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Leçon 262 — Uno nunca sabe : dire « on »

À la fin de cette leçon, vous saurez généraliser comme un journaliste ou un habitant qui parle de sa ville : Uno se acostumbra, Si vives lejos, pasas horas en el bus, Se venden viviendas. Vous choisirez entre uno, tú, se, la gente et la troisième personne du pluriel selon ce que vous voulez dire, et vous accorderez le se passif sans faute.

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Une leçon écrite, complément du cours audio. Cette page fait partie du cours d’espagnol écrit de LIMBA, en accès libre. Il accompagne le cours d’espagnol audio de l’application LIMBA, en leçons de 14 minutes : le cours audio vous fait parler, ces leçons écrites vous apprennent à lire, à écrire et à comprendre la mécanique de la langue.

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Le français dit « on » à tout propos : on vit bien ici, on ne sait jamais, on a réparé le trottoir. L’espagnol dispose de cinq moyens, qui ne disent pas tout à fait la même chose. Vous saurez :

Avant de commencer. Revoyez le se impersonnel et le se passif de la leçon 141, la première approche de « on » à la leçon 147 et le bilan des emplois de se de la leçon 217. La leçon 261, sur le passif de presse, prépare la lecture.

Durée. 50 minutes environ.

Étape 1 · Uno : généraliser en s’incluant

Avec uno et le verbe à la troisième personne du singulier, celui qui parle tire une règle générale de sa propre expérience : il parle de tout le monde, mais d’abord de lui-même. C’est le « on » de la confidence et du bon sens, celui de la formule Uno nunca sabe, « on ne sait jamais », à retenir telle quelle. Une femme qui parle d’elle dit volontiers una, et l’adjectif s’accorde : Una se siente segura.

Uno devient indispensable avec un verbe pronominal. Le se impersonnel ne peut pas s’ajouter au se du verbe : *se se acostumbra est impossible. On dit donc uno se acostumbra, « on s’habitue », et uno se desplaza, « on se déplace ».

À vous

Cinq phrases à compléter par la forme qui convient pour généraliser avec uno ou una.

  1. Cuando ___ vive lejos del centro, pasa mucho tiempo en el bus.
  2. En esta ciudad, ___ se desplaza mejor en metro que en carro.
  3. Lleva tu chaqueta: uno nunca ___.
  4. Ana dice que, cuando una camina sola de noche, se siente más ___ en las calles con luz.
  5. Al principio el ruido molesta, pero uno ___ a todo.

Étape 2 · Le tú générique de la conversation

À l’oral, on généralise très souvent avec tú, comme le français dit « tu » dans « quand tu habites loin, tu perds ton temps ». Ce tú ne désigne pas vraiment la personne à qui l’on parle : il invite l’autre à se mettre à votre place. Il apparaît surtout après si ou cuando, dans les conversations et les témoignages. Une règle : une fois le tú lancé, gardez-le jusqu’au bout de la phrase.

Uno ou tú : la même idée, deux tons
Avec uno, plus neutreAvec tú, plus vivantFrançais
Si uno vive lejos, pierde horas en el bus.Si vives lejos, pierdes horas en el bus.Si on habite loin, on perd des heures dans le bus.
Cuando uno cruza esta avenida, nunca sabe si los carros van a parar.Cuando cruzas esta avenida, nunca sabes si los carros van a parar.Quand on traverse cette avenue, on ne sait jamais si les voitures vont s’arrêter.
Acá, si uno no tiene carro, depende del transporte público.Acá, si no tienes carro, dependes del transporte público.Ici, si on n’a pas de voiture, on dépend des transports en commun.

Dans un texte écrit soigné, on préfère au tú générique uno ou se.

À vous

Cinq phrases à compléter en gardant la même personne générique du début à la fin de la phrase.

  1. Si vives en la periferia, ___ muy temprano.
  2. Cuando uno no tiene carro, ___ mucho tiempo esperando el bus.
  3. En esta esquina, cuando cruzas la calle, nunca ___ si el carro va a parar.
  4. Los domingos sales a la ciclovía y ___ por toda la ciudad sin carros.
  5. Acá, si no tienes bicicleta, ___ del metro.

Étape 3 · Se vive bien, se venden casas : l’impersonnel et l’accord du passif

Le se est le « on » neutre des annonces, des règlements et de la presse. Deux cas se présentent.

Sans complément direct, le verbe reste au singulier : Se vive bien, Se camina poco, Se dice que.... Le singulier reste aussi devant un infinitif, devant que et devant a + personnes : Se escuchó a los vecinos.

Avec un nom de chose, ce nom devient le sujet grammatical, et le verbe s’accorde avec lui : Se vende una casa, mais Se venden casas. La forme *se vende casas s’entend sur certaines affiches ; à l’écrit, elle passe pour une faute, et l’on écrit Se venden casas.

Le se impersonnel et le se passif
CasEspagnolFrançais
Sans complémentEn este barrio se vive bien.Dans ce quartier, on vit bien.
Devant un infinitifSe necesita planificar mejor la ciudad.Il faut mieux planifier la ville.
Devant a + personnesSe escuchó a los vecinos.On a écouté les voisins.
Nom singulierSe construyó una ciclovía.On a construit une piste cyclable.
Nom plurielSe construyeron dos ciclovías.On a construit deux pistes cyclables.
Deux nomsSe necesitan más aceras y más alumbrado público.Il faut plus de trottoirs et plus d’éclairage public.

Pour trouver l’accord, demandez-vous ce qui est vendu, construit ou demandé : si c’est un nom pluriel, le verbe est au pluriel, Se venden viviendas en la periferia.

À vous

Cinq phrases à compléter par la forme qui s’accorde correctement avec se.

  1. En esta zona se ___ departamentos nuevos.
  2. El año pasado se ___ una ciclovía en la avenida principal.
  3. En las zonas con tanta densidad, se ___ mal.
  4. Antes de empezar la construcción, se ___ a los vecinos.
  5. En mi calle se ___ aceras y alumbrado público.

Étape 4 · Arreglaron la acera, la gente camina : parler des autres

La troisième personne du pluriel, sans sujet exprimé, désigne quelqu’un que l’on ne connaît pas ou qui importe peu : la mairie, des ouvriers, un voleur. Celui qui parle en est toujours exclu. C’est le moyen préféré de l’oral, vu à la leçon 216 : Arreglaron la acera de mi calle, Me robaron el celular, Dicen que van a construir una ciclovía. N’ajoutez pas ellos : Ellos arreglaron la acera désigne des personnes précises.

La gente parle des gens en général, souvent sans vous. C’est un nom collectif singulier, comme « le monde » : le verbe reste au singulier. La forme *la gente caminan est une faute ; on dit La gente camina más.

Cinq façons de dire « on »
MoyenExempleCe qu’il dit
uno, unaUno se acostumbra.tout le monde, à partir de mon expérience
tú génériqueSi vives lejos, pierdes horas.tout le monde, à l’oral, en vous prenant à témoin
seSe venden viviendas.neutre : annonces, règlements, presse
3e personne du plurielArreglaron la acera.quelqu’un d’autre, inconnu ou sans importance
la genteLa gente usa la ciclovía.les gens en général, au singulier

En Amérique. À l’oral, la troisième personne du pluriel l’emporte souvent sur le se passif : Construyeron una ciclovía. Le trottoir change de nom selon le pays : la acera, compris partout et de norme écrite, la banqueta au Mexique, la vereda au Cône Sud, el andén en Colombie. La piste cyclable est la ciclovía ; en Espagne, el carril bici. Voir le passif et l’impersonnel.

À vous

Cinq phrases à compléter par la forme qui convient : troisième personne du pluriel sans sujet, la gente ou sujet exprimé.

  1. La gente ___ que la nueva ciclovía es muy segura.
  2. No sé quién lo hizo, pero ayer ___ las aceras de mi calle.
  3. Dicen que la alcaldía ___ viviendas en la periferia.
  4. En las afueras, la gente ___ en colectivo o en bicicleta.
  5. Estaba esperando el bus y me ___ el celular.

Lecture · Vivir en la loma

Dans la page d’opinion d’un journal de Medellín, en Colombie, Mariana Ospina raconte son quartier, sur une colline de la périphérie. Relevez chaque façon de dire « on » : uno, tú, se, la troisième personne du pluriel et la gente.

Vivo desde hace quince años en una loma de la periferia de Medellín. Cuando uno vive acá, aprende pronto a medir la ciudad en horas y no en kilómetros. Si trabajas en el centro, sales de casa a las cinco de la mañana, esperas el bus en la esquina y vuelves de noche. Uno se acostumbra, dicen. Yo nunca me acostumbré.

Mi barrio nació como un asentamiento: las primeras familias construyeron sus casas con sus propias manos, sin planificación urbana, sin aceras y sin alumbrado público. Con los años, la densidad creció: hoy en cada cuadra viven muchísimas personas, y las calles siguen siendo las mismas. Durante mucho tiempo, la gente pensó que el urbanismo era cosa de los barrios ricos y que la vida urbana empezaba al pie de la loma.

Hace tres años, todo empezó a cambiar. La alcaldía abrió una oficina en la parte baja del barrio y se organizaron reuniones con la junta de vecinos. Se escucharon las quejas, se hicieron mapas y, por primera vez, nos preguntaron qué necesitábamos. Se pidieron tres cosas: más luz, aceras para los peatones y un transporte que no tardara dos horas en llegar al centro. Arreglaron las escaleras, pusieron alumbrado público en las calles más oscuras y, el año pasado, inauguraron una ciclovía que baja hasta la estación del metro.

Los cambios no lo resolvieron todo. Todavía se venden lotes en zonas peligrosas, todavía faltan viviendas habitables y todavía hay calles donde uno no se atreve a caminar de noche. Sin embargo, algo cambió en la manera de vivir el barrio. Antes, la movilidad era un problema de cada familia; ahora es un tema de toda la comunidad. Se habla de espacio público en las reuniones, se discute el presupuesto y se exige que cada nueva construcción respete las aceras.

Mi hija, que tiene diecisiete años, se desplaza sola en bicicleta hasta su colegio. Cuando le pregunto si no tiene miedo, me contesta que uno nunca sabe, pero que si uno se queda en casa, no vive. Tiene razón. Una ciudad habitable no es la que tiene los edificios más altos, sino la que permite que la gente salga a la calle. En la periferia, uno aprende que el urbanismo no es un lujo: es la diferencia entre vivir en la ciudad y vivir cerca de ella.

Voir la traduction

Je vis depuis quinze ans sur une colline de la périphérie de Medellín. Quand on vit ici, on apprend vite à mesurer la ville en heures et non en kilomètres. Si tu travailles dans le centre, tu sors de chez toi à cinq heures du matin, tu attends le bus au coin de la rue et tu rentres de nuit. On s’habitue, dit-on. Moi, je ne me suis jamais habituée.

Mon quartier est né comme un quartier informel : les premières familles ont construit leurs maisons de leurs propres mains, sans plan d’urbanisme, sans trottoirs et sans éclairage public. Avec les années, la densité a augmenté : aujourd’hui, dans chaque pâté de maisons, vivent énormément de personnes, et les rues sont toujours les mêmes. Pendant longtemps, les gens ont pensé que l’urbanisme, c’était l’affaire des quartiers riches et que la vie urbaine commençait au pied de la colline.

Il y a trois ans, tout a commencé à changer. La mairie a ouvert un bureau dans le bas du quartier et on a organisé des réunions avec le comité de quartier. On a écouté les plaintes, on a fait des cartes et, pour la première fois, on nous a demandé ce dont nous avions besoin. On a demandé trois choses : plus de lumière, des trottoirs pour les piétons et un transport qui ne mette pas deux heures pour arriver au centre. On a réparé les escaliers, on a installé l’éclairage public dans les rues les plus sombres et, l’année dernière, on a inauguré une piste cyclable qui descend jusqu’à la station de métro.

Les changements n’ont pas tout résolu. On vend encore des terrains dans des zones dangereuses, il manque encore des logements habitables et il y a encore des rues où l’on n’ose pas marcher la nuit. Pourtant, quelque chose a changé dans la manière de vivre le quartier. Avant, les déplacements étaient le problème de chaque famille ; maintenant, c’est un sujet pour toute la communauté. On parle d’espace public dans les réunions, on discute le budget et on exige que chaque nouvelle construction respecte les trottoirs.

Ma fille, qui a dix-sept ans, se rend seule à vélo jusqu’à son lycée. Quand je lui demande si elle n’a pas peur, elle me répond qu’on ne sait jamais, mais que si l’on reste chez soi, on ne vit pas. Elle a raison. Une ville habitable n’est pas celle qui a les immeubles les plus hauts, mais celle qui permet aux gens de sortir dans la rue. En périphérie, on apprend que l’urbanisme n’est pas un luxe : c’est la différence entre vivre dans la ville et vivre à côté d’elle.

Écrire · Parlez de votre ville

Traduisez chaque phrase en choisissant le moyen indiqué pour dire « on », tildes et signes d’ouverture compris, puis comparez avec le corrigé.

Corrigé
  • Uno nunca sabe: lleve un paraguas.
  • Acá se vive bien, pero uno se desplaza mal.
  • Se venden viviendas en la periferia.
  • Arreglaron las aceras de mi calle.
  • La gente quiere más espacio público.
  • Si vives lejos, pasas dos horas en el bus.

Vocabulaire de la leçon

Les dix-sept mots nouveaux de la leçon 262
EspagnolFrançaisRemarque
uno nunca sabeon ne sait jamaisFormule ; uno impersonnel : Uno se acostumbra ; une femme dit aussi una.
el espacio públicol’espace publicNom masculin : rues, places, parcs.
la viviendale logementNom féminin ; on parle aussi de la vivienda social, le logement social.
la periferiala périphérieNom féminin : vivir en la periferia.
la ciclovíala piste cyclableMot d’Amérique ; en Espagne : el carril bici.
la planificación urbanal’urbanisme (l’aménagement)Nom féminin ; de la famille de planificar.
urbanourbainAdjectif : la vida urbana.
el urbanismol’urbanismeNom masculin, la discipline et la politique de la ville.
el peatón / la peatonale piéton (déjà vu en leçon 95), la piétonneTilde au masculin singulier seulement : peatón, peatones.
la acerale trottoirMexique : la banqueta ; Cône Sud : la vereda ; Colombie aussi : el andén.
la movilidadla mobilité, les déplacementsNom féminin en -dad.
desplazarsese déplacerVerbe pronominal ; z devient c devant e : me desplacé. Avec « on », le se impersonnel est exclu : uno se desplaza.
la densidadla densitéNom féminin en -dad.
el alumbrado públicol’éclairage publicNom masculin.
habitablehabitableAdjectif invariable en genre : una ciudad habitable.
el asentamientole campement, le quartier informelOn dit asentamiento irregular ; Mexique : colonia irregular.
la construcciónla construction ; le chantierNom féminin en -ción, de construir.

Bilan

Toute la leçon

Douze questions sur toute la leçon : les cinq façons de dire « on », l’accord du se passif, la lecture et le vocabulaire de la ville.

  1. El año pasado se ___ doscientas viviendas en la periferia.
  2. Choisissez la phrase correcte pour dire : on se déplace mal dans cette ville.
  3. Desde que hay aceras, la gente ___ más por el barrio.
  4. Si trabajas en el centro, ___ de casa muy temprano.
  5. No sé quién fue, pero por fin ___ alumbrado público en mi calle: ahora hay luz toda la noche.
  6. Después del derrumbe, se ___ a las familias del asentamiento.
  7. Los peatones caminan por la ___ y las bicicletas van por la ciclovía.
  8. Lucía dice que una se siente más ___ cuando hay alumbrado público.
  9. Dans la lecture, le quartier de Mariana est né ___.
  10. Dans la lecture, la piste cyclable inaugurée l’année dernière ___.
  11. À Mexico, pour dire « le trottoir », on entend surtout ___.
  12. Todavía se ___ lotes en zonas peligrosas.

Pour aller plus loin

La page de référence le passif et l’impersonnel reprend en détail l’accord du se passif, le se impersonnel et la troisième personne du pluriel, et la page les valeurs de se range tous les emplois de ce petit mot. Réécoutez aussi le cours audio en guettant chaque « on » de la conversation, et retrouvez toutes les leçons dans le sommaire du cours écrit.

La leçon suivante vous apprend à accorder le verbe après un nom collectif comme la mayoría et à laisser haber impersonnel au singulier.

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Questions fréquentes

Comment traduire « on » en espagnol ?

Il n’y a pas de traduction unique. Avec uno, vous généralisez à partir de votre expérience ; avec le tú générique, vous prenez l’autre à témoin à l’oral ; avec se, vous restez neutre ; la troisième personne du pluriel et la gente parlent des autres.

Faut-il écrire se vende casas ou se venden casas ?

On écrit Se venden casas. Dans le se passif, le nom de chose est le sujet grammatical : le verbe s’accorde avec lui. La forme *se vende casas s’entend sur certaines affiches, mais elle passe pour une faute à l’écrit, où seul Se venden casas est admis.

Pourquoi dit-on uno se acostumbra et non se acostumbra ?

Parce que acostumbrarse a déjà son pronom se. Le se impersonnel ne peut pas s’y ajouter, et se acostumbra seul voudrait dire « il s’habitue ». Pour dire « on s’habitue », il faut uno se acostumbra.

Une femme doit-elle dire una au lieu de uno ?

Elle le peut, et c’est fréquent quand elle parle d’abord d’elle-même : Una se siente más tranquila. L’adjectif s’accorde alors au féminin. Uno reste possible pour une vérité qui vaut pour tout le monde, comme la formule Uno nunca sabe.

Le tú générique est-il impoli quand on vouvoie quelqu’un ?

Non : ce tú ne s’adresse pas à la personne, il décrit une situation que chacun peut vivre. Il appartient toutefois à la conversation ; dans un courrier ou un texte soigné, préférez uno ou se.

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