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À la fin de cette leçon, vous saurez généraliser comme un journaliste ou un habitant qui parle de sa ville : Uno se acostumbra, Si vives lejos, pasas horas en el bus, Se venden viviendas. Vous choisirez entre uno, tú, se, la gente et la troisième personne du pluriel selon ce que vous voulez dire, et vous accorderez le se passif sans faute.
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Une leçon écrite, complément du cours audio. Cette page fait partie du cours d’espagnol écrit de LIMBA, en accès libre. Il accompagne le cours d’espagnol audio de l’application LIMBA, en leçons de 14 minutes : le cours audio vous fait parler, ces leçons écrites vous apprennent à lire, à écrire et à comprendre la mécanique de la langue.
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Le français dit « on » à tout propos : on vit bien ici, on ne sait jamais, on a réparé le trottoir. L’espagnol dispose de cinq moyens, qui ne disent pas tout à fait la même chose. Vous saurez :
Avant de commencer. Revoyez le se impersonnel et le se passif de la leçon 141, la première approche de « on » à la leçon 147 et le bilan des emplois de se de la leçon 217. La leçon 261, sur le passif de presse, prépare la lecture.
Durée. 50 minutes environ.
Avec uno et le verbe à la troisième personne du singulier, celui qui parle tire une règle générale de sa propre expérience : il parle de tout le monde, mais d’abord de lui-même. C’est le « on » de la confidence et du bon sens, celui de la formule Uno nunca sabe, « on ne sait jamais », à retenir telle quelle. Une femme qui parle d’elle dit volontiers una, et l’adjectif s’accorde : Una se siente segura.
Uno devient indispensable avec un verbe pronominal. Le se impersonnel ne peut pas s’ajouter au se du verbe : *se se acostumbra est impossible. On dit donc uno se acostumbra, « on s’habitue », et uno se desplaza, « on se déplace ».
Cinq phrases à compléter par la forme qui convient pour généraliser avec uno ou una.
À l’oral, on généralise très souvent avec tú, comme le français dit « tu » dans « quand tu habites loin, tu perds ton temps ». Ce tú ne désigne pas vraiment la personne à qui l’on parle : il invite l’autre à se mettre à votre place. Il apparaît surtout après si ou cuando, dans les conversations et les témoignages. Une règle : une fois le tú lancé, gardez-le jusqu’au bout de la phrase.
| Avec uno, plus neutre | Avec tú, plus vivant | Français |
|---|---|---|
| Si uno vive lejos, pierde horas en el bus. | Si vives lejos, pierdes horas en el bus. | Si on habite loin, on perd des heures dans le bus. |
| Cuando uno cruza esta avenida, nunca sabe si los carros van a parar. | Cuando cruzas esta avenida, nunca sabes si los carros van a parar. | Quand on traverse cette avenue, on ne sait jamais si les voitures vont s’arrêter. |
| Acá, si uno no tiene carro, depende del transporte público. | Acá, si no tienes carro, dependes del transporte público. | Ici, si on n’a pas de voiture, on dépend des transports en commun. |
Dans un texte écrit soigné, on préfère au tú générique uno ou se.
Cinq phrases à compléter en gardant la même personne générique du début à la fin de la phrase.
Le se est le « on » neutre des annonces, des règlements et de la presse. Deux cas se présentent.
Sans complément direct, le verbe reste au singulier : Se vive bien, Se camina poco, Se dice que.... Le singulier reste aussi devant un infinitif, devant que et devant a + personnes : Se escuchó a los vecinos.
Avec un nom de chose, ce nom devient le sujet grammatical, et le verbe s’accorde avec lui : Se vende una casa, mais Se venden casas. La forme *se vende casas s’entend sur certaines affiches ; à l’écrit, elle passe pour une faute, et l’on écrit Se venden casas.
| Cas | Espagnol | Français |
|---|---|---|
| Sans complément | En este barrio se vive bien. | Dans ce quartier, on vit bien. |
| Devant un infinitif | Se necesita planificar mejor la ciudad. | Il faut mieux planifier la ville. |
| Devant a + personnes | Se escuchó a los vecinos. | On a écouté les voisins. |
| Nom singulier | Se construyó una ciclovía. | On a construit une piste cyclable. |
| Nom pluriel | Se construyeron dos ciclovías. | On a construit deux pistes cyclables. |
| Deux noms | Se necesitan más aceras y más alumbrado público. | Il faut plus de trottoirs et plus d’éclairage public. |
Pour trouver l’accord, demandez-vous ce qui est vendu, construit ou demandé : si c’est un nom pluriel, le verbe est au pluriel, Se venden viviendas en la periferia.
Cinq phrases à compléter par la forme qui s’accorde correctement avec se.
La troisième personne du pluriel, sans sujet exprimé, désigne quelqu’un que l’on ne connaît pas ou qui importe peu : la mairie, des ouvriers, un voleur. Celui qui parle en est toujours exclu. C’est le moyen préféré de l’oral, vu à la leçon 216 : Arreglaron la acera de mi calle, Me robaron el celular, Dicen que van a construir una ciclovía. N’ajoutez pas ellos : Ellos arreglaron la acera désigne des personnes précises.
La gente parle des gens en général, souvent sans vous. C’est un nom collectif singulier, comme « le monde » : le verbe reste au singulier. La forme *la gente caminan est une faute ; on dit La gente camina más.
| Moyen | Exemple | Ce qu’il dit |
|---|---|---|
| uno, una | Uno se acostumbra. | tout le monde, à partir de mon expérience |
| tú générique | Si vives lejos, pierdes horas. | tout le monde, à l’oral, en vous prenant à témoin |
| se | Se venden viviendas. | neutre : annonces, règlements, presse |
| 3e personne du pluriel | Arreglaron la acera. | quelqu’un d’autre, inconnu ou sans importance |
| la gente | La gente usa la ciclovía. | les gens en général, au singulier |
En Amérique. À l’oral, la troisième personne du pluriel l’emporte souvent sur le se passif : Construyeron una ciclovía. Le trottoir change de nom selon le pays : la acera, compris partout et de norme écrite, la banqueta au Mexique, la vereda au Cône Sud, el andén en Colombie. La piste cyclable est la ciclovía ; en Espagne, el carril bici. Voir le passif et l’impersonnel.
Cinq phrases à compléter par la forme qui convient : troisième personne du pluriel sans sujet, la gente ou sujet exprimé.
Dans la page d’opinion d’un journal de Medellín, en Colombie, Mariana Ospina raconte son quartier, sur une colline de la périphérie. Relevez chaque façon de dire « on » : uno, tú, se, la troisième personne du pluriel et la gente.
Vivo desde hace quince años en una loma de la periferia de Medellín. Cuando uno vive acá, aprende pronto a medir la ciudad en horas y no en kilómetros. Si trabajas en el centro, sales de casa a las cinco de la mañana, esperas el bus en la esquina y vuelves de noche. Uno se acostumbra, dicen. Yo nunca me acostumbré.
Mi barrio nació como un asentamiento: las primeras familias construyeron sus casas con sus propias manos, sin planificación urbana, sin aceras y sin alumbrado público. Con los años, la densidad creció: hoy en cada cuadra viven muchísimas personas, y las calles siguen siendo las mismas. Durante mucho tiempo, la gente pensó que el urbanismo era cosa de los barrios ricos y que la vida urbana empezaba al pie de la loma.
Hace tres años, todo empezó a cambiar. La alcaldía abrió una oficina en la parte baja del barrio y se organizaron reuniones con la junta de vecinos. Se escucharon las quejas, se hicieron mapas y, por primera vez, nos preguntaron qué necesitábamos. Se pidieron tres cosas: más luz, aceras para los peatones y un transporte que no tardara dos horas en llegar al centro. Arreglaron las escaleras, pusieron alumbrado público en las calles más oscuras y, el año pasado, inauguraron una ciclovía que baja hasta la estación del metro.
Los cambios no lo resolvieron todo. Todavía se venden lotes en zonas peligrosas, todavía faltan viviendas habitables y todavía hay calles donde uno no se atreve a caminar de noche. Sin embargo, algo cambió en la manera de vivir el barrio. Antes, la movilidad era un problema de cada familia; ahora es un tema de toda la comunidad. Se habla de espacio público en las reuniones, se discute el presupuesto y se exige que cada nueva construcción respete las aceras.
Mi hija, que tiene diecisiete años, se desplaza sola en bicicleta hasta su colegio. Cuando le pregunto si no tiene miedo, me contesta que uno nunca sabe, pero que si uno se queda en casa, no vive. Tiene razón. Una ciudad habitable no es la que tiene los edificios más altos, sino la que permite que la gente salga a la calle. En la periferia, uno aprende que el urbanismo no es un lujo: es la diferencia entre vivir en la ciudad y vivir cerca de ella.
Je vis depuis quinze ans sur une colline de la périphérie de Medellín. Quand on vit ici, on apprend vite à mesurer la ville en heures et non en kilomètres. Si tu travailles dans le centre, tu sors de chez toi à cinq heures du matin, tu attends le bus au coin de la rue et tu rentres de nuit. On s’habitue, dit-on. Moi, je ne me suis jamais habituée.
Mon quartier est né comme un quartier informel : les premières familles ont construit leurs maisons de leurs propres mains, sans plan d’urbanisme, sans trottoirs et sans éclairage public. Avec les années, la densité a augmenté : aujourd’hui, dans chaque pâté de maisons, vivent énormément de personnes, et les rues sont toujours les mêmes. Pendant longtemps, les gens ont pensé que l’urbanisme, c’était l’affaire des quartiers riches et que la vie urbaine commençait au pied de la colline.
Il y a trois ans, tout a commencé à changer. La mairie a ouvert un bureau dans le bas du quartier et on a organisé des réunions avec le comité de quartier. On a écouté les plaintes, on a fait des cartes et, pour la première fois, on nous a demandé ce dont nous avions besoin. On a demandé trois choses : plus de lumière, des trottoirs pour les piétons et un transport qui ne mette pas deux heures pour arriver au centre. On a réparé les escaliers, on a installé l’éclairage public dans les rues les plus sombres et, l’année dernière, on a inauguré une piste cyclable qui descend jusqu’à la station de métro.
Les changements n’ont pas tout résolu. On vend encore des terrains dans des zones dangereuses, il manque encore des logements habitables et il y a encore des rues où l’on n’ose pas marcher la nuit. Pourtant, quelque chose a changé dans la manière de vivre le quartier. Avant, les déplacements étaient le problème de chaque famille ; maintenant, c’est un sujet pour toute la communauté. On parle d’espace public dans les réunions, on discute le budget et on exige que chaque nouvelle construction respecte les trottoirs.
Ma fille, qui a dix-sept ans, se rend seule à vélo jusqu’à son lycée. Quand je lui demande si elle n’a pas peur, elle me répond qu’on ne sait jamais, mais que si l’on reste chez soi, on ne vit pas. Elle a raison. Une ville habitable n’est pas celle qui a les immeubles les plus hauts, mais celle qui permet aux gens de sortir dans la rue. En périphérie, on apprend que l’urbanisme n’est pas un luxe : c’est la différence entre vivre dans la ville et vivre à côté d’elle.
Traduisez chaque phrase en choisissant le moyen indiqué pour dire « on », tildes et signes d’ouverture compris, puis comparez avec le corrigé.
| Espagnol | Français | Remarque |
|---|---|---|
| uno nunca sabe | on ne sait jamais | Formule ; uno impersonnel : Uno se acostumbra ; une femme dit aussi una. |
| el espacio público | l’espace public | Nom masculin : rues, places, parcs. |
| la vivienda | le logement | Nom féminin ; on parle aussi de la vivienda social, le logement social. |
| la periferia | la périphérie | Nom féminin : vivir en la periferia. |
| la ciclovía | la piste cyclable | Mot d’Amérique ; en Espagne : el carril bici. |
| la planificación urbana | l’urbanisme (l’aménagement) | Nom féminin ; de la famille de planificar. |
| urbano | urbain | Adjectif : la vida urbana. |
| el urbanismo | l’urbanisme | Nom masculin, la discipline et la politique de la ville. |
| el peatón / la peatona | le piéton (déjà vu en leçon 95), la piétonne | Tilde au masculin singulier seulement : peatón, peatones. |
| la acera | le trottoir | Mexique : la banqueta ; Cône Sud : la vereda ; Colombie aussi : el andén. |
| la movilidad | la mobilité, les déplacements | Nom féminin en -dad. |
| desplazarse | se déplacer | Verbe pronominal ; z devient c devant e : me desplacé. Avec « on », le se impersonnel est exclu : uno se desplaza. |
| la densidad | la densité | Nom féminin en -dad. |
| el alumbrado público | l’éclairage public | Nom masculin. |
| habitable | habitable | Adjectif invariable en genre : una ciudad habitable. |
| el asentamiento | le campement, le quartier informel | On dit asentamiento irregular ; Mexique : colonia irregular. |
| la construcción | la construction ; le chantier | Nom féminin en -ción, de construir. |
Douze questions sur toute la leçon : les cinq façons de dire « on », l’accord du se passif, la lecture et le vocabulaire de la ville.
La page de référence le passif et l’impersonnel reprend en détail l’accord du se passif, le se impersonnel et la troisième personne du pluriel, et la page les valeurs de se range tous les emplois de ce petit mot. Réécoutez aussi le cours audio en guettant chaque « on » de la conversation, et retrouvez toutes les leçons dans le sommaire du cours écrit.
La leçon suivante vous apprend à accorder le verbe après un nom collectif comme la mayoría et à laisser haber impersonnel au singulier.
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Trois cents leçons progressives, des premiers sons jusqu’au programme du niveau B2, dans l’espagnol d’Amérique latine, chacune avec ses exercices corrigés. Elles complètent le cours audio : l’oreille d’un côté, la lecture et l’écriture de l’autre.
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Des leçons de 14 minutes, entièrement à l’oreille : j’écoute, je répète à voix haute, je parle ; après les leçons, des exercices écrits fixent ce que j’ai entendu. L’application est gratuite à télécharger sur iPhone, iPad et Android, et les deux premières leçons sont offertes.
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Il n’y a pas de traduction unique. Avec uno, vous généralisez à partir de votre expérience ; avec le tú générique, vous prenez l’autre à témoin à l’oral ; avec se, vous restez neutre ; la troisième personne du pluriel et la gente parlent des autres.
On écrit Se venden casas. Dans le se passif, le nom de chose est le sujet grammatical : le verbe s’accorde avec lui. La forme *se vende casas s’entend sur certaines affiches, mais elle passe pour une faute à l’écrit, où seul Se venden casas est admis.
Parce que acostumbrarse a déjà son pronom se. Le se impersonnel ne peut pas s’y ajouter, et se acostumbra seul voudrait dire « il s’habitue ». Pour dire « on s’habitue », il faut uno se acostumbra.
Elle le peut, et c’est fréquent quand elle parle d’abord d’elle-même : Una se siente más tranquila. L’adjectif s’accorde alors au féminin. Uno reste possible pour une vérité qui vaut pour tout le monde, comme la formule Uno nunca sabe.
Non : ce tú ne s’adresse pas à la personne, il décrit une situation que chacun peut vivre. Il appartient toutefois à la conversation ; dans un courrier ou un texte soigné, préférez uno ou se.
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