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À la fin de cette leçon, vous saurez imaginer une autre situation avec е́сли бы et dire ce qui se serait passé sans la pluie ou sans un ami : Е́сли бы не дождь, мы бы пое́хали. Vous saurez aussi exprimer un regret, parler de chance et de malchance, et tirer la leçon d’une histoire : Е́сли бы я знал, я бы пришёл.
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Dans cette leçon, vous imaginez la réalité autrement : ce qui se passerait si…, ce qui se serait passé sans… Vous saurez :
Avant de commencer. Revoyez е́сли + futur (leçon 92), la particule бы (leçon 117), жаль et к сожале́нию (leçon 47), et оши́бка (leçon 99).
Durée. 50 minutes environ.
À la leçon 92, е́сли + futur posait une condition réelle. Pour une condition irréelle, contraire aux faits, le russe met е́сли бы iésli by + passé dans la subordonnée, et бы + passé dans la principale, qui peut commencer par то : я бы пришёл, она́ бы пришла́.
| Réelle : е́сли + futur | Irréelle : е́сли бы + passé |
|---|---|
| Е́сли бу́дет хоро́шая пого́да, мы пое́дем на да́чу. — S’il fait beau, nous irons à la datcha (on verra bien). | Е́сли бы была́ хоро́шая пого́да, мы бы пое́хали на да́чу. — S’il faisait beau, nous irions à la datcha (mais il pleut). |
| Е́сли ты позвони́шь, я тебя́ встре́чу. — Si tu appelles, je viendrai te chercher. | Е́сли бы ты позвони́л, то я бы тебя́ встре́тил. — Si tu avais appelé, je serais venu te chercher. |
Le russe ne distingue pas « si je savais » et « si j’avais su » : le contexte tranche.
Mots neufs : вы́играть výigrat’, gagner ; лотере́я lotieréia, la loterie ; за́ново zánovo, à partir de zéro ; вы́брать výbrat’, choisir.
Une formule. Е́сли бы я знал! Iésli by ia znal ! : si j’avais su !
Quatre questions : trois phrases à passer à l’irréel, puis le temps de l’irréel.
Е́сли бы не iésli by nie + nominatif, sans verbe, veut dire « sans… », « n’eût été… », et la principale garde бы + passé. Un pronom se met aussi au nominatif : Е́сли бы не ты.
| Emploi | Exemple |
|---|---|
| remercier | Е́сли бы не ты, я бы не сдал экза́мен. — Sans toi, je n’aurais pas réussi mon examen. Е́сли бы не ма́ма, я бы забы́л о дне рожде́ния сестры́. — Sans maman, j’aurais oublié l’anniversaire de ma sœur. Е́сли бы не его́ о́пыт, мы бы оши́блись. — Sans son expérience, nous nous serions trompés. |
| accuser | Е́сли бы не дождь, мы бы пое́хали. — Sans la pluie, nous serions partis. Е́сли бы не про́бки, мы бы успе́ли. — Sans les embouteillages, nous serions arrivés à temps. |
Mots neufs : о́пыт ópyt, l’expérience ; ошиби́ться ochibít’sia, se tromper, passé оши́бся. Avec un verbe, on dirait Е́сли бы не́ было дождя́…, au génitif.
Cinq questions : quatre phrases à réécrire avec если бы не, puis un cas.
Жаль, что… et Как жаль, что… prennent l’indicatif, sans бы. Жале́ть jaliét’ se construit avec о + prépositionnel ou что… ; сожале́ть sojaliét’, plus soutenu, se lit dans les annonces, et son nom, сожале́ние sojaliéniie, le regret, se cache dans к сожале́нию. Зря zria, familier, et напра́сно naprásno, plus soutenu, disent qu’une action était inutile ou fautive. На́до бы́ло + infinitif adresse un reproche : j’aurais dû, tu aurais dû.
Trois formules. Как жаль! Kak jal’ ! : quel dommage ! На́до бы́ло сказа́ть! Nádo býlo skazát’ ! : il fallait le dire ! Сли́шком по́здно! Slíchkom pózdno ! : trop tard !
Cinq phrases de regret à compléter, autour de жаль, жалеть, зря et надо было.
Повезло́ poviezló et не повезло́ nie poviezló, passé neutre de повезти́, n’ont pas de sujet : la personne est au datif, la chose suit с + instrumental. Au présent : Тебе́ везёт! Noms : везе́ние viezéniie, la chance, et невезе́ние nieviezéniie, la malchance.
| Sens | Exemple |
|---|---|
| la chance | Мне повезло́: я вы́играл в лотере́ю! — J’ai eu de la chance : j’ai gagné au loto ! |
| la malchance | Нам не повезло́ с пого́дой. — Nous n’avons pas eu de chance avec le temps. |
| au présent | Тебе́ всегда́ везёт, а мне — одно́ невезе́ние. — Toi, tu as toujours de la chance ; moi, je n’ai que de la malchance. |
| la chance perdue | Он упусти́л свой шанс. — Il a laissé passer sa chance. |
| se tromper | Извини́те, я оши́бся но́мером. — Excusez-moi, je me suis trompé de numéro. |
| gagner, perdre | На́ша кома́нда проигра́ла, а могла́ бы вы́играть. — Notre équipe a perdu, alors qu’elle aurait pu gagner. |
Mots neufs : упусти́ть oupoustít’, laisser échapper ; проигра́ть proigrát’, perdre ; ошиба́ться ochibát’sia, imperfectif de ошиби́ться : Е́сли я не ошиба́юсь…, si je ne me trompe…
Deux formules. Мне повезло́! Mnie poviezló ! / Не повезло́! Nie poviezló ! : j’ai eu de la chance ! / pas de chance ! Et упусти́ть шанс oupoustít’ chans : laisser passer sa chance.
Cinq phrases à compléter, la personne au datif quand il le faut.
Un récit de regret se conclut souvent par une leçon : Э́то был хоро́ший уро́к. Вы́вод vývod, la conclusion, s’accentue sur вы-. Pour l’avenir : в друго́й раз v drougóï raz, la prochaine fois. Pour la manière : по-друго́му po-drougómou ou ина́че inátche, autrement ; en tête de proposition, après un ordre ou un conseil, ина́че veut le plus souvent dire « sinon ». Послу́шаться posloúchat’sia + génitif, c’est écouter un conseil, obéir, et non послу́шать (leçon 51).
Une formule. сде́лать вы́вод sdiélat’ vývod : tirer une conclusion, en tirer la leçon.
Quatre phrases à compléter pour conclure un récit.
Un grand-père raconte à sa petite-fille, Katia (Ка́тя Kátia), comment il a rencontré sa femme. Soulignez chaque бы : il signale ce qui n’a pas eu lieu.
Е́сли бы не тот дождь…
Ты спра́шиваешь, Ка́тя, как я встре́тил твою́ ба́бушку? Э́то дли́нная исто́рия. Слу́шай.
Ле́том 1975 го́да мне бы́ло два́дцать три го́да. Я жил с роди́телями в ма́леньком го́роде и рабо́тал на заво́де. Одна́жды мне предложи́ли хоро́шую рабо́ту в Москве́. Э́то был мой шанс! По ра́дио сказа́ли, что ве́чером пойдёт си́льный дождь, и оте́ц сове́товал мне е́хать у́тром. Но я его́ не послу́шался: у́тром я хоте́л уви́деть друзе́й, поэ́тому купи́л биле́т на вече́рний по́езд.
Ве́чером пошёл дождь, и како́й дождь! У́лицы ста́ли как ре́ки. Авто́бус шёл до вокза́ла о́чень ме́дленно, а пото́м совсе́м останови́лся. Когда́ я прибежа́л на вокза́л, мой по́езд уже́ ушёл. Сли́шком по́здно! Сле́дующий по́езд в Москву́ был то́лько у́тром.
Я сиде́л на вокза́ле и ду́мал: «Как жаль! Е́сли бы я послу́шался отца́, я бы уже́ е́хал в Москву́». Ря́дом сиде́ла де́вушка с чемода́ном. Она́ то́же опозда́ла на по́езд, и у неё то́же не́ было зо́нта. Мы на́чали разгова́ривать. Она́ учи́лась в университе́те и е́хала к ба́бушке в дере́вню. Мы разгова́ривали всю ночь: о кни́гах, о му́зыке, о жи́зни.
У́тром пришёл мой по́езд, но я не пое́хал. Я сдал биле́т и оста́лся. Оте́ц до́лго серди́лся на меня́: «Ты упусти́л свой шанс! Ты сде́лал большу́ю оши́бку!» Че́рез год я жени́лся на той де́вушке. А когда́ родила́сь твоя́ ма́ма, оте́ц сказа́л мне: «Хорошо́, что ты меня́ тогда́ не послу́шался!»
Иногда́ я жале́ю, что упусти́л свой шанс и не послу́шался отца́. Е́сли бы я уе́хал у́тром, я бы рабо́тал в Москве́ и, мо́жет быть, стал бы дире́ктором большо́го заво́да. Но е́сли бы не́ было дождя́, я бы не сиде́л всю ночь на вокза́ле и не встре́тил бы твою́ ба́бушку.
Е́сли бы мо́жно бы́ло нача́ть всё за́ново, я бы, наве́рное, ничего́ не сде́лал по-друго́му. Я сде́лал вы́вод: никогда́ не зна́ешь, где везе́ние, а где невезе́ние. В тот ве́чер мне не повезло́ с пого́дой, но мне повезло́ в жи́зни. Мо́жет быть, э́то судьба́. Е́сли бы не тот дождь, тебя́ бы не́ было.
Tu me demandes, Katia, comment j’ai rencontré ta grand-mère ? C’est une longue histoire. Écoute.
À l’été 1975, j’avais vingt-trois ans. Je vivais chez mes parents, dans une petite ville, et je travaillais à l’usine. Un jour, on m’a proposé un bon travail à Moscou. C’était ma chance ! À la radio, on avait annoncé une forte pluie pour le soir, et mon père me conseillait de partir le matin. Mais je ne l’ai pas écouté : le matin, je voulais voir mes amis, alors j’ai acheté un billet pour le train du soir.
Le soir, la pluie s’est mise à tomber, et quelle pluie ! Les rues sont devenues des rivières. Le bus roulait très lentement vers la gare, puis il s’est arrêté pour de bon. Quand je suis arrivé à la gare en courant, mon train était déjà parti. Trop tard ! Le train suivant pour Moscou ne partait que le lendemain matin.
J’étais assis à la gare et je pensais : « Quel dommage ! Si j’avais écouté mon père, je serais déjà en route pour Moscou. » À côté de moi était assise une jeune fille avec une valise. Elle aussi avait manqué son train, et elle non plus n’avait pas de parapluie. Nous avons commencé à bavarder. Elle était étudiante et allait chez sa grand-mère, à la campagne. Nous avons parlé toute la nuit : de livres, de musique, de la vie.
Le matin, mon train est arrivé, mais je ne suis pas parti. J’ai rendu mon billet et je suis resté. Mon père m’en a longtemps voulu : « Tu as laissé passer ta chance ! Tu as fait une grosse erreur ! » Un an plus tard, j’ai épousé cette jeune fille. Et quand ta mère est née, mon père m’a dit : « Heureusement que tu ne m’as pas écouté, à l’époque ! »
Parfois, je regrette d’avoir laissé passer ma chance et de ne pas avoir écouté mon père. Si j’étais parti le matin, j’aurais travaillé à Moscou et je serais peut-être devenu directeur d’une grande usine. Mais s’il n’y avait pas eu de pluie, je n’aurais pas passé la nuit à la gare et je n’aurais pas rencontré ta grand-mère.
Si l’on pouvait tout recommencer, je ne ferais sans doute rien autrement. J’en ai tiré une leçon : on ne sait jamais où est la chance et où est la malchance. Ce soir-là, je n’ai pas eu de chance avec le temps, mais j’ai eu de la chance dans la vie. C’est peut-être le destin. Sans cette pluie, tu ne serais pas née.
Écrivez, puis comparez avec le corrigé.
| Russe | Transcription | Français | Remarque |
|---|---|---|---|
| е́сли бы | iésli by | si (condition irréelle) | + passé. |
| е́сли бы не | iésli by nie | sans, n’était | + nominatif. |
| жале́ть | jaliét’ | regretter ; plaindre | жале́ю ; perfectif пожале́ть. |
| сожале́ть | sojaliét’ | regretter (soutenu) | о + prépositionnel. |
| сожале́ние | sojaliéniie | le regret | Nom neutre. |
| упусти́ть | oupoustít’ | laisser échapper, laisser passer | Perfectif : упущу́. |
| ошиби́ться | ochibít’sia | se tromper | Perfectif ; passé оши́бся. |
| ошиба́ться | ochibát’sia | se tromper | Imperfectif. |
| о́пыт | ópyt | l’expérience | Nom masculin. |
| вы́вод | vývod | la conclusion | Nom masculin. |
| везе́ние | viezéniie | la chance | Synonyme d’уда́ча (leçon 65). |
| невезе́ние | nieviezéniie | la malchance, la poisse | Nom neutre. |
| повезло́ | poviezló | (on) a eu de la chance | + datif ; présent везёт. |
| не повезло́ | nie poviezló | (on) n’a pas eu de chance | + datif ; с + instrumental. |
| зря | zria | en vain, à tort, pour rien | Familier. |
| напра́сно | naprásno | en vain, à tort | Plus soutenu. |
| ина́че | inátche | autrement ; sinon | Adverbe. |
| по-друго́му | po-drougómou | autrement, d’une autre façon | De друго́й (leçon 19). |
| в друго́й раз | v drougóï raz | la prochaine fois, une autre fois | Locution. |
| лотере́я | lotieréia | la loterie, le loto | Nom féminin. |
| вы́играть | výigrat’ | gagner (un jeu, un match, un prix) | Perfectif ; imperfectif выи́грывать. |
| проигра́ть | proigrát’ | perdre (un jeu, un match) | Perfectif ; imperfectif прои́грывать. |
| послу́шаться | posloúchat’sia | écouter (un conseil), obéir à | Perfectif, + génitif. |
| вы́брать | výbrat’ | choisir | Perfectif : вы́беру. |
| за́ново | zánovo | de nouveau, à partir de zéro | Adverbe. |
Huit questions : cinq phrases à compléter, puis trois sur le récit.
Deux pages de référence prolongent cette leçon : le conditionnel et les subordonnées.
La leçon suivante présente les pronoms indéfinis : quelqu’un, quelque chose, quelque part.
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Deux cents leçons progressives, de l’alphabet cyrillique jusqu’au programme du niveau B2, chacune avec ses exercices corrigés. Elles complètent le cours audio : l’oreille d’un côté, la lecture et l’écriture de l’autre.
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50 leçons de 14 minutes, soit 11 h 39 d’écoute, en fichiers MP3. Je paie une fois, je reçois le lien par courriel, je télécharge le cours entier — ou je l’écoute en ligne.
La leçon 1 est en haut de cette page, gratuite et en entier : je l’écoute avant de payer, sans compte à créer et sans carte bancaire.
Е́сли + futur (leçon 92) pose une condition réelle, qui peut encore se réaliser : Е́сли бу́дет вре́мя, я приду́, si j’ai le temps, je viendrai. Е́сли бы iésli by + passé pose une condition irréelle, contraire aux faits : Е́сли бы бы́ло вре́мя, я бы пришёл, si j’avais le temps, je viendrais ; mais je ne l’ai pas. Dans ce cas, бы revient dans la principale, toujours avec le passé.
Par le contexte : le russe n’a qu’une forme là où le français en a deux. Е́сли бы я знал, я бы пришёл se traduit par « si je savais, je viendrais » ou par « si j’avais su, je serais venu ». Un adverbe lève souvent le doute : avec вчера́ ou тогда́, on comprend le passé ; avec сейча́с, le présent.
Parce que е́сли бы не iésli by nie se construit sans verbe, avec le nominatif : Е́сли бы не дождь, Е́сли бы не ты. Le génitif n’apparaît qu’avec le verbe не́ было, qui nie l’existence : Е́сли бы не́ было дождя́. Les deux phrases disent la même chose : sans la pluie.
Non. Жаль, что… regrette un fait réel, qui a bien eu lieu, ou qui n’a pas eu lieu : la subordonnée est à l’indicatif, sans бы. Жаль, что ты не пришёл : dommage que tu ne sois pas venu. Le français met ici un subjonctif, le russe un simple passé.
Le sens est le même : une action inutile ou fautive. Зря zria est familier et très courant à l’oral : Зря я ему́ сказа́л, je n’aurais pas dû le lui dire. Напра́сно naprásno est plus soutenu : Ты напра́сно бои́шься, tu as peur pour rien. Pour dire qu’un effort a payé, on dit не зря.
Parce que повезло́ poviezló est impersonnel : la phrase n’a pas de sujet, le verbe reste au neutre, et la personne chanceuse se met au datif, comme dans мне хо́лодно ou мне сты́дно. Ce qui porte chance ou malchance suit с + instrumental : Нам не повезло́ с пого́дой. Au présent, on dit Тебе́ везёт!
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