, négligé partout et pourtant normalisé : les syllabes d’un même mot se soudent, les mots se séparent par une espace, et la majuscule est réservée aux noms propres et aux débuts de phrase.
Le suffixe -r, fréquent à Pékin, se colle sans former de syllabe propre : 哪儿 nǎr « où », 这儿 zhèr « ici ».
Ce tableau se lit en une heure et se maîtrise en plusieurs semaines. Lire lǜshī et non lùshī demande une minute d’attention ; entendre la différence, puis la produire sans y penser, demande de l’écoute répétée. C’est l’objet de notre cours de chinois, entièrement audio. L’ensemble du dossier est accessible depuis nos dossiers de grammaire.
Chaque mot est donné en caractères, avec sa traduction. Choisissez la transcription correcte en pinyin. Touchez une réponse, puis Correction.
Même exercice, plus exigeant. On y travaille les finales voisines, le tréma après n et l, le signe séparateur et la place du diacritique. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-cinq pages qui se répondent, des quatre tons aux compléments du verbe, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue sans conjugaison ni déclinaison, mais où tout se joue dans l'ordre et les particules.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
Non. Le mandarin s’écrit en caractères ; le pinyin est une transcription officielle, adoptée en 1958, qui sert à prononcer, à taper au clavier et à chercher dans un dictionnaire. Les textes destinés à des lecteurs chinois ne sont pratiquement jamais publiés en pinyin.
Parce que j, q, x et y ne se combinent jamais avec le u ordinaire : le tréma y serait redondant. Après n et l, les deux voyelles existent, et le tréma seul distingue 路 lù « la route » de 绿 lǜ « vert ».
Sur le a s’il y en a un ; sinon sur le o ou le e ; dans iu et ui, sur la dernière lettre écrite ; ailleurs, sur l’unique voyelle. Ainsi hǎo, zǒu, liù, guì, shū.
Parce que les finales iou, uei et uen s’abrègent en iu, ui et un dès qu’une initiale les précède. La voyelle du milieu se prononce toujours, mais ne s’écrit plus. Sans initiale, la forme entière revient : 有 yǒu, 位 wèi, 问 wèn.
À marquer une frontière de syllabe. Elle s’emploie quand une syllabe commençant par a, o ou e suit une autre syllabe dans le même mot. Sans elle, xian se lirait d’un seul tenant, comme 先 xiān « d’abord ».
Non. Ce sont des lettres de remplacement, employées uniquement quand une finale de la colonne du i, du u ou du ü ouvre la syllabe : 五 wǔ, 鱼 yú, 月 yuè. Elles ne notent aucun son propre.
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