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Vous écoutez et vous répétez à voix haute ce que vous entendez : les 41 leçons se déroulent toutes de cette façon.
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À la fin de cette leçon, vous saurez admirer, vous moquer ou mépriser d’un seul suffixe : ¡Qué golazo!, un problemón, una casucha. Vous saurez aussi suivre un clásico depuis la tribune, avec la hinchada, le penal et le tiro libre.
Le cours d’espagnol se suit dans l’application LIMBA : des leçons audio de 14 minutes, suivies d’exercices écrits, sur iPhone, iPad et Android. L’application est gratuite, et les deux premières leçons aussi. La leçon 1 s’écoute également plus haut sur cette page, en entier.
Une leçon écrite, complément du cours audio. Cette page fait partie du cours d’espagnol écrit de LIMBA, en accès libre. Il accompagne le cours d’espagnol audio de l’application LIMBA, en leçons de 14 minutes : le cours audio vous fait parler, ces leçons écrites vous apprennent à lire, à écrire et à comprendre la mécanique de la langue.
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Vous connaissez depuis longtemps les diminutifs en -ito : ahorita, un poquito, chiquito. L’espagnol possède toute une famille de suffixes qui ne changent pas le sens du mot, mais le regard qu’on porte sur lui : on les appelle les appréciatifs. Vous saurez :
Avant de commencer. Revoyez les diminutifs de la leçon 125, que cette leçon prolonge, et le vocabulaire du football de la leçon 185 : el hincha, el gol, el árbitro.
Durée. 50 minutes environ.
Le suffixe -azo a deux valeurs. La première est admirative, et l’Amérique l’emploie sans compter : un golazo n’est pas un grand but, c’est un but magnifique ; un partidazo, un match superbe ; un carrazo, une voiture qui fait envie. La seconde valeur nomme le coup donné avec l’objet ou contre lui : la puerta donne el portazo, le claquement de porte, et l’on dit dar un portazo.
Formation : on retire la voyelle finale (carro, carrazo) ; la diphtongue disparaît quand l’accent quitte le radical (puerta, portazo) ; enfin, le nom de coup en -azo est masculin même quand la base est féminine : la pelota, el pelotazo.
| Base | Dérivé | Valeur | Français |
|---|---|---|---|
| el gol | el golazo | admiration | le but magnifique |
| el partido | el partidazo | admiration | le match superbe |
| el carro | el carrazo | admiration | la voiture superbe |
| la puerta | el portazo | coup | le claquement de porte |
| la pelota | el pelotazo | coup | le coup de ballon |
| la botella | el botellazo | coup | le coup de bouteille |
| la mano | el manotazo | coup | la tape, la claque |
Seuls golazo et portazo sont à apprendre ; les autres dérivés montrent que le suffixe s’applique à beaucoup de noms.
Cinq phrases à compléter par le dérivé ou l’article qui convient.
Le suffixe -ón, au féminin -ona, agrandit et souvent exagère : un problemón est un gros problème, un fiestón une fête mémorable, un notición une nouvelle énorme. Remarquez que -ón rend souvent le mot masculin : la fiesta, mais el fiestón ; la noticia, mais el notición. Quand le féminin est gardé, on emploie -ona : la casona, la grande maison ancienne, vue à la leçon 201.
Le suffixe -ote, au féminin -ota, grossit lui aussi, avec une nuance familière, affectueuse ou rude selon le ton : grandote se dit d’un homme très grand et costaud. Parfois le dérivé prend un sens neuf : la palabrota n’est pas un long mot, c’est un gros mot.
| Base | Dérivé | Français |
|---|---|---|
| el problema | el problemón | le gros problème |
| la fiesta | el fiestón | la fête mémorable |
| la noticia | el notición | la nouvelle énorme |
| la casa | la casona | la grande maison ancienne |
| grande | grandote | très grand, costaud |
| la palabra | la palabrota | le gros mot |
Cinq phrases à compléter par le mot qui convient au sens et au genre.
Le suffixe -ucho, au féminin -ucha, est franchement péjoratif : il dit que la chose est pauvre, sale ou sans valeur. Il garde le genre de la base : la casa donne la casucha, la bicoque ; el cuarto donne el cuartucho, la piaule ; el hotel, el hotelucho, l’hôtel miteux ; el papel, el papelucho, le papier sans valeur.
Le suffixe -illo, au féminin -illa, est un diminutif très courant en Espagne. En Amérique, où le diminutif ordinaire est -ito, il sert plutôt à rabaisser : un actorcillo est un acteur sans talent, un politiquillo un politicien de second ordre, avec le c écrit qu devant i ; un dolorcillo, une petite douleur sans gravité. Enfin, la ventanilla, el bolsillo ou la pastilla ne sont plus des diminutifs, mais des mots à part entière.
| Base | Dérivé | Français |
|---|---|---|
| la casa | la casucha | la masure, la bicoque |
| el cuarto | el cuartucho | la piaule |
| el hotel | el hotelucho | l’hôtel miteux |
| el papel | el papelucho | le papier sans valeur |
| el actor | el actorcillo | l’acteur sans talent |
| el político | el politiquillo | le politicien de second ordre |
Cinq phrases à compléter par le mot qui exprime le mépris ou la petitesse attendus.
En Amérique, les diminutifs de la leçon 125 adoucissent une offre, ¿Un cafecito?, ou une attente, un ratito, ahorita. Dans une partie du continent, après un t, le diminutif devient -ico : el momento donne un momentico, el rato donne un ratico, el gato, un gatico. Reconnaissez ces formes ; pour parler, -ito convient partout.
En Amérique. Le diminutif en -ito y est bien plus fréquent qu’en Espagne, où l’on entend aussi -illo. La forme en -ico après t s’entend surtout en Colombie, au Venezuela, à Cuba et au Costa Rica, d’où le surnom de ticos donné aux Costaricains. La page diminutifs et augmentatifs détaille ces variantes.
Reste l’ironie. Tous ces suffixes peuvent dire le contraire de ce qu’ils disent : ¡Qué partidazo! après un match sans but, mi casita pour une maison immense, un golcito pour rabaisser le beau but de l’autre équipe. C’est le contexte et le ton qui tranchent, jamais le suffixe seul.
Cinq questions sur les diminutifs d’Amérique et sur l’ironie.
À Bogotá, Valeria emmène son cousin Tomás, venu de Lima, voir le clásico entre Millonarios et Santa Fe au stade El Campín, avec son oncle Hernando. Lisez à voix haute et relevez chaque suffixe appréciatif : admire-t-il, se moque-t-il ou méprise-t-il ?
— Tomás, dépêche-toi, le clásico commence à quatre heures et la tribune est déjà pleine. — Un petit instant, cousine, j’arrive. Où sont nos places ? — Ici en haut, à côté de mon oncle Hernando. Regarde là-bas en bas, à gauche : c’est le groupe de supporters durs de Millonarios, avec leurs drapeaux et leurs tambours. — Quels supporters ! Je n’ai jamais vu autant de gens chanter ensemble. — C’est comme ça, le clásico de Bogotá. Mon oncle est fan de Santa Fe depuis tout petit : il ne rate pas un match. — Et toi, Valeria, tu es toujours pour Millonarios ? Quelle honte dans ma propre famille ! dit don Hernando en riant.
Le match commence. À la dixième minute, l’attaquant de Santa Fe, un grand gaillard aux cheveux longs, reçoit le ballon et court vers le gardien. Un joueur de Millonarios l’arrête d’une claque. — Faute ! C’est une faute ! Il lui a donné une claque au visage ! crie don Hernando. L’arbitre ne siffle rien, et tous les supporters de Santa Fe se mettent à le huer. Derrière eux, un monsieur crie des gros mots que Tomás préfère ne pas répéter. Dix minutes plus tard, l’arbitre siffle bien une faute près de la surface. Le grand attaquant tire le coup franc et le ballon entre en haut du but, imparable pour le gardien. — Quel but magnifique ! crie Tomás. Ça, c’était un vrai but de rêve ! — Bon, un petit but chanceux, répond Valeria, qui ne veut rien admettre.
En seconde période, l’arbitre siffle un penalty pour Millonarios. Les supporters durs sautent et chantent, et quelques-uns jettent des papiers sur le terrain. L’attaquant de Millonarios tire le penalty… et le gardien de Santa Fe l’arrête des deux mains. — Quel gardien ! C’est un gardien immense ! crie don Hernando, ravi. À la fin, Santa Fe gagne un à zéro. Valeria reste silencieuse un petit moment, puis dit : — Quel match superbe, vraiment ! Un seul but, et chanceux.
À la sortie, don Hernando les invite à manger : — Venez dans ma bicoque, je vous prépare un ajiaco. Une demi-heure plus tard, Tomás découvre la bicoque : une grande maison de trois étages, avec un patio immense et un énorme chien qui les attend à la porte. Ce soir-là, dans la chambre d’amis, Valeria ferme la porte en la claquant, et Tomás rit tout seul.
Écrivez chaque phrase avec le suffixe qui convient, tildes et signes d’ouverture compris, puis comparez avec le corrigé.
| Espagnol | Français | Remarque |
|---|---|---|
| el golazo | le but magnifique | -azo augmentatif, admiratif : ¡Qué golazo! |
| el portazo | le claquement de porte | -azo du coup, de puerta sans diphtongue : dar un portazo. |
| la palabrota | le gros mot | -ota ; un mot grossier, pas un long mot. |
| la casucha | la masure, la bicoque | -ucha péjoratif ; à ne pas confondre avec la casona. |
| grandote | très grand, costaud | -ote ; familier ; féminin grandota. |
| la hinchada | les supporters (ensemble) | Nom collectif ; un supporter se dit el hincha, leçon 185. |
| el clásico | le derby, le grand match | Le match entre deux rivaux historiques d’une ville ou d’un pays. |
| la barra brava | le groupe de supporters violents | Río de la Plata, Colombie, Pérou. |
| la tribuna | la tribune | Nom féminin : la tribuna norte. |
| el arquero / la arquera | le gardien de but | Amérique du Sud ; au Mexique, aussi el portero. |
| el delantero / la delantera | l’attaquant | De la famille de adelante. |
| el penal | le penalty | En Espagne : el penalti ; tirar un penal. |
| el tiro libre | le coup franc | Cobrar un tiro libre, tirer un coup franc. |
| la falta | la faute (sport) | Cometer una falta ; le même mot que dans hace falta. |
| el fanático / la fanática | le fan, le passionné | Es fanático del fútbol ; sans nuance de violence. |
| abuchear | huer, siffler | Verbe régulier en -ar : abuchearon al árbitro. |
Douze questions sur toute la leçon : le vocabulaire du stade, les suffixes appréciatifs et la lecture.
La page de référence diminutifs et augmentatifs rassemble la plupart des suffixes de cette leçon et leurs variantes. Réécoutez le cours audio et retrouvez toutes les leçons dans le sommaire du cours écrit.
La leçon suivante vous apprend à reconnaître les formes d’adresse de chaque région, du voseo à l’usted entre amis, et à adapter votre registre au pays où vous vous trouvez.
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Trois cents leçons progressives, des premiers sons jusqu’au programme du niveau B2, dans l’espagnol d’Amérique latine, chacune avec ses exercices corrigés. Elles complètent le cours audio : l’oreille d’un côté, la lecture et l’écriture de l’autre.
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Non. Le suffixe -azo exprime ici l’admiration : un golazo est un but magnifique, quelle que soit sa taille. Le même suffixe nomme aussi un coup : un portazo est le claquement d’une porte, un pelotazo un coup de ballon.
Parce que le suffixe -ón rend souvent le mot masculin : la fiesta, el fiestón ; la noticia, el notición. Quand le féminin est conservé, on emploie -ona, comme dans la casona.
La casona est une grande maison, souvent ancienne ; la casita, une petite maison qu’on regarde avec affection ; la casucha, une maison pauvre et en mauvais état. Le suffixe dit le regard du locuteur, et l’ironie peut tout inverser.
Les deux sont corrects. Momentito est compris et employé partout ; momentico s’entend surtout en Colombie, au Venezuela, à Cuba et au Costa Rica, quand le radical se termine par t. Reconnaissez -ico, et employez -ito si vous hésitez.
Par le contexte et le ton, jamais par le suffixe seul. ¡Qué partidazo! admire un match plein de buts, mais se moque d’un zéro à zéro ennuyeux. Quand la phrase dit le contraire de la situation, c’est de l’ironie.
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