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Cours de langues›Grammaire tchétchène

Comment le tchétchène est construit, de la classe du nom au verbe final

Six classes nominales, huit cas, un verbe qui ne dit jamais qui agit, et un sujet qui change de forme selon le verbe qui le suit. Voici le plan de la langue, mécanisme par mécanisme, avec la page qui traite chacun d’eux en entier.

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Leçon 1 — gratuite
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Le cours vous fait parler sans passer par l’écrit ; ces pages vous donnent l’écrit et la règle, si vous les voulez. Les deux vont ensemble, aucun n’exige l’autre.

  • 35 leçons audio
  • 14 min chacune
  • Locuteur natif au micro

Une langue qui ne se devine pas

Le tchétchène appartient aux langues du Caucase du Nord-Est. Il n’a aucun ancêtre commun avec le français, et cela s’entend moins dans son vocabulaire que dans ses catégories : les questions que le tchétchène pose à un nom ou à un verbe ne sont pas celles que pose le français.

Un francophone qui commence l’italien ou l’allemand transpose : il reconnaît des mots, retrouve un masculin et un féminin, un sujet toujours marqué de la même façon, un verbe qui change de terminaison selon la personne. Aucun de ces quatre points de repère ne tient ici. Le tchétchène trie ses noms en classes et non en genres ; il ne met rien sur le verbe pour indiquer qui parle ; il marque le sujet d’un verbe transitif autrement que celui d’un verbe intransitif ; et il place l’aspect avant le temps dans la hiérarchie de ses formes verbales.

Pris un par un, ces mécanismes sont réguliers et se décrivent en quelques lignes. C’est exactement ce que fait cette page : quelques lignes par mécanisme, un exemple, et le lien vers la page qui le traite au complet. Vous n’y trouverez aucun tableau de conjugaison ni aucune déclinaison intégrale : chaque paradigme n’est publié qu’à un seul endroit du dossier, sur la page qui lui appartient.

Le dossier compte vingt-huit pages. Celle-ci en est le plan, et son revers est la page ce qui n’existe pas en tchétchène, qui recense les habitudes françaises dont la langue n’a tout simplement pas l’équivalent.

Les sons et l’écriture

Le tchétchène s’écrit en caractères cyrilliques augmentés d’un signe qui lui est propre, le palotchka Ӏ, et de plusieurs suites de deux lettres qui ne notent qu’un seul son. Dans tout le dossier, les formes sont données dans cette écriture, suivies d’une transcription latine : кӀант kʼant, « le garçon ».

Quatre pages couvrent cette partie de la langue, et elles se lisent avant les autres : les exemples de grammaire deviennent lisibles dès qu’on sait quoi faire de хь, de гӀ ou de цӀ. La page de l’alphabet porte l’inventaire des lettres, les digrammes et la table de transcription employée partout ailleurs. Les deux pages de consonnes séparent deux mécanismes que l’oreille française confond : d’un côté les éjectives, produites avec la glotte fermée, de l’autre les consonnes formées en arrière de la bouche. La page des voyelles traite les voyelles d’avant аь, оь, уь, la longueur et les nasales.

Le nom : six classes, huit cas

Six classes au lieu de deux genres

Tout nom appartient à une classe grammaticale, et le tchétchène en compte six. Deux sont réservées aux humains, et elles séparent les hommes des femmes ; les quatre autres se partagent le reste. Point capital : le nom ne porte sur lui-même aucune marque de sa classe. Elle ne se lit que sur les mots qui s’accordent avec lui.

Le verbe a changé de première consonne, et le nom n’avait rien annoncé. La page des classes donne l’inventaire, ce que chaque classe contient et les tendances de sens qui aident à prévoir, quand elles aident.

L’accord, là où la classe devient visible

Ce sont certains verbes, certains adjectifs et certains numéraux qui portent la marque, sous la forme d’un préfixe : в-, й-, д-, б-. Deux faits rendent le mécanisme moins simple qu’il n’y paraît, et ils appartiennent tous deux à la page de l’accord : beaucoup de verbes ne prennent aucun préfixe, et l’accord ne vise pas le sujet au sens français mais un participant précis de la phrase.

Huit cas, et une forme nue

Le nom se décline à huit cas. Le premier n’a pas de terminaison du tout : c’est la forme du dictionnaire, celle qui sert de sujet à un verbe intransitif et d’objet à un verbe transitif. Les sept autres ne se posent pas sur cette forme nue mais sur un radical souvent différent d’elle, et c’est là que se joue la difficulté réelle de la déclinaison tchétchène : connaître un nom, ce n’est pas connaître une forme, c’en est deux.

La page des huit cas donne la fonction de chacun et la déclinaison complète d’un nom modèle, une fois pour tout le dossier. La page du radical oblique répond à l’autre question, celle qui bloque les débutants : sur quoi la terminaison vient-elle se coller.

Le pluriel, la possession, le lieu

Le pluriel se fait par suffixe, avec une alternance de voyelle dans le radical qui l’accompagne souvent, et une part d’irrégularité qu’il faut retenir telle quelle. Le génitif et le datif se partagent ce que le français confie à « de » et à « à » — la possession d’un côté, le destinataire de l’autre — et servent en outre à construire la tournure qui remplace le verbe « avoir ». Enfin, une série de cas de lieu distingue la direction, la position, la provenance et le trajet, là où le français se contente de « à », « de » et « par ».

Qui fait quoi dans la phrase

Le sujet change de forme selon le verbe

C’est le trait qui surprend le plus longtemps. Le français traite de la même façon le sujet de « le garçon vient » et celui de « le garçon boit de l’eau ». Le tchétchène les sépare : le premier reste à la forme nue, le second passe à l’ergatif, tandis que l’objet, lui, reste nu.

  • кӀант вогӀу kʼant voġu — « le garçon vient »
  • кӀанта хи молу kʼanta xi molu — « le garçon boit de l’eau »

Cet alignement s’appelle ergatif, et il ne concerne pas seulement la forme du sujet : il commande l’accord de classe, il explique que l’ordre des groupes puisse bouger sans que la phrase devienne ambiguë, et il rend inutile tout marquage de l’objet. La page de l’ergativité donne le raisonnement qui permet de choisir, au moment de parler, entre les deux formes.

Voir, savoir, aimer : un troisième schéma

Une famille fermée de verbes — perception, connaissance, sentiment, possession involontaire — ne construit son sujet ni à la forme nue ni à l’ergatif, mais au datif. Суна хаьа suna xäa dit littéralement « à moi est su » là où le français dit « je sais ». Ce que l’on voit, sait ou aime reste à la forme nue, et c’est lui qui commande l’accord du verbe. Un francophone qui applique ici le schéma ordinaire construit une phrase que personne ne rétablira.

Les pronoms, où tout cela se voit à l’œil nu

« Je » se dit со so quand il vient et ас as quand il fait quelque chose : deux mots différents, et non deux terminaisons du même mot. Le tchétchène distingue par ailleurs deux « nous », вай vay qui inclut celui à qui l’on parle et тхо txo qui l’exclut : la question « est-ce que tu en fais partie » se tranche dans le pronom, obligatoirement.

Le verbe : une seule forme par temps

Aucune marque de personne

Un verbe tchétchène ne dit pas qui agit. Со вогӀу, хьо вогӀу, иза вогӀу — « je viens », « tu viens », « il vient » — emploient rigoureusement la même forme verbale, et seul le pronom informe. Un paradigme tchétchène n’a donc pas six lignes : il en a une. Ce qui varie, quand cela varie, n’est pas la personne mais la classe du participant : une femme dira йогӀу yoġu là où un homme dit вогӀу voġu. La page du verbe montre ce paradigme réduit à une ligne et détaille l’anatomie d’un verbe : infinitif, nom verbal, classes de conjugaison, liste des formes disponibles.

L’aspect avant le temps

La plupart des verbes existent sous deux radicaux, et ce couple ne dit pas le moment de l’action mais la façon de la présenter : comme un tout, ou comme un déroulement, une habitude, une répétition. Les temps se construisent ensuite sur l’un ou sur l’autre. Une forme verbale tchétchène peut rester vague sur le moment ; elle ne peut pas rester vague sur l’aspect. C’est l’ordre inverse du français, où l’on choisit d’abord un temps, et c’est la clé de tout le système verbal.

Les passés, et la question « l’avez-vous vu »

Le tchétchène ne se contente pas de situer un événement en arrière : certaines de ses formes de passé indiquent aussi comment le locuteur le sait. Raconter ce qu’on a vu de ses yeux et rapporter ce qu’on a appris d’un tiers ne se dit pas avec la même forme, et le choix n’est pas facultatif. Deux pages se partagent la question sans se recouvrir : l’une donne les formes, l’autre explique laquelle employer et ce qu’un tchétchénophone entend quand on se trompe.

Présent, futur, ordre, négation, « être »

Le présent, le progressif et les deux futurs forment un ensemble qu’une seule page traite, parce qu’ils se construisent avec les mêmes pièces. L’impératif a ses formes propres, y compris pour exhorter et pour souhaiter, et la défense ne se fait pas avec la négation ordinaire mais avec une particule à elle, ма ma, placée devant le verbe. La négation d’une phrase déclarative, elle, emploie ца ca, également devant le verbe, et sa page précise ce qui arrive aux formes non finies et aux mots négatifs. Quant à « être », c’est une copule courte qui s’accorde en classe, et qui sert aussi à dire « avoir ».

La phrase, et par où commencer

Le verbe ferme la phrase : toutes les phrases citées sur cette page se terminent par lui, et ce n’est pas un hasard de rédaction. Devant lui, les groupes se rangent selon un principe simple, le déterminant avant le déterminé — l’adjectif, le génitif et le numéral précèdent le nom — et ce qui indique le lieu se place après le nom au lieu de le précéder. L’ordre garde pourtant une souplesse réelle, parce que ce sont les cas qui portent les rôles : déplacer un groupe met en relief, cela ne change pas qui fait quoi.

Deux familles de formes non finies permettent enfin de construire des phrases longues sans une seule conjonction. Le converbe relie une action à une autre action et laisse une unique forme finie fermer l’ensemble ; le participe qualifie un nom et se place devant lui, sans qu’aucun mot ne corresponde à « qui » ou à « que ». Ce sont deux pages distinctes, et les confondre est l’erreur la plus commune à ce stade.

Dans quel ordre lire ce dossier

1

Les sons, puis l’écriture

Quatre pages, et le dossier entier devient lisible. Sans elles, chaque exemple vous coûtera trois relectures.

2

La classe, puis le cas

La classe avant l’accord, la forme nue avant l’ergatif, les huit cas avant le radical sur lequel ils se posent.

3

L’aspect, puis les temps

L’aspect d’abord : les temps du passé et le choix entre eux ne s’expliquent pas autrement. La phrase complexe vient en dernier.

Le dossier se parcourt aussi depuis la page de grammaire, qui rassemble les langues de la méthode.

Une grammaire se comprend en lisant, elle s’installe en écoutant. Les formes de cette page se reconnaissent d’autant plus vite qu’on les a déjà entendues dans des phrases entières : c’est le travail du cours de tchétchène, entièrement audio, dont la première leçon est gratuite.

Exercices : le plan de la langue

Dix-huit questions sur l’architecture du tchétchène, telle que cette page vient de la décrire. Touchez une réponse, puis Correction.

  1. Le tchétchène appartient aux langues du ___.
  2. Le tchétchène range ses noms en ___ classes grammaticales.
  3. Le nom tchétchène se décline à ___ cas.
  4. La classe d’un nom se lit ___.
  5. Un verbe tchétchène ne porte aucune marque de ___.
  6. Le sujet d’un verbe transitif se met ___.
  7. Dans кӀант вогӀу, « le garçon vient », le sujet est ___.
  8. Dans кӀанта хи молу, le mot placé en dernier est ___.
  9. Dans le système verbal tchétchène, la catégorie qui vient avant le temps est ___.
  10. Avec un verbe comme « savoir », celui qui sait se met ___.
  11. Pour dire « je », le tchétchène dispose de ___.
  12. Le tchétchène a deux mots pour « nous » : l’un inclut celui à qui l’on parle, l’autre ___.
  13. Les formes de passé tchétchènes se distinguent aussi selon que le locuteur ___.
  14. Pour qualifier un nom par une proposition entière, le tchétchène emploie ___.
  15. Le tchétchène s’écrit aujourd’hui en ___.
  16. Dans ce dossier, la table de transcription se trouve sur la page de ___.
  17. Un paradigme verbal tchétchène compte ___.
  18. Si l’ordre des groupes peut bouger sans rendre la phrase ambiguë, c’est parce que ___.

Toute la grammaire tchétchène, chapitre par chapitre

Vingt-huit pages qui se répondent, des consonnes de gorge aux classes nominales, de l’ergatif aux converbes, avec des exercices corrigés sur chacune. Une langue du Caucase où le verbe s’accorde avec la classe du nom, où le sujet change de forme selon que le verbe est transitif ou non, et où l’aspect compte plus que le temps. Chaque page transcrit le cyrillique selon la même convention, expliquée dès la page de l’alphabet.

Passez à la pratique

Apprenez à parler le tchétchène

Lire une règle n’a jamais fait parler personne. Quatorze minutes par jour, vous écoutez, vous répétez à voix haute, et la langue s’installe. Vous l’entendrez dans votre bouche avant de savoir nommer la règle qui la gouverne.

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Les deux formules sont indépendantes : l’une ne donne pas accès à l’autre. Dans les deux cas, les leçons s’écoutent en ligne.

Questions fréquentes

Le tchétchène est-il difficile pour un francophone ?

Il est dépaysant plutôt que compliqué. Aucune de ses catégories ne recoupe les nôtres, si bien qu’il n’y a rien à transposer ; en revanche ses mécanismes sont réguliers. Les trois obstacles réels sont les sons, la déclinaison — qui suppose de connaître deux formes d’un nom et non une seule — et le choix entre la forme nue et l’ergatif pour le sujet.

Combien de classes et combien de cas faut-il retenir ?

Six classes nominales et huit cas. Les six classes ne se manifestent pas sur le nom mais sur les mots qui s’accordent avec lui, décrites à la page les six classes ; les huit cas, avec la déclinaison d’un nom modèle, figurent à la page les huit cas.

Le verbe se conjugue-t-il selon la personne ?

Non, jamais. La même forme sert pour « je viens », « tu viens » et « il vient », et c’est le pronom qui informe. Ce qui peut varier, c’est la classe du participant, visible au début de certains verbes. Le détail est à la page comment marche le verbe.

Par où commencer quand on n’a jamais vu cette langue ?

Par les sons et l’écriture, dans l’ordre des quatre premières pages du dossier, puis par les classes et les cas, puis par l’aspect. Les temps du passé et la phrase complexe ne s’éclairent qu’après l’aspect, et les lire avant fait perdre du temps.

Faut-il savoir lire le cyrillique pour suivre ce dossier ?

Ce n’est pas indispensable : chaque forme est donnée en écriture tchétchène puis en transcription latine. Lire la page l’alphabet et la transcription reste le meilleur investissement du dossier, car elle vous rend autonome sur tous les exemples qui suivent.

Cette page remplace-t-elle une méthode ?

Non. Elle décrit comment la langue est faite, ce qu’aucun enregistrement ne fera à sa place ; mais reconnaître une forme et la produire à la bonne vitesse sont deux choses différentes. Le cours de tchétchène travaille la seconde, avec une première leçon gratuite puis un abonnement.

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