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À la fin de cette leçon, vous saurez poser une condition qui peut se réaliser, en mettant le futur là où le français met le présent : Е́сли бу́дет хоро́шая пого́да, мы пое́дем на да́чу. Vous saurez aussi dire dans quel but vous agissez, et demander à quoi sert une action : Я учу́ ру́сский, что́бы чита́ть Че́хова.
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Dans cette leçon, vous reliez deux propositions par une condition ou par un but. Vous saurez :
Avant de commencer. Revoyez les deux futurs (leçon 87), l’impératif (leçon 52), почему́ et потому́ что (leçon 47) et la particule ли (leçon 91).
Durée. 50 minutes environ.
Е́сли iésli, si, introduit une condition qui peut se réaliser. Quand elle porte sur l’avenir, le russe met le futur dans les deux propositions : le futur perfectif pour un résultat, бу́ду + infinitif imperfectif pour une activité (leçon 87). Le français, lui, met le présent après « si » : on dit « s’il fait beau », mais е́сли бу́дет хоро́шая пого́да, mot à mot « si sera du beau temps ».
La subordonnée peut précéder ou suivre la principale ; une virgule les sépare toujours. Nom nouveau : огоро́д ogoród, le potager ; on dit на огоро́де, comme на да́че.
| Russe | Français |
|---|---|
| Е́сли бу́дет хоро́шая пого́да, мы пое́дем на да́чу. | S’il fait beau, nous irons à la datcha. |
| Е́сли ты придёшь, я пригото́влю у́жин. | Si tu viens, je préparerai le dîner. |
| Я позвоню́ тебе́, е́сли бу́ду свобо́ден. | Je t’appellerai si je suis libre. |
| Е́сли у меня́ бу́дет вре́мя, я тебе́ помогу́. | Si j’ai le temps, je t’aiderai. |
| Е́сли бу́дет дождь, мы не бу́дем рабо́тать на огоро́де. | S’il pleut, nous ne travaillerons pas au potager. |
Notez бу́ду свобо́ден : au futur, la forme courte (leçon 49) prend бу́ду.
Cinq phrases à compléter : choisissez la forme au futur, après если ou dans la principale.
Pour une habitude ou une vérité générale, е́сли se construit avec le présent, comme en français : Е́сли я свобо́ден, я гуля́ю в па́рке. La principale peut s’ouvrir par то, alors, qui souligne la conséquence. Е́сли se combine aussi avec l’impératif, pour une consigne ou un conseil.
Trois formules. Е́сли не тру́дно, … : si ça ne te dérange pas, avant une demande polie. Е́сли че́стно, … : pour être honnête ; че́стно vient de че́стный (leçon 64). Е́сли что, звони́! : s’il y a quoi que ce soit, appelle !
Attention. Le « si » de « je ne sais pas s’il viendra » ne pose aucune condition : il introduit une question indirecte. Le russe ne le traduit pas par е́сли, mais par ли, placé après le verbe (leçon 91) : Я не зна́ю, придёт ли он.
Cinq questions : une habitude, le mot qui ouvre la principale, deux impératifs après une condition, puis un si qui ne se traduit pas par если.
Что́бы tchtóby, pour, afin de, suivi de l’infinitif, dit le but quand celui qui agit vise lui-même ce but : Я учу́ ру́сский, что́бы чита́ть Че́хова, j’apprends le russe pour lire Tchekhov. Une virgule sépare toujours что́бы de la principale : devant lui, ou après son groupe quand il ouvre la phrase.
La question du but est заче́м zatchiém : dans quel but ? On y répond par Что́бы… Ne la confondez pas avec почему́ (leçon 47), qui demande la cause et attend потому́ что : Почему́ ты не пое́хал на да́чу? — Потому́ что был дождь.
La dernière phrase se passe de что́бы : après un verbe de mouvement, comme прийти́ ou пое́хать, l’infinitif seul suffit souvent. Quand le sujet change, что́бы prend le passé : ce sera la leçon 93.
Cinq questions : la conjonction du but, la question du but, la réponse à почему, l’infinitif après чтобы, puis le but après un verbe de mouvement.
Для dlia, pour, que vous connaissez depuis la leçon 66, se construit avec le génitif et dit à qui une chose est destinée, ou à quel usage elle sert : пода́рок для ма́мы, ко́мната для госте́й, la chambre d’amis, для рабо́ты. Ne confondez pas : для précède un nom, что́бы un verbe. Для рабо́ты мне ну́жен компью́тер, mais Что́бы рабо́тать, мне ну́жен компью́тер.
Pour expliquer et peser une décision, cinq noms : причи́на pritchína, la cause ; цель (leçon 87), le but ; по́льза pól’za, l’utilité, le bienfait, et son contraire вред vried, le tort ; смысл smysl, le sens. Retenez по́льза для здоро́вья et вред для здоро́вья : bon, ou mauvais, pour la santé.
Deux formules. Для чего́? : pour quoi faire ? Elle équivaut à Заче́м? Нет смы́сла + infinitif : ça ne sert à rien de ; après нет, смысл se met au génitif.
Cinq phrases à compléter : le génitif après для, la préposition elle-même, puis trois noms : le sens, l’utilité et la cause.
Avant de décider, on pèse la condition, усло́вие ouslóviie, la possibilité, возмо́жность vozmójnost’ (есть возмо́жность + infinitif), et le risque, риск risk. On fait un choix, вы́бор výbor, et l’on prend une décision, реше́ние riechéniie : приня́ть реше́ние, avec приня́ть, le perfectif de принима́ть (leçon 62).
Puis l’on essaie : une tentative, попы́тка popýtka, demande un effort, уси́лие oussíliie, et de la peine, труд troud, plus abstrait que рабо́та. Au bout vient le résultat, результа́т riezoul’tát : le succès, успе́х (leçon 64), ou l’échec, неуда́ча nieoudátcha, contraire d’уда́ча (leçon 65). Le шанс chans mesure la probabilité de réussir ; « du premier coup » se dit с пе́рвой попы́тки.
Une formule. На вся́кий слу́чай : au cas où, par précaution. Слу́чай sloútchaï, c’est le cas, l’occasion, l’incident : в э́том слу́чае, dans ce cas.
Quatre phrases à compléter d’après la traduction, avec un mot de la décision ou une formule.
Igor écrit à son amie Julie, Жюли́, sur une messagerie. Lisez l’échange, puis soulignez chaque е́сли et le verbe de sa proposition : futur ou présent ? Les formules е́сли че́стно et е́сли что n’en ont pas ; repérez aussi les impératifs de la principale. Une formule déjà vue à la leçon 91 : Ничего́ стра́шного!, ce n’est pas grave, de la famille de стра́шно (leçon 61).
И́горь : Жюли́, приве́т! Что ты де́лаешь в суббо́ту? Моя́ ба́бушка приглаша́ет нас на да́чу. Она́ давно́ хо́чет познако́миться с тобо́й.
Жюли́ : Приве́т! Отли́чно! Я давно́ мечта́ю побыва́ть на ру́сской да́че. А где её да́ча?
И́горь : Недалеко́ от Москвы́, два часа́ на электри́чке. Е́сли в суббо́ту бу́дет хоро́шая пого́да, мы пое́дем ра́но, на электри́чке в семь часо́в, что́бы прие́хать до обе́да.
Жюли́ : А е́сли бу́дет дождь?
И́горь : Е́сли бу́дет дождь, нет смы́сла е́хать на да́чу. Тогда́ мы пойдём в музе́й.
Жюли́ : А где мы встреча́емся?
И́горь : На вокза́ле, у ка́ссы, в шесть со́рок. Е́сли ты придёшь пе́рвой, купи́ два биле́та. И ещё оди́н сове́т: возьми́ тёплую ку́ртку на вся́кий слу́чай. Ве́чером на да́че хо́лодно.
Жюли́ : Хорошо́, возьму́. А что мы бу́дем там де́лать?
И́горь : Бу́дем рабо́тать на огоро́де. Ба́бушка ка́ждое ле́то рабо́тает там с утра́ до ве́чера.
Жюли́ : Заче́м ба́бушке огоро́д? О́вощи мо́жно купи́ть на ры́нке.
И́горь : Что́бы есть свои́ о́вощи! И для здоро́вья по́льза. Ба́бушка всегда́ говори́т: «Е́сли рабо́таешь на огоро́де, врач не ну́жен!»
Жюли́ : Е́сли че́стно, я никогда́ не рабо́тала на огоро́де.
И́горь : Ничего́ стра́шного! Е́сли бу́дет тру́дно, ба́бушка помо́жет. Она́ всё пока́жет.
Жюли́ : А что мне взять для огоро́да?
И́горь : Ста́рую о́бувь, и всё. Е́сли хо́чешь, возьми́ фотоаппара́т: на да́че о́чень краси́во.
Жюли́ : А е́сли я опозда́ю на электри́чку?
И́горь : Не опозда́ешь: я позвоню́ тебе́ у́тром, в шесть часо́в.
Жюли́ : Спаси́бо! Договори́лись. До суббо́ты!
И́горь : До суббо́ты! Е́сли что, звони́!
— Julie, salut ! Que fais-tu samedi ? Ma grand-mère nous invite à la datcha. Il y a longtemps qu’elle veut faire ta connaissance. — Salut ! Super ! Il y a longtemps que je rêve de voir une datcha russe. Et où est sa datcha ? — Pas loin de Moscou, à deux heures de train de banlieue. S’il fait beau samedi, nous partirons tôt, par le train de sept heures, pour arriver avant le déjeuner. — Et s’il pleut ? — S’il pleut, ça ne sert à rien d’aller à la datcha. Dans ce cas, nous irons au musée.
— Et on se retrouve où ? — À la gare, près du guichet, à sept heures moins vingt. Si tu arrives la première, achète deux billets. Et encore un conseil : prends une veste chaude, au cas où. Le soir, il fait froid à la datcha. — D’accord, je la prendrai. Et qu’est-ce qu’on fera là-bas ? — On travaillera au potager. Chaque été, ma grand-mère y travaille du matin au soir. — Pourquoi ta grand-mère a-t-elle un potager ? On peut acheter des légumes au marché. — Pour manger ses propres légumes ! Et c’est bon pour la santé. Ma grand-mère dit toujours : « Quand on travaille au potager, on n’a pas besoin de médecin ! »
— Pour être honnête, je n’ai jamais travaillé dans un potager. — Ce n’est pas grave ! Si c’est difficile, ma grand-mère t’aidera. Elle te montrera tout. — Et qu’est-ce que je dois prendre pour le potager ? — De vieilles chaussures, c’est tout. Si tu veux, prends un appareil photo : c’est très beau, à la datcha. — Et si je rate le train ? — Tu ne le rateras pas : je t’appellerai le matin, à six heures. — Merci ! C’est entendu. À samedi ! — À samedi ! S’il y a quoi que ce soit, appelle !
Traduisez ces six phrases, puis ajoutez-en deux de votre cru : l’une avec что́бы, l’autre avec для. Les deux premières forment une chaîne : la principale de la première devient la condition de la seconde.
| Russe | Transcription | Français | Remarque |
|---|---|---|---|
| е́сли | iésli | si (condition) | Conjonction : + futur pour l’avenir, + présent pour une habitude ; le « si » interrogatif se dit ли. |
| что́бы | tchtóby | pour, afin de ; pour que | Conjonction : + infinitif si le sujet est le même ; + passé si le sujet change (leçon 93) ; virgule devant. |
| заче́м | zatchiém | pourquoi ? (dans quel but ?) | Demande le but ; почему́ (leçon 47) demande la cause ; réponse : Что́бы… |
| для | dlia | pour (destiné à) | Déjà vu en leçon 66. Préposition + génitif : для ма́мы ; Для чего́? = Заче́м? |
| причи́на | pritchína | la cause, la raison | Nom féminin ; причи́на пробле́мы : la cause du problème. |
| усло́вие | ouslóviie | la condition | Nom neutre en -ие ; pluriel усло́вия : les conditions (de vie, de travail). |
| слу́чай | sloútchaï | le cas ; l’occasion ; l’incident | Nom masculin ; в э́том слу́чае : dans ce cas ; на вся́кий слу́чай : au cas où. |
| возмо́жность | vozmójnost’ | la possibilité, l’occasion | Nom féminin en -ость ; de возмо́жно (leçon 87). |
| шанс | chans | la chance (probabilité de réussir) | Nom masculin ; la chance qui sourit se dit уда́ча (leçon 65). |
| риск | risk | le risque | Nom masculin ; génitif ри́ска. |
| вы́бор | výbor | le choix | Nom masculin ; accent fixe sur вы́- : вы́бора. |
| реше́ние | riechéniie | la décision ; la solution | Nom neutre ; de реши́ть (leçon 86) ; приня́ть реше́ние : prendre une décision. |
| результа́т | riezoul’tát | le résultat | Nom masculin ; результа́ты экза́мена. |
| неуда́ча | nieoudátcha | l’échec, l’insuccès | Nom féminin ; contraire d’уда́ча (leçon 65) et d’успе́х (leçon 64). |
| попы́тка | popýtka | la tentative, l’essai | Nom féminin ; génitif pluriel попы́ток ; с пе́рвой попы́тки : du premier coup. |
| уси́лие | oussíliie | l’effort | Nom neutre en -ие ; souvent au pluriel : уси́лия. |
| труд | troud | le travail, la peine | Nom masculin ; génitif труда́ ; famille de тру́дный (leçon 18). |
| по́льза | pól’za | l’utilité, le bienfait | Nom féminin ; по́льза для здоро́вья ; contraire : вред. |
| вред | vried | le tort, le mal (que l’on fait) | Nom masculin ; accent final : вреда́ ; вред для здоро́вья. |
| смысл | smysl | le sens | Nom masculin ; Нет смы́сла + infinitif ; смысл жи́зни : le sens de la vie. |
| огоро́д | ogoród | le potager | Nom masculin ; на огоро́де, comme на да́че (leçon 28) ; le jardin d’agrément est le сад (leçon 7). |
Dix questions qui mélangent toute la leçon : conditions, but, formules, mots de la décision et texte de lecture.
Trois pages de référence prolongent cette leçon : les subordonnées, dire « pour » et la datcha et le potager.
La leçon suivante complète celle-ci : что́бы quand le sujet change, et le « si » de la question indirecte.
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Parce que l’action est à venir, et que le russe la dit telle qu’elle est : Е́сли ты придёшь, я пригото́влю у́жин. Le français emploie le présent après « si », même pour l’avenir : « si tu viens ». Le russe ne fait pas cette exception : quand la condition porte sur l’avenir, il met le futur dans les deux propositions. Pour une habitude, en revanche, le présent revient : Е́сли я свобо́ден, я гуля́ю в па́рке.
Заче́м zatchiém demande le but, ce que l’on veut obtenir ; on y répond par что́бы : Заче́м ты купи́л цветы́? — Что́бы подари́ть ма́ме. Почему́ demande la cause, ce qui a provoqué l’action ; on y répond par потому́ что : Почему́ ты не пое́хал на да́чу? — Потому́ что был дождь. Le français dit « pourquoi » dans les deux cas. Для чего́? équivaut à заче́м.
Pas par е́сли iésli, qui pose une condition. Ce « si » introduit une question indirecte : le russe met la particule ли après le mot sur lequel porte la question, le plus souvent le verbe : Я не зна́ю, придёт ли он. Pour vérifier, remplacez « si » par « est-ce que » : « je ne sais pas : est-ce qu’il viendra ? » Si la phrase garde son sens, c’est ли.
Les deux se traduisent par « pour ». Для dlia précède un nom ou un pronom, au génitif : пода́рок для ма́мы, для рабо́ты. Что́бы tchtóby précède un verbe, à l’infinitif quand le sujet ne change pas : что́бы чита́ть Че́хова. Un repère simple : si « pour » est suivi d’un verbe en français, c’est что́бы.
Oui. En russe, une subordonnée est toujours séparée de la principale par une virgule, qu’elle vienne avant ou après : Я позвоню́ тебе́, е́сли бу́ду свобо́ден ; Мы встаём ра́но, что́бы успе́ть на электри́чку. Seul l’infinitif de but placé juste après un verbe de mouvement s’en passe, puisqu’il n’y a pas de subordonnée : Я пришёл помо́чь.
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