Le français compte les noms directement : trois livres. Le mandarin, lui, glisse toujours un mot entre les deux. 三本书 — sān běn shū — « trois livres » : sans 本, la suite de mots n’existe pas.
La première leçon est gratuite sur la plateforme web ou sur l'application mobile — deux abonnements distincts. Les leçons s'écoutent en ligne, et non sur ce site.
Le mandarin ne laisse jamais un nombre au contact d’un nom. Entre les deux vient un mot supplémentaire, le classificateur, qui n’ajoute aucun sens perceptible en français et qu’aucune traduction ne rend. On ne dit pas 三书 ; on dit 三本书.
Le français connaît quelque chose d’approchant avec « une tête de bétail » ou « deux feuilles de papier », mais chez lui c’est une tournure de style, réservée à quelques matières. En mandarin c’est une contrainte de grammaire, qui vaut pour tous les noms sans exception : personnes, objets, animaux, idées, événements. Cette contrainte est l’un des mécanismes qui tiennent la langue, au même titre que les tons ou l’aspect ; la page la grammaire complète les présente ensemble.
Cette page décrit le mécanisme : où le classificateur se place, quand il est obligatoire, et ce qui se passe quand le nom disparaît. Elle n’explique pas lequel choisir : le répertoire, classé par forme des objets, est à la page quel classificateur choisir. Elle ne traite pas non plus les classificateurs du verbe, ceux qui comptent les fois qu’une action a eu lieu ; ils relèvent de durée et fréquence. Enfin, le fait que 一个 finisse par faire office d’article indéfini, comme 们 et 些 servent à marquer le nombre, appartient à la page défini, indéfini, pluriel.
L’ordre ne varie pas : d’abord ce qui détermine, ensuite le classificateur, enfin le nom. Le mandarin ne fléchissant rien — voyez ce qui n’existe pas —, la position est ici la seule information disponible, et une inversion ne produit pas une nuance : elle produit une phrase incompréhensible.
| Déterminant | Classificateur | Nom | Le groupe entier |
|---|---|---|---|
| 一 yī | 个 | 人 | 一个人 yí ge rén — une personne |
| 三 sān | 本 | 书 | 三本书 sān běn shū — trois livres |
| 两 liǎng | 个 | 哥哥 | 两个哥哥 liǎng ge gēge — deux grands frères |
| 这 zhè | 个 | 学生 | 这个学生 zhège xuésheng — cet étudiant |
| 那 nà | 本 | 词典 | 那本词典 nà běn cídiǎn — ce dictionnaire |
| 几 jǐ | 个 | 朋友 | 几个朋友 jǐ ge péngyou — quelques amis, ou combien d’amis |
| 哪 nǎ | 本 | 书 | 哪本书 nǎ běn shū — quel livre |
| 每 měi | 个 | 学生 | 每个学生 měi ge xuésheng — chaque étudiant |
Si un adjectif qualifie le nom, il s’installe après le classificateur, jamais avant : 一本新书 yì běn xīn shū, « un livre neuf ». Le groupe compté reste d’un bloc, et rien ne s’y insère. Le comportement de l’adjectif lui-même, qui se conduit en mandarin comme un verbe, est décrit à la page les adjectifs sont des verbes.
Le classificateur n’est pas un mot unique que l’on placerait partout. La langue en compte plus d’une centaine, et le nom décide. Deux d’entre eux suffisent à faire comprendre le système, et cette page s’y tient.
C’est le plus fréquent de tous, et celui qui accompagne les êtres humains ainsi qu’une grande quantité d’objets sans forme marquée. Il porte au dictionnaire le quatrième ton, descendant (gè), mais dans la chaîne parlée il le perd presque toujours et se réduit à ge ; c’est le phénomène exposé à la page le ton neutre.
Il accompagne ce qui se feuillette : 书 « livre », 词典 « dictionnaire », 杂志 « revue ». On ne l’obtient par aucun raisonnement ; on l’apprend collé au nom, comme on apprend le genre d’un mot allemand. Retenir 书 seul, c’est retenir un mot que l’on ne saura pas compter.
Une remarque de prononciation. Comparez 一个 yí ge et 一本 yì běn : 一 ne se prononce pas de la même façon selon le ton qui suit. Cette alternance n’a rien à voir avec les classificateurs ; elle touche 一 partout. Elle est exposée à la page quand les tons changent, et il vaut mieux la régler une fois pour toutes, car 一 revient dans presque toutes les phrases comptées.
Quand un nom nouveau se présente et que son classificateur vous échappe, 个 dépanne : il sera compris, parfois même ressenti comme familier plutôt que fautif. Ce n’est pas une solution, c’est un filet. Les partages réels — quel classificateur pour ce qui est plat, long, monté sur roues, vivant — sont exposés à la page quel classificateur choisir.
On croit souvent que le classificateur sert à compter. Il sert à déterminer, et le nombre n’est qu’un des mots qui occupent la première place. Un démonstratif la remplit tout aussi bien, et il exige alors le même classificateur.
Rien n’empêche le démonstratif et le nombre de figurer ensemble. L’ordre est alors démonstratif, nombre, classificateur, nom — quatre éléments dans un ordre qui ne bouge pas.
Les mots interrogatifs 几 « combien » et 哪 « quel » obéissent à la même contrainte, puisqu’ils viennent prendre la place de la réponse attendue. La construction des questions est traitée à la page poser une question ; retenez seulement ici que 几 et 哪 ne s’emploient pas nus devant un nom.
Le nombre deux possède deux formes, et le classificateur décide de celle qu’on emploie. Devant un classificateur, c’est toujours 两 liǎng. La forme 二 èr reste dans le décompte, dans les numéros, dans les rangs, et à l’intérieur des nombres composés, où elle occupe la place des dizaines et celle des unités.
La règle est mécanique : 两 devant un classificateur, 二 à l’intérieur d’un nombre. Les autres emplois des deux formes, ainsi que les grandes unités où l’usage hésite, sont exposés à la page nombres, dates et heures.
Un nom qui ne renvoie ni à une quantité ni à un exemplaire désigné reste nu. C’est le cas du nom générique, et du nom qui suit 是 dans l’énoncé d’une profession. La contrainte du classificateur ne se déclenche que si l’on détermine ; elle ne pèse pas sur le nom en lui-même.
Le mouvement inverse existe, et il est fréquent à l’oral : quand le nom est connu des deux interlocuteurs, il tombe, et le classificateur reste seul à le représenter. Le groupe ainsi réduit fonctionne comme « celui-ci » ou « j’en prends trois » en français, à ceci près que le mandarin garde la trace de ce dont on parlait.
C’est dire que le classificateur porte une information réelle, même s’il ne se traduit pas : il rappelle la catégorie du nom absent. Deux personnes qui parlent de livres diront 两本 ; deux personnes qui parlent de billets emploieront un autre mot, et l’une comme l’autre sauront aussitôt de quoi il retourne.
Une unité de mesure n’est pas un classificateur. La même place accueille deux sortes de mots. Le classificateur compte des objets entiers ; l’unité de mesure découpe une quantité dans une matière qui n’en a pas par elle-même. Comparez 一个杯子, « une tasse », l’objet, et 一杯茶, « une tasse de thé », la contenance. Le français fait la même distinction sans y penser.
Grammaticalement, rien ne les sépare : même place, même obligation, même comportement quand le nom disparaît. La différence est de sens seulement, et elle ne demande aucun effort à un francophone.
La difficulté n’est pas de comprendre, mais de ne plus hésiter. La règle tient en une ligne ; l’appliquer à la vitesse de la conversation, sans marquer un temps d’arrêt avant chaque nom, demande des semaines d’écoute. C’est un réflexe, et un réflexe s’installe par l’oreille. C’est ce que travaille le cours de chinois, entièrement audio.
Complétez chaque phrase avec la forme qu’exige la grammaire du groupe compté. On travaille ici la place du classificateur, son caractère obligatoire, et les deux seuls classificateurs présentés sur cette page. Touchez une réponse, puis Correction.
Quarante-cinq pages qui se répondent, des quatre tons aux compléments du verbe, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue sans conjugaison ni déclinaison, mais où tout se joue dans l'ordre et les particules.
Lire une règle n'a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s'installe. Vous l'entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.
Les deux formules sont indépendantes : l'une ne donne pas accès à l'autre. Dans les deux cas, les leçons s'écoutent en ligne.
C’est un mot obligatoire placé entre ce qui détermine le nom et le nom lui-même : 三本书 sān běn shū, « trois livres ». Il ne se traduit pas en français, mais il ne peut pas être omis.
Non, mais il dépanne. 个 accompagne les personnes et quantité d’objets sans forme marquée ; employé à la place d’un autre, il sera compris, mais l’écart s’entend. Le répertoire des autres classificateurs fait l’objet d’une page à part.
Oui. Le démonstratif occupe la place du nombre et déclenche la même obligation : 这个学生 zhège xuésheng, « cet étudiant ». Il en va de même après 每, 几 et 哪.
Parce que le nombre deux a deux formes : 两 liǎng devant un classificateur, 二 èr dans le décompte, les rangs et l’intérieur des nombres composés, d’où 十二个学生 shí'èr ge xuésheng.
Oui, dès qu’il n’est ni compté ni désigné : 我喜欢书 Wǒ xǐhuan shū, « j’aime les livres ». L’obligation naît de la détermination, pas du nom.
Couramment, quand le nom est connu des deux interlocuteurs : 他买了两本 Tā mǎile liǎng běn, « il en a acheté deux ». Le classificateur reste seul et rappelle de quelle catégorie d’objet il s’agissait.
Plus de 10 000 personnes ont appris avec la méthode LIMBA depuis sa création. 9,99 € par mois, annulable à tout moment. La première leçon reste gratuite, sans carte bancaire. Rappel : les deux formules sont indépendantes l'une de l'autre, et les leçons s'écoutent en ligne.
Toutes les langues depuis votre navigateur. Rien à installer. Annulable à tout moment. Ne donne pas accès aux applications mobiles.
Accéder à la plateforme →